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 Chapitre 357 - Nice

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Jezekiel
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23072017
MessageChapitre 357 - Nice

Terre 864 - Nice

Usant de son "charme" persuasif, Milla avait "aimablement" demandé au vampire obèse Michacolovitch Ratsouptine une dernière faveur, celle de leur localiser précisément la ligne associée au numéro qu’il avait retrouvé dans un sms. Pressé de se débarrasser du couple infernal, le vampire s’était dépêché d’accéder à leur dernière requête. La ligne appartenait à une certaine Léopoldine De Bourg Saint Mestre. Avec un nom pareil, inutile ne serait-ce que de murmurer qu’on est riche, tout le monde le sait déjà. Pour Milla il était évident que c’était la personne qu’elle cherchait. Les informations qu’elle glana à son sujet ne firent que renforcer sa conviction. Mme Léopoldine De Bourg Saint Mestre avait élu résidence dans les hauteurs du Mont Boron[1], colline huppée du Sud Est de Nice. Position privilégiée s’il en est, le Mont Boron proposait un cadre de vie inégalable. Les quelques résidences au sommet du mont se situaient en plein cœur d’un massif forestier de 57 hectares. A environ deux cents mètres, le Mont Boron partageait la colline avec le Mont Alban et son fort parfaitement entretenu. Du fort et des plus luxueuses résidences, on pouvait également plonger son regard dans le bleu profond de la Mer Méditerranée. On ne pouvait rêver mieux comme lieu de villégiature. Parmi les plus luxueuses des luxueuses résidences du sommet de la colline, il y en avait une qui se détachait de toutes les autres. Si les résidences du Mont Boron étaient des joyaux dans leur écrin, la résidence de Mme. De Bourg Saint Mestre était le clou de la collection, le diamant qui éclipsait tous les autres, celui de 14 carats qui donnait des sueurs froides aux assureurs. Sa demeure était sobrement nommée "Castel Mont Alban". A ce niveau, on ne pouvait plus parler de résidence mais de domaine. Le domaine possédait un jardin à la française de 1000 m² devant les fenêtres d’une villa de quatre étages. Juste sous ces mêmes fenêtres se trouvait une piscine de taille conséquente d’environ 15m de long. Une petite allée de dalles bordée de fleurs descendait vers un terrain de tennis privé.
A l’intérieur de la villa on pouvait deviner tout le luxe que sa propriétaire avait à sa disposition : une cave à vin bien garnie, une salle de cinéma privée, un immense salon avec son feu de bois et sa cheminée, une chambre au lit démesuré.

Après une demi-heure de route, Milla et Frédéric ne furent pas dépaysés, ils baignaient toujours dans l’opulence extravagante et indécente. Le but de Milla en venant ici était clair : dissuader cette De Bourg Saint Mestre de poursuivre sa vendetta contre elle ... en la tuant si nécessaire. Bien que Milla ait présenté cette éventualité comme ultime recours, Frédéric devinait que le dialogue serait particulièrement bref avant qu’elle n’y ait usage. Mais cela ne semblait pas le déranger. Après tout, cette famille se croyait tout permis à cause de sa richesse pharaonique ... Les membres de cette famille allaient bientôt comprendre que la Mort ne faisait aucune distinction entre les classes sociales.

Après avoir laissé leur véhicule à plus de cinq cents mètres en contrebas, à flanc de colline, Milla et Frédéric se servirent du couvert végétal abondant pour s’approcher de la villa s’en être vus. Il était près de 23h lorsqu’ils parvinrent à la limite sud du domaine. Face à eux se dressait la villa immaculée ... et son jardin à la française. Ce jardin aux allées arrangées tel un parfait quadrillage où plusieurs silhouettes déambulaient selon un rythme parfaitement maitrisé. La rigidité de leur dos indiquait qu’ils ne profitaient pas du cadre bucolique mais qu’ils faisaient des rondes de surveillance. Manifestement le vampire obèse n’était pas aussi doué qu’il le prétendait en piratage. Il avait été repéré et l’agence avait dépêché un service de sécurité conséquent afin de protéger leur cliente. La lumière de l’astre lunaire se reflétait sur le métal des armes de ces gardes et révélait leur calibre. Ces gardes n’étaient pas armés de simples pistolets. Non, ils étaient munis de fusil à pompe, uzis et autres fusils d’assaut légers.

Perchés dans un arbre, Milla et Frédéric observaient le dispositif de sécurité.

« - Aborder cette Léopoldine De Bourg Saint ... cette bourge, ne va pas être aussi facile que nous le pensions » glissa Frédéric à l’oreille de Milla.

Milla répondit par un petit son signifiant qu’elle était d’accord avec lui. C’est alors qu’elle remarqua quelque chose. Le jardin était plongé dans le noir, pourtant les gardes y circulaient aisément. Se focalisant sur l’un d’eux, elle vit qu’il était muni d’un dispositif de vision nocturne. Ils étaient prêts à les recevoir mais ne semblaient pas vouloir révéler leur position en pleine lumière. Les lumières ! C’était la clef. Il serait étonnant que la villa ne soit pas dotée d’un système de projecteurs au cas où ses résidents voudraient se balader dans le jardin au beau milieu de la nuit.

« - Allumer les projecteurs les éblouira » dit alors Milla à voix basse.

Frédéric les rechercha du regard et ne tarda pas à les repérer. Inconsciemment, il se mit à analyser le terrain, les angles morts qu’il présentait, les cachettes qu’il proposait, les ombres que la flore projetterait lorsque les projecteurs seraient allumés. Mais il n’y avait pas que le terrain que son cerveau analysait. Il observait le langage corporel des gardes. Leur façon de se déplacer, la manière dont ils saisissaient leurs armes ; cela lui indiquait leur niveau de stress. Il envisageait ainsi leurs réactions lorsque la lumière viendrait soudainement les éblouir. Frédéric ne se contenta pas du jardin à la française, il plongea son regard aussi loin que possible. Il aperçut alors une ombre sur l’un des balcons. Un autre garde à prendre en compte, qui plus est un garde qui ne serait pas ébloui autant que les autres. Regardant l’allée fleurie qui descendait vers le terrain de tennis, il estima qu’il ne devait pas y avoir plus d’un garde à surveiller les alentours du terrain. La lumière de la lune vint alors se refléter sur une surface métallique et lustrée à côté de la villa. Il s’agissait là d’une voiture de luxe, garée dans une petite allée en pente. Un plan d’action vint alors à l’esprit de Frédéric aussi naturellement que la solution d’un polynôme du second degré surgissait à un mathématicien aguerri sans qu’il ne la cherche vraiment. Comment avait-il fait pour analyser tout cela ? Qui pouvait-il bien être avant qu’il ne perde la mémoire ? Encore une fois, ce n’était pas le moment de se poser ce genre de question.

Il demanda alors à Milla d’attendre ici. Il allait repérer les environs de la villa et déceler une possible approche moins risquée. Il descendit de l’arbre dans lequel ils étaient tous les deux perchés et disparut rapidement dans la nuit.

Véritable poids mort lors de leur rencontre initiale, Frédéric prenait de l’assurance au fil des heures passées ensemble et cela, Milla l’appréciait. Inconsciemment la présence de Frédéric comblait un vide dans sa vie, un vide qu’elle avait tenté maintes fois de combler mais sans succès. Chaque homme qui avait partagé un bref instant sa vie ne s’était pas montré à la hauteur ... à la juste hauteur. Soit elle prenait l’ascendant sur lui, soit c’était lui qui tentait de prendre l’ascendant sur elle. Dans un cas comme dans l’autre, cela ne la satisfaisait pas. Quant à Frédéric, il semblait se positionner pile au bon endroit.

En attendant son retour, Milla ne cessa d’observer les rondes des gardes. C’était tous des professionnels et aucun d’entre eux n’avait le moindre retard. Ils étaient réglés comme des automates. Néanmoins, l’un d’eux attira son attention. Il semblait différent des autres. Ses mouvements de tête étaient vifs et il ne cessait de resserrer sa prise sur son arme. Ces gestes trahissaient un haut degré de stress. Il devait être une recrue toute récente, sûrement le maillon faible du dispositif. Milla se mit à sourire en le comprenant. C’est alors que Frédéric se hissa à nouveau dans l’arbre.

« - Tu as trouvé un autre point d’accès ? » lui demanda-t-elle.

« - Deux à vrai dire ... mais il faut montrer patte blanche à l’un d’eux ».

« - Ok, alors prend l’autre. Moi, je vais entrer par là » fit-elle en désignant du doigt la jeune recrue.

« - Tu l’as remarqué aussi » répliqua Frédéric en souriant.

Avant de descendre, Frédéric s’immobilisa.

« - On refait la course ? » demanda-t-il à Milla.

« - Le premier à atteindre la bourge ? » demanda-t-elle avec un sourire malicieux.

« - Oui, mais pas avant le top départ ! »

« - Et quel sera-t-il ? »

« - Tu le sauras quand il retentira ».

Frédéric s’immobilisa une nouvelle fois avant de descendre. Il détacha une pomme de pin d’une des branches adjacentes. Il observa la nouvelle recrue et attendit le moment où elle passerait sous le prochain sapin. Pile à ce moment, Frédéric lança la pomme selon une trajectoire en cloche. Son tir fut parfait. La recrue se prit le projectile pile à la verticale du crâne. Nerveux, le garde se retourna vivement en serrant un peu plus son arme entre ses doigts. Son index droit déjà très proche de la gâchette, il tira une courte rafale involontairement. Immédiatement, tous les gardes s’agitèrent. Certains que Milla n’avait pas encore vus se dévoilèrent alors. Le garde le plus proche du stressé le rejoignit pour lui administrer une bonne claque derrière le crâne et lui intimer l’ordre de se détendre. Après quoi chaque garde retourna à son poste et reprit sa ronde habituelle. Milla observait avec attention chacun d’entre eux et vit se dessiner la trajectoire qu’elle allait emprunter.

« - Un petit geste pour rééquilibrer tes chances » lança Frédéric avant de bondir au sol.

Ne détachant pas son regard du jardin, Milla était amusée par l’audace de Frédéric. Mais quelque chose l’intrigua. Comment avait-il pu discerner le maillon faible aussi rapidement ? Seuls un œil exercé et un regard aiguisé étaient capables de déceler tout ça et elle estimait posséder une certaine expérience maintenant pour le lui permettre. Qui Frédéric avait-il bien pu être avant de chuter du ciel il y a à peine deux jours ?
Quoi qu’il en soit, elle était contente de l’avoir à ses côtés. Leur relation, bien qu’excessivement influencée par leurs phéromones réciproques, devenait de plus en plus riche et passionnante à mesure que le temps s’écoulait. De son côté, elle lui réapprenait à se comporter comme le prédateur qu’il n’avait jamais cessé d’être et du sien, elle décelait qu’il avait beaucoup à lui apprendre en retour. Cet échange réciproque commençait cette nuit.

Quelques minutes plus tard, son ouïe fine décela un son qu’elle connaissait. Le bruit de pneus roulant sur du gravier à faible vitesse. Elle tourna la tête un instant et vit une silhouette pousser une voiture par la portière conducteur, le moteur éteint. C’était à coup sûr Frédéric, mais que comptait-il faire avec leur véhicule ? Puis il disparut de sa vue, masqué par les arbres. Plusieurs minutes s’écoulèrent à nouveau avant qu’elle n’entende le bruit du moteur de sa voiture rugir.

En faisant le tour du périmètre, Frédéric avait vu le portail servant d’entrée au domaine et par lequel la voiture de sport avait dû passer. Bien sûr, venir frapper au portail innocemment ne lui ouvrirait jamais les portes ... à moins qu’on ne frappe très fort, vraiment très fort. Pour cela, le range rover de Milla serait parfait. Il l’avait poussé discrètement jusque dans l’impasse faisant face au portail. Il mit le contact et fit vrombir le moteur. Il alluma les feux de route et enclencha la première vitesse. L’arrière du range rover s’abaissa tandis que l’avant se surélevait légèrement sous l’accélération. Plaçant une branche sur l’accélérateur, Frédéric bondit du véhicule avant qu’il ne franchisse la moitié de la distance jusqu’au portail. Ne s’attardant pas, il s’élança vers le nord de la villa. Là se trouvait une station TDF qui avait empêché le domaine de s’étendre plus. La villa et la station étaient pour ainsi dire séparées uniquement par une petite route et une simple haie qu’il pensait pouvoir sauter sans difficultés. Dans son dos, le range rover heurta alors le portail métallique du domaine dans un grand fracas. Les gardes derrière le portail furent écrasés par les portes et le véhicule. Immédiatement d’autres gardes, situés plus proches de la villa, se rendirent au portail et mitraillèrent sans sommation le véhicule. Les autres gardes du domaine ne réagirent pas tout de suite. L’espace d’une poignée de secondes, ils crurent qu’un autre stressé avait appuyé par mégarde sur la détente de son arme. Mais il n’en était rien.

Milla avait réagi avant même que la voiture n’enfonce les portes. Elle avait bondi dans le carré privé du jardin en direction de la jeune recrue. Son attention détournée par le fracas retentissant au portail, la recrue ne vit pas Milla franchir les quelques mètres qui les séparaient.

« - Tu es le maillon faible, au revoir ! » lui glissa-t-elle à l’oreille par amusement avant de l’égorger sans plus de bruit.

Avant même que les genoux de sa première victime ne touchent le sol, Milla s’élança immédiatement vers la seconde cible qu’elle avait désignée. C’était l’homme qui était venu administrer une claque derrière le crâne à la recrue qu’elle venait de tuer. Évitant de marcher sur les fins graviers des allées, elle sembla glisser sur la pelouse jusqu’à sa proie. Celle-ci se retourna vers elle, ou plutôt vers son collègue, juste au moment où elle lui sautait dessus. Elle lui brisa la nuque en un instant. Abritée par une haie à taille humaine dans ce carré privé, elle avait fait le plus facile. Il ne lui restait plus qu’à traverser le reste du jardin le séparant de la villa, soit près de cent mètres totalement à découvert. Passant la tête par l’ouverture dans la haie du carré privé, elle vit les autres gardes sur le qui-vive mais plus encore. Une silhouette se profilait sur le toit de la villa. Elle se tenait parfaitement droite et écartait les bras. C’était Frédéric qui, par cette gestuelle, lui demandait ce qu’elle faisait à trainer autant.

Milla fronça les sourcils et sourit en même temps. Elle était en retard et lui se démerdait bien mieux que prévu ; elle devait accélérer la cadence. Elle surgit du carré privé et se jeta sur le garde suivant. Mais elle n’eut pas le temps de le neutraliser avant qu’il ne presse la détente de son arme. Même si son arme n’était pas orientée dans sa direction, d’autres n’allaient pas tarder à l’être. Et ce fut effectivement le cas. En alerte, tous les gardes présents dans le jardin se tournèrent vers les coups de feu. Avec leurs lunettes de vision nocturne, ils la voyaient parfaitement dans l’obscurité de la nuit et ouvrirent le feu.
Réactive, Milla dressa le cadavre de celui qu’elle venait de tuer comme un bouclier. Mais cela n’allait durer qu’un temps. C’est alors que les projecteurs de la villa s’allumèrent et déchirèrent les ténèbres. Chaque garde muni d’une lunette de vision nocturne ne put s’empêcher d’échapper un cri. Bien que tous furent neutralisés dans le jardin, une nouvelle rafale de balles retentit. Cette rafale était plus éloignée que les gardes du jardin ... mais également plus brève. C’était le garde du balcon ... que Frédéric venait de tuer.

« - ALORS ? TU TRAINES OU QUOI ? » cria-t-il.

A peine eut-il prononcé ces paroles qu’il disparut à l’intérieur de la villa ; il touchait au but. Milla ragea et se saisit de l’arme automatique du cadavre derrière lequel elle s’abritait encore. Elle tira plusieurs rafales et élimina rapidement les gardes du jardin, souffrant encore de la surexposition lumineuse. Elle lâcha alors le bouclier humain ainsi que son arme vide. Elle se mit à courir à travers le jardin en prenant au passage l’arme d’un autre garde. Alors qu’elle allait enfin atteindre la villa, elle entendit du bruit venant de l’allée sur le côté de la villa. Les gardes s’étant rendus au portail se dirigeaient maintenant droit sur elle, alertés par la fusillade. Malgré sa vélocité, jamais elle n’atteindrait la villa avant qu’ils ne déboulent. C’était le moment où jamais de piquer une tête se dit-elle en voyant la piscine. Elle parvint à y plonger avant que quiconque n’arrive. Au fond de la piscine, Milla choisit d’attendre un petit instant avant de remonter à la surface, histoire que tous les gardes soient présents. Sous l’eau, elle entendit les gardes arriver les uns après les autres dans la plus grande précipitation. Ils ne devaient pas être plus de quatre. A les entendre piétiner, elle devinait qu’ils commençaient à paniquer devant cette situation qui leur échappait complètement. C’était le bon moment jugea-t-elle. Prenant appui sur le fond de la piscine avec ses pieds, elle bondit hors de l’eau et mitrailla les quatre hommes qui tombèrent au sol sans avoir compris ce qui leur arrivait.

Échangeant son arme avec l’un des nouveaux venus, elle se précipita à l’intérieur de la villa. Il y avait peut-être encore une chance que Frédéric n’ait pas trouvé la bourge.

Introduite dans la villa, Milla eut la stupéfaction de la trouver plongée dans le noir. Après les toutes récentes pétarades, le calme qui régnait à l’intérieur était saisissant. Mais cela n’avait pas toujours été le cas durant cette nuit. Elle ne tarda pas à rencontrer les premiers cadavres de gardes encore chauds et répandant leur sang sur le sol en marbre. Frédéric était passé avant elle et avait fait le ménage. Avec rapidité, elle remonta la piste sanglante jusqu’au dernier étage de la villa. Les murs constellés d’impacts trahissaient le fait que Frédéric n’avait pas pu prendre par surprise tous les gardes. Néanmoins, ceux-ci ne l’avaient pas arrêté bien longtemps. A l’autre bout de l’étage, Milla vit deux portes légèrement entrebâillées. De ce qu’elle en percevait, elles donnaient sur une vaste chambre à coucher. Le sang qui avait giclé sur l’une d’elles dégoulinait encore le long des rainures de la boiserie. Cela ne faisait plus aucun doute maintenant, Frédéric avait gagné cette deuxième course. Tant pis, la prochaine fois ce serait elle. Elle traversa l’étage au pas. Il n’y avait plus aucune urgence dorénavant.

Avant d’atteindre la double porte, elle vit une large trainée de sang. Manifestement, Frédéric avait laissé un survivant derrière lui. Elle remonta la piste et ne mit pas longtemps avant d’apercevoir un garde en train de se trainer et de se vider sur le sol. Elle le regarda un instant sans dire un mot. Elle semblait se demander quoi faire. Puis elle ouvrit la bouche.

« - Si j’étais comme votre cliente, je vous laisserais agoniser et endurer la moindre seconde de souffrance que vous méritez ... mais je ne le suis pas ! »

Sur ces mots, elle tira une unique balle. Celle-ci vint mettre fin aux souffrances du garde en lui explosant le crâne. Après quoi, elle se dirigea à nouveau vers la chambre. Elle ouvrit doucement la porte. La chambre était luxueuse. Il y avait là une petite porte donnant accès à une grande penderie bourrée d’étoffes plus soyeuses les unes que les autres. A côté de cette porte se trouvait une coiffeuse munie d’un gigantesque miroir aux bordures dorées. La coiffeuse était envahie de produits de beauté dont les formes des contenants laissaient supposer qu’ils étaient excessivement chers. Parmi ces pots, bouteilles et flacons, Milla remarqua un grand flacon de parfum reconnaissable entre mille. Entre le flacon carré, son bouchon rectangulaire et le parfum ambré, le flacon de Chanel n°5 ne pouvait être confondu avec aucun autre.
Au plafond était suspendu un grand lustre clinquant sûrement fait en cristal et en or. Mais ce qui attirait le regard immédiatement était ce gigantesque lit à baldaquin aux voiles blanches et au couvre-lit bleu roi. De chaque côté du lit se trouvait une petite table de nuit avec une lampe raffinée. Au pied du lit se trouvait une banquette, ou plutôt un petit coffre assorti au lit.

Frédéric était là, debout, se tenant à côté du lit et pointant une arme à feu sur l’occupante du lit : Léopoldine De Bourg Saint Mestre. La femme d’un certain âge tremblait de tout son corps dans ce lit immense.

« - Je crois que tu as perdu, cette fois » dit Frédéric, sans masquer son contentement.

Milla le regarda et sourit à son tour.

« - En effet ! Par contre tu aurais pu faire attention, tu es en train de mettre du sang partout dans cette belle chambre ».

Ne l’ayant pas remarqué, Frédéric s’inspecta et vit que le sang venait de ses mains.

« - Ce n’est pas mon sang » fit-il sans cesser de sourire.

« - Ah bon ? Bon, ben alors ça peut aller ! »

S’étant familiarisé avec la pièce, Milla se dirigea vers la coiffeuse d’un pas posé. Arrivé au petit meuble, elle se saisit du flacon de Chanel n°5.

« - Puis-je ? » adressa-t-elle à Léopoldine.

« - Q-que voulez-vous ? » fit-elle.

Milla haussa les épaules et les sourcils et, n’ayant pas eu de réponse à sa question, s’aspergea du parfum. Elle se retourna vers le lit et s’approcha de Frédéric.

« - Tu aimes ? » lui demanda-t-elle.

Frédéric la renifla et tortilla du nez.

« - La vache ! Il sent fort ce truc ! On dirait un bouquet composite de fleurs diverses ... et pourries ».

« - Intéressant, je vais peut-être le garder alors ».

..oO(Ça nous évitera peut-être de nous sauter l’un sur l’autre) se dit-elle.

« - Vous ne savez pas pourquoi nous sommes là ? » demanda-t-elle à la bourge transie de peur dans son grand lit.

« - N-non ! »

Milla sembla être énervée par la réponse. Elle empoigna les draps et la couverture et les tira d’un coup sec. Puis elle se saisit de la bourge par la gorge et l’obligea à descendre de son lit. Elle la força à la regarder dans les yeux tandis que son regard devenait bestial.

« - Vous ne cessez d’envoyer des tueurs à mes trousses ! » fit-elle en retroussant les lèvres, laissant voir ses dents.

La femme écarquilla les yeux en comprenant soudainement qui c’était.

« - C’est vous qui avez tué mon mari ! Espèce de sale pute ! »

Léopoldine accompagna ses paroles d’un crachat au visage de Milla. Son comportement venait de changer du tout au tout. Profitant que Milla fermait les yeux un bref instant à cause du crachat, elle la poignarda en pleine poitrine. Sous la surprise, Milla la lâcha. Tombée à genoux, la bourge se mit à fuir à quatre patte en robe de nuit. Bondissant par-dessus le lit, Frédéric la rattrapa sans mal et l’agrippa par les cheveux et les bigoudis. Après quoi il tourna la tête vers Milla.
Celle-ci était stupéfaite par ce qui était fiché dans sa poitrine, un peigne au manche effilé. Elle le retira d’un geste brusque.

« - Tu m’as poignardée avec un putain de peigne ? » s’emporta Milla.

Elle vint remplacer Frédéric. Elle tira sur les cheveux de la bourge pour la forcer à la regarder. Son visage était déformé par un sourire malsain.

« - Tout est bon pour vous tuer ! Je n’aurai de cesse de vouloir votre mort ! »

« - Je vois. Aucun remord ».

« - Pourquoi en aurais-je ? Vous êtes la lie de notre société ! Mon mari n’avait rien fait dont il n’ait gagné le droit de par sa situation ! »

« - En quoi est-ce un droit de massacrer des animaux du haut d’un hélicoptère ? »

« - Vous l’avez dit, ce sont des animaux ! Et puis il n’en avait encore tué aucun au parc ».

« - Au parc ? » intervint Frédéric.

Mais la bourge ne dit plus un mot. Elle savait qu’elle venait de faire une erreur. Elle en avait trop dit. Elle jeta fugacement un œil sur une porte secrète avant de regarder ailleurs. Mais il était trop tard. Frédéric avait soulevé un lièvre ... et surtout, il avait vu où le regard de Léopoldine s’était posé.

Il tâtonna sur le mur et finit par trouver la dite porte. Il l’ouvrit et dévoila une pièce secrète emplie de trophées de chasse. Des têtes d’éléphant, de rhinocéros, de lion, d’ours. Rien ne semblait avoir échappé à cet immonde chasseur. Cela dégouta Frédéric et mit encore plus en colère Milla.

« - Il n’aura plus l’occasion de tuer ... et vous non plus ! »

A ce moment elle planta le peigne dans le cou de la bourge et la laissa agoniser sur la moquette bleue de sa chambre.
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[1] : Note
Mont Boron


Castel Mont Alban

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A suivre dans le chapitre 358 : 2 Fast
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Chapitre 357 - Nice :: Commentaires

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Re: Chapitre 357 - Nice
Message le Dim 23 Juil - 20:46 par Shion
Bon, bah la vieille et son mari ont bien mérité leur sort. Bon débarras !

Et c'est vrai que malgré sa réputation, le Chanel n°5 a une odeur désagréable XD
 

Chapitre 357 - Nice

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