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 Chapitre 20 - Paysans

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Jezekiel
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14032012
MessageChapitre 20 - Paysans

[Date originale : 12 Décembre 2010]
[Date correctif : 27 Juin 2014]
Terre 8451, Monbran

Monbran n’était pas à proprement parler une ville ni même un village. Comme habitation, une seule maison trônait au beau milieu de vastes champs.
Cette maison était animée actuellement d’une certaine agitation. Sofia recevait quatre hommes qui n’étaient manifestement pas venus pour une visite de courtoisie.

« - Où est ton père, Sofia ? » demanda un homme de taille moyenne aux muscles saillants.

« - Il se cache ? C’est un lâche ? » questionna à son tour le plus petit des quatre.

« - Il … il est parti à Agen, hier dans la journée » bafouilla Sofia, intimidée par ces quatre hommes.

« - Peut-être a-t-il enfin compris qu’il n’était plus à sa place et il t’a laissée seule ici. Qu’en penses-tu gamine ? » dit alors le plus grand d’entre eux en renversant exprès un vase posé sur le buffet.

« - Y a pas grand-chose à bouffer ici ! » se plaignit le quatrième homme d’une corpulence certaine en train de dévorer un gigot.

« - C’est ainsi que tu reçois des invités, souillon ? » questionna le plus grand.

D’un revers de la main il lui donna une baffe qui la fit tomber à terre.

« - Adrien a raison. Le temps du jeu est révolu. Nous allons faire passer un message à ton père afin que même sa vieille caboche le comprenne ! » affirma l’homme de taille moyenne.

« - Mettez le feu ! » ordonna-t-il.

« - Je vous en prie, faites pas ça monsieur Lestat » supplia Sofia paniquée.

« - On va se gêner ! » répondit Adrien qui s’était déjà muni d’un tison.

Alors qu’il allait enflammer un mur, une main vint lui saisir le poignet fermement. D’un mouvement sec l’inconnu le lui brisa tout en récupérant le tison de l’autre main.
Adrien hurla de douleur et recula en se retournant. L’attention de tout le monde était maintenant tournée vers les trois silhouettes qui venaient d’entrer dans la maison.

« - Sortez de chez moi immédiatement et dites bien à Romus que nous ne partirons jamais d’ici ! » affirma Lionel en s’avançant dans la lumière du foyer.

Adrien fut le premier à sortir en courbant l’échine sous la douleur lancinante du poignet. Le plus petit le suivit avec un regard mauvais. Le gros sortit à son tour après avoir craché sur le torse de Jeremiah la bouchée qu’il était en train de mâcher.

« - Nous nous reverrons, papi ! » adressa Lestat à Lionel.

« - Mieux vaut pour toi que non » lui répondit Frédéric.

Jeremiah resta sur le seuil de la porte et les observa s’éloigner tandis que Frédéric remit le tison au feu et que Lionel aidait Sofia à se relever.

« - Qui étaient ces hommes Lionel ? » demanda Frédéric.

« - Des hommes de main de Romus, un riche propriétaire qui convoite ma ferme et ses champs. Ils tentent de nous intimider depuis des mois pour que l’on parte ».

« - Pourquoi ne pas partir alors ? » demanda Jeremiah.

« - Vous pourriez recommencer ailleurs ».

« - Je l’ai déjà envisagé mais Monbran appartient à ma famille depuis cinq générations, je ne peux la laisser à un bandit tel que Romus ».

« - Nous comprenons, Lionel » répondit Frédéric.

« - Qui sont ces hommes, père ? » intervint Sofia.

« - Ma chérie, je te présente Frédéric et Jeremiah. Ils vont nous aider à la ferme et nous permettre de nous remettre sur pieds ».

Après un léger souper, tous allèrent se coucher car ils se lèveraient aux aurores le lendemain.
C’est ainsi qu’aux environs de sept heures le lendemain matin, tout le monde fut réveillé par le coq de la basse-cour. Après une toilette sommaire, Lionel emmena Frédéric et Jeremiah à travers son exploitation qui couvrait plusieurs dizaines d’hectares composés de diverses  parcelles de cultures. Il leur expliqua que depuis l’arrivée de Romus, tous ses serviteurs avaient fini par fuir ou disparaître de façon inexpliquée provoquant le déclin de sa ferme. Endetté, il devait absolument assurer la prochaine récolte. C’est là qu’intervenaient nos deux héros, Lionel les avait achetés dans le but de l’aider à faire la récolte.

« - Avant de commencer, il y a une souche qui gît en plein milieu du champ nord-ouest et qui va nous gêner pour passer avec la carriole. Je l’aurais bien enlevée moi-même mais je ne me fais plus tout jeune » dit Lionel.

« - Avez-vous des haches ? On va s’en occuper, Lionel » assura Frédéric.

« - Merci ! J’ai tout ce qu’il faut comme outils. Tout ce qui me manque ce sont des mains pour les utiliser ».

De retour à la ferme, Lionel leur montra la petite grange où il entreposait tous ses outils. Munis d’une scie de bûcheron, de deux haches et de cordes, Frédéric et Jeremiah se rendirent au champ nord-ouest.
Arrivés sur place, ils trouvèrent une souche imposante. Il s’agissait d’un ancien chêne dont le tronc faisait au moins un mètre de diamètre et dont les racines étaient puissamment fichées dans la terre nourricière.

« - Ce n’est pas que ça me déplait mais sommes-nous vraiment venus sur cette planète pour aider un vieil homme à faire une récolte ? » demanda Jeremiah.

« - Je me suis également demandé comment réagir face à cette situation. Tout ce que je sais, c’est que s’il ne nous avait pas achetés, on aurait pu être trimballés je ne sais où et être éloignés encore plus de Miles. Maintenant on a face à nous un homme bon et honnête qui a besoin d’aide. On est venus ici pour sauver ce monde d’un démon. Commençons par aider un homme, après on verra ».

Jeremiah acquiesça et tous se mirent au travail. Avec la scie, ils coupèrent rapidement les plus grosses racines. Les plus petites furent découpées en un rien de temps par leurs haches.  La souche délogée, ils entreprirent de la débiter en bûches avant d’en faire des paquets derrière la maison pour les empiler sur le stock de bûches pour le feu.
Lionel fut étonné de les voir rentrer si tôt et puisqu’ils étaient toujours en forme, il allait les accompagner pour débuter la récolte. Tandis que Lionel harnachait les deux chevaux pour le chariot, nos deux héros, sous la tutelle de Jeremiah, embarquèrent les outils nécessaires, faux, faucille et cordelettes pour les fagots.
Arrivés au champ, Lionel leur indiqua qu’il possédait une grange plus vaste pour y stocker la récolte à l’autre bout du champ et qu’ils allaient donc commencer par faucher une tranchée jusqu’au bâtiment.
Se munissant de faux, Jeremiah et Frédéric coupaient les épis, Lionel, accompagné parfois de Sofia, les regroupait en fagots via la cordelette. Régulièrement, nos deux héros s’arrêtaient de faucher pour monter ces fagots sur le chariot.
Même s'ils étaient efficaces, il leur fallut trois jours pour faucher entièrement le champ. Les jours suivants, ils s’attelèrent à frapper les épis à l’aide de fléaux pour en extraire le grain.
Tout cela se passait dans la bonne humeur. Ce travail manuel semblait même apaiser les esprits préoccupés de nos deux héros qui en auraient presque oublié leur mission. Deux jours encore plus tard, le grain du premier champ était fin prêt pour la vente, réparti en plusieurs sacs. Lionel partit donc seul au marché pour le vendre et en retirer quelques bénéfices qui lui permettraient de pallier à certaines dettes. Bien que ce fut loin d’être suffisant pour toutes les rembourser, son exploitation revenait progressivement sur la bonne voie.
Frédéric et Jeremiah décidèrent ainsi de rester suffisamment longtemps pour s’assurer que leur famille d’accueil soit remise complètement et puisse embaucher du personnel agricole. Mais cela était loin de plaire à tout le monde.
Deux jours plus tard, alors que nos deux héros fauchaient le second champ, Frédéric s’arrêta net. Son odorat développé sentit une odeur de brûlé. Il se redressa et regarda en direction de la maison. Cette dernière laissait échapper une fumée anormalement épaisse. Lâchant sa faux, il se mit à courir vers la maison. Jeremiah qui le vit faire, regarda à son tour la maison. Comprenant qu’elle était en train de s’embraser, il se douta que c’était là l’œuvre des hommes de mains de Romus. Il lâcha donc également sa faux et prit deux faucilles avant de s’élancer à la suite de Frédéric. Il parvint à le rattraper et à le dépasser grâce à sa vitesse. La maison était maintenant en flammes et Jeremiah aperçut quatre silhouettes s’en éloigner  en courant. C’était la troisième fois dans sa vie qu’il assistait à ce genre de drame. La rage au ventre, il courba sa trajectoire de course vers les pyromanes. Tandis que Jeremiah laissait la maison derrière lui, Frédéric atteignit l’abreuvoir des bêtes. Muni d’un seau il arrosa l’entrée de la maison autant qu’il le put pour lui permettre d’entrer.

De son côté, Jeremiah était parvenu à rattraper les quatre hommes et à leur barrer la route. Il s’agissait bien des hommes de main de Romus.

« - Tiens ? L’un des esclaves de Lionel ! » dit Lestat avec un sourire.

« - Il est tout maigrichon celui là ! » dit l’homme obèse répondant au nom de Claude.

« - Qu’est-ce qu’il compte faire avec ces deux faucilles l’albinos ? » ajouta le petit nerveux de la bande dénommé Jean.

« - J’aurais préféré voir ton pote, le grand gaillard, mais tu feras l’affaire ! » déclara Adrien en s’avançant vers lui, le glaive à la main.

Sans dire un mot, Jeremiah lança sa faucille gauche qui se planta profondément en plein front d’Adrien. Celui-ci tomba mort avant même d’avoir touché sol.
Les trois autres furent surpris, néanmoins Lestat donna l’ordre de l’attaquer. Tous les trois se lancèrent sur Jeremiah. Jean sauta sur lui, ses deux poignards en avant. Jeremiah lui porta un rapide coup de pied au visage. Le petiot se roula au sol en se tenant le nez ensanglanté. Rapidement derrière, Lestat l’assaillit avec son glaive. Jeremiah contra le coup avec sa faucille avant de lui mettre un coup de boule. Lorsque Claude fut à portée, il lui trancha la gorge. Un puissant jet de sang en jaillit avant qu’il ne retombe face contre sol, mort à son tour. Rapidement remis du coup de boule, Lestat surprit Jeremiah en donnant un grand coup de glaive sur sa faucille qui le désarma. Mais ce n’était pas ça qui allait mettre Jeremiah en fuite. Lestat tenta de lui porter un coup d’estoc. Jeremiah saisit son poignet de sa main droite, pivota sur lui-même en lui assénant un puissant coup de coude au visage. Après quoi il lui brisa le bras droit qu’il avait immobilisé. Sous la douleur, Lestat lâcha son arme. Jeremiah la récupéra pour l’envoyer se planter dans le dos de Jean qui était en train de s’enfuir.

A l’intérieur de la maison, Frédéric scruta le brasier à la recherche d’une quelconque forme humaine. Il vit Lionel et sa fille au beau milieu, allongés au sol, assommés. N’écoutant que son courage, il franchit le mur de feu qui les séparait et extirpa des flammes Sofia et Lionel.
Mais il était déjà trop tard. Lionel avait le crâne fendu et Sofia s’était asphyxiée en respirant trop de fumée.

Jeremiah le rejoignit alors en traînant par le col Lestat. Il lança entre eux deux le bras droit de Romus qui n’était pas encore mort, mais pas loin. Quand soudain Frédéric aperçut quelque chose dont il ne s’était pas tout de suite rendu compte en la voyant. La partie inférieure du visage de Jeremiah était barbouillée de sang. Il baissa les yeux sur Lestat et vit qu’il portait la trace de ses canines dans le cou.

« - Tu ne t’en es sûrement pas rendu compte ces derniers jours puisque nous devions afficher un niveau de force dans les limites humaines mais je commençais à m’affaiblir sérieusement » lui dit Jeremiah devant l’incompréhension qu’affichait Frédéric.

« - Je croyais que tu étais sensé n’avoir aucune faiblesse des vampires » lui répondit-il après quelques secondes.

« - Ce n’est pas une faiblesse inhérente aux vampires mais aux êtres humains. Tout être humain doit se nourrir tous les jours pour subsister. Il en va de même pour les vampires. Pour ma part, je peux tenir plus d’une semaine sans me sustenter. Mais il y a un moment où il faut que j’y passe alors autant que ça soit sur des fumiers de cette espèce ».

« - Ouais, tu n’as pas tort sur ce point » finit par acquiescer Frédéric.

Sachant quel sentiment cela pouvait provoquer en voyant ce sang, Jeremiah s’essuya la bouche du revers de la main avant de faire un mouvement sec du bras vers le sol pour s’en débarrasser.

Alertée par le feu, c’est alors qu’une milice arriva à la ferme. Ainsi penchés au-dessus des trois cadavres, sans compter ceux découverts sur la route, Frédéric et Jeremiah furent encerclés par les hommes armés de fourches.
Faits prisonniers, ils furent ramenés à Agen pour y croupir en prison.
Le lendemain, ils comparurent devant un tribunal de campagne. Ils étaient accusés du meurtre de Lionel et de sa fille Sofia ainsi que des quatre hommes de main de Romus.
Étant particulièrement influent, ce dernier paya le juge pour qu’il accepte sa vérité. Il proclama qu’il avait des relations cordiales avec Lionel. Que ce dernier avait peur des deux esclaves qu’il avait achetés quelques jours plus tôt. En effet, il prétendit que Lionel lui avait fait part des regards qu’ils portaient sur sa fille et qu’ils ne voulaient pas partir de sa propriété. C’est pourquoi il avait envoyé ses hommes pour l’aider à les faire fuir.
Bien que nos deux héros protestèrent avec véhémence, le juge les proclama coupables. Puisqu’ils étaient enclins à la violence, il les condamna à être exécutés l’après-midi même au cœur de l’arène d’exercices d’Agen.

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