Roman en ligne
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Chapitre 25 - A la poursuite d'Otto

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Jezekiel
Admin
avatar

Messages : 1008
Date d'inscription : 11/03/2012
Age : 37
Localisation : Poitiers, Vienne, France

14032012
MessageChapitre 25 - A la poursuite d'Otto

[Date originale : 16 Janvier 2011]
[Date correctif : 2 Juillet 2014]
Terre 8451, au large des côtes américaines

A la proue du navire.

Alors que les côtes du nouveau monde étaient visibles, Jeronimus s’inquiétait. En effet depuis deux jours, il voyait régulièrement des colibris de feu fuser au-dessus de lui dans la direction Rome – Lexington et ce dans les deux sens. Il soupçonnait donc que la situation avait changé au Guatemala. Il descendit vers sa cabine pour être sûr d’avoir bien préparé son paquetage et ordonné à ses hommes de faire de même.

Non loin de là, sur le pont, Jörf rendit une de ses visites habituelles à Otto, toujours attaché au mât par de puissants cordages. Il venait régulièrement converser avec lui afin de comprendre le personnage et les raisons de sa traîtrise.
Bien que nourri avec le strict minimum de rations, l’homme semblait en pleine forme lorsque soudain il fut pris de convulsions. De l’écume blanche sortit de sa bouche comme ultime signe d’activité.
Méfiant, Jörf resta quelques secondes sans s’avancer. Puis, finalement, il mit l’index et son majeur sur la carotide d’Otto pour prendre son pouls … qui était inexistant.
Otto venait de mourir sous ses yeux en quelques secondes. Il soupçonna de prime abord une molaire creuse remplie de cyanure mais se ravisa. En effet, s’il avait eu une telle opportunité, pourquoi aurait-il attendu si longtemps pour se suicider ?
_____________

Cabine de la Lame Rouge

« - J’ai une requête à formuler mon Général » dit RedRiver en se levant lorsque Jeronimus entra dans la cabine.

« - Quelle est-elle ? » demanda Jeronimus, un peu surpris.

« - Une fois à terre, si vous me le permettez, j’aimerais rendre visite à ma tribu » lui demanda l’indien.

« - Hé bien, étant donné que les légionnaires vont sûrement mettre beaucoup de temps à décharger la grosse baleine qu’est ce … » commença à dire Jeronimus lorsque soudain Daniel, qui avait été contraint de descendre de la vigie lorsque le mât sur lequel il se trouvait fut abattu par le serpent de mer, se leva et l’interrompit.

« - Quelque chose ne va pas ! » dit-il, les yeux brillant d’une lumière blanche intense.

Sans dire un mot de plus, il disparut soudain en une explosion de lumière vive. La lumière dissipée, Jörf se retrouva assis sur la couchette de Daniel sans comprendre ce qui venait de se passer.
_____________

Sur le pont

En un éclair, Daniel avait pris la place de Jörf. A peine s’était-il matérialisé qu’il sentit une vive douleur au niveau du ventre. Il regarda ce qui pouvait lui provoquer une telle douleur en baissant la tête. Quelle ne fut pas sa stupeur de voir un bras presque entièrement dépourvu de chair lui transpercer l’abdomen.
Avec difficulté et laissant un fin filet de sang couler de ses lèvres, Daniel redressa la tête.

« - Ce n’est pas ce qui devait arriver … » dit-il à Otto à qui appartenait le bras.

En effet, Otto était parvenu à se libérer le bras gauche au prix d’un écorchement pour le moins insoutenable pour tout être humain normal. Mais à bien y regarder, Otto n’avait plus rien d’humain. Ses yeux étaient d’un blanc laiteux et la force qu’il avait dû déployer pour s’arracher les chairs sur le cordage n’était pas à la portée d’un humain.

« - Que croyais-tu, Daniel ? Notre maître voit tout, l’avenir y compris » lui dit alors Otto d’une voix distordue qui n’était plus la sienne.
_____________

Quelques minutes plus tard

Jörf ayant expliqué où il était, toute l’équipe de la Lame Rouge déboula sur le pont du navire mais nulle présence de Daniel. Tous inspectèrent la longue étendue du pont mais aucun signe de leur collègue lorsque soudain Jörf s’aperçut de l’absence du corps d’Otto. Les liens qui le retenaient n’avaient pas été desserrés et des taches de sang tapissaient le pont juste à côté de là où il se trouvait.
Soudain une nouvelle goutte apparut juste à côté. Elle semblait être tombée de haut. En levant la tête tous virent le corps inerte de Daniel hissé en haut du mât et pendu par les pieds.
Après l’avoir descendu, ils ne purent que constater le décès de leur collègue si particulier. Étant donné qu’ils allaient bientôt accoster, il était hors de question de lui prodiguer des funérailles maritimes. Il aurait droit à une sépulture en bonne et due forme.
Mais durant les quelques heures où ils seraient encore en mer, il était hors de question de laisser ce crime impuni. Il fallait retrouver Otto qui n’était manifestement pas si mort qu’il l’avait laissé croire.
_____________

Deux heures plus tard

Le navire avait été fouillé de fond en comble mais aucune trace d’Otto. Il était à croire qu’il avait sauté à la mer après son méfait.
Le navire s’approchant du port, des marins s’affairaient depuis quelques minutes à raccourcir les cordes du gigantesque cerf-volant pour ralentir le navire et permettre une entrée au port sans fracas.
Tout le monde se préparait pour le débarquement lorsque soudain un matelot fit une remarque sur un tonneau qui n’avait rien à faire sur le pont. A peine la remarque fut-elle émise que les lames de bois du tonneau éclatèrent. Otto s’en extirpa à vive allure et courut le long du pont vers la proue. RedRiver, Takeda et quelques légionnaires réagirent promptement. Armant leurs arcs, ils décochèrent sur Otto plusieurs traits qui n’eurent pas l’air de le freiner. Le dos hérissé de flèches, Otto se jeta à l’eau et se mit à nager sous une pluie de projectiles.

« - Hé ! T’as perdu une … oreille ! » lui lança Miles qui tenait l’oreille au bout de ses doigts avant de la jeter par-dessus son épaule en réalisant qu’Otto n’allait sûrement pas revenir la reprendre.

Transpercé de toutes parts, Otto atteignit la rive. Il arracha plusieurs traits qui le gênaient avant de couper tous les autres au ras de sa peau avec une arme blanche trouvée sur le navire.
Après quoi il s’élança et disparut hors de portée de vue.

Comprenant qu’Otto ne pourrait être arrêté ainsi, Jeronimus n’attendit pas de le voir atteindre la rive pour organiser son équipe. Ils s’enfoncèrent tous dans les entrailles du navire en direction de leur cabine pour prendre tout l’équipement qu’ils pouvaient porter sans être ralentis. C’est ainsi qu’à peine quelques minutes plus tard, alors qu’Otto venait de disparaître hors de portée de vue, toute la Lame Rouge se jeta à son tour à l’eau, ne pouvant attendre que le navire finisse son approche bien trop lente à leur goût. Leur sens de l’honneur ne pouvait leur permettre de laisser le meurtre d’un des leurs impuni.

Les hommes de Jeronimus ayant atteint la rive, ils s’élancèrent à toute allure à la poursuite d’Otto. Les voyant courir à en perdre haleine derrière le traître, Frédéric comprit que son trio n’allait pouvoir les suivre longuement à cette vitesse, surtout à cause de Miles dont la rapidité n’était pas son fort.
Il choisit alors d’attendre d’être à quai pour se lancer à leur poursuite. En attendant il dit à Jeremiah et Miles de se préparer et de le rejoindre aux écuries. Quelques minutes plus tard, ils se retrouvèrent au tréfonds du navire, au beau milieu des écuries.

« - Demandez aux palefreniers de vous préparer des chevaux endurants et rapides » dit Frédéric à ses deux amis.

« - Et toi ? » lui demanda Miles.

« - Je sais déjà quel cheval je vais prendre » répondit-il en se dirigeant vers un des box du fond.

Une fois un cheval indiqué, Jeremiah partit préparer lui-même sa monture tandis que Miles dut recourir au savoir faire d’un des palefreniers.

C’est ainsi que quelques minutes plus tard Jeremiah et Miles se présentèrent sur le pont tenant la bride de deux barbes. Alors qu’ils se demandaient ce que faisait Frédéric, les bruits de lourds sabots résonnèrent. Le puissant cheval de trait d’Arimus apparut sur le pont aux côtés de Frédéric.

« - T’avais pas dit de prendre des chevaux rapides ? » lui adressa Miles.

« - T’inquiète pas pour ça, je suis sûr que Forge tiendra le rythme ».

Arimus n’était pas le genre d’homme à prendre un soin particulier de sa monture et encore moins à lui attribuer un nom. C’était donc Frédéric qui le lui avait donné durant la traversée.

Quelques minutes encore plus tard, l’Exocet fut enfin amarré. A peine la passerelle fut-elle descendue sur le quai que notre trio descendit du navire.

« - Attendez ! » cria Viriatus du pont.

Les trois hommes se retournèrent.

« - Une fois que vous aurez retrouvé Otto, comment ferons-nous pour nous rejoindre ? »

« - Jeronimus le saura bien ! » répondit Frédéric avant de monter Forge, imité par ses deux collègues.

« - Prenez garde à vous ! » adressa Jeremiah à Viriatus avant qu’ils ne partent au triple galop à la poursuite de la Lame Rouge et d’Otto.
_____________

Deux heures plus tard, loin dans les terres.

La piste avait été dure à suivre malgré le fin odorat de Frédéric mais ils voyaient à l’horizon un groupe d’hommes qui ne pouvait être que la Lame Rouge.
Arrivés à leur hauteur un quart d’heure plus tard, ils firent une halte pour faire le point.

« - On est venus vous prêter mains fortes, où en êtes-vous ? » demanda Frédéric à Jeronimus tandis que Red River inspectait les lieux pour définir quelle direction poursuivre.

« - Cet espèce d’enfoiré court drôlement vite et il ne semble pas avoir ralenti depuis qu’il a posé pied à terre » lui répondit le général.

« - Écoutez ! On a l’habitude de régler ce genre de choses seuls. Vous n’allez réussir qu’à nous gêner ou même nous ralentir. Laissez-nous et partez vers le volcan » ajouta-t-il avant de donner le signal à Red River de reprendre leur course.

« - Ouais, et il se trouve où ce volcan ? » dit Miles alors que les hommes se remettaient en marche.

« - Au Sud-Sud-Ouest d’ici ! » lui adressa Takeda.

« - Et sans boussole il est où ce Sud-Sud-Ouest ? » lui répondit Miles alors que Takeda était déjà à plus de dix mètres de lui.

« - Regarde le ciel ! » lui dit Ra’iarii alors qu’il passait à son tour à son niveau.

Les hommes de la Lame Rouge étant tous partis, nos trois héros se mirent à scruter le ciel lorsqu’ils virent un petit nuage noir très au loin.
_____________

Au même moment, au port.

Les hommes de Viriatus et les marins continuaient de décharger la cargaison tandis que Viriatus, Taurum et un petit groupe de légionnaires se rendaient au cimetière de la ville portuaire emmenant avec eux la dépouille de Daniel.
Arrivés au cimetière, ils payèrent le fossoyeur pour leur permettre d’enterrer l’homme en ces terres dans un cercueil digne de ce nom.
Les fossoyeurs du cimetière avaient pour habitude de toujours avoir une tombe creusée à l’avance. Ainsi les légionnaires purent descendre le cercueil dans la tombe et commencer à le recouvrir de terre.
_____________

Au fil de leur avancée vers le volcan, nos trois héros se rendirent compte que le nuage noir non seulement semblait rester sur place mais qu’il grossissait. Rapidement, ils furent capables de remarquer une colonne de fumée sous le nuage. Ils comprirent alors que c’était un nuage de cendres volcaniques et donc le volcan Tajumulco était entré en éruption … ce qui ne laissait présager rien de bon.
Leur périple se fit sans obstacles majeurs hormis géographiques. Frédéric dut même retenir Forge car les deux barbes n’auraient jamais pu tenir le rythme que le destrier voulait imposer.
C’est ainsi qu’ils arrivèrent au beau milieu de l’après-midi du sixième jour en vue du volcan et du sinistre spectacle qu’il offrait.
Bien que le soleil fut haut dans le ciel, ses rayons avaient du mal à percer l’épais nuage de cendres qui projetait une pénombre presque semblable à l’aube. L’air était suffocant et Miles et Frédéric eurent besoin de quelques minutes avant de s’y habituer ; Jeremiah étant dispensé de respirer de part sa nature vampirique.
Postés en hauteur, ils purent prendre connaissance du terrain. Les coulées de lave s’étaient déversées sur quasiment toutes les faces du cône volcanique, envahissant et dévastant les terres en aval. Toutes sauf une plaine à l’est. Sur laquelle débouchait ce qui ressemblait à l’entrée d’une caverne à même le flanc du volcan. La plaine était tel un tapis rouge, une invitation à pénétrer la caverne pour des hôtes prestigieux … ou plutôt démoniaques puisque la plaine était jonchée de multiples cadavres.
Quand soudain, un hurlement se fit entendre dans leur dos. Comme un éclair une forme vaguement humaine profita de la surprise suscitée par son cri pour débouler entre eux et bondir de la formation rocheuse sur laquelle ils se trouvaient pour pénétrer dans la plaine. A peine quelques secondes plus tard un trait de lumière passa à son tour entre eux et frappa la créature dans le dos. Il s’agissait d’une flèche enflammée. La créature retira vivement la flèche de son dos sans ralentir et la jeta au sol près d’un cadavre.

« - Teme kono-yaro ! »  cracha Takeda en arrivant près de nos trois héros en compagnie du reste de la Lame Rouge.

« - Vous n’allez pas nous dire que c’était Otto ça ? » dit Miles aux membres de la décurie.

« - Malheureusement si ! Cet enfoiré nous a fait courir durant six jours jusqu’ici ! » répondit Jeronimus pour le moins énervé tandis qu’Otto pénétrait dans la caverne.

« - Allons-y ! » dit alors Ra’iarii.

« - Je vous le déconseille » lui répondit Jeremiah.

« - Et pourquoi ça ? » éructa Jörf.

« - La plaine est remplie de cadavres et je parie qu’ils ne sont pas là pour la décoration » intervint alors Frédéric.

Soudain, à la stupeur de nos héros, la main d’un des cadavres vint s’abattre sur la flamme pour l’éteindre. Immédiatement la plaine se mit à fourmiller au rythme des innombrables cadavres qui se relevaient.
Leurs yeux s’illuminèrent d’une petite lumière blanche, trahissant leur nombre invraisemblable rassemblé ici.

« - On va avoir comme qui dirait un petit problème pour suivre Otto, là ! » dit Miles.

« - On est arrivés à temps alors ! » dit une voix dans leur dos.

Tous se retournèrent et virent Viriatus à cheval sur un destrier blanc.



Dernière édition par Jezekiel le Mer 2 Juil - 10:01, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://babel.forumgratuit.org

 Sujets similaires

-
» Spoil Bleach chapitre 274
» Bleach - Chapitre 322 BKT
» Bleach - Chapitre 423
» Chapitre 511
» One Piece Chapitre 535 :
Partager cet article sur : Excite BookmarksDiggRedditDel.icio.usGoogleLiveSlashdotNetscapeTechnoratiStumbleUponNewsvineFurlYahooSmarking

Chapitre 25 - A la poursuite d'Otto :: Commentaires

avatar
Re: Chapitre 25 - A la poursuite d'Otto
Message le Mer 14 Mar - 15:53 par Shion
Quel enfoiré cet Otto !

Sinon, on dirait bien que Viriatus va leur sauver la mise pour le coup Smile
avatar
Re: Chapitre 25 - A la poursuite d'Otto
Message le Mer 14 Mar - 15:54 par Jezekiel
Tu verras comment dans le prochain chapitre Wink
Re: Chapitre 25 - A la poursuite d'Otto
Message  par Contenu sponsorisé
 

Chapitre 25 - A la poursuite d'Otto

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Babel :: Livre I - Mondes Nouveaux :: Arc 3 - un Monde selon César-
Sauter vers: