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 Chapitre 1 - Nouvelle Vie

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Jezekiel
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Localisation : Poitiers, Vienne, France

11032012
MessageChapitre 1 - Nouvelle Vie

[Date originale : 12 Juillet 2010]
[Date correctif : 21 Janvier 2014]
An de grâce 1250 de notre ère, dans un petit monastère de Champagne

Ancien militaire, Jeremiah d’Érébard déserta les rangs des templiers après une courte carrière, se faisant passer pour mort. Ayant connu trop de massacres, il choisit de se réfugier dans un monastère de Champagne où il se fit connaître sous son simple prénom.

Par une journée comme une autre, alors qu’il était en train de soulever des pieds de pommes de terre à l’aide d’une fourche, Frère Jeremiah se vit approcher par le Frère Ubald, accompagné du Frère Antoine.

« - Frère Jeremiah ! Avez-vous nettoyé les latrines ce matin ? »

« - Il me semble que Frère Albin est parti s’acquitter de cette tâche. » répondit en souriant Jeremiah.

« - Cela m’étonnerait fort, Frère Jeremiah. J’ai envoyé Frère Albin aider notre Père René au rangement des archives du monastère. Aujourd’hui c’est à votre tour de nettoyer les latrines. Semble-t-il que vous l’ayez encore oublié. Un Frère doit travailler pour notre collectivité sans rechigner et ce n’est pas la première fois que je vous rappelle vos obligations Frère Jeremiah. Frère Antoine ici présent vous relaiera dans la récolte des pommes de terre. »

Bien que sachant parfaitement que cette tâche peu glorieuse devait être attribuée à tour de rôle aux frères de classe inférieure et qu’il les avait déjà nettoyées il y a deux jours, Jeremiah s’excusa quand même et partit sur le champ exécuter cette besogne.

Dans les déambulatoires déserts à cette heure de la journée, Jeremiah ne se gêna pas pour maugréer. Il connaissait depuis son entrée au monastère une forte animosité cachée sous un voile épais de cordialité avec le Frère Ubald. C’était à croire que derrière ses fines lunettes rectangulaires, Frère Ubald voyait le sang qui avait entaché jadis les mains de Jeremiah.
En traversant le dernier cloître, Jeremiah leva la tête vers le ciel en plissant des yeux pour apprécier les dernières secondes de la journée durant lesquelles il peut apprécier les chaleureuses caresses du Soleil. En effet, le nettoyage des latrines allait lui prendre la journée à la vue du nombre d’ecclésiastes logés au monastère.

Pour le non initié, entrer la première fois dans le sous-sol des latrines était une épreuve tellement il y régnait une puanteur abominable et une chaleur étouffante à cette époque de l’année. Etant donné le nombre important de fois où il avait été assigné à cette corvée, Jeremiah ne ressentait presque plus d’écœurement face à ces conditions. Eclairé aux lueurs de trop peu de bougies, Jeremiah commença à les nettoyer en raclant à la pelle les monticules de déjections.

Plusieurs fois au cours de la journée, Jeremiah eut la désagréable impression d’être épié des alcôves les plus sombres des sous-sols. C’était la première fois qu’il ressentait cela et ça le perturbait quelque peu. Plus d’une fois il se retourna pour scruter dans l’obscurité une quelconque forme rappelant d’une façon ou d’une autre celle d’un être humain. Mais à chaque fois, il n’apercevait rien.
Sur le coup de 17h, il eut bien plus qu’une impression d’observation, il entendit ce qui semblait être un souffle rauque et étouffé. Il se retourna avec surprise et vit l’espace d’un instant deux lueurs rouges qui s’éteignirent rapidement. Jeremiah prit rapidement l’une des bougies et s’avança vers l’alcôve pour l’éclairer et révéler la créature qu’il soupçonnait s’y trouver … Mais rien. Jeremiah était désappointé, et se dit que c’était un tour de son imagination.
Il se remit à son dur labeur et le finit tardivement sans n’avoir plus eu aucune autre impression.

Sortant des latrines au moment où l’homme ne peut distinguer le chien du loup, Jeremiah se dirigea vers la fontaine aux ablutions afin de se rafraîchir lorsque, pour la seconde fois de la journée, Frère Ubald l’interpella.

« - Je vois avec plaisir que vous avez fini votre devoir journalier ! » dit-il avec un rictus lui déformant le visage.
Jeremiah ne s’offusqua pas et pensa que c’était dû à la puanteur qu’il véhiculait. Toutefois il nota quelque chose de plus dérangeant qu’il mit à nouveau sur le compte de son imagination : bien que le reflet de la lanterne qu’il portait était de couleur jaune sur les verres de ses lunettes, la couleur du reflet sur ses yeux lui sembla rouge un court instant avant de le voir jaune également.

« -Effectivement, Frère Ubald, je me suis acquitté de mon devoir aujourd’hui. » répondit Jeremiah sur un ton neutre, n’affichant aucune expression sur son visage et ne ralentissant pas d’allure.

« - Toutefois le monastère a encore besoin de vos services, Frère Jeremiah. » Jeremiah fut contraint de s’arrêter à ces paroles, réfléchissant déjà à la façon de râler sur le chemin le menant vers sa prochaine corvée.

« - Il se trouve que Frère Bastien, par son habituelle maladresse, s’est tordu la cheville en revenant des pâturages. Que les moutons fussent sans surveillance durant la journée n’est pas bien grave puisque la région a été récemment expurgée de ces bêtes du malin que sont ces maudits loups. Mais maintenant il faut les rentrer à leur enclos pour éviter qu’ils ne connaissent le même sort que leurs confrères de Panurge. Or nos frères sont en train de se sustenter et il ne reste plus que vous de disponible. »

Jeremiah lui dit qu’il allait s’en occuper et prit la direction des pâturages. Durant plusieurs mètres Jeremiah crut que Frère Ubald le suivait puisque la lueur de sa lanterne ne semblait pas s’affaiblir. Finalement cette lumière s’estompa d’un coup, laissant Jeremiah dans l’obscurité naissante de la nuit tombante.

Lorsque finalement il arriva aux pâturages, la lune, qui était bien ronde cette nuit, était déjà haute dans le ciel, partiellement cachée par un nuage. Jeremiah trouva que le lieu était bien calme, trop calme s’il devait être en présence de moutons. Tout en continuant d’avancer en scrutant avec peine l’obscurité, une odeur familière parvint aux narines de Jeremiah. Les vents dégageant le ciel, la pleine lune prodigua à la scène un meilleur éclairage découvrant la multitude de cadavres ovins baignant dans des mares de sang. Jeremiah ne put retenir un « Sainte Marie, mère de Dieu » devant ce bain de sang.

« - Cela ne te rappelle pas de bons souvenirs, Jeremiah d’Erébard ? »

Pensant avec crainte que ses anciens confrères templiers ne l’aient retrouvé, Jeremiah fit volte–face.
Devant lui se dressait Frère Ubald dont les yeux rougeoyaient et qui parlait d’une voix étonnamment rauque pour un homme de sa corpulence.

« - Qui êtes-vous ? » lui lança Jeremiah.

« - Qui ai-je l’air d’être à ton avis ? »

« - Vous n’êtes pas Frère Ubald ! »

« - Non, effectivement, je ne suis pas Frère Ubald. Cet amateur de jouvenceaux doit être actuellement en train de danser la gigue sur les brasiers des Enfers. Je ne fais qu’emprunter son corps de façon temporaire. »

Bien que les révélations sur le Frère Ubald fussent dérangeantes, ce qui l’était encore plus c’est que l’on puisse occuper son corps.

« - Trêve de bavardages ! Il est temps d’en finir ! » dit calmement le démon, puisque manifestement il ne pouvait être autre chose.

« - Occupez-vous de lui ! »

Une sensation de froid intense descendit le long du dos de Jeremiah à ces mots. Ils n’étaient pas seuls ?
Il eut rapidement une réponse en voyant de nombreuses formes se dessiner dans l’obscurité. A peine eut-il le temps d’estimer grosso-modo leur nombre que Jeremiah fut immobilisé à distance par ce qui semblait être de la sorcellerie qui dessinait des cercles lumineux de couleur rouge, avec de curieux symboles contigus, à ses poignets et chevilles.

Malgré sa bonne constitution, Jeremiah ne parvenait plus à bouger.

Du coin de l’œil, Jeremiah vit le démon occupant le corps d’Ubald faire un geste de la main. Immédiatement, un bruit sourd se fit entendre près des pieds de Jeremiah.
Une table de roches éructa du sol, arrachant de nombreuses mottes de terre. D’un autre geste de la main, le démon provoqua une puissante rafale de vent qui dégagea la table de tout débris.

Une des créatures sortit alors de l’ombre. Vêtue d’une houppelande sombre, elle avait une apparence mystérieuse et une silhouette assez frêle. Pointant ses majeurs et index vers la table, il commença à décrire des gestes secs et concis. Sur la table, des motifs et autres symboles étaient en train d’apparaître plus rapidement qu’aucun sculpteur n’aurait pu les tailler … un sculpteur humain du moins.

La créature mystérieuse ayant fini ses mouvements, Jeremiah, qui se débattait toujours, fut soulevé du sol, positionné horizontalement, et allongé sur la table.
Jeremiah comprit avec horreur ce qu’était cette table … un autel sacrificiel. Il avait fui les champs de batailles des croisades pour mourir dans un champ perdu au fin fond de la Champagne. Forçant plus que jamais sur ses muscles, Jeremiah hurla de douleur lorsqu’il se fractura l’humérus droit, l’un des os pourtant parmi les plus solides du squelette humain.

Les créatures autour de lui riaient devant ses cris de douleur. L’un d’eux, ayant cessé de rire, lui dit alors :

« - Tu ne connaîtras bientôt plus de souffrances … c’est toi qui les infligeras ! »

L’esprit enflammé par la douleur, Jeremiah ne comprenait pas ce qu’il voulait lui dire.
Bientôt toutes les créatures traversèrent le voile de nuit qui les rendait imperceptibles et se réunirent autour de Jeremiah, toutes vêtues d’houppelandes sombres. Le démon Ubald leva une main griffue vers le ciel. Une flamme rouge en surgit qui serpenta vers les étoiles avant de retomber en une explosion de lumière en direction du monastère.

Quelques secondes plus tard, alors que la douleur lancinante de son bras semblait perdre quelque peu d’intensité, l’attention de Jeremiah fut attirée par une source de lumière étrangement forte.
Quelle ne fut pas sa terreur de constater que cette lumière était celle d’un gigantesque brasier consumant le monastère.

Un fin filet de larmes ruisselant sur ses joues, Jeremiah leur demanda ce qu’ils lui voulaient et pourquoi avoir tué les moines. Le démon Ubald lui répondit en souriant qu’il fallait de nombreuses âmes pour procéder au rituel du vaisseau.

Une autre des créatures, à l’aspect clairement squelettique, leva ses deux bras rachitiques vers le ciel. Une étrange brume se leva des ruines encore en feu du monastère. Se mêlant un court instant à la fumée, la brume s’en détacha pour se diriger vers eux. Au fil de son approche, Jeremiah perçut ce qui lui semblait être un murmure. Ce murmure se transforma en gémissements puis en hurlements lorsque la brume fut sur eux. La créature squelettique, qui n’était autre qu’un nécromancien, mit ses mains en forme de coupe et regroupa la brume en un sphéroïde ondulant entre ses griffes.

« - Nous z’en avons plussss qu’assssez ! » siffla plus que ne parla la créature.

Des fourrés, de nombreux bruissements se firent soudain entendre. Ils trahissaient le nombre des nouveaux venus. Ceux-ci ne se firent pas prier et des dizaines d’humains sortirent de sous les arbres. Ils étaient tous munis d’armes blanches, allant des simples dagues à des lances. D’autres qui étaient restés sous les arbres étaient aussi armés d’arbalètes ou d’arcs. Leur présence était trahie par les traits qui sifflaient dans l’air.

Le démon Ubald ne sembla pas étonné et donna ses ordres calmement :

« - Que tous ceux qui ne sont pas strictement nécessaires au rituel s’occupent de ces nuisibles ! »

Dès lors nombre des créatures sortirent du cercle, de leurs mains fusaient de nombreuses boules de feu en direction des nouveaux venus. Une bataille sanglante se déroula sous les yeux de Jeremiah tandis qu’Ubald et les autres créatures poursuivaient leur rituel.
Les hommes tout juste arrivés, que Jeremiah avait pris de prime abord pour des villageois, avaient quelque chose de bizarre. Leur peau semblait étrangement pâle sous la pleine lune. Ils guerroyaient avec une telle rapidité et une telle violence que cela semblait surnaturel. De plus les villageois semblaient mourir de curieuse façon. En effet les boules de feu semblaient les consumer en un instant à l’impact, ne laissant que des cendres à leur emplacement.

Malgré la cadence de tir des créatures, les villageois gagnaient du terrain. Mais cela ne déconcentra pas le groupe resté à s’occuper de Jeremiah. Ils marmonnaient des formules dans une langue étrangère que Jeremiah n’avait encore jamais entendue. Le nécromancien de tout à l’heure se pencha sur lui et comme on verse de l’eau en penchant une jarre, il déversa la brume récoltée sur le corps de Jeremiah, les hurlements s’étant tus depuis que la créature l’avait concentrée.
Durant les premières secondes, Jeremiah ressentit comme un fluide glacial s’insinuant dans son corps par les pores de sa peau. Lorsque le fluide atteignit sa colonne vertébrale, Jeremiah connut de terribles douleurs irradiant de sa colonne et semblant se répandre comme une traînée de poudre au fil de ses nerfs. Ne se contrôlant plus, Jeremiah poussa de terribles hurlements qu’aucun supplicié ne pourrait jamais émettre.

Résonnant comme un signal d’alarme, les villageois ne cessaient d’affluer par vagues incessantes, se percutant contre le barrage de flammes des démons. Parmi ces derniers, les premiers d’entre eux commencèrent à succomber sous la masse.

« - Continuez à les repousser ! Sir Moloch nous châtiera si nous échouons ! » aboya Ubald à l’intention de ses troupes.

Bien que cela sembla les motiver, les villageois gagnaient toujours du terrain.

La douleur se faisant moins présente, Jeremiah pouvait à nouveau réfléchir et observer ce qui se passait autour de lui. La bataille continuait à faire rage et les villageois arrivaient suffisamment près pour saisir ce qui le dérangeait chez eux. Ce n’étaient pas des villageois … mais des vampires !
Jeremiah vit autre chose de dérangeant. Ubald avait le visage déformé par des boursouflures au front, pommettes et menton. Mais surtout, il tenait dans la main une dague ondulée, dont la garde faisait penser à la gueule d’un démon. Malgré les pouvoirs qu’avait manifesté le démon peu de temps auparavant, il allait le tuer avec une simple dague.

Ne restant plus qu’une poignée de créatures pour les repousser, les vampires commençaient à attaquer les pratiquants du rituel. Bien que désolidarisant les esprits des vampires de leur corps, le nécromancien succomba rapidement sous leur nombre imposant.
Le ‘’sculpteur’’ parvenait à repousser les hordes de vampires en dressant des murailles de monolithes en travers de leur route.

Quant à Ubald, il semblait attendre un événement bien précis dans le ciel qui tardait à venir.
Le ‘’sculpteur’’ étant parvenu à dresser une véritable place forte, ses confrères tiraient à vue sur les vampires suffisamment téméraires pour tenter de franchir la muraille en sautant par-dessus.

Soudain, dans le ciel, la lune commença à changer de teinte. Sa noble nacreur vira au rouge. Manifestement, c’était le signe qu’attendait Ubald puisqu’il se retourna vers Jeremiah en un éclair, levant sa dague au-dessus de lui.
Tapi dans l’ombre d’un des monolithes, guettant la meilleure occasion pour agir, un vampire bondit sur Jeremiah au moment même où Ubald abaissait sa dague.

Jeremiah ressentit deux terribles douleurs. La première, au cou, où le vampire parvint à lui prélever quelques centilitres de sang. La seconde, plus intense, en plein cœur, où Ubald lui planta la dague … tout en empalant le vampire.

« - Choisis … ta propre … voie … » murmura de son dernier souffle le vampire avant de se décomposer en cendres.

« - Sale raclure de vampire ! » éructa Ubald !

Ubald avait le visage plus déformé qu’auparavant, dont les boursouflures ressemblaient maintenant à des débuts de cornes. Le temps qu’il matérialise une lame d’énergie, il était trop tard. Par l’intermédiaire du sang du vampire injecté dans le cœur de Jeremiah via la dague, une réaction incontrôlable et inédite se mit en branle. Les yeux de Jeremiah se mirent à émettre une lumière rouge qui fut suivie de nouveaux hurlements, raclements rauques et de grognements intenses. Hors de contrôle, Jeremiah parvint à briser les sceaux qui le tenaient immobile. D’un revers du bras, il repoussa Ubald, lui fracassant un bras, l’épaule et plusieurs côtes. Se relevant d’un bond, Jeremiah haletait, complètement perdu. Il se mit à regarder autour de lui avant de soudainement pousser un hurlement de rage continu.

« - Espèce de sale bâtard d’humain ! Je vais t’arracher les os et te sucer la moelle ! » cria Ubald, ayant complètement perdu le calme inébranlable qui le caractérisait jusque-là, les excroissances de son visage ayant percé et devenues véritablement des cornes. D’autres cornes surgirent également de son corps, transperçant la soutane qu’il portait.

Mais Ubald n’eut pas le temps de mettre ses menaces à exécution. Tandis que Jeremiah continuait à hurler, son corps émit une onde de choc qui fit voler en éclats le barrage de monolithes. Des multitudes d’entailles se créèrent sur le corps de tous les belligérants. Des entailles, des flots de sang se déversèrent comme aspirés vers Jeremiah. Ce sang vint constituer un court instant une sphère d’hémoglobine autour de lui, avant de se resserrer et de pénétrer son corps par tous les orifices possibles.
Comme rassasié, Jeremiah cessa de hurler.
La plupart des combattants étaient morts, les autres n’allaient pas tarder à les rejoindre.
Quant à Ubald, il usait ses dernières ressources pour ramper vers Jeremiah afin de lui porter au moins un coup.

Mais même cela ne lui fut pas permis. Loin de calmer la réaction qui avait lieu au sein de Jeremiah, ce massif apport de sang accéléra le processus après un temps mort. Toutes les veines de son corps se gonflèrent et apparurent sur sa peau, donnant l’impression qu’elles allaient éclater. Une formidable déflagration d’énergie eut alors lieu, pulvérisant toute chose à 500 mètres à la ronde.

Évanoui, Jeremiah se réveilla trois heures plus tard. Face à lui, la pleine lune ayant retrouvé sa teinte normale lui semblait trouble. Il se rendit rapidement compte que ses sens étaient tous douloureux. Sa vue était trouble, son ouïe lui faisait parvenir un son aigu et sourd comme celui que l’on entend après une forte déflagration sonore. Tournant la tête, il se rendit compte qu’il était couché sur une terre brûlée d’où s’échappaient encore des fumerolles, mais dont l’odeur ne lui parvenait pas encore.
En se levant, il se mit à avoir le tournis et perdit plus d’une fois l’équilibre. Il se rendit également compte qu’il était nu comme un ver.
Lui revint alors à l’esprit les derniers événements durant lesquels il était encore conscient. Scrutant autour de lui, il ne perçut aucune âme qui vive, non sans un certain soulagement.

« - Bonsoir Jeremiah ! » dit une voix douce et calme dans son dos.

Désagréablement surpris, Jeremiah fit volte-face, quelque peu maladroitement mais prêt à se battre.

L’homme qui se tenait face à lui était mieux habillé que le premier villageois venu. Il se tenait debout de façon décontractée et souriant.

« - Vous n’avez rien à craindre de nous, Jeremiah ! »

« - D’où connaissez-vous mon prénom ? » demanda-t-il. Au son de sa propre voix, il comprit que son ouïe revenait peu à peu à la normale.

« - Nous savons bien des choses sur vous, Jeremiah d’Erébard, à commencer par votre nouvelle nature. »

Sa vue n’étant plus brouillée, Jeremiah dévisagea l’inconnu. Il avait les cheveux mi -longs et noirs de jais. Il remarqua alors la blancheur de sa peau.

« - Un vampire ! » dit-il, en reculant d’un pas plus assuré.

« - Effectivement ! » répondit l’inconnu, sans discontinuer de sourire.

« - Tous les vampires ne sont pas à mettre dans le même sac. Ceux dont vous avez l’habitude de parler sont des marginaux sans foi ni loi. La plupart d’entre nous sont regroupés en enclaves même si c’est loin d’être une garantie de nos intentions. »

« - Et quelles sont les vôtres ? » s’inquiéta Jeremiah, oubliant sa nudité.

« - Quand nous pouvons l’éviter, nous n’attaquons pas les êtres humains, nous nous rabattons sur les animaux. Mais peut-être que la priorité du moment serait plutôt de vous vêtir. »

Se rappelant qu’il était nu, Jeremiah cacha immédiatement ses parties intimes derrière ses mains.

« - Trevor ! Approche-toi s’il te plait. » appela le vampire.

Un second vampire apparut, comme sortant de la nuit. Il était tout aussi bien vêtu que le premier et tenait sur ses bras des vêtements. Il s’avança et les offrit à Jeremiah. Ce dernier les prit quelque peu hésitant, toujours méfiant.

Une fois habillé d’un pantalon, de chaussures et d’une chemise, Jeremiah se sentit mieux.

« - Vous l’avez sûrement deviné, vous n’êtes plus l’homme que vous étiez. Même si vous en avez encore l’apparence, vous n' en êtes plus un. Vous avez subi le rituel du vaisseau. Moloch, un démon surpuissant, a besoin d’un corps humain répondant à certains critères afin de pouvoir s’incarner sur Terre. Vous étiez sensé être son hôte. Nos confrères se sont sacrifiés pour empêcher, ou du moins fausser, par tous les moyens, ce rituel. Toutefois vous êtes devenu une cible de choix pour une seconde tentative puisque vous êtes bien plus puissant que vous ne l’imaginez. »

Jeremiah semblait quelque peu perdu par toutes ces révélations. Il ne savait plus trop quoi penser.

« - Nous combattons ce Moloch et ses sbires et faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour faire échouer leurs plans. Nous vous proposons de nous rejoindre. Nous vous protégerons et vous apprendrons à gérer et maîtriser vos nouvelles aptitudes. » Sur ses dernières paroles, le vampire lui tendit la main comme pour l’inviter.

Jeremiah hésitait. Son interlocuteur était tout de même un vampire, une créature des ténèbres. Même si celui en face de lui semblait de très agréable compagnie.

Comme pour mettre fin à toute hésitation sur leurs intentions, le vampire lui dit :

« - Si nous avions voulu vous tuer, Jeremiah, nous l’aurions fait durant votre sommeil sans que vous ne vous aperceviez de rien. »

Jeremiah n’avait pas envisagé cette possibilité, et le fait qu’ils l’aient effectivement laissé en vie et leur politesse étaient bien des signes de bonne volonté. Il serra la main du vampire comme toute réponse. Le vampire sourit.

« - Je me nomme Damian ! »


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Dernière édition par Jezekiel le Jeu 13 Juil - 10:18, édité 4 fois
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Chapitre 1 - Nouvelle Vie :: Commentaires

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Re: Chapitre 1 - Nouvelle Vie
Message le Dim 11 Mar - 18:13 par Shion
[Date originale : 12 Juillet 2010]
Le relire une nouvelle fois est toujours un plaisir =)
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Re: Chapitre 1 - Nouvelle Vie
Message le Sam 12 Mai - 19:22 par Nyko
Salut!

J'ai enfin commencé à lire, bon pour l'instant j'ai lu que le premier chapitre et je te dis tout de suite que ça donne envie de lire la suite^^

Maintenant passons au commentaires :
Citation :
(Ayant connu trop de massacres durant sa courte carrière militaire, Jeremiah d’Erèbard déserta les rangs des templiers en se faisant passer pour mort. Il se réfugia dans un monastère où il se fit connaître sous son simple prénom.)
Je pense que cette phrase n'est pas du tout utile surtout au début de l'histoire, à mon avis il aurait peut-être été mieux de développer la relation entre Jeremiah et Ubald.
Par exemple expliquer qu'Ubald soupçonne Jeremiah d'avoir été militaire sans forçément parler tout de suite des Templiers.

Montrer aussi comment le démon prend possession du corps d'Ubald.
Tout ça pour que l'action arrive moins vite, je trouve que le démon fait son apparition trop tôt.

Voilà c'est tout, après je n'ai lu que le premier chapitre, le passé du héros est surement un peu plus détaillé à un autre moment.

PS : Ce n'est bien sur que des critiques constructive que je ferais à chaque chapitre et qui j'éspère pourront t'aider à améliorer ton histoire^^
PS2 : Mince déjà plus de 90 chapitres, je suis grave en retard lol!
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Re: Chapitre 1 - Nouvelle Vie
Message le Dim 13 Mai - 11:23 par Jezekiel
Aaaaah ! Ravis de te voir ici Nyko !

A vrai dire je pensais que tu en avais lu quelques uns mas que ça ne t'avait pas plus plut que ça XD

Ravis que tu nous rejoignes en tous cas ^^

Pour tes remarques concernant le passé de Jeremiah, je m'en suis rendu compte par la suite.
Aujourd'hui, après 97 chapitres écrits, je me rend compte qu'il y a des choses que j'aurais peut-être dût plus développer ou amener différemment ... surtout concernant les tout premiers chapitres dont celui-là.

Ce genre de remarque aurait été très utile de la part d'un bêta lecteur, malheureusement je n'ai pas assez de lecteurs déclarés (tu es le quatrième à lire ce chapitre et si tu restes parmi nous tu ne seras que le second sur la durée) pour me permettre d'en avoir un.

Après faut garder à l'esprit que c'était la toute première fois que "je prenais la plume" donc ce chapitre n'est peut-être pas le plus représentatif de l'oeuvre. Après ce n'est pas à moi de le dire mais plutôt à quelqu'un comme Shion qui est le seul à avoir lu tous les chapitres publiés à cette heure (je dis "heure" car je vais publier un nouveau chapitre après ce message XD).

En tous cas tu es le bienvenu parmi nous ^^
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Re: Chapitre 1 - Nouvelle Vie
Message le Dim 13 Mai - 11:41 par Shion
Je te confirme que ton style d'écriture a évolué avec le temps Jezekiel ^^
Bon début !
Message le Lun 30 Déc - 1:57 par iBoy (LE VRAI !)
Salut !

Ça faisait un moment, un GROS moment même ! J'ai (enfin) pu commencer à te lire et c'est avec un certain plaisir je l'avoue !
Les critiques de Nyko sont totalement et au vu des réponses, je suis impatient de découvrir la suite ! Petite question comme même, avec plus de 170 chapitres de retard... Jeremiah est-il toujours le héros de cette oeuvre ? Et puis, as-tu pensé à proposer ton manuscrit à un éditeur dans le but d'être publié ?

                         Bien à toi, iBoy ! Smile
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Re: Chapitre 1 - Nouvelle Vie
Message le Lun 30 Déc - 9:29 par Jezekiel
Bonjour iBoy !

Quelle surprise de te voir ici ! Quelle surprise de te relire même tout court ! Je dois admettre que hormis Donfy, je ne m'attendais plus à avoir de quelconques rapports avec les gars (et filles) de la Zexal Fansub. Et encore plus depuis que j'ai commencé le grand ménage sur mon forum initial.

En tous cas ravis que le premier chapitre t'ait plut. En revanche, tu as oublié un mot dans la phrase concernant les critiques de Nyko ... un mot essentiel qui peut changer à lui seul tout le sens de ta phrase XD

Pour ce qui est de Jeremiah ... je ne peux que te conseiller de terminer le premier arc pour savoir à quoi t'en tenir sans te spoiler. L'introduction au roman ne se fait pas sur le premier chapitre mais sur le premier arc. Tu comprendras ce que je veux dire si tu lis le reste.

Pour l'éditeur ... on me la dit quelque fois. Pour un éditeur classique, ce n'est pas la peine. D'une ils reçoivent des tonnes et des tonnes de manuscrits, je ne serais donc qu'un petit poisson dans le bans. Et de deux je ne pense pas avoir assez de talent pour qu'ils me retiennent.
Sinon, je me suis renseigné sur la possibilité de m'autopublier via des sites web spécialisés mais ... ça demande énormément de travail et je n'ai pas forcément le temps pour ça depuis que je suis en formation.
Si j'avais un succès phénoménal, j'y penserais peut-être mais on ne peut pas dire que ce soit vraiment le cas avec un seul lecteur ayant tout lu (hormis le dernier posté hier soir XD).

J'espère te relire à nouveau !

P.S. : n'hésite pas à t'inscrire Wink
Re: Chapitre 1 - Nouvelle Vie
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Chapitre 1 - Nouvelle Vie

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