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 Chapitre 356 - Attraction

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Jezekiel
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16072017
MessageChapitre 356 - Attraction

Terre  864 - Fourrière de Monaco

Dans les premières secondes, Frédéric fut en plein désarroi. Qu’est-ce qui se passait ? Une chaleur envahissait son corps tandis que cela se passait. Pourquoi Milla l’embrassait-elle ? Comment devait-il réagir ? Puis ces questions devinrent sans aucune espèce d’importance. Frédéric ferma les yeux et profita de l’instant. Il sentait sur ces lèvres celles de la jeune femme. Il sentait la chaleur de son corps contre le sien. Ses doigts fouillant sa fourrure. Inconsciemment, Frédéric se laissa aller à cette étreinte extatique. Il finit par l’étreindre tendrement. Puis, sans que ni l’un ni l’autre ne s’en rende compte, ils finirent par reprendre forme humaine. Le contact des lèvres de Milla n’en fut que plus voluptueux. Ce ne fut qu’en se rendant compte qu’ils avaient repris formes humaines qu’ils s’interrompirent.

Milla fit un vif pas en arrière, semblant être quelque peu désorientée. Elle porta machinalement deux doigts à ses lèvres et se mit à rougir quelque peu en baissant les yeux ... chose inhabituelle pour elle. Pourquoi l’avait-elle embrassé ? Qu’est-ce qui lui prenait ? Elle ne le connaissait pour ainsi dire pas ... à vrai dire, lui-même ne se connaissait pas. Ce n’était franchement pas son genre d’embrasser le premier venu, et encore moins de le laisser la prendre dans ses bras. Elle avait plus l’habitude de les arracher, les bras. Mais à voir sa figure, il ne semblait pas non plus comprendre ce qu’il venait de se passer entre eux.

« - Je ... Je ne sais pas ce qui m’a pris, excuse-moi » fit-elle.

« - Euh ... Il n’y a ... pas de mal ? » se hasarda Frédéric.

« - C’était plutôt agréable en plus » ajouta-t-il, en avançant d’un petit pas vers elle.

Milla releva la tête et le regarda dans les yeux.

« - Oui » répondit-elle en se rapprochant sensiblement de lui.

Milla et Frédéric plongeaient dans le regard l’un de l’autre. Ils semblaient irrésistiblement attirés l’un par l’autre. Manifestement, ce combat avait déclenché quelque chose qui les faisait se rapprocher de façon irrésistible. Alors qu’ils étaient à nouveau à quelques centimètres l’un de l’autre, ils se rendirent compte qu’ils recommençaient juste avant que leurs lèvres ne se touchent. Cette fois, ils firent tous les deux un pas en arrière.

« - Bon sang ! » laissa échapper Milla.

« - Qu’est-ce qui se passe ? » demanda Frédéric en évitant de croiser le regard de la jeune femme.

« - Je ne sais pas ! Si il y avait un sorcier dans les parages je dirais qu’on a été ensorcelés ... mais je ne vois pas ce qu’il viendrait faire dans une fourrière » répliqua Milla en tournant également la tête.

Le regard tourné vers la guérite où ils avaient laissé Micha, quelque chose interloqua Milla. Son attention détournée, elle se concentra sur la guérite. Plus elle la regardait et plus elle trouvait que quelque chose manquait. Elle se dirigea alors vers la cabine. Elle l’inspecta du regard, regarda dans chaque recoin mais il n’y avait rien à faire ; Micha n’était plus là. Comment avait-il pu s’éclipser sans qu’ils s’en aperçoivent ? A moins, bien sûr, qu’il en ait profité tandis qu’ils étaient trop occupés à se rouler des pelles.

« - Il a fini ? » demanda Frédéric en s’approchant à son tour.

Milla sentit la présence de Frédéric dans son dos. Son premier réflexe avait été de se retourner vers lui pour lui faire les yeux doux. Mais finalement, elle combattit de toutes ses forces cette envie et resta immobile, lui tournant le dos.

« - Faut-il qu’il soit encore là pour nous le dire » lui adressa-t-elle sans se retourner.

En se rapprochant d’elle, Frédéric sentit son esprit s’égarer. Il se surprit même à renifler son odeur une fois à proximité. Cela le dérangea quelque peu d’avoir fait cela. Il avait l’impression d’être un vulgaire clébard qui renifle l’arrière train d’une congénère. Il se sentit encore plus honteux lorsque Milla se retourna vivement vers lui, l’ayant entendu la renifler. Elle le repoussa vivement de ses deux mains.

« - Les phéromones ! » s’écria-t-elle.

« - Hein ? Quoi ? »

« - Ce sont nos phéromones qui nous jouent des tours ! » ajouta-t-elle.

Dans le règne animal, de multiples espèces véhiculent des phéromones, des substances chimiques produites par les glandes exocrines et servant à véhiculer certains messages. Chez les insectes dits sociaux, les individus déposent une phéromone de trace afin d’indiquer aux autres individus un chemin, le plus souvent vers une ressource alimentaire ; d’autre part, les abeilles sont capables de produire une phéromone d’alarme qui incite les congénères à attaquer un quelconque agresseur. Une autre est également produite par des femelles pondeuses pour éloigner les autres femelles de leur lieu de ponte, ce sont des phéromones d’espacement. Enfin, a contrario, il y a aussi les phéromones sexuelles produites par la sueur ou la salive en cas de baiser. Celles-ci attirent le sexe opposé pour la reproduction. Manifestement, Milla et Frédéric étaient sous le charme chimique de leurs phéromones respectives qui leur faisaient perdre la tête et oublier toute autre considération ... comme un vampire obèse passant péniblement à côté d’eux.

Se rappelant le but de leur venue, tous deux reportèrent toute leur attention sur la piste olfactive laissée par le vampire. Elle menait tout droit vers la porte que les trois vampires, qu’ils venaient de mettre à mort, avaient empruntée. Remettant à plus tard le problème de leurs phéromones, Milla et Frédéric s’élancèrent vers la porte. Ouverte, celle-ci donna sur une cage d’escalier. En y jetant un coup d’œil, ils comprirent de suite que Micha avait aussi bien pu monter que descendre et malheureusement la piste olfactive du vampire devenait omniprésente dans cette cage d’escalier. Il avait dû l’emprunter à de multiples reprises aussi bien vers le bas que le haut. Frédéric se retourna un bref instant vers la sortie de la fourrière. La nuit était tombée. Alors qu’il se retournait vers Milla, il la vit se prendre la tête entre les mains. Manifestement elle avait mal. Que lui arrivait-elle ?

« - Qu’est-ce qui ne va pas ? » lui demanda-t-il.

Alors qu’elle tentait de discerner quelle odeur était la plus forte, et donc la plus récente, Milla fut soudain prise de violents maux de tête. Elle se prit la tête entre les mains, ferma les yeux et entrouvrit la bouche. Fort heureusement, le mal de crâne disparut aussi vite qu’il était apparu. Mais lorsqu’elle rouvrit les yeux, elle comprit qu’il n’avait pas été sans conséquence. Elle voyait soudainement quelque chose d’invisible jusque-là. C’était telles des volutes de fumée colorées décrivant des trajectoires qui ne trompaient pas. La plus vive d’entre elles montait les escaliers vers la surface.

« - Je sais où il est allé » fit-elle alors.

« - Vers la surface ! » répondit Frédéric.

Milla tourna la tête vers lui, incrédule. Lui aussi voyait-il les mêmes choses qu’elle ? Mais en le regardant, elle vit quelque chose de singulier, de son corps émanaient des fumerolles.

« - Comment tu le sais ? » se reprit-elle.

« - Simple déduction, la nuit est tombée » répliqua-t-il en pointant du pouce la sortie du sous-terrain.

« - Et toi ? »

« - Je ... J’ai réussi à détecter la piste la plus récente ».

Elle ne jugea pas utile de lui dire ce qu’elle voyait actuellement. Ni les fumerolles rouges pistant le vampire, ni même les ténèbres qui entouraient le corps de Frédéric et qui, pour une raison inconnue, lui glaçaient le sang.

Voir Milla le regarder ainsi troubla un instant Frédéric. Aussi proches l’un de l’autre, leur attirance mutuelle était d’autant plus forte. Finalement, il fut plus fort que ses pulsions animales. Il secoua la tête un bon coup puis pénétra dans la cage d’escaliers.

« - Rattrapons-le avant qu’il ne se trouve un terrier où s’enfouir » dit-il avant de grimper les marches deux à deux.

« - De cette taille ce n’est plus un terrier mais une véritable caverne » répliqua-t-elle en suivant Frédéric.

L’équivalent de deux étages plus haut, tous deux arrivèrent à l’air libre. Il faisait nuit depuis peu mais la fraicheur nocturne se faisait déjà ressentir. Le quartier était calme, presque tous les habitants semblaient être rentrés chez eux. Milla et Frédéric tentèrent de sentir la piste olfactive de Michacolovitch. Au moment même où ils la sentirent, un chien aboya au loin, dans la direction qu’avait pris le vampire obèse. Milla et Frédéric se regardèrent, étonnés. Pour un obèse, il avait déjà franchi une sacrée distance. Peu importe, jamais il ne pourrait les distancer. C’était une certitude.

« - Le premier qui le rattrape ! » lança alors Milla avant de se mettre à courir.

La voyant ainsi s’élancer, Frédéric esquissa un sourire malicieux avant de se lancer dans la course. Depuis qu’il avait perdu la mémoire, c’était la première fois pour lui qu’il courait. Il avait le pied si léger et la foulée si rapide qu’il semblait être fait pour courir. Rester sur place ou marcher était contre-nature. Fendant l’air, celui-ci lui caressait le visage. C’était une sensation enivrante. En à peine quelques secondes, il fut sur le point de rattraper Milla lorsque des souvenirs vinrent lui submerger l’esprit. Il se souvint avoir couru dans les ruines d’une mégalopole abandonnée. Ruines qui laissèrent la place à un désert de sable. Puis ce fut un désert immaculé et glacial. Ce désert laissa place à une course dans un énorme tube en verre perdu au milieu de l’océan. Enfin il se vit courir à travers une forêt dense et interminable. Il semblait n’avoir jamais cessé de courir tout autour du globe. Lorsqu’il revint à la réalité, il se rendit compte que Milla avait disparu de sa vue mais qu’il n’avait jamais cessé de courir. C’est alors qu’il entendit des foulées dans son dos. Il regarda par-dessus son épaule et vit Milla juste derrière lui. Revivre ces souvenirs semblait l’avoir stimulé.

Ils arrivèrent alors en vue d’un homme d’âge mûr, en costume, en train de sortir un doberman. Tout le décalage de Monaco. Toutefois c’était sûrement le chien qu’ils avaient entendu il y a à peine une poignée de secondes. Frédéric passa en coup de vent devant le maître et son chien. Celui-ci se mit à aboyer à son passage mais peu importe, Frédéric ne s’en soucia pas. Frédéric passé, le chien reporta son attention sur Milla et commença à lui aboyer après avant même qu’elle n’arrive à sa hauteur. Milla ralentit un instant sa foulée au moment de passer à la hauteur du chien pour lui aboyer dessus à son tour. Intimidé, le chien courba immédiatement l’échine en couinant. Elle laissa le chien et le maître, qui ne comprenait pas ce qui venait de se passer, derrière elle.

Remontant la piste du vampire depuis près de deux minutes, Frédéric et Milla finirent par apercevoir une silhouette massive tourner au coin d’une rue. A n’en pas douter, il s’agissait de Micha. Ils étaient sur le point de le rattraper. Milla se métamorphosa alors en lycanthrope sans que Frédéric ne s’en aperçoive. Arrivés au coin de la rue où ils venaient de perdre Micha de vue, Milla prit par l’extérieur et dépassa Frédéric sans aucune difficulté. Dans la rue, le vampire était tel un éléphant dans un corridor : inratable. Surpris de voir Milla le dépasser sous cette forme en pleine rue, Frédéric mit quelque secondes avant d’adopter la même forme. Mais le laps de temps durant lequel il hésita lui coûta la victoire. Il avait à peine franchi la moitié de la rue que Milla sautait déjà sur le dos de Micha et le plaquait au sol à l’autre bout.

Milla se releva de suite. Si ça n’avait pas été pour un jeu entre elle et Frédéric, jamais elle n’aurait arrêté Micha en le plaquant, s’obligeant à toucher cette imposante masse lipidique plus que de nécessité. Frédéric la rejoignit au moment où elle reprenait forme humaine.

« - T’en a mis du temps » lui lança-t-elle non sans un sourire.

« - Forcément, t’as triché » répliqua-t-il, faussement contrarié.

« - Dans une vie telle que la nôtre, mieux vaut savoir s’affranchir des règles » lui lança-t-elle tout en lui assénant une petite pichenette sur le nez.

Au sol, Micha tenta de profiter à nouveau de leur distraction mutuelle en rampant. Mais cette fois, ils furent tous les deux plus vigilants. Milla appuya vivement son pied dans la pliure de son genou gauche.

« - Micha, Micha, Micha. Tu comptes encore essayer de nous fausser compagnie ? »

« - N-Non ! »

« - Pourquoi je ne le crois pas ? » fit Frédéric.

« - Peut-être parce que ce bon vieux Micha est un satané rat » répondit Milla en appuyant un peu plus son pied.

« - T’es vraiment tordante, Milla ! On ne me l’avait encore jamais faite ».

« - Non ! C’est là que tu te trompes. Elle, elle égorge, éventre, plaque, fracasse les genoux. C’est moi qui tord, presse et compresse mes victimes » fit Frédéric en lui tirant les cheveux vers l’arrière.

Micha émit un grognement devant relever ainsi la tête.

« - A moins que tu n’aies quelque chose pour nous » poursuivit Frédéric.

« - O-Oui, J-j’ai ce que vous m-m’aviez demandé » répondit péniblement le vampire obèse.

« - Eh bien, tu vois quand tu veux ! »

Sur ce Frédéric relâcha les cheveux gras du vampire et Milla ôta son pied de son genou. Micha roula sur lui-même comme une barrique et tenta de se relever mais Milla appuya fortement sur son épaule pour le faire s’asseoir par terre. Le vampire n’apprécia pas vraiment et lui lança un regard mauvais. Milla s’en amusa.

« - Votre saloperie de téléphone avait un putain de niveau de cryptage ... mais pas assez élevé pour moi » commença le vampire, satisfait de lui-même.

« - Celui à qui vous avez pris le téléphone semble être ... semblait ? Semblait être une sorte de putain de mercenaire d’élite. Le genre qu’on paie rubis sur l’ongle pour être sûr que le mec qu’on veut buter le soit au poil de cul près, quitte à lui foutre de la laque à c’te endroit ».

« - Micha, ne me dit pas qu’on a perdu autant de temps avec toi juste pour que tu nous dises quelque chose que l’on savait déjà » fit Milla.

Le vampire déglutit. Il savait ce qu’il en coutait de la décevoir.

« - J’ai les derniers numéros qu’il a composés ! Des numéros de portable étrangers et un numéro de ligne fixe à Londres ! »

« - Sûrement son agence et les autres membres du commandos que j’ai tués » fit Frédéric.

« - Sûrement, oui. Il n’y avait pas un numéro plus local ? » fit Milla.

Le vampire réfléchit un instant en plissant des yeux et en suant à grosses gouttes. Puis il rouvrit les yeux et pianota sur le téléphone portable quelques secondes. Son regard s’illumina en retrouvant ce qu’il cherchait.

« - J’ai ça ! » fit-il en tendant le téléphone vers eux.

Le numéro était composé de cinq nombres de deux chiffres. Il commençait par 04 97. Le 04 indiquait la région sud-est et le 97 était un des indicatifs du département des Alpes Maritimes. Outre le numéro de téléphone, Frédéric observa le contexte dans lequel il apparaissait. Ce n’était pas un numéro parmi tant d’autres dans une liste de contacts. Non, il apparaissait dans un sms. C’était le numéro de la "Lionne" à contacter dès que le travail serait accompli. A n’en pas douter, il s’agissait là du numéro de la commanditaire ... sûrement la bourgeoise que Milla avait entendu crier dans l’hélicoptère. En voyant le sourire de Milla, Frédéric comprit que c’était elle qu’elle cherchait. Ce n’était pas l‘agence qu’elle comptait attaquer mais le mal à la racine, la commanditaire. Une fois disparue, ils seraient tous les deux tranquilles.
_____________

A suivre dans le chapitre 357 - Nice !


Dernière édition par Jezekiel le Dim 16 Juil - 19:29, édité 1 fois
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Chapitre 356 - Attraction :: Commentaires

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Re: Chapitre 356 - Attraction
Message le Dim 16 Juil - 18:44 par Shion
Six nombres de deux chiffres ? Ca ne devrait pas être plutôt cinq ?

Ce Micha n'est pas vraiment digne de confiance, apparemment.

Sinon, les phéromones des lycanthropes sont vraiment puissantes, pour qu'ils aient autant de mal à se retenir.
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Re: Chapitre 356 - Attraction
Message le Dim 16 Juil - 19:30 par Jezekiel
Effectivement, petite coquille qui s'était glissée dans le chapitre ... et que mon correcteur n'a pas décelé non plus -_-

Sinon ça se voit que t'as jamais eu un chien dans un quartier où il y avait au moins une chienne en chaleur XD
Re: Chapitre 356 - Attraction
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