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 Chapitre 19 - Esclaves

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Jezekiel
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Localisation : Poitiers, Vienne, France

14032012
MessageChapitre 19 - Esclaves

[Date originale : 5 Décembre 2010]
[Date correctif : 25 Juin 2014]
Antre des vers, 2 jours avant la Terre 8451

Au cœur de l’antre, seul le tonnerre roulait et grondait dans les nuages pourpres. N’accueillant personne en son sein, aucune dalle n’était présente, perdue dans les entrailles mystiques de ce lieu improbable. Soudain une seule et unique dalle surgit du néant. Bien qu’elle ne soit numérotée d’aucune façon, cette dalle n’était pas ordinaire. Elle ne fut pas tirée de son repos par hasard. Il s’agissait de la dalle dont s’était servi Miles comme d’un paillasson. Toute une journée terrienne durant, les parcelles de "boue", restes de Scylla, s'étaient agglutinées les unes aux autres jusqu’à représenter une forme de vie significative pour l’antre pour qu’elle réagisse de la sorte.
_____________

Terre ???, Cité Miroir, 1 jour avant la Terre 8451

Cela faisait deux jours que Manfred subissait des examens médicaux de toutes sortes sans broncher. Son physique avait encore changé. L’intégralité de son buste et ses deux membres supérieurs n’étaient plus faits de matière organique. La propagation des nanites atteignait dorénavant les hanches. Bizarrement elle s’était complètement figée au niveau du visage, lui conférant ainsi un minimum un aspect humain.
Soudain une porte s’ouvrit sur une deinone qu’il n’avait encore jamais vue ; en même temps toutes les deinones se ressemblaient plus ou moins. Ceci dit les vêtements que portait celle-ci laissaient présager qu’elle était d’un plus haut grade que Zilimah.

« - Bonjour Manfred de la Terre 3458 ! Je me présente, je me nomme Xatia ! Je serais votre superviseur attitré durant vos prochaines missions ».

« - Qui a dit qu’il était question que je parte en mission ? » répondit Manfred sur un ton parfaitement neutre.

« - Si vous vous êtes joint à Jeremiah, Frédéric et Miles c’était bien pour aider à, je cite, "purifier d’autres planètes", non ? »

« - En effet ! »

« - Pour cela vous allez devoir agir tout comme Jeremiah et les autres en effectuant des sorties extradimensionnelles ».

Manfred ne répondit rien et laissa Xatia continuer.

« - Votre première mission vous amènera sur une Terre neutre afin de rencontrer l’émissaire d’une puissance à laquelle nous comptons nous allier ».

« - Je ne suis pas le mieux placé pour vous représenter » répondit Manfred une nouvelle fois sur un ton neutre.

« - Au contraire Manfred ! Votre nouvelle interface cybernétique va vous permettre d’assimiler une somme de données importante bien plus rapidement que n’importe qui ».

Elle s’approcha de lui munie d’un minuscule cristal au bout duquel était greffé une connectique à priori compatible avec la partie synthétique de son corps.

« - Si vous le permettez, bien sûr ? » lui demanda-t-elle.

Manfred esquissa un geste de la tête en guise d’accord et ferma les yeux tandis que les données affluaient dans son système synaptique reconfiguré par les nanites.
________________

Antre des vers, 5 minutes avant la Terre 8451

« - Nous n’allons pas pénétrer dans un monde moderne où les guerres se déroulent en un éclair. Les mouvements de troupes doivent être relativement lents ce qui doit sûrement nous donner du temps. Ce temps, je propose qu’on le mette à profit pour approcher les hautes sphères de l’empire romain afin de soulever une armée et d’enrayer les projets de l’armée rebelle. Mais si nous affichons nos pouvoirs, j’ai bien peur que l’on se mette à dos ceux que l’on doit aider. Nous devrons donc suivre autant qu’on le peut leurs lois et y accéder de façon la plus naturelle possible. Qu’en dites-vous ? » demanda Frédéric alors qu’ils avançaient tous les trois dans l’antre.

« - Qu’est-ce que tu entends par "afficher nos pouvoirs" ? Je ne vais pas me laisser tuer tout de même » répondit Miles.

« - Bien sûr que non ! Mais si on nous enferme, on devra opposer une résistance "humaine" ».

« - Je suis d’accord ! » dit Jeremiah.

« - Okay ! Ça me va aussi alors ! »
_____________

Terre 8451, Bordure de l’Empire ouest européenne, ancienne Hongrie, ville de Karcag

Miles, Frédéric et Jeremiah étaient étendus au sol, inertes.

« - Ikitus ! Charge-toi personnellement de les envoyer croupir dans une cage et débarrasse-toi de leurs affaires ! » aboya Arimus avant de faire faire demi-tour à son destrier.

Arimus déshonorait Ikitus en lui assignant une basse besogne digne du premier trouffion venu. Quelle que soit l’issue d’une bataille, Arimus ne permettait aucunement qu’on lui désobéisse. Avec le départ du général, les centuries le suivirent laissant Viriatus et sa légion seuls.
Viriatus confia les rênes de son cheval à son écuyer et ordonna à ses troupes d’aider leurs blessés à rentrer aux baraquements et d’enterrer dignement leurs hommes tombés au champ d’honneur. Tous s’exécutèrent sauf son fidèle bras droit qui comptait bien l’aider à enfermer les inconnus. Bien que réticent, Viriatus accepta son aide devant l’insistance qu'il manifestait.

« - Très bien, Taurum ! Je suis convaincu que ces étrangers ne sont pas nos ennemis. Comme notre général ne m’a pas spécifiquement ordonné de détruire quoi que ce soit, voici ce que tu vas faire si tu tiens tant que ça à m’aider dans ce déshonneur. Prend leurs équipements et cache-les dans un endroit que seul toi connaîtras … sans me le dire ».

« - A vos ordres tribun Ikitus ! »

Taurum préleva alors armes et protections de nos trois héros et disparut alors que la nuit tombait. Quand à Ikitus il souleva chacun d’entre eux et les enferma tour à tour dans des cages alors qu’ils étaient toujours inconscients.
Sa tâche effectuée, Viriatus regagna sa tente et s’endormit.

Le lendemain matin, il rendit visite aux prisonniers. Mais, arrivé sur la place où les cages de prisonniers étaient entreposées, il ne les vit point.

« - Garde ! Où sont passés les prisonniers que j’ai amenés hier soir ? » demanda-t-il à l’un des hommes en charge de la surveillance des prisonniers.

« - Je ne sais tribun Ikitus ! Durant la nuit un centurion et une dizaine d’hommes sont venus les chercher ».

Cela ne pouvait être que suite à un ordre d’Arimus. Personne sur le camp ne se permettrait une initiative sans son accord. Ainsi Viriatus se rendit-il directement à la tente du général.
L’entrée étant gardée par deux prétoriens lourdement protégés et armés d’une puissante lance, il dut demander audience. Suite à un coup de lance tapé contre le sol, un serviteur sortit de la tente et rentra immédiatement pour transmettre la demande d’audience du tribun.
Une heure passa avant qu’Arimus n’accorde son audience à Viriatus et qu’il puisse entrer.

« - Général ! » dit Viriatus en entrant dans la tente et posant genou à terre.

« - Que veux-tu Ikitus ? » demanda Arimus sans daigner le regarder.

« - Ce matin j’ai voulu interroger les étrangers de la veille mais j’ai trouvé leurs cellules vides, mon général ».

« - Normal puisqu’ils n’y sont plus ! »

« - Puis-je vous demander où vous les avez envoyés, mon général ? »

« - Tu commences à m’ennuyer Ikitus, sort ! »

« - A vos ordres mon général ! » dit Ikitus tout en se relevant.

« - Je les ai envoyés à Agen ! » dit Arimus par pur amusement avant que Ikitus ne quitte sa tente.

Ce dernier marqua un temps d’arrêt et sortit. Viriatus connaissait cette petite ville de l’ancien territoire gaulois. Isolée, elle avait surtout une renommée régionale pour son marché d’esclaves.
_____________

Aux environs de Mauterndorf, ville de l’ancienne Autriche

« - On peut se réveiller maintenant ? » murmura Jeremiah.

« - Je pense que oui » lui répondit également en murmures Frédéric.

Les deux hommes ouvrirent alors les yeux et constatèrent qu’ils se trouvaient dans une cage portée par une charrue. Ils n’étaient pas seuls dans cette cage, de nombreux autres hommes s’y trouvaient à leurs côtés. Ils comprirent rapidement que cette cage n’était pas la seule mais qu’une parmi tout un cortège formant une caravane.

« - Qu’en est-il de Miles ? » murmura Frédéric qui ne pouvait le voir.

« - Apparemment, il prend son rôle trop à cœur, il dort profondément ».

« - Réveille-le s’il te plait ».

Jeremiah mit sa main sur l’épaule gauche de Miles et le remua doucement mais Miles continuait de dormir. Il le remua alors plus brutalement.

« - Mmmmmh ! Pas maintenant, il est pas encore l’heure maman » marmonna-t-il avant de se tourner de l’autre côté.

Qu’à cela ne tienne, Jeremiah lui asséna une bonne claque derrière la tête et Miles se réveilla en sursaut en se demandant ce qui se passait, attirant l’attention de tous les autres détenus.

« - On est où là ? » demanda-t-il à voix haute après s’être étiré.

« - Dans le palais du roi Albar, abruti ! » lui répondit un des détenus.

« - Vous voulez attirer l’attention des gardes ? » demanda un autre homme.

« - La ferme ! » dit encore un autre.

Le silence se fit et perdura … quelques minutes seulement.

« - Pourquoi on est dans une cage et où on va ? » demanda Miles en murmurant.

« - Si tu ne t’étais pas endormi, tu le saurais » lui répondit Jeremiah.

« - Oh l’aut’, hé ! Comme si vous n’aviez pas dormi également ! »

« - Effectivement ! On est resté conscients tout ce temps pour ne pas être pris au dépourvu … pas comme toi » lui répondit Frédéric.

« - On est dans une caravane en direction d’Agen pour être vendus comme esclaves » ajouta-t-il.

« - Ah ouais ! Pas mal le coup de suivre leurs lois. On fait comment pour atteindre les hautes sphères maintenant ? » répondit Miles.

« - SILENCE LA-DEDANS ! » aboya un garde à l’extérieur de la cage.

Ce dernier resta à côté d’eux toute la journée durant si bien qu’ils ne purent plus parler entre eux avant la nuit et l’arrêt de la caravane.

Alors que tous les hommes de la caravane mangeaient, ils purent reprendre leur conversation là où ils avaient été contraints de l’arrêter.

« - Je reste persuadé qu’on peut atteindre les hautes sphères "légalement" et je suggère que l’on attende de voir la tournure que prendront les événements une fois arrivés à Agen ».

Toujours aussi expressif, Jeremiah donna son accord d’un geste de la tête.

« - Je le sens pas ce coup là ! Mais on peut encore essayer ! En attendant, moi j’ai la dalle ! » répondit Miles.

Il se mit debout dans la cage.

« - OHÉ ! QUAND EST-CE QU'ON MANGE, NOUS ? » cria-t-il à l’attention des soldats.

Dans cette cage et les voisines, on entendit les prisonniers dirent de lui qu’il était fou lorsqu’un garde se leva.

« - Qu’ai-je cru entendre sac à viande ? »

« - J’ai dit que j’avais la dalle ! » lui répondit Miles nullement intimidé.

« - Ah oui ? Ben mange ça ! » et le garde le frappa puissamment au ventre du manche de sa lance.

Miles se plia en deux sous le choc et tomba à genoux. Puis le garde s’éloigna en riant.

« - Qu’est-ce que tu croyais ? On va sûrement avoir à manger qu’une fois tous les deux jours » dit Jeremiah.

Après quelques secondes, Frédéric lui demanda tout de même si ça allait.

« - Ça commence vraiment à me gonfler de devoir faire semblant d’avoir mal sous leurs coups ! » lui dit Miles en tournant un visage souriant vers lui et se redressant sans peine.

Frédéric et Jeremiah furent tout de même étonnés que Miles n’ait pas ressenti plus de douleur après un pareil coup.

Quatre jours plus tard, ils étaient arrivés en vue d’Agen. Comme l’avait soupçonné Jeremiah, ils n’avaient eu à manger qu’une fois tous les deux jours. N’ayant pas de viande au menu, Jeremiah avait laissé sa part à Miles et Frédéric à chaque fois car ce que contenait leurs assiettes n’allait pas l’aider. Pour le sustenter il lui fallait au minimum un morceau de viande saignante, il était donc inutile qu’il consomme ce dont il n’avait pas besoin. Toutefois il semblait supporter le manque assez bien.
La caravane s’était divisée plusieurs fois au cours de ces derniers jours pour dispatcher les différentes charrues à travers l’ancien territoire gaulois. La charrue sur laquelle ils se trouvaient continuait donc en direction d’Agen. La ville où ils allaient être vendus comme esclaves n’avait rien d’une grande ville. Quelques hameaux de-ci de-là constituaient ce qui était plus un petit patelin qu’une ville. Néanmoins sa réputation dans la région lui permettait de perdurer au beau milieu des prairies verdoyantes grâce aux revenus engrangés par les prochains acquéreurs d’esclaves.
La charrue pénétra dans la ville directement sur la grande place où l’effervescence qui y naquit en un instant fut quelque peu dérangeante. En effet tous les yeux étaient rivés sur la nouvelle livraison d’esclaves que les villageois jugeaient des pieds à la tête.
La porte de la cage s’ouvrit alors sous l’action de trois gardes. Deux d’entre eux pointaient leurs lances vers la porte tandis que le troisième faisait descendre les esclaves les uns après les autres et les entravait de lourdes chaînes. Ce troisième homme n’était autre que celui qui avait frappé quatre jours auparavant Miles. Lorsque le garde monta dans la cage pour l’enchaîner à son tour, Miles ne se laissa pas faire et lui asséna un puissant coup de boule.

« - Et ça, t’as aimé te le bouffer ? » lui dit-il.

« - Miles ! Non ! » lui cria Frédéric.

Son attention détournée, Miles se fit frapper par les manches des lances des deux autres gardes. Le public fut amusé par la combativité de Miles et se mit à rire.
Finalement, Miles fut enchaîné comme tous les autres et sortit brutalement par l’homme qu’il venait d’agresser. A l’extérieur, ils furent tous mis en ligne et les enchères purent commencer.

« - J’offre 3 Aureus pour le bagarreur ! » dit un homme vêtu d’une toge blanche immaculée avec un certains embonpoint et aux cheveux et barbe grisonnants.

Tout le monde fut ébahi par cette offre incroyable. Le monnayage romain était complexe mais tous savaient ce que cela représentait. L’Aureus était une pièce d’or d’environ 7 grammes valant 100 Sesterces et l’homme savait fort bien que nul n’allait renchérir sur son enchère.

« - As-tu vraiment cette somme, Marcus ? » demanda l’un des marchands d’esclaves.

« - Voyons Claudum ! Tu devrais savoir que je ne plaisante jamais avec l’argent ».

Le marchand avala sa salive.

« - Très bien ! Personne ne renchérit ? Une fois ? Deux fois ? … l’homme est à toi Marcus ! »

L’homme s’avança alors jusqu’aux esclaves et sortit de sa bourse ses 3 Aureus.

« - Voici pour toi Claudum ! Qui aurait cru que tu aurais un jour une si belle marchandise. Où les as-tu obtenus ? »

« - Secret professionnel ! Par contre on a ramené ses deux autres là avec lui » dit le marchand en désignant du doigt Frédéric et Jeremiah.

« - Oui ! Prenez-nous aussi, moi et mon ami ! » clama Frédéric.

« - Je ne pense pas avoir besoin de pédérastes » rétorqua Marcus après quelques secondes d’observation.

« - Qu-Quoi ? Mais non, nous … » protesta Frédéric avant de se faire intimer l’ordre de se taire par un des gardiens.

Un garde désolidarisa les entraves de Miles de la chaîne et finalement Marcus partit avec lui pour une destination inconnue.
Les enchères continuèrent au fur et à mesure. L’accusation d’être des pédérastes refroidit le public qui ne voulut point miser sur Frédéric et Jeremiah … jusqu’à l’intervention d’un vieil homme. Habillé simplement, l’homme offrit 2 Cistophores pour les deux acolytes.
Personne n’enchérissant sur son prix, Frédéric et Jeremiah furent vendus au vieil homme.

« - Je me nomme Lionel mes garçons. Quels sont vos noms ? »

« - Frédéric et Jeremiah » répondit Frédéric.

« - Je n’apprécie pas trop ce genre de marchandage mais les circonstances m’y obligent. Néanmoins j’espère pouvoir vous faire confiance » dit Lionel avant de les libérer de leurs entraves.

« - Pourquoi avez-vous fait cela ? » lui demanda Frédéric.

« - Et bien je hais l’idée qu’un homme soit l’esclave d’un autre à l’image d’une bête de somme. J’ai payé pour bénéficier de votre force physique et j’aimerais que cela se fasse dans une confiance mutuelle ».

C’est ainsi que les trois hommes sortirent d’Agen en direction d’une petite ville du nom de Monbran au Nord.

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