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 Chapitre 67 - Plus on est de fous …

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Jezekiel
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20032012
MessageChapitre 67 - Plus on est de fous …

[Date originale : 6 Novembre 2011]
[Date correctif : 27 Avril 2015]
Cité Miroir, quelques secondes après le départ de Frédéric, Jeremiah et Miles pour la Terre 2315.

Dans la salle de contrôle, Zilimah et Yactigah observaient les écrans de contrôle.

« - Des envahisseurs aliens ? Vous prenez de grands risques Zilimah ! » lui dit Yactigah non sans un petit sourire.

« - Contrairement à votre Westwood ou aux Strikers, ce trio a une certaine éthique et un sens du devoir ».

« - C’est ce qui les rend si aisés à manipuler, non ? »

« - Oui mais cela est à double tranchant ».

« - C’est pour cela que j’ai effectué quelques prélèvements ! » dit Xatia en entrant dans la pièce.

Les deux maîtresses deinones se retournèrent vers leur consœur.

« - Sont-ils viables ? » demanda Zilimah.

« - Douteriez-vous de mes capacités ? Bien sûr qu’ils le sont ! » répondit Xatia.

« - Bien ! Ils commencent à poser des questions de façon trop insistante ».

« - A vouloir les utiliser au maximum, ça va nous causer des emmerdes » dit Yactigah.

« - Je ne crois pas, quelques menus ennuis tout au plus ! » répondit Xatia avec un sourire.

Réfléchissant à la suite des événements, Zilimah ne releva pas.
_____________

Terre 2315 – Dans une grande plaine verdoyante – 1 jour et 10 heures après l’arrivée de Frédéric, Miles et Jeremiah

Comme le voulaient les protocoles de voyages interdimensionnels de l’Unicorps, les portails devaient se situer au plus près du niveau de la mer et à au moins 100 mètres de toute élévation topographique ponctuelle. Or des forêts s’étendaient sur de vastes territoires sur l’ensemble de la planète. Les ingénieurs mirent plusieurs heures à repérer quelques rares plaines par delà le globe mais aucune n’était assez vaste pour correspondre aux critères. Exceptionnellement, Ravenwork autorisa la transgression des protocoles et le ciblage forcé du lieu d’arrivée : une petite plaine d’à peine 1 hectare.
Comme d’habitude, à leur arrivée, Lambert fit un rapide relevé. L’atmosphère était particulièrement pure, même si cela ne semblait pas avoir toujours été le cas. En effet il releva des traces de molécules radioactives devenues inertes avec le temps et donc plus nocives. En dehors de cela, ils étaient sous un climat tropical avec température et hydrométrie élevées malgré des latitudes nord américaines. L'ordinateur de Lambert ne détectait aucun signal de communication ni de distorsion temporelle. Pendant ce temps, Dillon avait lancé une analyse complète de la planète à la recherche d’un quelconque signal d’exfiltration deinone.
Ne voulant pas attendre une heure complète, Westwood décida de se rendre là où les envoyés des deinones étaient apparus.
_____________

Terre 2315 – Haut dans le ciel – deux jours après l’arrivée de Frédéric, Jeremiah et Miles

La journée était semblable à de nombreuses autres journées d’été dans cette partie du globe. Une légère brise faisait frémir les feuilles des arbres qui participaient à une course lente vers le soleil, à celui qui toucherait le ciel. Le ciel était d’un bleu azur pur et clairsemé de quelques nuages cotonneux. Ce paysage de quiétude allait bientôt drastiquement se transformer avec l’arrivée d’un voyageur d’une autre dimension.
Des fissures apparurent dans le ciel comme s’il n’avait était qu’un immense globe de verre. D’abord chaotique, elles dessinèrent bientôt une ligne de faille préférentielle qui s’élargit rapidement en une ouverture béante accompagnée d'un son de déchirure distordu. L’ouverture donnait sur un espace d’un noir insondable. Rien d’autre ne se passa avant quelques secondes lorsque surgit une gigantesque boule de feu qui se dirigea à vive allure vers le sol. Elle n’épargna rien sur son passage et de multiples arbres furent fracassés jusqu’à ce qu’elle frappe le sol en une grande explosion qui dévasta le paysage sur un rayon de 400 mètres. Bien loin d’étouffer les flammes, le souffle de l’explosion les dispersa, créant un incendie gigantesque comme jamais cette planète n’en avait connu jusqu’à présent.
Au centre de la zone d’impact, l’on pouvait distinguer une silhouette incertaine, déformée par les flammes et la chaleur. En se redressant, la créature poussa un cri puissant et grave. Debout, elle sortit du cratère d’impact et des flammes, découvrant son apparence.
La créature était un patchwork abominable de monstruosités en tout genre. Le plus dérangeant était l’absence de jambes. En guise de membre locomoteur, une gigantesque queue rouge prenait naissance au niveau du bassin. Son aspect faisait penser à une armure aux multiples pièces cornées et articulées. Le rouge s’estompait pour passer progressivement à la couleur de peau d’un homme blanc au niveau du buste. De nombreuses cicatrices parcouraient sa poitrine ainsi qu’une glyphe, une sorte de scarification en forme de tête de fourche à trois dents placée horizontalement. Les dents extérieures étaient recourbées vers le haut et le bas, le tout enfermé dans un cercle grossier. Tout en continuant de remonter vers le haut de la créature, une autre singularité s’imposa au niveau des épaules. La monstruosité ne présentait pas deux mais quatre bras. Tous les quatre prenaient naissance à l’épaule mais ils se différenciaient d’avant en arrière. La paire de bras arrière était monstrueusement massive mais différents. Le bras gauche semblait être fait d’une roche volcanique particulièrement sombre. Le bras droit se divisait au bout de quelques centimètres en cinq tentacules massifs. La paire de bras avant, quant à elle, était de taille normale mais l’un et l’autre étaient également différents. Tandis que le droit était, semble-t-il, humain, le gauche était beige et légèrement plus long, d’un aspect caoutchouteux. De dos, la créature présentait un renforcement de la colonne vertébrale assuré par des tuiles osseuses s’imbriquant l’une sous l’autre de haut en bas. De chaque côté de la colonne vertébrale se trouvaient deux grandes coques d’un vert sombre. Arrivant à la tête, l’on pouvait remarquer que même si l’ossature de base était bien celle d’un crâne humain, de multiples éléments en avaient été remplacés. Ainsi, la mandibule était d’un rouge écarlate vers l’extérieur et tendait au blanc à l’intérieur lorsqu’elle s’ouvrait en deux. Le nez avait été arraché et la fosse nasale était bien visible. Rien ne semblait aller de paire chez ce damné, autant l’œil gauche était celui d’un humain, autant le droit ressemblait à celui d’un gigantesque serpent avec sa pupille noire longiligne et le fond de l’œil d’un jaune d’or. Enfin, sur les tempes prenait naissance le seul organe en double exemplaire parfaitement identique : deux cornes d’un marron sombre se dressaient vers le ciel et se resserraient au-dessus du crâne pour se rapprocher et poursuivre leur route parallèle comme pour griffer l’air. La créature huma l’air en fermant les yeux.

« - Ça fait longtemps que je n’avais pas respiré un air aussi pur. Peut-être même jamais en fait ... Mais toute cette végétation étouffante me rappelle trop la mangrove d’Eslavius… bientôt ce ne sera plus le cas, mais avant cela, j’ai quelque chose dont je dois m’acquitter » dit la créature d’une voix rayée.
_____________

Deux jours plus tard

Frédéric, Miles et Jeremiah étaient enfin arrivés à la zone géographique qu’avait indiqué l’holodisque mais ils ne virent personne, pas même un quelconque signe que quelqu’un ait séjourné ici ou ne serait-ce que traversé le sous-bois à cet endroit. La nature était vierge. L’agent des deinones, ce Westwood, était un habile chasseur et savait parfaitement masquer ses traces visibles mais moins ses traces olfactives. Frédéric sentait son odeur et parvint à la remonter durant plusieurs mètres. Frédéric arriva dans une impasse lorsque la piste odorante s’arrêta net. Tous observèrent la scène mais là encore, aucune trace, comme s’il s’était volatilisé.
Frédéric ressortit l’holodisque et lança la détection du signal de Westwood. Le radar attrapa un signal qui se trouvait tout près d’eux.

« - C’est quoi ce délire ? » dit Miles en coupant le silence.

« - Il doit se camoufler » répondit Frédéric à voix basse.

« - Jeremiah prend de l’altitude et vois si tu repères quelques chose d’en haut » ajouta-il quelques secondes après.

Jeremiah ne dit mot et déploya ses ailes. Sans sortir de la forêt, le vampire virevoltait lentement entre les branches en scrutant chaque recoin. Au sol Frédéric et Miles déambulaient entre les troncs à la recherche d’un abri, d’un tronc creux ou tout autre endroit pouvant servir de cachette. Cela faisait quelques minutes qu’ils cherchaient lorsque soudain une rafale de mitrailleuse retentit. Les balles vinrent se loger au sol juste devant les pieds de Miles. Ce dernier, sous la surprise, fit un pas de côté lorsque le sol se déroba sous ses pieds. Il chuta de trois mètres dans une cavité creusée et camouflée par un tapis de feuilles disposé sur un quadrillage de frêles branches. Le choc fut sourd au fond du trou.

« - Miles ! Ça va ? » cria Frédéric en se rapprochant du trou, sur ses gardes.

« - Ça ira mieux quand j’aurais choppé l’abruti qui a creusé ce piège … FAIS GAFFE ! »

Frédéric tourna la tête et en un éclair plongea au sol pour éviter un tronc d’arbre qui fonçait sur lui par effet de pendulier. Roulant sur le côté, il se releva et immédiatement il fut soulevé du sol par la cheville. Il venait de passer son pied dans un nœud coulant qui le pendait par le pied, la tête en bas.
Voyant la scène, Jeremiah se précipita pour secourir Frédéric qui ne s’agitait nullement au bout de la corde. Soudain, un léger clic se fit entendre. Un filet lesté vint s’abattre sur lui, le rabattant au sol. A terre, Jeremiah comprit pourquoi Frédéric ne se débattait pas et pourquoi Miles ne sortait pas du trou. Faire croire à leur agresseur qu’il les avait eus le forcerait à se montrer, ce qui ne rata pas.

« - Ah ! Ah ! Ah ! Et c’est ça que les deinones m’ont envoyé et qui est sensé m’aider ? A part l’autre volatile vous n’avez pas grand-chose d’extraordinaire » dit une voix d’homme.

Alliant son ouïe sur-développée et son fin odorat, Frédéric tenta de le localiser mais sans succès. Sa vue ne le détectait pas là où ses deux autres sens lui indiquaient qu’il se tenait.

« - Et si vous sortiez de votre cachette Westwood ? Histoire que l’on puisse savoir à qui on parle ! » lança Frédéric.

Sur une branche en hauteur, là où Frédéric pensait qu’il était, un léger frottement se fit entendre. Immédiatement après, le son d’un atterrissage au sol retentit, accompagné du soulèvement de quelques feuilles mortes. Manifestement, les deinones n’avaient pas jugé utile de leur signaler que Westwood était capable de se rendre invisible.
D’abord une silhouette translucide apparut, comme un ectoplasme gélatineux à peine visible. Puis son corps apparut progressivement comme une image sur une photo au moment de la révélation. L’intégralité de son corps était recouverte d’une sorte d’armure avec d’innombrables pièces métalliques articulées qui faisaient penser en quelque sorte à de longues écailles dentelées. Ces écailles se rétractèrent en remontant et glissant sous les écailles directement supérieures et ce jusqu’au casque. Le processus se stoppa à ce dernier dont l’aspect était des plus étranges, comme si le forgeron s’était inspiré de plusieurs styles. La partie protégeant le crâne à proprement parler était constituée de plusieurs plaques métalliques semblables à des écailles pointues et hérissées. Elle était munie de larges protèges joues en forme de jupes composées de lames de métal dont le bord inférieur reposait sur les épaules. Sous ces jupes, deux grandes cornes crénelées, composées de multiples éléments, descendait jusque sur la poitrine. Pour compléter le tableau, une pointe semblable à une lame de poignard venait protéger le nez. Sous le casque, on pouvait distinguer un masque, métallique également, avec des anneaux concentriques autour des yeux, mais, semble-t-il, avec aucune articulation.
Une fois le mécanisme complètement rétracté, Westwood ôta son casque si particulier sans aucun effort. L’homme était habillé à la façon d’un militaire avec pantalon de treillis et marcel vert surmonté par une veste de treillis. L’homme semblait paré à toute éventualité avec de multiples sacoches de petites tailles de-ci de-là, un petit sac à dos et plusieurs armes à feu plus un poignard semblable à celui de Frédéric. Malgré l’évidente ressemblance avec le Colonel Westwood de l’Unicorps, ce Westwood n’était pas lui. Il avait les cheveux longs, une barbe de cinq jours et une cicatrice étoilée sur le front. Sans aucun doute il était le double d’une autre dimension du Westwood qui les pourchassait à leur insu.

« - Je constate que vous êtes prêt à partir en guerre » remarqua Frédéric.

« - Ouaip. Hormis le demeuré tombé bêtement dans mon piège, vous pensiez partir en randonnée ou quoi ? Vous feriez mieux de repartir à la Cité Miroir, vous allez être plus un poids à traîner qu’autre chose ! » dit-il en tournant les talons.

Les trois hommes décidèrent alors d’arrêter de jouer la comédie. Frédéric brûla sans aucune difficulté la corde qui le retenait et fit une pirouette pour se rétablir sur ses pieds au sol. Au même moment Jeremiah gela le filet qui le retenait. Il le brisa comme du verre en se relevant tout en repliant ses ailes dans son dos. Westwood se retourna, étonné. Son étonnement grimpa d’un bond lorsqu’il sentit Miles dans son dos.

« - Pour cette fois, ça passe, mais la prochaine fois que tu me traites de demeuré, apprêtes-toi à subir un sale quart d’heure ! » lui dit-il.

« - J’en suis certain » répondit Westwood d’un sourire.

« - Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu affaire à des mutants, ceci dit je préfère largement les avoir de mon côté que de devoir les combattre. On ne sait jamais ce qu’ils nous réservent ».

Quelques bruissements de feuilles se firent entendre à quelques mètres, ce qui attira l’attention de Westwood, Jeremiah et Frédéric.

« - Voilà que ça recommence ! » dit ce dernier.

« - Quoi donc ? » demanda Westwood en tournant le visage vers lui.

« - Depuis deux jours j’ai la sensation qu’on est suivis. J’entends des bruissements mais à chaque fois que je le traque je ne parviens pas à le retrouver ».

« - Et crois-moi, pour échapper à Frédéric, faut être fortiche » ajouta Miles.

« - Merde ! Dire que je me suis cassé le cul à suer dans ce putain de casque durant plusieurs jours pour me faire repérer par vous ! Vous avez bien été suivis et si tu n’as pas réussi à retrouver qui te suivais c’est parce que tu ne savais pas quoi rechercher ! »

Les bruissements se firent de plus en plus nombreux et semblaient bel et bien se rapprocher d’eux.


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Chapitre 67 - Plus on est de fous … :: Commentaires

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Re: Chapitre 67 - Plus on est de fous …
Message le Mar 20 Mar - 14:57 par Shion
[Date originale : 13 Novembre 2011]
Hmm, qui va retrouver le groupe en 1er ? L'Unicorps ou la créature ? Very Happy
 

Chapitre 67 - Plus on est de fous …

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