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 Chapitre 22 - Face à César

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Jezekiel
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14032012
MessageChapitre 22 - Face à César

[Date originale : 26 Décembre 2010]
[Date correctif : 30 Juin 2014]
Terre 8451, Arènes de Rome, dernier jour du Ludi

Ce titre emblématique d’un des groupes de rock préférés de Frédéric sur la Terre 531 ne laissait aucun doute sur l’identité de celui qui le chantait.

« - C’est Miles ! » dit-il à Jeremiah discrètement.

Ils dirent à Gontran de ne surtout pas attaquer le mirmillon durant le combat qui allait suivre lorsque celui-ci débuta sous l’injonction de l’arbitre.

« - Mes amis, je vous dis adieu » dit Miles à ses deux collègues de combat tandis qu’ils s’élançaient vers les guerriers de Lucien et que lui restait sur place.

Jeremiah se jeta sur son homologue thrace. D’une dextérité et d’une rapidité à toute épreuve, Jeremiah désarma son adversaire avant de le renverser et de lui placer la pointe de sa dague sous la gorge pour lui intimer l’ordre de rester immobile.
De son côté Frédéric se chargea du Rétiaire. Ce dernier lui lança de suite son filet pour tenter de l’emprisonner mais Frédéric projeta son bouclier à la rencontre du filet si bien que ce dernier ne fit prisonnier que la pièce de protection. D’un grand coup de son gladius, Frédéric brisa le trident de son adversaire. Ce dernier faisant mine de sortir son poignard, Frédéric plaça la pointe de son arme sous sa gorge.
Gontran n’avait pas tout saisi à ce qui se passait que le combat était déjà fini. Deux des hommes de Marcus étaient vaincus tandis que le troisième n’avait pas bougé d’un poil.
Le public qui s’attendait à un formidable spectacle d’effusions de sang fut particulièrement déçu et commença à huer les gladiateurs.

« - Vous en avez mis du temps pour me retrouver, qui plus est de cette façon » dit Miles en relevant sa visière.

« - La voie légale a pris plus de temps que prévu et des tournures imprévues » répondit Frédéric.

« - Je vois ça ! »

« - Ceci dit, si tu voulais atteindre les plus hautes sphères de l’Empire … sache que nous sommes actuellement regardés par César lui-même ».

Frédéric scruta les tribunes et les loges d’honneur afin de vérifier ce que disait Miles. Et effectivement il vit un homme blond, d’une quarantaine d’année qui semblait avoir tous les honneurs et un confort maximum. Malgré le brouhaha que le public manifestait, Frédéric ne réfléchit pas longtemps avant de prendre la parole.

« - Nous demandons audience à l’empereur César ! » cria-t-il.

Le public entier commença à se moquer d’eux tandis que les conseillers de César se rapprochèrent de lui. Ceux-ci lui suggérèrent sûrement de se retirer car César se leva et tourna les talons vers la sortie de sa tribune tandis que des décuries prétoriennes envahirent l’arène et encerclèrent nos héros.

« - Miles, voici Gontran, un ami, veille sur lui s’il te plait » demanda Frédéric avant d’assommer le rétiaire d’un coup de pommeau de son gladius et de s’élancer vers les gradins.

Jeremiah assomma le thrace d’un coup de talon et s’élança à la suite de Frédéric. Tandis que ce dernier gravissait les gradins par bonds successifs jusqu’à la loge de César, Jeremiah ne fit qu’un seul saut jusqu’à elle.
En bas, Miles s’était avancé jusque vers Gontran et se tenait sur ses gardes, prêt à le protéger des prétoriens qui les encerclaient tous les deux.

En un éclair, Frédéric glissa son bras gauche sous le menton de César et le menaça de son gladius pour tenir à distance les prétoriens présents dans la loge.

« - Ce n’est pas très poli de s’éclipser en douce après tout le mal que l’on s’est donné pour vous voir, empereur » dit Frédéric à César.

« - Savez-vous ce qui vous attend en osant me menacer ? » lui répondit César sur un ton neutre et nullement effrayé.

« - Rien qui ne nous fasse bien peur face à la menace qu’encourt votre empire sans que vous le sachiez » lui dit Jeremiah.

César fut interloqué par les paroles de Jeremiah. Manifestement, ses agresseurs n’étaient pas des hommes ordinaires.

« - Messieurs, vous avez piqué ma curiosité au vif. Peut-on cesser cela puisque vous n’avez pas l’intention de me tuer ? » dit calmement l’empereur.

« - Vous êtes un homme intelligent, César, mais nous voulons être sûrs que vous n’allez pas tenter de nous faire prisonniers ou pire encore avant que vous nous ayez écoutés » lui répondit Frédéric.

Ainsi César, toujours menacé par le gladius de Frédéric donna l’ordre à ses prétoriens de se retirer. Ils se rendirent ensuite dans l’appartement privé de César situé dans l’arène et furent rejoints par Miles et Gontran.
La pièce n’ayant qu’une seule issue, Gontran, Miles et Jeremiah la surveillèrent dans l’éventualité d’une action coup de poing de la garde prétorienne tandis que Frédéric discutait avec César.

« - Veuillez pardonner notre comportement ô César mais vous comprendrez qu’il était nécessaire ».

« - Nous sommes des messagers venus vous avertir du grave danger qu’encourt votre Empire et la planète entière. Les forces ennemies de l’Empire ont décidé de faire cause commune contre vous ».

« - Ce n’est pas nouveau mon garçon ! Nos espions nous l’ont rapporté il y a plusieurs lunes de cela ».

« - Vous ont-ils aussi appris que vos ennemis avaient trouvé un moyen radical pour vous combattre ? »

«  - Je sais que mes ennemis ont trouvés de vieux parchemins mais nos espions n’ont pas encore réussi à déterminer ce qu’ils contenaient ».

« - C’est le but de notre venue. Ces parchemins indiquent l’emplacement de la prison de pierre et de feu d’une créature malfaisante, un démon, dont ils comptent se servir contre l’Empire. Mais le démon ne se contentera pas de l’Empire, il réduira toute la planète en cendres ».

Plusieurs minutes s’écoulèrent avant que César ne reprenne la parole.

« - Vos révélations sont troublantes. Je ne peux vous croire sur paroles. Ainsi vais-je devoir consulter la Pythie de Delphes avant de prendre une quelconque décision. Pour le moment je vous gracie et vous rend la citoyenneté que vous avez perdue. Puis-je demander votre présence à mes côtés en mon palais en attendant la réponse de la Pythie ? »

« - Cela serait un honneur pour nous, ô Empereur » répondit de suite Frédéric en mettant un genou à terre.

Contrairement à ce que pensaient de prime abord nos héros, ils n’allaient pas devoir attendre plusieurs jours le temps de l’aller-retour entre Rome et Delphes. Le territoire chinois annexé par l’Empire romain leur apporta non seulement des terres et des hommes mais également des connaissances qui leur permirent de toujours conserver une certaine avance sur leurs adversaires. L’une d’entre elles, la poudre noire, participa à des applications toujours plus nombreuses. Notamment à une invention qui remplaçait progressivement les pigeons voyageurs : la lettre expresse, dite colibri de feu. Elle était plus fiable et rapide. Il s’agissait d’un petit compartiment en acier, contenant le manuscrit à transmettre, auquel était annexé autant de cartouches de poudre noire que nécessaire en fonction du trajet. Chaque cartouche de poudre brûlait l’une après l’autre produisant une forte poussée avec un dégagement de flammes. Cet ingénieux procédé était accompagné de calculs complexes afin de déterminer la trajectoire à prendre, la distance à parcourir et donc le nombre et le type de compartiments à placer dans cette fusée.
Pour un trajet comme Rome-Delphes il ne faudrait pas plus de deux compartiments de taille moyenne pour mener à bon port le message en une quarantaine de minutes.
Le temps des deux trajets plus celui de la consultation de l’oracle, le soleil était déjà en train de se coucher à l’horizon lorsque la réponse arriva à César.
La pythie avait confirmé les dires de Frédéric et avait même précisé la localisation de cette prison de pierre et de feu qui n’était autre que le volcan Tajumulco au Guatemala. De plus la pythie lui transmit une révélation sur ses visiteurs qui n’étaient pas de ce monde.
Alors que la nuit était tombée, nos héros définitivement grâciés furent conduits à des chambres d’invités après qu’ils eurent raconté le récit de leur arrivée et les pérégrinations qu’ils avaient connues depuis. Durant le récit, César prit des dispositions diverses et variées dont la nature échapperait à nos héros jusqu’au matin du lendemain.

Ayant bien dormi, nos quatre héros s’étaient bien reposés. César les ayant fait demander, ils étaient de nouveau devant lui pour cette seconde journée.
César leur confia qu’il avait fait envoyer hier soir un colibri de feu pour le Guatemala avec un relais à Lexington, une ville d’Amérique du Nord faisant office de seconde capitale de l’Empire sur le nouveau continent, pour prendre connaissance de la situation au volcan. Au moment où il leur parlait, la réponse devrait être en train de retourner vers Lexington pour être reçue à Rome dans moins de huit heures.
En attendant que le navire qu’il leur affrétait soit prêt, il tenait à faire le point sur la scène qui s’était déroulée à Karcag et avait donc fait quérir le général Arimus Passax et le tribun Viriatus Ikitus.
_____________

Rome, trois jours plus tard.

Le général et le tribun, qui avaient fait la route ensemble sans échanger un seul mot, arrivèrent enfin à Rome. A peine les portes de la cité franchies, la garde prétorienne les prit en charge et les amena en audience directe devant César.
En dehors des deux colonnes de soldats de la garde prétorienne qui longeaient la salle, César les reçut tous les deux seuls. Tandis qu’Arimus souriait, sûr de lui, le tribun Viriatus déglutit à la vue d’autant de gardes et appréhendait ce qui allait se passer.

« - Avé César ! » dirent les deux hommes de concert, droits comme des i.

« - Avé ! » leur répondit l’empereur.

« - J’ai eu vent d’un événement peu ordinaire s’étant déroulé à Karcag il y a de cela une lune ».

Arimus chercha dans ses souvenirs de quoi il pouvait bien s’agir lorsqu’il se souvint des trois hommes qu’il avait envoyés à l’esclavage le mois précédent.

« - Je ne vois pas de … » commença-t-il à dire.

« - Ne me mens pas Passax ! J’ai vu dans tes yeux que tu savais parfaitement de quoi il s’agissait ».

« - Tribun Ikitus, est-ce bien vrai que trois hommes vous sont venus en aide durant la bataille de Karcag ? » demanda-t-il sur un ton tout aussi autoritaire mais moins courroucé.

« - Oui, ô César ! » répondit Ikitus en mettant un genou à terre.

« - Quelle a été leur récompense pour cet acte de bravoure ? »

« - Parle sans crainte tribun Ikitus » dit César en voyant que Viriatus hésitait à lui répondre.

« - Ils … ils ont été assommés et emprisonnés » finit par dire Viriatus, honteux d’avoir suivi les ordres de Passax.

A côté de lui, Arimus, resté debout, connaissait des sueurs qui lui dégoulinaient le long de l’échine, appréhendant la suite des événements.

« - Ne se sont-ils pas présentés comme des messagers venant en aide à l’Empire, Passax ? »

« - O-ou-oui, mais ils … »

« - Mais ils quoi, Passax ? Se sont-ils montrés désobligeants ? Insultants ? Agressifs ? »

« - Ou-oui. Ils se sont montrés insultants. Ils n’ont manifesté aucun signe de respect envers une personne de mon rang ».

« - Insultants ? » reprit César en se levant de son trône, furieux.

« - Les traiter de mendiants, d’imposteurs et … et de quoi d’autre Frédéric ? »

« - De barbares, Adrianus ! » dit ce dernier en sortant de derrière les rideaux accompagné de Jeremiah, Miles et Gontran.

Arimus eut comme un éclair le long de la colonne vertébrale en entendant Frédéric appeler César par son prénom. Quant à Viriatus, toujours un genou à terre, il sourit à leur vue.

« - Oui, c’est cela, barbares. Qui est le plus insultant ? Celui qui parle de façon familière ou celui qui dénigre son interlocuteur ? » reprit César.

« - Comment des messagers pacifiques démarchant pour apporter leur aide à l’Empire peuvent respecter un général prêt à tout pour gagner une bataille, quitte à faire tirer les catapultes sur ses propres hommes ? »

« - RÉPOND PASSAX ! » se mit à hurler César devant le silence du général.

« - Qu’il en soit ainsi ! Arimus Passax tu es déchu de ton titre de général des armées romaines et de ta citoyenneté » déclara César après quelques minutes, une fois calmé et rassis sur son trône.

A ces mots, deux prétoriens sortirent des rangs et enlevèrent à Passax tout signe distinctif de son ancien rang, ne le laissant qu’en tunique.

« - Comme tu l’as fait avec ces trois messagers de haute importance, te voici esclave. En tant que tel tu appartiens dorénavant à ces trois hommes et obéiras au moindre de leur désir ».

Passax tomba à genoux, pleurant et se lamentant lorsque les deux mêmes prétoriens l’emmenèrent en le tirant par les épaules.

« - Tribun Viriatus Ikitus, lève-toi ! »

Viriatus ne se fit pas prier et se leva promptement.

« - Je sais que tu as désobéi aux ordres de ton supérieur. En temps normal, cela vaudrait une déchéance militaire. Mais pour avoir su reconnaître que les décisions de ton supérieur étaient mauvaises, cela te vaut une récompense. Tu es promu général à la place de Passax ».

Deux autres prétoriens sortirent des rangs et déposèrent sur sa tête un casque de général à crinière rouge, des épaulettes à franges et une cape rouge avec des broderies dorées sur les épaules.

« - Puis-je me permettre, ô César ? » demanda Viriatus.

L’Empereur fit un geste de la main comme toute réponse.
Viriatus sortit de la pièce et revint de suite, suivi par Taurum, son fidèle bras droit qui l’avait suivi jusqu’ici.

« - J’étais persuadé de revoir un jour vos prestigieux hôtes, aussi me suis-je permis de conserver leurs bagages ».

Taurum s’avança et déposa au sol des paquetages rassemblant toutes les affaires subtilisées lors de l’emprisonnement de nos trois héros. Ces derniers furent satisfaits de retrouver leurs armes ... mais pas leurs vêtements puisque César leur en avait fait préparer d’autres de meilleure qualité à leur convenance.

Suite à quoi, Viriatus fut mis au courant de la situation. Le rapport revenu il y a de cela deux jours ne signalait aucun mouvement de troupes ennemies significatif à ce jour. Toutefois ils n’allaient point attendre que cela dégénère pour agir.

« - Il a été décidé que nos trois messagers ainsi que leur ami, dont les aptitudes au combat ne sont plus à démontrer, embarqueraient en direction des Amériques. Ils auront besoin d’aide, aussi veux-tu te joindre à eux, général Viriatus ? »

« - Ce serait un honneur ô César ! » répondit le concerné sans prendre le temps de réfléchir.

« - Parfait ! Constitue la légion de ton choix et retrouve-nous au matin du quatrième jour au  port de Fiumicino » lui ordonna César avant de prendre congé.

Accompagné de Taurum, Ikitus se retira dans des quartiers spécialement préparés à son intention pour commencer à réfléchir à la constitution de sa légion.

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