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 Chapitre 24 - La Croisière n’est pas là pour s’amuser

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Jezekiel
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Localisation : Poitiers, Vienne, France

14032012
MessageChapitre 24 - La Croisière n’est pas là pour s’amuser

[Date originale : 9 Janvier 2011]
[Date correctif : 1er Juillet 2014]
Terre 8451, au beau milieu de l’Océan Atlantique

Le détroit de Gibraltar avait été délicat à négocier mais ils naviguaient dorénavant en haute mer. Les voiles étaient hissées et gonflées à bloc par le puissant vent d’est.
Au départ, certains durent avoir une période d’acclimatation. Même si l’Exocet était un bâtiment important qui ne tanguait que très peu, certains connurent le mal de mer et les esclaves comme Arimus passèrent plus d’une fois derrière ces malheureux pour nettoyer.
Cela faisait plusieurs jours qu’ils avaient pris la mer et tous avaient trouvé une occupation à bord.
Pour Jeremiah c’était une première. L’homme avait prouvé à maintes reprises qu’il n’était pas impressionné facilement, mais là c’était différent. Lorsqu’ils étaient encore en Méditerranée, il ne fut pas dépaysé pour l’avoir déjà traversée du temps où il était Templier. En Méditerranée on apercevait toujours plus ou moins un relief, îles ou continent. Mais en plein océan, c’était une toute autre affaire. Lorsque les côtes européennes et africaines disparurent de l’horizon oriental, il n’y eut plus que cette vaste étendue bleue, parfois calme, parfois agitée. Jeremiah passait le plus clair de son temps à se noyer dans ses pensées en contemplant l’océan … lorsqu’il n’était pas en train de pourchasser discrètement rats et autres nuisibles pour se sustenter de temps en temps malgré les steaks qu’on lui servait les plus saignants possibles.
De son côté, Frédéric s’occupait autant qu’il le pouvait de l’ancien cheval d’Arimus avec qui une sorte de lien invisible se renforçait jour après jour. Les romains avaient eu la bonne idée d’embarquer une bibliothèque, certes restreinte, mais suffisante pour instruire Gontran, en lui apprenant à lire par exemple.
Lorsque Gontran n’était pas avec Frédéric, il participait volontiers aux tâches demandant de la force physique comme hisser les voiles. Un jeu s’installa rapidement entre lui et les marins du bord. En un contre un, le jeu constituait à savoir lequel des deux tournerait son tourniquet le plus de fois. Gontran n’avait jusque-là perdu aucune fois, pas même face à Frédéric ou Miles qui le laissaient gagner de bon gré.
En la personne de Ra’iarii, Miles avait trouvé un parfait compère. Cela l’avait étonné au départ mais Ra’iarri avait une force musculaire vraiment impressionnante. A côté de lui Gontran pourrait passer pour un nourrisson et même Miles avait du mal contre lui lors de leur bras de fer quotidien et ce même s’il utilisait subrepticement sa force démoniaque. Il n’était pas rare non plus de les voir disputer de temps en temps un petit match de boxe sur le pont, ce qui créait à coup sûr un attroupement, les marins trop contents d’avoir un divertissement qui sorte de l’ordinaire.
Pendant ce temps, les deux amis de caserne vivaient leurs jours au rythme des récits de batailles auxquelles ils avaient participées … lorsqu’ils n’étaient pas en train de disputer une partie d’échecs ou de dames.
Féru de remèdes, Djawad passait du temps à l’infirmerie où il exaspérait les médecins qui  passaient des heures à retrouver les fioles que le zoulou avait classées selon un autre système. Mais il occupait le plus clair de son temps à sculpter des statuettes diverses et variées. D’abord à l’effigie de sa famille et de sa tribu puis progressivement à l'effigie de l’équipage du navire avec qui il avait une relation quelconque.
Rêmnon, quant à lui, ne restait jamais très loin de la cabine du capitaine à écouter les directions et caps pris durant le voyage. Informations qu’il consignait consciencieusement sur des sortes de papyrus.
On ne vit que très rarement Ryuchi durant le voyage, sûrement à améliorer ses techniques pour passer inaperçu. Bien que dans l’incapacité physique de parler, il faisait comprendre que s’il pouvait se cacher aux yeux de ceux avec qui il partageait son quotidien, alors il pourrait se cacher aux yeux de n’importe qui.
Toujours aussi mystérieux, Daniel semblât passer son temps à la vigie, en position du tailleur avec l’air lui fouettant le visage. Personne ne le vit jamais descendre, pas même pour manger en dépit du fait que personne ne lui apportait de nourriture.
Fidèles à la réputation de la Lame Rouge, Red River, Takeda et Chittesh ne se mêlèrent point à l’équipage, perfectionnant jour après jour leur aptitude aux armes de jet … bien que Chittesh énervait quelque peu ses deux collègues à trancher les cibles avec son chakram.
En revanche Jörf et Zeno se joignirent aux légionnaires dans leurs exercices quotidiens pour se conserver en forme et réactifs lorsqu’ils accosteraient. Malgré quelques tensions évidentes, cela se passait relativement bien.
______________

Traversée de l’Atlantique, 12ème jour

Cela faisait plusieurs jours que des légionnaires venaient se plaindre au capitaine d’une forte odeur de poisson sur le bateau. Mais le capitaine n’en tint pas compte. En effet, pour lui, il était normal qu’ils sentent le poisson étant donné que ses propres marins pratiquaient régulièrement des pêches au filet afin de compléter leurs vivres. Au fond de lui il rigolait bien, qualifiant en son for intérieur ces légionnaires aguerris de "marins d’eau douce". En ce moment même, d'ailleurs, les marins pêchaient. Les longs filets auraient ralenti n’importe quel navire mais pas l’Exocet. A chaque pêche les esclaves étaient employés aux tourniquets afin de faire tourner les hélices et compenser la déperdition de vitesse causée par les filets. Gontran, comme à son habitude, participait avec entrain à l’exercice.
Pendant ce temps, les légionnaires, ainsi que Jörf et Zeno, s’adonnaient à un de leurs entraînements quotidiens. A la fin de la session, tous se dispersèrent comme à l’accoutumée mais cette fois quelque chose attira l’œil de Jörf. En effet les traits d’un des légionnaires lui semblèrent familiers juste avant qu’il ne s’engouffre dans les entrailles du navire, sûrement en direction de son dortoir. Plantant Zeno, Jörf se lança à sa suite d’un pas pressant.

A la proue du bateau, Frédéric vint rejoindre Jeremiah, contemplatif une fois de plus de l’étendue bleue. Ils échangèrent quelques banalités jusqu’à ce que Jeremiah lui confie qu'il connaissait des démangeaisons au bas des reins depuis leur départ. Mais ces derniers jours elles se faisaient plus irritantes que jamais et pour cause ; deux bosses s’étaient formées à cet endroit.

Certains soldats toléraient mal que certains membres de la Lame Rouge partagent leur entraînement, alors qu’un des leurs vienne les narguer jusque dans leur dortoir où ils étaient entassés comme des sardines en boîte, c’en était de trop. Arrivé aux chambrées sans avoir pu rattraper l’inconnu, Jörf se heurta à un mur de légionnaires bien décidés à l’expulser de ce lieu. Ne voulant point créer de troubles, Jörf préféra se retirer et remettre à un moment ultérieur l’identification de ce soldat qu’il rencontrerait sûrement à nouveau … si jamais cela arrivait.

Alors que Jörf marchait pensivement en essayant de se remémorer le peu de visage de l’inconnu qu’il avait vu, un puissant choc ébranla le navire.
Sur le pont, les marins s’interrogèrent quelques secondes sur ce qui avait bien put ébranler le navire ainsi. Alors qu’ils pensaient avoir heurter quelque chose en profondeur une immense ombre se porta à l’arrière du pont. En se retournant, tous eurent une vision d’horreur. Un gigantesque serpent de mer avait décidé de s’intéresser à leur navire. Ses écailles étaient d’un vert impérial. Sur ses joues naissaient deux énormes nageoires en éventail. Ses yeux jaune or inspectaient le pont du navire tandis que de sa gueule pendait le filet de pêche des marins rempli de poissons. Avalant à toute vitesse le filet grâce à ses nombreux crochets, le serpent ne tarda pas à tirer sur les cordes auxquelles était fixé le filet. Après un temps de stupéfaction, lorsqu'ils entendirent les effroyables craquements provoqués par la tension des cordes, les marins se reprirent et, munis de haches, s’employèrent à les couper pour que la créature n’arrache pas une partie du pont.
Le filet complètement désolidarisé du bateau, l’ordre fut donné aux esclaves apeurés de reprendre leur place aux tourniquets pour faire tourner les hélices le plus vite possible et ainsi prendre de la distance rapidement vis-à-vis de ce monstre marin.
Mais le filet ne fut qu’un hors d’œuvre pour le serpent et, voyant toute cette nourriture qui piaillait sur cette embarcation, il ne comptait pas en rester là.
Pendant ce chaos, Jeremiah et Frédéric descendirent à leur cabine afin de prendre leurs armes quand un second choc leur fit perdre l’équilibre. Le serpent les avait rattrapé et tapait la coque de sa tête.
Revenus sur le pont, ils ne purent que constater que le serpent avait commencé à s’enrouler autour du navire et que son corps était en travers du pont tandis que la tête menaçait toujours la poupe. Sans réfléchir un instant, Jeremiah et Frédéric assaillirent le corps du monstre avec leurs armes. Rejoints par Jeronimus, Viriatus, Djawad, Rêmnon, Jörf, Chittesh, Ra’iarii, Miles et Zeno, tous abattirent leurs armes sur les écailles du monstre. Particulièrement épaisses, les écailles résistèrent aux attaques. De leurs côtés, Red River, Takeda et Ryuchi émulaient de nombreux légionnaires à user d’arcs et d’armes de jets en tout genre en direction de la tête du serpent.
Agacé par ces projectiles, le Serpent fondit sur la poupe la gueule ouverte en direction des tourniquets. Le tourniquet de gauche fut se première cible. Il engouffra la machine et les hommes qui la tournaient en un instant. Relevant la tête en arrachant le tout, tous purent voir le tourniquet se briser sous les puissants crochets et l’engloutissement des esclaves qui lançaient de grands cris.
Voyant cela, Frédéric redoubla d’efforts et usant à outrance de sa force de lycanthrope, il parvint à briser une écaille laissant apparaître une petite parcelle de peau du monstre. Sans attendre, Frédéric enfonça son épée dans la chair du serpent avec grande violence. Un sifflement rauque échappa de la gueule du monstre qui se débattit. Remuant son corps, le serpent repoussa tous les assaillants au contact, fracassant au passage le mât principal qui chuta en grand fracas sur une partie du pont, écrasant plusieurs légionnaires. Les assaillants ainsi repoussés se retrouvèrent sur le dos un court moment avant de se relever et d’attaquer à nouveau le serpent. Se concentrant sur la zone que Frédéric avait mise à nu, les combattants parvinrent à l’élargir en fracassant des écailles toujours en plus grand nombre.
Du côté des archers, peu d’entre eux parvinrent à faire mouche. Les flèches de Red River semblaient rebondir sur les écailles du monstre tandis que les traits de Takeda parvenaient à se ficher dans les interstices des écailles. Ne parvenant à rien de bon avec ses senbon, Ryuchi opta pour ses bô shuriken. Expert dans leur maniement, Ryuchi possédait aussi la force physique nécessaire pour parvenir à les planter dans des murs de pierre. Bien que résistantes, ses écailles ne l’étaient pas autant que la pierre.
Le serpent lança sa seconde offensive et cibla les proies les plus proches : le second tourniquet. Gontran y était resté seul pour tourner l’hélice le plus rapidement possible. Le serpent referma alors ses mâchoires sur le colosse et le tourniquet. Comme précédemment, le tourniquet fut fracassé sous les puissants crochets mais les guerriers eurent une vision d’horreur en voyant Gontran empalé sur un des crochets, toujours vivant. Le serpent ne parvenait pas à déloger sa proie de son crochet et remuait son croc dans les chairs de Gontran qui hurlait de douleur. En l’entendant, Frédéric se retourna et fut pétrifié à cette vue. Jeronimus, qui vit la scène, réagit promptement. Il sortit de sous sa cape une arbalète et d’un tir précis, ficha un carreau en plein cœur de Gontran pour abréger ses souffrances.

« - Merci ! » lui dit Jeremiah pour la compassion dont il avait fait preuve en l’achevant.

Bien que le cœur lourd de peine, tous se remirent à frapper le serpent, tous sauf Frédéric, sous le choc de ce qui venait de se passer.
Plein de rage, Miles vit sa peau noircir sans qu’il ne s’en rende compte tandis qu’il décuplait toujours plus de force au point de briser les deux glaives qu’il maniait. N’étant plus armé, il s’engouffra dans le navire en direction de leur cabine quand soudain, il entendit Frédéric enfin réagir.

« - GONTRAAAAAAAAAAAAAAAAAANNNNNNNNNNNNNNN !!!!! » hurla-t-il de rage alors qu’il se métamorphosait en loup avant de se retourner vers le corps du monstre et de le frapper à coups redoublés de sa grande épée.

Les légionnaires ne surent plus quel monstre redouter le plus alors que les membres de la Lame Rouge ne semblaient pas tellement impressionnés par cette métamorphose spectaculaire.
Au contraire, la métamorphose de Frédéric fut comme un signal. Ra’iarii frustré jusque là de ne pouvoir déployer la totalité de sa puissance musculaire, délaissa sa massue pour se diriger vers le mât fracassé. Bandant ses muscles, ceux-ci se gonflèrent plus qu’à la normale et il souleva le mât avant de l’abattre de toutes ses forces sur la tête du serpent, encore et encore.
Bien que le monstre ressentait la violence de ces coups, Ra’iarii n’allait pas en venir à bout ainsi.
Soudain l’épée de Frédéric se brisa à son tour sous la violence de ses coups. Toujours aussi furieux, il se retourna, scrutant le pont à la recherche d’une arme lorsqu’il vit le maori manier le mât et l’abattre une fois de plus sur la tête du monstre. Son sang ne fit qu’un tour et il se lança vers le guerrier.

« - Oh ! Oh ! Oh ! Je suis de ton côté » dit-il en voyant la bête sauvage qu’était devenu Frédéric lui foncer dessus.

Mais Ra’iarii n’était pas son objectif. D’un bond il sauta sur le mât, l’escalada à toute vitesse avant de sauter sur le crâne du serpent.

« - Euh … Okay, si tu veux » fit Ra’iarii.

Son mât devenu inutile, il le lâcha pour reprendre sa masse.

Arrivé dans leur cabine, Miles se dirigea vers l’endroit où il avait entreposé sa hache de guerre lorsqu’il vit celle de Gontran.

Revenu sur le pont, Miles vit sans grand étonnement Frédéric sous sa forme de loup sur la tête du serpent dont il avait crevé un œil, s’acharnant à le lacérer tant bien que mal avec ses griffes.

« - Frédéric ! Ça marchera mieux avec ça ! » dit-il en lui lançant la hache de Gontran.

Reconnaissant l’arme qu’il venait d’attraper, la fureur qui lui embrumait l’esprit sembla se calmer un moment.

« - Merci, Miles ! »

Puis il frappa frénétiquement le crâne du monstre marin avec la hache à coups redoublés. Autour de son corps une aura de vapeur semblait se former au fur et à mesure que Frédéric entaillait la tête de la créature. Au début, le serpent se débattit vigoureusement mais depuis quelques instants il semblait tituber comme si son esprit commençait à s’échapper de son corps.
Finalement, le serpent s’effondra, la tête sur la poupe, mort.
Mais la fureur de Frédéric ne se calma point. Il continua d’entailler encore et encore le crâne du serpent jusqu’à fendre le palais. Délaissant la hache, il dilata l’ouverture créée en un horrible bruit de déchirement de chairs jusqu’à apercevoir le corps sans vie de Gontran, toujours empalé sur l’un des crochets de la créature. L’extirpant de la gueule de la créature trépassée, la fureur de Frédéric laissa place à des larmes en portant son ami dans ses bras.

Le bilan de ce combat fut lourd. Nombre d’esclaves, marins et légionnaires avaient succombé. Le navire perdit l’usage complet de ses hélices et de son mât principal, rendant les autres voiles plus assez efficaces pour faire bouger un tel navire. De toutes façons, il fut immobilisé durant toute une journée le temps de déblayer les débris inutilisables et procéder à une commémoration funéraire pour les disparus.
Le corps de Gontran fut allongé sur sa hache, les bras en croix sur son torse. Lesté par de lourdes chaînes, il fut mis à la mer comme tant d’autres et coula rapidement dans les profondeurs abyssales pour un repos éternel.

Tandis que des réparations étaient effectuées sur la coque aux divers endroits où le serpent l’avait endommagée, les marins se rendirent compte qu'elle avait été enduite d’une fine couche de bouillie de poisson, ce qui expliqua soudainement la raison de l’attaque du serpent de mer. Il y avait un traître parmi eux doublé d’un kamikaze.
Alors que les suspicions allaient en augmentant au sein du navire, Jörf voulut en avoir le cœur net au sujet de l’inconnu. Avec l’aide de ses collègues de la Lame Rouge, il ratissa le navire à la recherche de l’individu.
Après plusieurs heures, ils le trouvèrent tapi en fond de cale, tentant sûrement de se cacher après l’échec de son sabordage.
Face à face, Jörf le reconnut immédiatement. Otto était natif d’Allemagne et avait servi sous les ordres de Jörf comme éclaireur. La bataille durant laquelle Jörf avait failli perdre la vie, en compagnie de toute son armée, avait ressemblé bien plus à une embuscade qu’à une vraie bataille. Sensé avoir péri avec son armée, Otto avait survécu au prix d’une trahison. Devenu agent double, son physique caucasien tout ce qu’il y a de plus banal, lui avait permis d’infiltrer l’armée de l’Empire romain comme légionnaire. Ne faisant pas partie à l’origine de la légion d’Ikitus, il s’était porté volontaire lorsque le général avait dû compléter les rangs de sa légion. Sa culpabilité ne faisant aucun doute, Otto avoua rapidement ses méfaits une fois mené sur le pont … d’autant plus rapidement que Miles se proposa non sans un certain entrain de le torturer pour lui extraire des informations.
Otto était donc un agent double pour le compte des russes. Sa mission était de saborder par tous les moyens possibles les navires envoyés en Amérique. Mais devant la taille de l’Exocet il lui était apparu impossible de le couler de façon "traditionnelle". Jour après jour il avait donc badigeonné la coque avec des restes de poissons dans l’espoir de titiller l’odorat d’un des serpents de mer vivant dans l’Atlantique.
Bien que Frédéric voulu le faire passer par-dessus bord, il se laissa convaincre du contraire par Jeronimus. Ce dernier lui fit comprendre qu’Otto était facilement impressionnable et qu’il pourrait leur fournir d’autres informations par la suite.

Lorsqu’il fut question de reprendre la route jusqu’aux Amériques, le troisième moyen de propulsion du navire se dévoila. Au beau milieu de la proue, une grande cale s’ouvrit à ciel ouvert. Les marins en sortirent une gigantesque voile qu’ils déplièrent de façon méthodique et mirent au vent selon une procédure minutieuse. Lorsque la voile s’envola dans le ciel tous les soldats crurent voir leur dernier espoir partir au gré des vents. Mais tel ne fut pas le cas. Rattachée au navire par de puissants cordages, elle était en fait un énorme cerf-volant mis au point par la science chinoise. Le navire se remit peu à peu en mouvement.
Tous furent admiratifs de ce trésor d’ingéniosité. Et chacun reprit sa place au fil des jours, vacant à ses occupations habituelles. Arimus lavant le pont et Otto mourant d’ennui encordé à l’un des mâts du navire resté intact.

Une dizaine de jours plus tard, la vigie vit enfin les côtes américaines à l’horizon.

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