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 Chapitre 157 - Guerre psychologique

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Jezekiel
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28072013
MessageChapitre 157 - Guerre psychologique

Terre 576 – Zwoleń

Joos Von Hohenmann avait toute l’allure d’un noble : ses cheveux blonds laqués et coiffés en arrière, sa tenue soignée, sa prononciation parfaite et sa posture rigide … parfaite illustration du "bâton dans le cul" qui fit sourire Miles à cette idée. Ses vêtements étaient impeccables et contrastaient énormément avec tous les zombies aux habits déchirés qu’ils avaient rencontrés jusqu’ici. Il portait des bottes noires cirées et lustrées, un pantalon noir bouffant au niveau des cuisses, une redingote noire également sertie de boutons dorés sûrement en or. Sur la poitrine pendait une petite chaînette dorée qui s’engouffrait sous la redingote, vers la poche intérieure. Reposaient sur ses épaules de petites épaulettes et, comme surgissant du cou, un foulard blanc. L’homme était rasé de près et ne portait qu’une fine moustache. Il portait régulièrement à sa bouche un fume-cigarette, l’occasion de voir qu’il portait également des gants de cuir noir aux mains. Son autre main étant occupée à tenir un bâton sur lequel il faisait semblant de s’appuyer. Dans cet accoutrement prestigieux, une chose venait faire tache. La même qui mettait mal à l’aise lorsqu’on regardait les zombies à ses ordres : un brassard rouge avec une croix gammée.
Tous ceux qui la virent restèrent sur leur garde, une tension que percevait Frédéric.

« - Par les temps qui courent, il n’est pas courant d’avoir le plaisir de rencontrer du monde » déclara Hohenmann avec un sourire.

« - Pourtant ce n’est pas ce qui manque ! » répondit Frédéric, faisant allusion aux zombies.

« - Ach ! Vous avez raison. Pardonnez-moi, je me suis mal exprimé, je voulais bien évidemment parler de personnes bien vivantes et non ces malheureux damnés piégés entre la vie et la mort … et malheureusement avec nous ».

Si l’on faisait abstraction du brassard ignoble qu’il portait, Hohenmann était fort cordial et semblait sincèrement ravi de les rencontrer et surtout de pouvoir converser avec autrui.

« - Puis-je vous demander la raison de votre venue en ces terres maudites ? »

Personne ne lui répondit, conservant le silence durant plusieurs secondes.

« - Ach ! Je comprends, je comprends. Ce n’est pas le meilleur endroit pour tenir bavette comme le disaient les französisch » dit-il en conservant son sourire.

« - L’expression c’est "tailler une bavette" » le corrigea Frédéric.

L’allemand marqua une pause et ne dit mot durant quelques secondes. Était-il contrarié qu’il le corrige ainsi ou était-ce autre chose ?

« - Ja ! Tailler une bavette. Mon éventail d’expressions étrangères est un peu rouillé. Vous, en revanche, vous êtes tout à fait au fait. Mais trêve de bavardages, accompagnez-moi, je vous prie. Je saurais bien vous trouver un lieu plus adéquat pour discourir ».

Hohenmann se mit alors en marche et Frédéric, puis tous les autres, le suivirent. Après tout, il n’avait pas l’air menaçant (pour l’instant) et s’il pouvait les héberger à l’abri, cela leur permettrait de récupérer un peu.

Ils arrivèrent rapidement en vue d’une modeste demeure, bien loin du manoir que tous avaient pu imaginer en voyant l’accoutrement d’Hohenmann. Même si son apparence était modeste, elle avait le mérite d’être éloignée et très bien fortifiée. Nul zombie ne semblait pouvoir être admis si le maître de ces lieux ne l’avait permis.
Arrivés à l’intérieur, tous prirent leurs marques et surtout Wade, Wallace et Jeremiah qui n’étaient pas tranquilles. Et pour cause, Hohenmann les avait fait suivre tout ce temps par son peloton de zombies nazis qui était donc entré avec eux. Contrairement à l’extérieur, l’intérieur était richement décoré : tableaux divers et variés, chandeliers en or massif, tapis, meubles en bois richement décorés. Tout était digne d’une maison de noble. Hohenmann les invita à entrer davantage dans la pièce et à s’asseoir confortablement tandis qu’il préparerait du thé. Frédéric, Miles et Wallace s’assirent tandis que Wade ne semblait pas vouloir poser un seul pied sur ce magnifique tapis au bord duquel il se tenait soigneusement. Quant à Jeremiah, il inspectait les titres des livres rangés dans la bibliothèque.

« - Depuis combien de temps êtes-vous à Zwoleń ? » demanda Hohenmann en leur servant à tous des tasses de thé.

Mais avant que Frédéric ne puisse élaborer une quelconque réponse, Wade posa à l’allemand une autre question : « - Depuis combien de temps êtes-vous nécromancien ? »

Un long silence s’instaura. Outre la tension de ses amis, Frédéric détecta un très subtil changement d’attitude chez les zombies dispersés dans la pièce. Rien d’alarmant … pour le moment.

« - La force des choses a fait que j’ai dû m’adapter lorsque le grand cataclysme eut lieu » répondit l’allemand en souriant.

« - La nécromancie ne s’improvise pas » rétorqua Wade qui soupçonnait Hohenmann d’être nécromancien depuis bien plus longtemps qu’il le prétendait … voire même d’avoir eu intérêt à ce que ce cataclysme se produise.

« - Est-ce une manière pour des convives que de tirer les fers du nez à son hôte ? » répondit aimablement l’allemand.

« - C’est les "vers du nez" » le corrigea cette fois Miles qui n’avait pas compris le manège d’Hohenmann avec ces "fautes" d’expressions … contrairement à Frédéric qui s’était donc abstenu cette fois.

« - Jaaaa ! Ja ! Je me suis encore trompé ! Ah ah ! Vous avez dû passer beaucoup de temps en Frankreich pour connaître leurs expressions aussi bien ».

« - On peut dire ça, oui ! » répondit Frédéric, qui semblait en avoir assez de cette situation où le flou et l’incertitude régnaient.

« - Seriez-vous à tout hasard französisch ? »

« - Pas Wallace, mais nous oui ».

« - Sehr gut ! Intéressant même ! »

« - Quoi donc ? » demanda Miles.

« - Semble-t-il qu’il n’y ait plus de frontières. Intéressante évolution s’il en est, n’est-ce pas ? »

« - Si tu le dis ! »

« - Comment trouvez-vous les Grundstück geopfert ? »

« - Nous ne sommes pas là pour faire du tourisme » répondit Frédéric.

« - C’est une évidence ! En revanche, ce qui ne l’est pas est la raison de votre venue ».

« - Nous sommes venus tuer Hitler et mettre fin aux méfaits du pentagramme ! » répliqua Frédéric, l’air de rien.

Hohenmann écarquilla les yeux devant un tel aplomb et conserva le silence quelques secondes. Assis dans son fauteuil confortable, il caressait le pommeau de sa canne sans dire un mot, pensif.

« - Je vois ! Ça a le mérite d’être clair. Savez-vous qui je suis ? »

« - C’est-à-dire qu’on s’en contrefout un peu ! Tout ce que l’on voit, c’est que tu nous fais perdre du temps avec ton thé moisi ! » répliqua Miles.

« - On se doute tous que vous êtes un membre important et puissant des SS » ajouta Frédéric.

« - Et vous êtes venus de votre plein gré dans ma demeure tout en le sachant ? Il n’y a pas que les moutons qui viennent de Panurge dirait-on ! » dit alors Hohenmann en souriant mais en fronçant également les sourcils.

« - ATTACK ! » cria-t-il en se relevant brusquement.

Avant que ses zombies ne comprennent l’ordre, le tapis sur lequel tous se tenaient fut lacéré en de multiples endroits. Les zombies, autant qu’ils soient tombèrent au sol en morceaux.

« - Je me dois de corriger Miles sur un point : vous ne nous avez pas fait perdre de temps, vous m’avez donné le temps nécessaire pour prendre certaines dispositions dans cette pièce » déclara Wade dont les fils tranchants virevoltaient autour de lui avant de disparaître sous sa houppelande.

Lâchant son fume-cigarette, la main gauche d’Hohenmann commença à s’envelopper d’une énergie occulte pourpre.

« - Luft, vitalen element wodurch … » commença à réciter l’allemand avant qu’il ne sente la lame de Jeremiah se glisser sur sa gorge.

« - Pour votre sécurité, mieux vaudrait arrêter ce maléfice dès à présent herr doktor ! » lui dit-il.

Frédéric et Wallace se relevèrent posément tandis que Miles continua de profiter du confort du divan.

« - Bien ! Maintenant que nous avons satisfait votre curiosité, veuillez satisfaire la nôtre. Où se trouve Hitler ? » lui demanda cordialement Frédéric.

En même temps, l’Allemand laissa retomber son bras. L’énergie occulte se dissipa avec son silence. Wallace lui confisqua sa canne et lui ôta également sa redingote pour s’assurer qu’il ne cachait pas d’armes en dessous.

« - La première fois, il demande gentiment … pas la seconde ! » adressa Miles à Hohenmann.

« - Comprenez bien que je ne peux trahir mon führer ».

« - Comprends aussi que ton existence va rapidement arriver à son terme si tu ne nous réponds pas ! »

L’allemand sembla réfléchir, comme pesant le pour et le contre.

« - Qu’a fait ton führer pour que tu lui sois aussi fidèle ? Cette maison est richement décorée et il doit être agréable d’y séjourner mais la solitude doit être pesante au bout d’un moment. Tu te soucies de son devenir mais se soucie-t-il du tien ? Depuis combien de temps n’as-tu reçu de directives de sa part ou d’un de ses généraux ? En réalité, la seule chose qui compte à ses yeux est la réalisation de ce projet Walkyrie. Qu’importent les ravages qu’il a pu occasionner, il s’en contrefiche. Depuis combien de temps a-t-il été mis en œuvre ? As-tu déjà bénéficié d’une quelconque façon des retombées positives de ce projet ou ton führer t’a-t-il laissé pourrir au milieu de tous ces zombies ? »

Le discours de Frédéric sembla avoir un effet sur le nazi dont la fidélité inébranlable envers son chef suprême commençait à vaciller.

« - Vos paroles frappent là où ça fait mal … et elles ne sont pas dénuées de sens je le crains ».

Hohenmann marqua une pause, comme pour prendre le courage de trahir celui envers qui il avait été fidèle.

« - C’est vous qui êtes aveugle et pourtant c’est moi qui n’ait rien vu ! Vous le trouverez … dans un bunker, au milieu de la forêt au nord de Rudki … enfin si vous y arrivez, bien sûr ».

« - Ça, c’est notre affaire ! » répondit Miles.

« - Nous vous remercions pour votre hospitalité mais nous allons devoir prendre congé maintenant » lui adressa Frédéric.

Les six individus sortirent donc de la maison sans encombres, laissant derrière eux Hohenmann complètement désemparé. Jusqu’ici il avait maintenu une illusion de bien-être, un bien-être auquel il voulait croire mais que les paroles de Frédéric avaient anéanti, lui montrant la vérité de sa condition. Cette race arienne, cette race supérieure en laquelle il croyait dur comme fer, il ne la verrait pas, si jamais il avait eu une once de chance de la voir.
Ce führer pour lequel il était resté en position dans cette ville miteuse de Zwoleń, pensant lui être utile et répondre à ses attentes, n’avait cure de lui et de sa pitoyable fidélité. Pire, il ne devait même pas savoir qu’il existait. Il n’était même pas aux yeux du führer ce que ses zombies étaient pour Hohenmann. Il avait enduré cette solitude et cette désolation seul pour rien. Il avait été oublié de tous au sein de la glorieuse armée allemande, un nom parmi tant d’autres. Un de plus tombé au combat pour la gloire du führer.
Joos Von Hohenmann se dirigea alors vers son buffet, là où il conservait le peu d’alcool qu’il avait encore … à côté d’un vieux Luger dont il se saisit.

« - Cela fait longtemps que je ne me suis pas servi d’une arme à feu … quelle ironie, n’est-ce pas ? » dit-il, comme s’il s’adressait à ses zombies répandus en lambeaux sur le sol et définitivement morts depuis plusieurs minutes.

« - Si je dois être considéré comme tombé au combat … autant que ce soit vrai … au moins ça ! »

Quelques secondes plus tard, les six individus entendirent une petite détonation en provenance de la maison qu’ils avaient déjà laissée derrière eux. Au loin devant eux, le ciel était sombre et les nuages noirs semblaient s’enrouler en une gigantesque spirale autour d’une colonne de lumière saphir qu’ils ne pouvaient encore voir.

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A suivre dans le Chapitre 158 - Enflammé
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Chapitre 157 - Guerre psychologique :: Commentaires

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Re: Chapitre 157 - Guerre psychologique
Message le Dim 28 Juil - 15:22 par Shion
Hohenmann me fait presque de la peine... Presque Razz Mais il m'a bien fait marrer lorsqu'il massacrait les expressions françaises XD
 

Chapitre 157 - Guerre psychologique

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