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 Chapitre 102 - Dispersés, partie 1

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Jezekiel
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08072012
MessageChapitre 102 - Dispersés, partie 1

[Date correctif : 9 Novembre 2017]
Terre 504 – Chine occidentale – Moins d’une heure après l’impact – aux environs de minuit

L’institut psychiatrique de Shibjin était connu dans toute la Chine et dans les zones frontalières des pays limitrophes pour son gigantesque complexe médical. Fondé il y a de cela plusieurs décennies, l’institut n’a jamais cessé de s’étendre en ouvrant de nouvelles ailes sous l’influx constant de nouveaux pensionnaires. Très tôt chaque aile se spécialisa en s’occupant de cas bien spécifiques, de la simple dépression en cure ponctuelle jusqu’au véritable fou furieux en pension à vie. Ces derniers étaient tenus à l’écart des autres patients dans une aile de l’institut séparée physiquement dans un bâtiment propre. Chaque aide-soignant se devait d’être fort à la fois physiquement, car leurs patients voyaient leur force décuplée sous la folie, mais aussi mentalement pour ne pas être bouffé par ce job. Jin Tan était l’un des membres du personnel les plus anciens et résistants. Il n’hésitait pas à rendre service à ses collègues en assurant leur tour de garde nocturne lorsqu’ils avaient besoin de faire une pause. C’était le cas cette nuit encore car leurs pensionnaires étaient particulièrement agités suite à la chute d’une des boules de feu à quelques kilomètres de l’institut. Par prévention, et afin qu’ils se reposent, ils avaient tous reçu une forte dose de calmants. Ainsi la nuit promettait d’être calme. Enfin, c’est ce que croyait Jin avant qu’il ne se fasse interpeller par l’un d’entre eux encore éveillé.

« - Hé ! Toi ! Regarde par-là ! »

Jin fut surpris de l’entendre et tourna le regard vers lui, intrigué qu’il ne soit pas assommé par les médicaments qu’il avait reçus.

« - On est où là ? » demanda l’homme enfermé dans une cellule capitonnée et immaculée muni d’une camisole.

« - Nous sommes à Shibjin ! » répondit Jin, étonné que ce patient soit cohérent dans ses propos, certainement la première fois depuis son arrivée.

« - C’est quoi ça ? »

« - Un institut psychiatrique ».

« - Quoi ? Pourquoi je suis là ? Pourquoi j’ai une camisole ? »

« - Vous vous êtes retrouvé parmi nous après avoir attenté à votre vie ainsi qu’à ceux qui vous entouraient à plusieurs reprises ».

« - C’est quoi ces conneries ? Fais-moi sortir de là ! »

« - Oui, bien sûr. Une prochaine fois peut-être ».

Jin s’approcha de la porte afin de couvrir la petite lucarne qui donnait sur la cellule et couper l’interphone pour qu’il ne réveille par ses voisins. Mais il y renonça lorsque son interlocuteur frappa la lucarne d’un coup de boule. Après avoir tenu une discussion sensée, cet excès de violence le surprit quelque peu.

« - Putain de bordel de merde ! Sors-moi de la où je t’assure qu’il va t’arriver des bricoles quand je sortirais ! »

Devant le ton plein de haine du patient, Jin choisit de mettre un terme à cet échange. Seul, en pleine nuit, il ne pourrait pas lui administrer quoi que ce soit. Il devra attendre la garde de jour pour agir. En attendant il coupa l’interphone et tourna les talons.
A l’intérieur le patient se déchaîna.

« - J’suis pas fou ! » cria-t-il à plusieurs reprises, entrecoupées de coup de tête dans la porte.
_____________

Terre 504 – Inde – une heure après l’impact – aux environs de minuit

La nuit était déjà tombée sur la jungle lorsqu’un homme de type indien se réveilla sous une tente. D’après ses habits il devait être un guide touristique ou du moins habitué, et équipé en conséquence, à traverser la jungle. Tout, autour de lui, lui semblait inconnu. Il regarda ses mains et sembla y voir quelque chose de curieux. Il se leva, fit le tour de la petite tente et finit par trouver un miroir face auquel son étonnement connut son paroxysme.

« - Ok, ça, ce n’est pas commun ! »

Il entendit soudain des voix sourdes à l’extérieur de la tente. Avec précautions, et essayant de ne pas se faire remarquer, il se glissa hors de la tente mais ce fut peine perdue. La tente donnait directement sur un feu de camps autour duquel nombres d’hommes et d’autres tentes s’étaient installées. La faible lumière procurée par le feu lui permit à peine de distinguer les arbres de la jungle environnante.

« - Où je suis tombé ? » se demanda-t-il à voix basse.

« - Ah ! T’es enfin réveillé ? C’est pas trop tôt ! On va p’têt reprendre là où on en était maintenant que la fillette a fait son gros dodo ! » déclara l’homme d’une stature impressionnante et qui semblait être le leader du groupe.

Plusieurs hommes rigolèrent et se levèrent pour entrer dans leurs tentes prendre leur équipement.

« - D’un côté c’est pas plus mal ! Ils doivent dormir à poings fermés maintenant ! » dit l’un des hommes à un autre.

Un quatrième s’approcha de l’homme qui s’était éveillé.

« - Tu as sacrément de la chance d’être encore là ! Si ça n’avait tenu qu’à Ramjan, on t’aurait laissé là-bas ! » lui dit-il à voix basse.

« - Où ça ? » répondit le concerné, comme déconnecté.

« - Où veux-tu que ce soit ? Au cratère ! Là où t’est tombé dans les pommes. Allez ! Prends tes armes, Ajay, le gibier ne va pas nous attendre éternellement ! »
_____________

Terre 504 – Allemagne – Universum Bremen – quatre heures après l’impact – aux environs de 22h

Wade transporta Karl sur son sofa.

« - Si tu me reconnais, j’en conclus que tu étais conscient dans l’Erèbe ».

« - Où que nous nous trouvions, je ne peux prétendre que mon état à ce moment était proche de la conscience ».

« - Qu’importe ! Il semblerait bien que le concept de "fantôme dans la machine" s’applique à toi ».

« - Je ne connais pas cette notion, pouvez-vous la développer ? »

« - Eh bien tu es sans doute la première machine suffisamment sophistiquée pour avoir développé un embryon d’esprit synthétique ».

« - Ceci relève de la métaphysique et j’ai bien peur de ne pouvoir affirmer ou infirmer quoi que ce soit à ce sujet ».

« - Je m’en doute ! … Bien ! Et si je te remettais dans ton corps d’origine ? » répondit Wade en montrant du doigt la carcasse qu’il avait déposée à l’entrée du laboratoire.

« - J’en serais fort aise ! Je crains de consommer les ressources vitales de cet organisme organique que trop vite ».

Wade récupéra sa carcasse qu’il allongea au sol. Il demanda à Isaac de s’allonger à côté.

« - Bon, y a un début à tout et on dirait qu’il va falloir que j’apprenne sur le tas ! » se dit Wade à voix haute.

Il apposa ses mains sur les fronts du robot et d’Almut avant de fermer les yeux et de se concentrer. Dans le corps d’Almut il tenta de ressentir celui d’Isaac. Son aspect synthétique le rendait suffisamment discernable pour qu’il le repère rapidement. Toutefois, de par sa nature incomplète et partielle, il était difficilement saisissable. Au prix d’un énorme effort continu, Wade parvint finalement à exorciser l’esprit d’Isaac du corps d’Almut extrêmement lentement afin d’endommager aucun des deux.

« - Bon ! Ça, c’était le côté "facile" ! Maintenant on va devoir te remettre là-dedans … mais la question est comment ? »

Wade réfléchit au processus qu’il déclenchait lors d’un exorcisme. Il dissocia chaque phases, qui habituellement s’enchaînaient à une vitesse extrême, et procéda à leur exact inverse selon un ordre antéchronologique. C’était la première fois qu’il faisait cela et il avait l’impression d’être un pionnier sur un terrain vierge et inconnu de tous. Finalement après de longues minutes, il demanda à Isaac s’il avait réussi son opération une fois qu’il eut estimé avoir fini.
Le corps du robot, inerte et complètement éteint jusque-là, se réactiva

« - Sproc erporp nos revuorter ed neib ud tiaf alec ! »

Après quoi il leva sa main gauche alors qu’il regardait plutôt sa main droite. Puis il tendit ses doigts avant de tous les refermer. Après quoi son auriculaire se dressa. Apparemment ce n’était pas le bon non plus. Isaac passa en revue les cinq doigts de sa main gauche avant de trouver le bon : l’index. L’index ainsi tendu, Isaac voulu lui signifier d’attendre un instant.
Après quoi sa main retomba au sol et ses fibres musculaires, faiblement éclairées, s’éteignirent.
Plusieurs secondes plus tard, ses fibres se rallumèrent, n’émettant toujours que peu de lumière. A la surface de son visage, un curseur se mit à clignoter avant de voir défiler d’innombrables lignes de codes qui défilèrent à vive allure. Devant ce spectacle, Wade se demanda ce qu’il avait fait de travers lorsque les fibres musculaires du robot reprirent leur luminosité normale et que son visage rudimentaire réapparut.

« - Vous m’aviez mal réinséré et les connections n’étaient plus les bonnes. J’ai effectué les reconnections nécessaires et cela devrait maintenant être viable ».

Et ce fut effectivement le cas en voyant Isaac se relever sans problème. Face à lui, le robot lui tendit la main.

« - Dans de pareilles circonstances je me dois de vous dire merci par une bonne poignée de main virile, je me nomme Isaac-C, unité métamnésique ! »

« - Moi c’est Wade ! »

« - C’est la première fois que je vous vois, vous n’étiez pas avec le groupe que j’observe depuis quelques jours ».

« - Oui, j’étais égaré … mais on dirait que c’est un peu le cas de tout le monde sur ce monde. Comme ces kanjis que je vois où que j’aille et même ici en Allemagne ».

Intrigué, Isaac se dirigea vers l’un des ordinateurs de la salle et s’y connecta sans aucunes difficultés. Boostant la connexion internet, il emmagasina rapidement des téraoctets de données et informa Wade au sujet de la situation géopolitique de cette Terre.

Très tôt, à l’époque médiévale, la Chine et le Japon firent la paix et fusionnèrent leurs royaumes pour donner naissance au Zhônppon. Cette nouvelle puissance militaire prit soin de tenir secret la recette de la poudre à canon et ainsi conserva un avantage tactique indéniable durant les guerres de conquêtes qui s’ensuivirent. Rapidement le Zhônppon se répandit à travers toute l’Asie, l’Europe et finalement l’Afrique, continents toujours sous leur contrôle.
Constatant que cette vaste étendue nécessitait tant d’efforts et de ressources à maintenir sous contrôle, le régime s’en contenta, délaissant les amériques.

Depuis, toutes les nations conquises furent pleinement incorporées au Zhônppon. Hormis quelques ethnies d’Afrique surnommées les "indomptables", une paix durable règne au sein du Zhônppon et ce notamment grâce aux moines sacrés. Ces derniers ont toujours été, de mémoire d’homme, totalement indépendants du Zhônppon et de son gouvernement, même s’ils lui sont fidèles.
Ces moines interviennent, semble-t-il, aléatoirement dans certains conflits. Leurs pouvoirs et leurs actions fulgurantes ont toujours rétabli la paix dans un laps de temps bien plus court que n’aurait pu le faire n’importe quelle armée.

« - Merci pour le cours d’histoire improvisé. Puis-je te demander ce que tu étais en train de faire avant que je n’arrive ? » demanda Wade une fois qu’Isaac eut fini.

Isaac sembla hésiter un moment avant de lui répondre.

« - Semble-t-il que mes directives aient été affectées … quoiqu’il en soit … j’étais en train de calculer la trajectoire qu’a suivie mon … "esprit" grâce aux données récoltées un peu partout dans le monde ».

« - Mais je vois plusieurs courbes … dont la mienne » répliqua Wade en pointant du doigt celle qui plongeait dans l’océan.

« - Oui, il a fallu que je traite l’intégralité des données pour être certain d’en omettre aucune d’importante ».

« - Donc ce sont les trajectoires des autres … je commence à comprendre » dit pensivement Wade en observant avec soin le tableau.

« - Prochain arrêt : l’Irak ! » déclara-t-il après quelques secondes.


Dernière édition par Jezekiel le Jeu 9 Nov 2017 - 12:00, édité 1 fois
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Chapitre 102 - Dispersés, partie 1 :: Commentaires

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Re: Chapitre 102 - Dispersés, partie 1
Message le Mar 10 Juil 2012 - 20:42 par Nyko
Je suppose que celui qui est enferme dans l'asile n'est autre que le faux Miles, endroit plus que propice pour lui XD
Je vois que tu intègres maintenant des chapitres en plusieurs chapitres, ce qui contribue au suspens, vivement la suite^^
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Re: Chapitre 102 - Dispersés, partie 1
Message le Mer 11 Juil 2012 - 18:53 par Jezekiel
Pour celui qui est à l'asile, je n'affirmerais, ni n'infirmerais quoique ce soit :p

Pour les plusieurs parties, disons que si j'avais voulu le faire en une seule partie ça aurait été vraiment trop gros.
Donc autant le séparer en deux ... ou plus :p
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Re: Chapitre 102 - Dispersés, partie 1
Message le Sam 14 Juil 2012 - 18:25 par Shion
J'ai aussi pensé à Miles pour l'asile, grâce au langage subtil employé Razz

En tout cas, cet arc et donc ce livre commencent sur les chapeaux de roue !
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Re: Chapitre 102 - Dispersés, partie 1
Message le Sam 14 Juil 2012 - 19:10 par Jezekiel
Et bien on dirait que je suis parvenu à donner à Miles une identité reconnaissable grâce à son vocabulaire ^^

Sinon pour information, en ce moment je parviens à prendre une avance considérable dans mes travaux dont Shenron Saint pour lequel j'ai un gros stock de MaJ prêtes à être publiées.
Et bien évidemment, j'ai aussi constitué un stock non-négligeable de chapitres pour Babel. J'ai écris hier le 107 ^^
Re: Chapitre 102 - Dispersés, partie 1
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Chapitre 102 - Dispersés, partie 1

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