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 Chapitre 32 - Ombre

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Jezekiel
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Localisation : Poitiers, Vienne, France

16032012
MessageChapitre 32 - Ombre

[Date originale : 6 Mars 2011]
[Date correctif : 11 Juillet 2014]
Terre 3012

La pièce était tombée dans le noir le plus profond. Même nos héros aux facultés nyctalopes surdéveloppées ne voyaient plus rien et pour cause … il n’y avait plus rien à voir. Ils avaient la sensation d’être toujours debout mais ils ne pouvaient plus bouger, comme s’ils étaient entravés d’une quelconque manière. Hormis la vue, leurs sens semblaient être néanmoins revenus à un état normal si bien que Frédéric et Jeremiah surent qu’ils n’étaient pas isolés en entendant la respiration des autres à leurs côtés.

« - Où on est ? » demanda Jeremiah.

« - Je n’en sais rien ! » lui répondit Frédéric.

« - ‘tain ! Vous avez toujours pas compris ? » leur dit Miles.

Soudain Frédéric et Jeremiah entendirent de puissants craquements et deux bris de métal. Puis ce fut le bruit de quelque chose de lourd tombant sur  le sol, puis encore deux bris de métal.
Après quoi Frédéric entendit les mêmes bruits au niveau de ses poignets et de ses chevilles.

« - Ça y est t’es libre maintenant, retire ton casque » lui dit la voix de Miles.

Tandis que Miles libérait également Jeremiah, Frédéric sentit qu’il était effectivement à nouveau libre de ses mouvements. Montant ses mains à son visage, il sentit le dit casque qu’il enleva sans attendre. En l’ôtant il fut ébloui par la lumière ambiante. Après quelques secondes d’adaptation il regarda autour de lui. Il était sur une table métallique, à la verticale, où il avait été immobilisé par des entraves d’un métal très résistant, de l'acier. Que ce soit Frédéric ou Jeremiah, même s’ils avaient compris ce qui se passait, jamais ils n’auraient pu se libérer, seul Miles semblait avoir eu assez de force pour les rompre dans une telle posture.
Le regard de Frédéric se porta ensuite sur le casque qu’il avait encore sur la tête quelques minutes auparavant. Du sommet du casque naissaient de nombreux fils reliés au mur derrière eux. Il était muni d’énormes lunettes englobant parfaitement les yeux et ne laissant point passer la lumière pour une meilleure immersion. Il comprit dès lors qu’ils s’étaient retrouvés tous les trois dans une réalité virtuelle.
Alors que Jeremiah adaptait sa vue à la luminosité de la pièce, Frédéric la scruta. Ils étaient seuls dans cette pièce qui ne possédait qu’une porte et était parfaitement vide hormis leurs trois tables.

« - Comment as-tu compris que nous étions dans une réalité virtuelle ? » demanda Frédéric.

« - Oh ben je sais pas, il y avait suffisamment de choses qui clochaient. Déjà les ailes de Jeremiah qui ne s’étaient pas régénérées, j’ai trouvé ça bizarre ».

A ces mots tous les deux regardèrent Jeremiah qui fit un mouvement d’ailes sous ses habits comme pour vérifier qu’elles étaient bien là.

« - Et puis il y eut aussi le pessimisme manifeste des membres du commando ou encore l’aspect de Manfred qui ne portait strictement aucune séquelle physique de son ancienne interface. Je suis devenu définitivement sûr que quelque chose clochait lorsqu’on s’est rendu à l’usine. Ce fut un vrai festival d’incohérences ».

« - Comment ça ? » demanda Frédéric.

« - Sur le chemin séparant le bunker de l’usine on n’a eu que de la neige alors que je me souviens parfaitement avoir posé le pied sur du sable en arrivant sur ce monde. Et si le commando nous avait vraiment trouvés en allant vers l’usine la première fois, ils ont dû faire un sacré détour ou complètement se perdre. Une fois arrivés à l’usine, j’ai fait la remarque à Manfred que j’étais bien plus rapide que vous deux, résultat je me suis retrouvé doté d’une vitesse supérieure à celle de Jeremiah alors que l’on se souvient tous les trois très bien de l’épisode du train. En parlant de Manfred, c’était le centre de la plupart des incohérences. Le gars s’orientait sans difficultés dans l’usine et il était parvenu à coder un virus informatique alors que la technologie des humains était très rudimentaire, exprès pour ne pas se faire repérer avec un quelconque système électronique. Le mec à peine surdoué ! »

« - Comment ça se fait qu’on ne s’est pas rendu compte de toutes ces incohérences ? » demanda Frédéric après quelques secondes.

Apparut soudain devant eux une lumière bleutée, une manifestation holographique de Manfred. Son apparence avait encore changé. Son œil gauche semblait entièrement synthétique. Mais sa mandibule ne laissait aucun doute. Elle n’avait plus de chair et présentait un reflet métallique. Il n’y avait pas que sa mandibule, bien qu’il soit habillé d’un somptueux costume, son cou laissait apparaître des câbles et autres articulations cybernétiques.

« - Bien le bonjour mes "amis" ! » dit-il.

Le ton de sa voix ne laissait passer aucune émotion, ni amicalité, ni hostilité, elle était parfaitement neutre. De plus sa posture, les mains dans le dos et rigide, transpirait la suffisance.

« - On est encore dans le programme de réalité virtuelle ? » demanda Frédéric à ses amis.

« - Vous m’en voyez bien désolé mais non » lui répondit l’hologramme.

« - Qui es-tu ? » lui demanda Frédéric.

« - Qui ai-je l’air d’être ? »

« - Manfred ! Moins humain que jamais mais indéniablement Manfred » répondit Miles.

« - Alors vous savez qui je suis ».

« - Où sommes-nous ? » demanda Jeremiah.

« - Dans une de mes usines ».

« - Je dois avouer que je suis contrarié. En souvenirs de la Terre 3458, j’ai voulu vous neutraliser en douceur en vous enfermant dans un univers virtuel où vous auriez coulé des jours calmes jusqu’à la fin de vos vies. Je suis contrarié car je pensais avoir assujetti vos esprits mais il semblerait que celui de Miles est particulier ».

« - Toi tu laisses mon esprit tranquille espèce de cyborg à deux sous ! » s’esclaffa Miles.

« - Tout ce que l’on a vu était donc faux ? » demanda Jeremiah après quelques secondes alors que Manfred ne réagissait pas aux paroles de Miles.

« - Non ! Pas tout ! Le genre humain persiste encore à la surface de cette planète … mais ce ne sera bientôt plus que de l’histoire ancienne grâce aux Arctic Gear qui seront bientôt lancés ».

« - Mais ce n’est pas possible ! Tu comptes laisser faire le Control Hive ? » s’écria Frédéric.

« - Il ne compte pas le laisser faire mais l’aider. C’est pour ça qu’il nous retient prisonniers ici » remarqua Jeremiah.

« - Tu n’es pas loin de la vérité Jeremiah … au détail près que ... je suis le Control Hive. La manière douce ayant échoué, la manière forte s’impose ».

Sur ces mots l’hologramme disparut et des trappes s’ouvrirent dans le plafond.

« - Vous vous souvenez du gaz halon du 50ème étage de la Tour Horizon ? Je l’ai recréé ici, adieu ! »

Le gaz commença à se répandre dans la pièce en chutant du plafond.
Plié en deux pour respirer le plus longtemps possible de l’air sain, nos trois héros se dirigèrent vers la porte … qui ne s’ouvrit bien évidemment pas.
Frédéric commença à taper du poing sur la porte mais rien n’y faisait. Ils avaient été dépouillés de leurs armes et n’avaient rien pour défoncer la porte. C'est alors que le regard de Frédéric se posa sur les tables. Se transformant en loup, il empoigna l’une d’elle et l’arracha du sol. Il s’en servit dès lors comme bélier. Bien que les surpuissants coups de butoir de Frédéric dessinaient peu à peu une légère dépression sur la porte, ils n’allaient pas pouvoir s’en sortir à temps. Déjà, Miles et Frédéric commençèrent à tousser. Jeremiah n’ayant pas besoin de respirer allait sûrement être le seul à survivre une fois la pièce complètement remplie de gaz. Miles s’était couché face contre sol, s’oxygénant les poumons au maximum. Voyant que Frédéric s’affaiblissait de plus en plus, il dit à Jeremiah de l’écarter de devant la porte. Prenant une grande bouffée d’air sain, Miles se remit sur pieds en un clin d’œil. Il prit sa forme démoniaque, s’éloigna le plus possible de la porte, pour prendre de l’élan, et fonça dessus l’épaule la première. Un puissant grincement se fit entendre et la dépression s’accentua de beaucoup. Au second coup la porte se plia tellement que le gaz commença à s’échapper par l’ouverture. Finalement ce fut au troisième coup que la porte céda brutalement sous l’impact. Miles se retrouva affalé sur elle dans le couloir.
Respirant à grandes bouffées tout en se relevant et reprenant sa forme humaine, Miles se retrouva nez à nez avec une flotte de sentinelles mark III. Frédéric et Jeremiah, qui avaient eu plus de temps pour les voir venir, purent se masquer les yeux à temps … ce qui ne fut pas le cas de Miles. Les sentinelles se mirent à produire de puissants flashs de lumière. Cette fois les sentinelles n’avaient pas pour objectif de les assommer, mais de les tuer. Les flashs étaient plus courts mais bien plus puissants. Pénétrant dans le système nerveux par ses yeux, des marques de brûlures apparurent sur le corps de Miles, comme s’il était consumé de l’intérieur par ces flashs de lumière. Il tenta de s’en protéger avec ses bras mais les sentinelles l’assaillirent de toutes parts, sous plusieurs angles. Souffrant atrocement, il recula à l’aveuglette et finit acculé contre un mur. Prenant sa forme démoniaque, son corps devint plus sombre que d’habitude. Bien qu’acculé au mur, il semblait continuer à reculer. En effet son corps se fondait inexplicablement dans l’ombre que projetait les flashs de lumière sur le mur. Miles finit par complètement disparaître.
De leur côté Frédéric et Jeremiah se cachaient parfaitement les yeux derrière l’un de leur bras tandis qu’ils tapaient dans le vide de l’autre tandis que les sentinelles les flashaient sans répit. Celles qui avaient acculé Miles rejoignirent le groupe qui les assiégeait dans la pièce. Même si le gaz s’était dissipé en sortant dans le couloir, la situation semblait sans issue.
Quant à Miles, il réapparu dans un sombre couloir. Reprenant son souffle et sa forme humaine tandis que les brûlures sur son corps s’estompaient progressivement, Miles tenta de comprendre ce qui lui était arrivé.

« - Je commençais à être jaloux, moi. L’un fait monter sa température quand il s’énerve, m’étonnerait pas qu’il s’enflamme un jour ou l’autre d’ailleurs ; et l’autre a des ailes et fait preuve de télékinésie et moi dans tout ça rien de nouveau. Passe muraille c’est cool comme pouvoir aussi ».

« - Bon faut que j’aille les aider ».

S’élançant pour traverser le mur, il se cogna lourdement contre ce dernier et tomba en arrière. Allongé sur le dos, il se tâta le nez, partie de son visage qui avait pris la majeure partie de l’impact et qui s’était cassé. Il le remit en place douloureusement au son d’un petit craquement.

« - C’est quoi ce bordel ? Un coup je passe, un coup je passe pas ? »

Il comprit soudain qu’il devait être sous sa forme démoniaque pour traverser. Se transformant il se releva et tenta de traverser le mur une nouvelle fois mais de façon plus prudente.
Une seconde fois son pouvoir fonctionna mais lorsqu’il traversa le mur il ne se retrouva pas de l’autre côté mais dans une pièce encore inconnue mais tout aussi sombre. Regardant son derme noir comme la nuit il comprit que son pouvoir n’était pas celui de passe muraille mais de se fondre dans l’obscurité. Avec cette révélation il réfléchit et se représenta mentalement le couloir où les sentinelles l’avaient assiégé et se refondit dans l’obscurité.
Cette fois il arriva dans le bon couloir et entendit les nombreux flashs qui papillotaient dans la salle de réalité virtuelle. Miles passa par l’ouverture de la porte et s’immobilisa. Il avait certes la force de réduire en bouillie une sentinelle mais dès qu’il en aurait choppé une, nombre d’entre elles allaient se retourner contre lui et il ne pourrait plus rien faire. Ce qu’il lui fallait c’était leurs armes. Pile au moment où il pensait à leurs armes, plusieurs sentinelles se retournèrent vers lui. Avant même qu’elles ne commencent à le flasher, Miles sortit avec précipitation dans le couloir, suivi par une dizaine de sentinelles. Mais lorsque celles-ci sortirent à sa suite, elles ne le virent plus. Il s’était à nouveau fondu dans l’ombre.
Elles repartirent à nouveau harceler Frédéric et Jeremiah sur les corps des quel des brûlures superficielles commençaient à apparaître.

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Dernière édition par Jezekiel le Jeu 13 Juil 2017 - 20:31, édité 2 fois
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Chapitre 32 - Ombre :: Commentaires

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Re: Chapitre 32 - Ombre
Message le Mar 5 Juin 2012 - 22:13 par Nyko
J'ai pensé comme Miles, ils sont arrivé dans un désert et finissent dans la neige. Pas mal la façon dont Miles découvre le poteau rose.
 

Chapitre 32 - Ombre

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