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 Chapitre 352 - Volonté

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Jezekiel
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18062017
MessageChapitre 352 - Volonté

Terre 864 - Parc National du Mercantour

Milla et l’illustre inconnu firent le tour de ce que pouvait bien se rappeler ce dernier. Autant dire que ce fut pour le moins rapide. Durant l’échange, Milla nota quelque chose chez l’étranger qui la dérangea quelque peu. Ses blessures ne s’étaient pas régénérées ... ou du moins pas à la vitesse qu’elle avait escompté. Milla commença alors à douter. Était-ce bien lui qu’elle avait vu dans cette étrange fenêtre ? Si tel était le cas, la grande majorité de ses blessures n’aurait dû plus qu’être de l’histoire ancienne à l’heure actuelle. Inutile de se demander dans quel état étaient ses jambes. Elle regarda pensivement le lit. Le relief que dessinaient ses jambes sous les draps ne trompait pas : elles étaient toujours brisées en de multiples endroits.

L’inconnu remarqua alors l’attention qu’elle portait à ses jambes et la moue sur son visage qui en résultait. Alors qu’il tentait de les bouger, une douleur atroce lui parvint de ses membres inférieurs. Milla se releva d’un bond et le maintint allongé sur le lit.

« - Il est encore trop tôt ! Tu as subi ... un grave accident » lui dit-elle.

L’inconnu mit plusieurs minutes avant de s’acclimater à la douleur. Une fois chose faite, il voulut voir l’état de ses jambes. Milla se retourna tandis qu’il se découvrait. Le spectacle de ses jambes brisées en plusieurs endroits occulta complètement sa nudité totale. Il resta figé durant de longues minutes à observer ses jambes ... avant de finalement les recouvrir et de se rallonger, prostré.

Milla se tourna vers lui et l’observa un instant. Elle déclara qu’elle n’avait pas assez de vivres pour deux et qu’elle allait donc devoir retourner en ville pour compenser et lui acheter des habits. Elle se dirigea vers la porte du cabanon et lui intima l’ordre de rester tranquille et de se reposer.
Dehors, juste à côté de la porte, son attention fut attirée un bref instant vers deux volumes rouges. Les deux extincteurs dont elle s’était servie la nuit précédente pour contenir l’incendie provoqué par le crash de l’hélicoptère jusqu’à ce que les gardes forestiers ne soient alertés. De fil en aiguille, elle se souvint du commando de mercenaires lancé à ses trousses. Certes, elle l’avait éliminé mais maintenant que leur mort était découverte, un autre ne tarderait pas à venir. Les commanditaires ne s’arrêteraient pas tant qu’ils n’auraient pas obtenu ce qu’ils désiraient aussi ardemment ... à savoir sa tête.
Avant de partir, elle jeta un coup d’œil discret par la fenêtre pour regarder l’inconnu. Il était toujours prostré, le regard vissé sur le mur le plus proche. Jusqu’à ce que leurs routes se séparent, elle allait devoir lui trouver un nom ; "l’inconnu", "l’étranger", ça allait un temps. C’était décidé, elle l’appellerait désormais David.

Après quoi elle s’élança à travers la forêt. Après une demi-heure de course, elle arriva à l’aire de repos où elle avait laissée son range rover vert. Le contact mis, le moteur démarra sans aucun problème. Elle ne cessa de penser à David, allongé dans son lit. Elle se demanda ce qu’elle allait bien pouvoir faire de lui. Si c’était bien celui qu’elle avait entraperçu, pourquoi ses blessures ne se régénéraient-elles pas ? A moins que ce ne fut une vision du futur. A ce stade, la vision qu’elle avait eue pouvait être tout et n’importe quoi. S’il n’était pas déjà comme elle, était-il appelé à le devenir ? Une autre question lui vint alors à l’esprit. Une question plus dérangeante que toutes les autres : Était-elle destinée à le transformer ?

En ville, c’était une journée comme une autre. La Brigue était une petite commune d’à peine 700 habitants en saison creuse. Son économie grimpait en flèche à la belle saison grâce au tourisme. Mais actuellement, les touristes n’avaient pas encore pointé le bout de leur nez. Arrivant par l’Avenue de France, la seule route reliant la Brigue au parc, Milla choisit de bifurquer vers le nord juste avant d’arriver à la ville même en empruntant la rue Saint-Vincent Ferrier, évitant ainsi l’axe principal. Elle ne tarda pas emprunter le petit pont de pierre enjambant la Levensa. En face d’elle, l’Hôtel restaurant le Mirval la dominait. Mais elle n’en eut cure. Elle poursuivit à gauche en ralentissant tout juste à la sortie du pont. La petite rue ne pouvait guère être empruntée qu’en sens unique en raison de la file de voitures stationnées. De part et d’autre, la rue était verte de jardins et d’arbres et un bon air de Provence planait. Elle laissa sur sa gauche le ridicule petit bureau de Poste et ne tarda pas à déboucher sur la place de la Mairie. Faisant le tour très rapidement de cette petite place, elle fut forcée de revenir sur l’axe principal, devenu l’Avenue du Général de Gaulle. Là, elle repassa en première et dut presque rouler au pas. L’avenue était fleurie de restaurants et autres gargotes dites traditionnelles dont les habitants pouvaient profiter en l’absence des touristes. En fait, quelle que soit la saison, cette route était impraticable ... qui plus est par jour de marché. Mais en même temps, la Place de Nice était son objectif. C’est là qu’elle comptait trouver des fripes pas chers pour rendre David un minimum présentable ... même s’il n’allait pas sortir de son cabanon de si tôt, enfin si elle comptait le garder auprès d’elle tout ce temps.
La Place de Nice était bordée d’arbres plus verts les uns que les autres. Quant au marché, il était à l’image de la Brigue. Ses allées étaient étroites et bondées de gens que ce soient des petites vieilles venues pour les primeurs ou les jeunes du village présents pour l’une des trop rares animations. Malgré ce monde, Milla dénotait quelque peu. D’ordinaire les jeunes femmes portaient plutôt des robes légères et fleuries et non pas un short en jean, un t-shirt un peu trop moulant et des rangers aux pieds. Outre son accoutrement qui faisait tourner plus d’une tête, Milla avait également pour elle une silhouette attirante pour tout mâle, jeune ou vieux.

Comme pour tout le reste, Milla en avait cure ; elle n’était ici que pour une seule chose : se ravitailler et trouver des vêtements pour David. Alors qu’elle fouillait un étalage de linge, un jeune homme particulièrement audacieux la remarqua. Il s’approcha d’elle, faisant mine de chercher quelque chose également avant d’engager la conversation.

« - Il en a de la chance ton homme, tu fais ses courses à sa place ? »

Milla s’immobilisa un instant avant de se mettre à sourire.

« - Et ce genre d’approche marche souvent ? »

« - Qu-quoi ? Vous m’accusez de vouloir vous draguer ? » fit le jeune homme, faussement offusqué.

« - C’est aussi gros qu’un éléphant au milieu d’un couloir ».

« - Ah mais tu sais, lorsque je vois une belle femme, je ne peux m’empêcher de frémir de la trompe, comme l’éléphant ».

Milla se mit à rire sans retenue. Le jeune homme, ne comprenant pas de quoi elle riait, se mit à sourire. Cessant de rire, Milla fit signe à la vendeuse qu’elle prenait ces vêtements et les lui paya.

« - Si tu veux on peut faire une séance d’essayage en privé ».

Milla sourit à nouveau.

« - Laisse tomber, petit ... et garde ton vermicelle bien au chaud surtout ! » dit-elle à voix haute.

Les habitants autour n’ayant rien perdu de l’échange se mirent à glousser. Sur ce elle le bouscula de l’épaule pour partir mais le jeune homme la retint par le poignet.

« - Je n’apprécie pas trop les chaudasses de ton genre. Elles allument et se barrent ».

« - Écoute gamin, jusqu’à présent, j’ai été gentille avec toi, alors lâche-moi et on en restera là ».

« - Oh non, on ne va pas en rester là ! » dit-il en la tirant à lui et lui collant son autre main aux fesses.

La réaction de Milla fut immédiate. Elle l’empoigna à la gorge si fort qu’il lâcha tout de suite prise, portant ses mains à son cou. Milla le souleva alors du sol à bout de bras. Voyant que tout le monde la regardait, elle le laissa immédiatement tomber par terre avant de fendre la foule jusqu’à sa voiture. Mettant le contact, elle démarra en trombe, fulminant après elle-même d’avoir voulu trop jouer avec ce puceau. Ce n’était pas le moment de se faire remarquer.

Malheureusement pour Milla, il était trop tard pour redevenir discrète. Le bourge qu’elle avait tué, et accessoirement les mercenaires qui avaient suivi, appartenaient à une puissante famille niçoise. Les membres de cette dernière s’étaient juré de faire payer le meurtrier, qui qu’il soit. A la nouvelle de la décimation du premier commando, ils avaient ainsi immédiatement engagé une seconde équipe de mercenaires, plus chers, bien plus chers. Ces derniers s’étaient éparpillés un peu partout dans les communes avoisinant le parc, se mêlant à la populace afin de déceler d’éventuels marginaux susceptibles d’être le meurtrier. Posté à la terrasse d’un café donnant sur la place du marché, l’homme avait de suite repéré Milla lorsque son range rover était arrivé. Par la suite, sa silhouette et son langage corporel avaient incité l’homme à la suivre du regard. Elle avait certes l’allure d’une baroudeuse mais quelque chose de primal, d’animal transpirait de son corps, comme si un prédateur venait de se glisser parmi un troupeau de moutons. Alors lorsqu’elle avait soulevé d’un bras l’intrépide imbécile sans avoir l’air de forcer, il était devenu évident qu’il devait en savoir plus sur elle.

C’est ainsi qu’il la suivie à distance raisonnable pour ne pas éveiller ses soupçons. Le fait qu’elle se dirige droit vers le parc du Mercantour renforçait son intuition. Un moment, il crut l’avoir perdue. Il avait mis tellement de distance entre elle et lui qu’il ne la vit plus durant plusieurs minutes. Ce furent ses feux stop, aperçus du coin de l’œil en passant au niveau d’un sentier, qui la trahirent. Immédiatement, il pilla et fit marche arrière pour emprunter le même sentier qui s’enfonçait dans le parc. Son comportement était de plus en plus suspect. Tandis qu’il ralentissait l’allure, il piocha dans la poche de sa chemise située sur sa poitrine une petite oreillette dont il s’équipa immédiatement. Il appuya dessus une fois.

« - Contrôle ? Ici Kinney, j’ai une touche. J’active mon signal GPS ! »

Un petit grésillement se fit entendre dans l’habitacle, la réponse de ce fameux "Contrôle". Arrivé à la hauteur du véhicule de Milla, Kinney s’immobilisa et descendit du sien. La jeune femme qu’il avait suivie jusque-là avait délaissé sa voiture. Il s’avança un peu vers la forêt et ne tarda pas à relever les traces de pas de Milla. Il se mit à sourire.

« - Décidément, tu n’es pas du genre discrète, ma belle » dit-il à voix basse.

Il retourna à son véhicule et ouvrit son coffre. A l’intérieur, il n’y avait rien de bien particulier, un cric, un bidon d’huile et un autre de liquide de refroidissement, un triangle de signalisation et c’était tout ... du moins en apparence. Kinney souleva le faux plancher de son coffre et dévoila une cache avec de multiples armes à feu et un gilet pare-balle. Il s’équipa rapidement et referma son coffre. Il partit de suite suivre la piste de sa cible.

Milla s’était déjà grandement éloignée de son véhicule. Elle marchait à travers la forêt, pensive. Maintenant qu’elle retournait vers David, il occupait à nouveau ses pensées. Elle ne l’avait pas vu par hasard à travers cette fenêtre. Et c’était encore moins le hasard qui l’avait fait chuter du ciel en flammes quasiment à ses pieds. Mais le transformer n’était pas une chose anodine. Cela aurait des conséquences irrémédiables sur sa vie ... et sur la sienne aussi. Elle allait devoir l’éduquer avant de pouvoir le laisser à lui-même. En serait-elle capable ? En aurait-elle la patience ? Soudain, une odeur lui vint aux narines qui la tira de ses réflexions. Elle releva la tête et huma l’air pour tenter de localiser cette nouvelle odeur. Ce n’était pas celle de David. Non, cette odeur venait de derrière elle. Elle avait été suivie. A nouveau elle rumina après elle-même. Elle avait été plus d’une fois négligente aujourd’hui. Mais cette fois, elle était sur son terrain.

Cela faisait plusieurs minutes maintenant que Kinney remontait minutieusement la piste laissée par le passage de Milla. Manifestement l’homme était un pisteur hors pair, il décelait la moindre impression laissée par un pied, la moindre brindille brisée, le moindre végétal légèrement aplati. Il parvenait à la suivre à la trace. Puis, soudain, il se trouva comme désorienté. La piste de la jeune femme s’arrêtait net. Il n’y avait plus rien à suivre. C’était comme si elle s’était évaporée purement et simplement. Son désarroi ne dura qu’un temps. Approché par l’armée il y a peu, il était pressenti pour faire partie d’un groupe d’élite obscur, le CR1-PT3. L’homme qui l’avait approché était un ami de longue date avec qui il avait l’habitude de chasser le cerf. D’ordinaire, les candidats au CR1-PT3 étaient maintenus dans l’ignorance mais comme c’était un ami, il s’était laissé aller à quelques confidences. Il ne savait pas à quel spécimen il avait à faire, mais il était dorénavant sûr qu’il avait affaire à l’une de ces menaces pour lesquelles le commando était dépêché. De son barda, il prit une paire de lunettes infrarouge. Mais ces lunettes ne faisaient pas que lui transmettre une imagerie thermique des lieux. Il y avait aussi un système de sonar à courte portée. A peine fut-il mis en marche qu’il détecta un signal ... juste derrière lui. Kinney se figea, puis, rapide comme l’éclair, il se retourna pour voir sa cible juste face à lui. D’une main, elle détourna le canon de son arme, crachant tonnerre, flammes et plomb et de l’autre elle lui arracha ses lunettes. Kinney plissa les yeux le temps que sa vue s’adapte à la lumière ambiante. La première chose qu’il distingua fut les yeux dorés de Milla. Son regard était aussi bestial qu’un animal. Le temps qu’il comprenne ce qu’elle était, il était trop tard. Milla l’égorgea avec vélocité et puissance, ses griffes traversant sans peine le gorgerin en kevlar. Kinney se laissa tomber à genou, lâchant son arme et portant ses mains à sa gorge. La dernière vision qu’il eut fut celle des mains de Milla reprendre forme humaine.

Milla observa Kinney écouler son sang sur l’herbe verte de la forêt. Ce ne fut pas tant ses derniers instants qu’elle observa mais son attirail. A n’en pas douter, il était venu ici pour elle, tout comme les précédents mercenaires. Mais ceux-ci n’avaient pas ce genre d’équipement. Les sales bourges avaient donc mis plus de moyens pour la retrouver. Elle se pencha sur lui et se mit à le fouiller. Elle trouva rapidement ce qu’elle cherchait : un émetteur GPS. Elle serra les dents et fronça les sourcils. Ses petits copains savaient où il était. Elle écrasa l’émetteur dans sa main et laissa tomber les débris au sol. D’autres allaient venir. Elle grimpa à l’arbre le plus proche et se mit à bondir de branches en branches pour retrouver au plus vite son cabanon et David.

Sans ménagement, elle ouvrit la porte du cabanon, peu importe si elle allait faire sursauter David ou non, ils devaient se dépêcher de partir. Quelle ne fut pas sa surprise de le retrouver à plat ventre, en train de ramper malgré ses jambes brisées, à mi chemin entre le lit et la porte.

« - Bon sang ! Tu t’amuses à quoi au juste ? »

« - J’ai entendu des coups de feu » fit-il.

« - Et alors ? Tu croyais faire quoi en te traînant ainsi ? »

« - Je ... Je ne sais pas. Ça a été plus fort que moi, comme une pulsion irrépressible ».

Milla conserva le silence un moment. Puis elle le souleva sans effort et le replaça au lit. En le recouvrant des draps, elle remarqua une chose surprenante. Ses jambes ne s’étaient pas arrangées mais le reste de ses blessures, plus superficielles, n’étaient plus qu’un souvenir. Elles s’étaient parfaitement résorbées. Cela, un humain normal n’en était pas capable.

« - Qui es-tu ? » lui demanda-t-elle.

« - Je te l’ai dit, je ne me souviens plus de rien ».

« - Je me demandais si j’avais le droit de te transformer mais en fait c’est inutile, tu es comme moi ».

« - Comment ça comme toi ? Je ne comprends pas ! »

« - ET LA ? TU COMPRENDS ? » fit-elle en se métamorphosant en lycanthrope en un éclair.

« - BON SANG !! » fit l’inconnu avec un mouvement de recul.

Milla reprit forme humaine presque immédiatement.

« - Bon sang, tu es quoi ,toi ? »

« - Une lycanthrope ... et je suis sûre que toi aussi ! Sauf que comme tout le reste, tu ne t’en souviens pas ».

« - Je ... Quoi ? Moi ? Moi aussi je peux faire ça ? »

Tandis qu’elle laissait David assembler le peu de pièces du puzzle qu’il avait, elle-même se mit à réfléchir. La régénération des jambes de David était au point mort. Comment cela pouvait-il se faire ? Elle y réfléchirait plus tard. Le plus urgent était de se barrer d’ici.

« - Bon ! Écoute David ! On élucidera le mystère qui ... »

« - David ? C’est mon prénom ? » la coupa-t-il.

« - Non ! Enfin c’est celui que je t’ai donné en attendant que tu te rappelles du tien ».

« - Ça me plait ! »

« - Super ! Écoute ! Il se trouve que je suis actuellement la cible de chasseurs pour le moins efficaces. Je viens de tuer leur éclaireur mais les autres ne vont pas tarder à rappliquer. Donc faut qu’on se barre d’ici. Tu ne peux pas te trimballer à poil, même si ça ne me déplairait pas, donc je t’ai ramené des vêtements. Habille-toi ! »

David n’avait pas réagi au petit commentaire qu’elle avait cru seulement penser et non pas prononcer à voix haute ... et c’était tant mieux. David enfila la chemise sans problème mais quand il fut agi du pantalon, ce fut une toute autre histoire. Si bien qu’il arrêta.

« - Vas-t-en ! Je ne ferais que te retarder ».

« - Hors de question, si je te laisse derrière moi, c’est toi qui va prendre ».

« - Et bien je prendrai alors. T’as vu mes jambes, je suis foutu de toutes façons ».

« - Ça va s’arranger, il te faut juste un peu de temps mais pour l’instant on n’en a pas et tu nous en fait perdre un précieux. Habille-toi maintenant ! »

David se résigna à écouter Milla. Après tout, elle savait certainement mieux ce qu’elle faisait que lui. C’est alors qu’un puissant rayon de lumière zébra la forêt malgré le soleil de midi. Milla tendit l’oreille et discerna un discret bruit de pales.

« - Déjà ? » laissa-t-elle échapper.

Elle se précipita vers un coin de la cabane et se saisit d’un fusil mitrailleur avant de se diriger vers la porte. Là, elle s’immobilisa puis tourna légèrement la tête vers David.

« - Je vais revenir, fais en sorte d’être prêt ... que je ne sois pas forcée de te reculotter » fit-elle non sans un petit sourire.

Puis elle ouvrit la porte et franchit le seuil. Elle s’enfonça dans les fourrés sans faire un bruit.

Plusieurs minutes s’écoulèrent sans qu’aucun son ne se fasse entendre dans les environs. A vrai dire, David avait l’impression qu’il était le seul à faire du bruit et qu’il faisait un véritable vacarme en essayant de mettre son pantalon malgré ses jambes brisées. C’est alors qu’il entendit soudain une pétarade. Des coups de feu retentirent un peu partout dans la forêt, comme faisant écho les uns aux autres. David entendit divers cris d’hommes jusqu’à ce que le cri d’une femme mette fin à tout ce vacarme. A n’en pas douter, c’était Milla qui venait de crier. Ce n’était pas un cri de victoire ou celui d’une bête, non c’était un cri de douleur. Le sang de David se figea. Ses assaillants l’avaient-ils tuée ? C’est alors qu’un nouveau tir se fit entendre, suivi de près par un nouveau cri de Milla. Non, ils ne l’avaient pas tuée mais ils semblaient l’avoir acculée.
David enragea d’être assis sur ce lit, impotent au point que cette femme, qui ne le connaissait ni d’Eve ni d’Adam, le porte dans ses bras pour le remettre au lit. C’était maintenant elle qui avait l’air d’avoir besoin d’un sérieux coup de main. Il ne savait pas ce qu’il allait bien pouvoir faire mais il devait l’aider coûte que coûte. Il tenta de se lever mais ses jambes brisées le trahirent et il finit face contre le plancher. Peu importe, il irait en rampant s’il le devait. Il vit alors un gigantesque fusil adossé contre le mur près de la porte. Il pourrait peut-être s’en aider pour marcher. Il se traîna vers lui durant ce qui lui sembla une éternité. Finalement, il mit la main dessus et s’en servit pour tenter de se relever. Ses jambes le faisaient souffrir à un point qu’il parvenait avec grande peine à ne pas hurler de douleur. Mais il n’était plus temps de s’apitoyer sur son sort, Milla avait besoin de lui. Par miracle, et surtout grâce à une incroyable et soudaine force de volonté, David parvint à se relever et à tenir debout malgré le supplice. S’aidant du fusil comme d’une béquille, il parvint à faire un premier pas au bout de plusieurs secondes ... puis un second suivit quelques secondes plus tard. Muni d’une volonté de fer, il parvint à atteindre la porte et à l’ouvrir. Il commença à s’aventurer dehors en ignorant au possible la douleur qui lui parcourait les jambes comme des éclairs. En fait d’éclairs, il s’agissait de son système régénératif qui semblait se remettre en marche au fur et à mesure que sa volonté s’affermissait. Sans s’en rendre compte, les os de ses jambes se remettaient en place.
_____________

Note 1 : CR1-PT3 fait bien sûr référence au commando Crypte présent dans d’autres dimensions.
_____________

Note 2 : La formulation d’une phrase fait clin d’œil à une des chansons phare de Manau, la retrouveras-tu ? Razz
_____________

A suivre dans le chapitre 353 : Instinct
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Chapitre 352 - Volonté :: Commentaires

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Re: Chapitre 352 - Volonté
Message le Mar 20 Juin - 13:25 par Shion
Autant j'avais saisi la référence au commando Crypte, autant le clin d'oeil à Manau est passé inaperçu XD

J'apprécie de plus en plus le personnage de Milla, c'est une femme forte comme on en voit pas si souvent dans la fiction, mais qui a aussi ses faiblesses... Notamment le manque de discrétion XD
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Re: Chapitre 352 - Volonté
Message le Mar 20 Juin - 17:33 par Jezekiel
Concernant Manau, le clin d'œil est très discret et faut connaître presque par cœur leur titre phare ... ou l'avoir entendu récemment.

Babel a écrit:
Milla observa Kinney écouler son sang sur l’herbe verte de la forêt.

Manau - la Tribu de Dana a écrit:
Des lances, des haches et des épées dans le jardin d'Éden
Qui écoulait du sang sur l'herbe verte de la plaine.
Re: Chapitre 352 - Volonté
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Chapitre 352 - Volonté

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