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 Chapitre 351 - Cloué au sol

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Jezekiel
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Localisation : Poitiers, Vienne, France

11062017
MessageChapitre 351 - Cloué au sol

« - Peu importe qui ils sont »

Terre 864 - Parc National du Mercantour

Le parc national du Mercantour est une vaste réserve naturelle étendue sur plus d’une vingtaine de communes et plusieurs départements. Y vivent de nombreuses espèces animales qui trouvent en ce lieu un véritable havre de paix. Sur cette Terre, comme sur beaucoup d’autres, l’être humain n’est pas capable de respecter la vie animale et encore moins de respecter un lieu où elle pourrait vivre paisiblement, à son rythme et non à celui des hommes. C’est ainsi que parmi les milieux huppés, infestés de bourgeois aussi gras qu’hypocrites et égoïstes, des passe-droits circulent à prix d’or. Quiconque y met le prix peut dès lors survoler le parc en hélicoptère et tirer à vue sur tout ce qu’il désire.

Sous couvert de régulation de population, les autorités locales ferment les yeux sur ces exactions. Une chasse pour le moins déloyale. Parmi les réseaux des défenseurs de la nature, cette réalité finit par se faire connaître. Parmi eux "Gaïa d’abord" faisait office de fer de lance. Réactifs et prompts à mettre des bâtons dans les roues de telles ordures, ses membres n’hésitaient pas à s’infiltrer de nuit sur les lieux, objet de tensions et à saboter toutes installations, outillages ou engins menaçant l’écosystème. Ici encore, ils se firent un devoir de vigilance. Tout hélicoptère susceptible d’emmener quiconque tirer à vue au-dessus du parc fut cloué au sol. Toutefois ce genre d’actions "coup de poing" ne faisait que retarder l’inévitable. Pour Milla Hillariak ce n’était pas assez. Il ne fallait pas se contenter de leur mettre des bâtons dans les roues mais de leur en infliger des coups sur le coin de la tronche avec.

Milla allait donc faire entendre sa voix à sa manière. Néanmoins, cette fois elle ne pourrait pas user des pratiques habituelles ; à savoir la capture du chasseur, son désarmement, sa traque et sa mise à mort. Non, cette fois, la nature même des méfaits ne lui permettrait pas de faire comme à son habitude. Elle allait devoir se contenter d’être expéditive.
Peu importe son plaisir personnel, seul comptait le message. Bien que militante écologique, elle n’en était pas à chasser à l’arc et au couteau pour autant. Elle savait fort bien utiliser un armement des plus modernes. Son choix s’était porté sur le Barrett M82.[1] Un choix que personne d’autre n’aurait fait étant donné les conditions dans lesquelles Milla allait devoir tirer. Assise à califourchon sur l’une des plus hautes branches d’un des plus grands arbres, il lui fallait un fusil sniper particulièrement léger, voire même une simple carabine munie d’une lunette de visée. Au lieu de cela, le Barrett M82 pesait 14 kg à vide. Bien qu’ayant une silhouette sportive, Milla n’était pas non plus du genre bodybuildée. Et pourtant elle grimpait à l’arbre comme si le fusil ne pesait rien.
Le choix de la jeune femme s’était porté sur cette arme non pas pour son poids mais pour le message qu’elle désirait transmettre. D’ordinaire, quand elle en avait fini avec ses cibles, il n’en restait pas grand chose de reconnaissable. Avec le Barrett M82 c’était le même résultat qu’elle voulait. Arme anti-matériel, le Barret M82 tirait du calibre 50, destiné habituellement à détruire des véhicules.

Bien qu’inconfortablement assise sur la branche de son choix, Milla attendait patiemment. Elle n’eut pas longtemps à attendre avant d’entendre le rotor de l’hélicoptère. Elle souleva alors à bout de bras l’imposante arme, comme si de rien n’était, et scruta l’horizon. Elle capta rapidement l’appareil et ne le lâcha plus jusqu’à ce que la porte latérale ne s’ouvre. Ce qu’elle vit la dégoûta. Il s’agissait d’un homme d’une soixantaine d’année, vêtu d’un costard cravate bleu ciel et bedonnant. Un pareil porc n’avait aucune chance de pouvoir chasser quoi que ce soit les pieds à terre ... ou plutôt enlisés dans la boue sous son propre poids pensa-t-elle. Ces hommes incapables de se mouvoir un tant soit peu, compensant leur impuissance par la technologie, la faisait vomir. Néanmoins, il était parfait pour transmettre son message. A cette évocation, Milla se vida complètement l’esprit. Elle ne se focalisa uniquement que sur son sens de la vue. Elle retint alors sa respiration et pressa la gâchette. Le temps sembla ralentir son cours. La bouche du canon cracha le projectile de calibre 50 dans une grande gerbe de feu. Ce dernier fendit l’air à une vitesse de 964m/s, soit un peu moins de Mach 3.
A bord de l’hélicoptère, un trou béant de la taille d’un ballon de basketball s’ouvrit soudainement dans la poitrine du gros lard, repeignant l’intérieur de son sang et de ses tripes. Saisis par la soudaineté d’être barbouillés de sang, les autres membres de l’équipage entendirent la détonation près de trois secondes plus tard. Milla se mit soudainement à sourire. Malgré la distance, elle entendait les cris perçant de sa bourgeoise, catastrophée. Le message était passé se dit-elle en entreprenant de descendre de l’arbre.

Oui, le message était passé. Que trop bien même. Plus aucun vol ne vint perturber le ciel du parc durant plus d’une semaine alors que plusieurs vols avaient été programmés les jours suivants. Même si le calme était revenu, elle choisit de rester dans les parages pour s’assurer que ce calme était pérenne. Deux jours plus tard, en entendant à nouveau le son funeste des pales d’un hélicoptère, elle sut qu’elle avait bien fait de s’attarder. Manifestement, ce genre de message devait être envoyé plus d’une fois.

Se saisissant de son fusil, elle sortit de son cabanon en urgence. Elle traversa le parc à vive allure, comme peu d’hommes et de femmes en sont capables avec un tel poids sur le dos. La première fois, elle avait eu tout le temps de faire ses repérages. Elle avait ainsi pu choisir plusieurs arbres comme possibles spots. Ne voulant pas regrimper au même arbre, elle en choisit un situé un peu plus loin à l’est. Faisant toujours preuve d’une puissance musculaire hors norme, elle sembla cette fois bondir de branche en branche en l’escaladant. S’installant sommairement, elle tenta de repérer l’hélicoptère qui s’apprêtait à les survoler d’un instant à l’autre. Elle l’aperçut rapidement.
D’ordinaire, ses victimes étaient d’illustres inconnus. Des Monsieurs tout le monde dont la disparition n’inquiéterait à peine plus que leur voisinage direct. Mais la dernière fois, il en était tout autre. Et cela, Milla s’en rendit compte immédiatement à travers sa lunette de visée. Ce qu’elle voyait n’avait rien d’un nouveau bourgeois en soif d’un tressaillement d’excitation qui agiterait sa masse lipidique. Non, il s’agissait d’un groupe d’hommes armés et ayant suivi un entraînement militaire. Leur posture ne laissait aucun doute là-dessus, il s’agissait de mercenaires payés pour la débusquer. Mais quelle erreur alors d’arriver en fanfare !

« - Dommage mes choux ! » dit-elle avant de presser la détente de son arme.

Cette fois, elle n’avait pas visé un individu plutôt qu’un autre mais directement le moteur de l’hélicoptère. Lorsqu’une épaisse fumée noire commença à s’échapper de l’appareil, elle sut qu’elle avait obtenu ce qu’elle voulait. L’appareil allait s’écraser avant de pouvoir retourner à la base. Elle l’observa décrire des cercles erratiques dans le ciel tout en chutant inexorablement vers le sol. L’appareil explosa à l’impact ... ce qui surprit quelque peu Milla. De son perchoir, elle vit un début d’incendie se déclarer à la zone d’impact. Ce n’était pas prévu. Les hélicoptères n’explosent pas ainsi en se crashant. Les militaires avaient forcément des explosifs avec eux. Ce n’était pas leur sort qui l’inquiétait. Qu’ils soient morts, c’était tout ce qu’elle souhaitait. Non, ce qui la contrariait c’était la propagation plus que probable de l’incendie. Elle devait allait récupérer les deux extincteurs qu’elle avait dans son cabanon au plus vite. Passant son fusil en bandoulière, elle entreprit de descendre lorsqu’un coup de feu retentit. Immédiatement une violente douleur lui transperça la cuisse droite. Elle perdit l’équilibre et tomba de la branche où elle était. Elle en heurta plusieurs avant de tomber lourdement au sol.

« - Tu es plutôt maligne ma salope, tu as changé d’arbre ! » dit alors une voix virile non loin d’elle.

Réactive, elle tenta de prendre son arme et de l’orienter vers son agresseur. Mais un nouveau tir la blessa cette fois à l’épaule.

« - Quel dommage de t’esquinter ! Tu es un beau brin de fille » ajouta l’homme.

Celui-ci sortit alors des fourrés. Milla reconnut l’attirail qu’il portait. Il faisait partie du même groupe que ceux dont elle venait de descendre l’appareil.

« - J’ai été payé pour trouver et tuer le fumier qui avait descendu le gros tas. T’imagines ma surprise en voyant que t’étais une nana ! Avant d’en arriver à ta mort, rien ne nous empêche de faire plus amples connaissances » dit-il en rangeant son fusil mitrailleur et en sortant son coutelas.

« - Dire que les autres se sont foutus de moi quand j’ai dis que je préférais approcher par le sol. La prime va être rien qu’à moi ! » dit-il en avançant lentement mais sûrement vers Milla.

Milla s’était traînée jusqu’au pied de l’arbre duquel elle avait chuté pour s’y adosser. Elle fronça les sourcils en voyant le mercenaire approcher d’elle et lui promettant des sévices innommables. Soudain, un puissant son de tonnerre se fit entendre. Milla et le mercenaire s’interrompirent. Le tonnerre dissipé laissa la place à un puissant vrombissement. Tous deux levèrent les yeux vers le ciel et virent une gigantesque boule de flammes vertes, blanches et noires se diriger vers eux. Tous deux furent estomaqués. Qu’est-ce qui se passait ? Qu’est-ce que c’était ?
La boule de feu s’écrasa à deux cents mètres d’eux, soulevant une quantité importante de terre et déracinant plusieurs arbres.

A terre, le mercenaire se releva, hébété.

« - Putain ! C’était quoi ça ? »

« - En présence d’une dame, il faut savoir surveiller son langage ! » fit Milla.

« - T’as rien d’une dame, salope, alors ferme ta gueule ! »

Soudain, l’homme se rendit compte que la voix de Milla était bien trop proche de lui. A peine se retourna-t-il qu’il eut la confirmation de ce qu’il craignait. Elle était à un mètre de lui. D’un mouvement vif du bras elle l’égorgea sans lui laisser le temps de réagir.

« - Et c’est avec cette bouche que t’embrasses ta mère, mon grand ? »

Manifestement, ses blessures ne l’handicapaient plus. Tandis que le mercenaire agonisait, effondré à terre, baignant dans son propre sang, Milla s’approcha du cratère causé par la boule de feu. Quelques flammèches entouraient encore le site de l’impact. Alors qu’elle s’attendait à voir les débris d’un missile ou d’une quelconque bombe, ce qu’elle vit la stupéfia.
Au centre du cratère gisait le corps d’un homme entièrement nu en position fœtale. Elle descendit dans le cratère et s’approcha de lui.

« - Je ne sais pas qui tu es ... mais pour m’avoir offert une diversion, le moins que je puisse faire c’est de t’offrir un enterrement décent ».

A ces mots, elle retourna l’homme et vit son visage.

« - Toi ? » fit-elle, en le reconnaissant.

Soudain, la poitrine de l’homme se souleva brutalement et il prit une bouffée d’air. Il était encore vivant. Comment était-ce possible après une telle chute ? Plus étrange encore était son identité. Elle n’avait donc pas rêvé quand, il y a plusieurs semaines, une espèce de fenêtre s’était ouverte sur une pièce sombre d’un bâtiment ... alors qu’elle se trouvait en pleine forêt. Elle l’avait aperçu au travers avant que cette fenêtre ne se referme aussi soudainement qu’elle était apparue. Depuis, elle n’avait plus connu ce genre d’expérience. Et voilà que l’homme qu’elle avait vu était là, à ses pieds, nu, le corps couvert de blessures ... et vivant.

Il n’était donc plus question de l’enterrer. Si tout ce qu’elle avait vu au travers de cette fenêtre n’était pas une hallucination, Milla savait qu’il finirait par se remettre de ses blessures puisqu’il était comme elle. Elle commença à tourner les talons ... mais s’arrêta bien vite. Elle ne pouvait pas le laisser ici. Ceux qui en avaient après elle ne tarderaient pas à envoyer d’autres hommes la pourchasser. Ils tomberaient inévitablement sur ce cratère. Si à ce moment, il s’y trouvait encore, il servirait certainement de bouc émissaire. Il était hors de question qu’il endosse tout pour elle. Elle n’avait jamais laissé cela se produire et ce n’était certainement pas aujourd’hui que ça allait commencer. Elle se retourna vers l’inconnu et le souleva comme un fétu de paille. C’est alors qu’elle se rendit compte que ses jambes étaient brisées en de multiples points.

« - Fait chier ! Ça va demander du temps à se remettre ça ! » fit-elle.

Alors que le soleil se couchait, Milla regagna son cabanon avec l’étranger. Elle le déposa sur son lit et le couvrit.

..oO( Regardez-moi ! V’là que je borde un parfait inconnu maintenant)

La nuit passa sans que l’inconnu ne revienne à lui. Sa respiration lente et régulière hypnotisa Milla qui finit par s’assoupir. Au petit matin, les rayons du soleil passèrent au travers des carreaux et vinrent réchauffer le visage de l’étranger. Celui-ci se réveilla lentement, la bouche pâteuse. L’entendant bouger, Milla s’éveilla à son tour.

« - Ah ! Ça y est ? Le petit chaton a fini par s’éveiller ? » fit-elle.

L’homme la regarda un instant sans aucune expression sur le visage. Il fit le tour du cabanon d’un rapide regard.

« - Qui êtes-vous ? Et où suis-je ? »

« - Tu peux m’appeler Milla et tu es en plein parc du Mercantour ».

« - Le Mercantour ? C’est quoi ça ? »

« - Okay ! On a du travail ! Ça se situe au sud-est de la France ».

« - Comment je suis arrivé ici ? »

« - Ça, c’est à toi de me le dire ! »

« - Je ... Je n’en sais rien ! »

« - Boooon ! Et sinon c’est quoi ton petit nom ? »

L’homme marqua une pause.

« - J-je ne sais pas ! » répondit-il, quelque peu hébété de ne même plus se souvenir de son nom.
_____________

[1] : Note 1
Aspect d'un Barrett M82

_____________

A suivre dans le chapitre 352 : Volonté
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Chapitre 351 - Cloué au sol :: Commentaires

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Re: Chapitre 351 - Cloué au sol
Message le Lun 12 Juin - 22:38 par Shion
Tiens, le retour des doubles de Wade. Et on commence avec ma préférée du lot ^^

Du coup j'aurais tendance à penser que l'homme inconnu est Frédéric, vu qu'il est "comme elle". Par contre, je me demande pourquoi ila perdu la mémoire.

Il commence fort, ce nouveau tome Razz
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Re: Chapitre 351 - Cloué au sol
Message le Mar 13 Juin - 17:11 par Jezekiel
Ravi qu'il t'ait plu ^^
Re: Chapitre 351 - Cloué au sol
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Chapitre 351 - Cloué au sol

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