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 Chapitre 362 - ... Il revient au galop

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Jezekiel
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02092017
MessageChapitre 362 - ... Il revient au galop

Terre 864 - Paris - Place Denfert-Rochereau

Malgré la curiosité qui les animait, ce fut la terreur qui fit fuir les badauds lorsque Frédéric était ressorti telle une furie des catacombes. La place Denfert-Rochereau était à nouveau déserte. Mais cela n’allait pas durer. Les sirènes des pompiers et de la police s’entremêlant devenaient de plus en plus fortes à mesure qu’elles s’approchaient des lieux qui avaient vu une colonne de flammes sortir des catacombes.

En plein milieu de l’avenue pavée devant l’entrée des catacombes, il n’y avait guère plus que Frédéric à genoux et tenant dans ses bras une Milla inanimée. Cela faisait une poignée de minutes maintenant qu’elle ne respirait plus et plus encore qu’il l’avait mordue. Grièvement blessée par le double de Westwwod, anciennement à la solde des deinones, Milla avait rendu son dernier souffle. Frédéric l’avait mordue dans l’espoir de lui conférer ses aptitudes exceptionnelles, notamment, et surtout, son immunité à l’argent. Mais maintenant, l’idée qui avait surgi dans son esprit dans l’urgence de la situation lui semblait avoir été pire que mieux. Frédéric craignait d’avoir précipité sa mort en lui infligeant une blessure supplémentaire. Comment allait-il pouvoir vivre avec cela ? Il serra alors le corps de Milla contre le sien en l’enlaçant avec force. Les sirènes ne semblaient n’être plus qu’à trois ou quatre rues d’ici mais il n’en avait cure. Alors que des larmes lourdes de peine coulaient le long de ses joues, Frédéric s’immobilisa. Il retint sa respiration. Parmi le vacarme des sirènes, qu’avait-il entendu à l’instant ? Le son se reproduisit alors. Frédéric rouvrit les yeux, était-ce bien ce qu’il croyait ? Le son se fit à nouveau entendre. Un son sourd mais puissant. Le son se répéta et accéléra de rythme. Il n’y avait plus aucun doute à avoir ; ce tambour qui accélérait était les battements de cœur de Milla. L’instant d’après, Milla prit une grande inspiration et revint à elle en sursaut, brutalement, se métamorphosant et s’agrippant instinctivement à la première chose qui se présentait à elle. Elle enfonça ses griffes dans le dos de Frédéric.

Elle se détendit presque immédiatement en voyant le visage de Frédéric pleurant mais souriant. Tous deux s’enlacèrent un instant jusqu’à ce que des crissements de pneus se fassent entendre. Milla jeta un coup d’œil aux alentours et vit un gigantesque camion rouge accompagné de plusieurs véhicules plus petits et illuminant le petit matin de leurs gyrophares.

« - Combien de temps je suis ... partie ? » demanda-t-elle.

« - Plusieurs minutes » fit Frédéric en essuyant ses larmes.

Soudain une douleur revint à Milla. Elle porta machinalement sa main à son épaule et sentit les traces d’une morsure.

« - Tu m’as ... mordue ? » fit-elle stupéfaite.

Ce n’était pas tant le fait qu’il l’ait mordue qui la surprenne mais plutôt que ça ait marché. Le venin d’un lycanthrope n’agissait qu’une seule fois sur un même individu. Le fait de devenir lycanthrope immunisait contre les effets d’une nouvelle dose.

« - Oui ... j’étais désespéré » avoua Frédéric.

« - Je ne comprends pas comment ça se fait mais ... tu m’as sauvée ! » fit Milla en l’embrassant.

« - VOUS LA ! NE BOUGEZ PLUS ! » hurla soudainement un policier.

Dans leur situation, ils eurent la chance que les forces de l’ordre les découvrent sous leur apparence humaine. Les policiers les auraient découverts quelques secondes plus tôt, ils auraient immédiatement tiré à vue. Mais à ce moment précis, ils bénéficiaient d’un certain flottement. Ils devaient réagir au plus vite avant que les flics ne s’organisent.

« - Tu te sens capables de courir ? » lui demanda Frédéric.

« - Tu plaisantes ? Je ne me suis jamais sentie aussi bien de toute ma vie ! »

« - Fais comme moi alors ! »

Frédéric leva les mains en l’air et commença à se relever.

« - Tu plaisantes ? » lui fit Milla.

« - Tu me fais confiance ? » lui demanda Frédéric en fixant les flics.

Milla marqua une pause.

« - Oui ! » fit-elle instinctivement.

Elle imita alors Frédéric et se releva lentement en levant les mains.

« - Puisque tu es vivante, ça veut dire que mon venin a agi sur toi. Tu es dorénavant immunisée à l’argent, ta régénération cellulaire est accélérée, tu peux te métamorphoser bien plus rapidement et tes sens sont bien plus aiguisés » chuchota Frédéric.

« - Au signal, tu te métamorphoses et tu retournes aux catacombes, là où j’ai eu ma crise ».

Milla écouta attentivement les paroles de Frédéric mais son plan semblait insensé. La chambre où il avait eu sa crise était une impasse. C’est alors que les arbres bordant l’avenue s’enflammèrent soudainement. Les policiers et les pompiers furent stupéfaits par ce spectacle. Milla aussi fut surprise par ce phénomène. Les arbres en feu donnaient un aspect lugubre à l’avenue, comme si l’enfer venait de s’inviter en plein Paris. Frédéric empoigna alors Milla par le poignet. C’était le signal, bien sûr. Tous deux se métamorphosèrent et s’engouffrèrent dans les catacombes. Ils dévalèrent les marches quatre à quatre. Milla aperçut alors le corps sans tête de celui qui lui avait tiré dessus. Puis elle vit sa tête à plusieurs mètres de là, contre le mur qui avait stoppé son roulement.

S’ils avaient eu plus de temps, elle se serait volontiers arrêtée pour écraser cette face d’horreur. Mais le temps pressait.

Ils arrivèrent rapidement à la pièce où Frédéric avait eu sa crise. Ses souvenirs ne la trahissaient pas, c’était bel et bien une impasse ... à moins que Frédéric ne veuille qu’ils escaladent la cheminée qu’il avait créée.
Milla l’observa et semble-t-il que ce n’était pas ce qu’il voulait. Il prit à pleines mains le bord de la table en pierre. Il commença alors à lui inculquer des mouvements de levier.

« - Qu’est-ce que tu fais ? »

« - Sur ma Terre ... c’est la pièce ... où j’ai été transformé ... et il y a une autre galerie ... juste derrière ce mur » fit-il sans s’interrompre.

« - Sur ta Terre ? Qu’est-ce que tu veux dire par là ? »

« - Je répondrais à toutes tes questions, mais plus tard ... aide-moi ! »

Plus elle apprenait à le connaître, plus elle pensait se rapprocher de lui et plus le mystère qui l’entourait semblait s’épaissir, plus Milla avait le sentiment qu’un monde les séparait. Elle ne croyait pas si bien dire. Mais, encore une fois, l’urgence de la situation l’empêchait d’en savoir plus. Soudain, elle entendit quelque chose. C’était les policiers qui commençaient à descendre les escaliers. La clarté avec laquelle elle les entendait la surprit quelque peu. Il n’avait pas menti ; ses sens étaient dorénavant bien plus aiguisés.
Cela la sortit de ses réflexions. Elle rejoignit Frédéric et l’aida à désolidariser la table de son pied. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, ils parvinrent à détacher la table de pierre. Suivant Frédéric, ils commencèrent à frapper le mur du fond avec la table tel un bélier.
Dès le premier coup, elle comprit que Frédéric avait raison. Le choc de la pierre contre la pierre sonnait particulièrement creux. Il y avait bien quelque chose de creux derrière.
Ils redoublèrent d’efforts et en furent bientôt récompensés. Une ouverture déchirait le mur de pierre ... mais elle n’était pas encore assez large pour leur permettre de passer. Encore deux ou trois coups et ce serait bon.

D’ordinaire, un tel vacarme aurait permis aux forces de police de les localiser. Mais dans ces galeries souterraines, le son rebondissait de paroi en paroi, créant de-ci de-là un écho. Les forces de l’ordre étaient complètement désorientées par ce boucan provenant de partout. Où étaient passés ces deux monstres ?

Finalement, le trou creusé dans la paroi fut assez large pour leur permettre de passer. De l’autre côté, Milla contempla l’état de cette section des catacombes. Le sol était poussiéreux au possible. Des toiles, non, des voiles d’araignées tapissaient les murs, voire obstruait les couloirs en se dressant en travers. Manifestement cette section des catacombes n’avait jamais été découverte ... alors comment Frédéric en connaissait-il l’existence ? Celui-ci s’avança alors d’un pas et créa un court jet de flammes juste pour dégager les voiles tissés par les arachnides. Non seulement son venin parvenait à infecter une deuxième fois un lycanthrope mais il était également capable d’une quelconque forme de pyrokinésie. Mais qui était-il à la fin ? Lorsqu’il s’élança dans les galeries, Milla ne réfléchit pas un seul instant, elle le suivit. Jamais découvertes, ces galeries semblaient néanmoins ne réserver aucun secret à Frédéric qui semblait pouvoir s’y orienter les yeux fermés.

Après quelques minutes d’une cavalcade, Frédéric ralentit le pas, il semblait chercher quelque chose. Il finit par trouver une échelle particulièrement vétuste aux barreaux de fer rouillés dans un petit retranchement de la galerie. Créant une petite flamme dans sa main, il illumina l’échelle jusqu’à son sommet, obstrué par une lourde plaque d’acier. Frédéric semblait contrarié.

« - Qu’est-ce qu’il y a ? » lui demanda Milla.

« - Juste un détail j’espère ».

Sur sa Terre, il n’y avait pas eu de plaque d’acier obstruant la sortie lorsqu’il avait suivi Thibault et sa meute. Il espérait qu’elle ne lui opposerait pas trop de résistance. Il monta les barreaux de l’échelle qui grincèrent tous presque sans exception. Arrivé en haut, il prit appui sur un barreau de ses deux pieds et poussa de ses mains. La plaque était solidement scellée. Il força de plus en plus si bien que ce fut le barreau sur lequel il était qui céda le premier. Réactif, il se rattrapa à un barreau plus bas, lui évitant ainsi une chute inutile.
Il remonta au sommet et choisit une autre approche. S’appuyant le dos contre la roche et les pieds sur la paroi d’en face, il ne prit plus appui sur l’échelle. Décuplant toute sa puissance musculaire, il frappa la trappe à coups redoublés jusqu’à ce qu’elle finisse enfin par céder. La faisant littéralement sortir de ses gonds, la plaque retomba dans un vacarme pas possible. Frédéric finit son ascension pour se retrouver dans ce qui semblait être la cave d’un petit bâtiment. Milla le rejoignit rapidement.

« - On est où là ? »

« - Dans une petite remise municipale en plein cœur du parc Montsouris » répondit Frédéric.

Ils montèrent alors à l’étage et fracassèrent la porte de la remise pour sortir et se retrouver effectivement en plein milieu d’un parc touffu et verdoyant baigné par les premières lumières du jour. Jetant un coup d’œil à Milla, il vit qu’elle avait un sein quasiment à l’air. Il se regarda alors et vit qu’il n’était pas beaucoup mieux loti. Les flammes dont il s’était entouré dans les catacombes avaient consumés la majeure partie du tissu des vêtements le recouvrant. Ils n’allaient pas pouvoir se balader presque à poil en plein centre de Paris à cette heure où tout le monde prenait la route pour aller au travail. Il retourna à l’intérieur de la remise et trouva plusieurs poncho imperméables de travail. Faute d’être très classe, ils seraient au moins couverts.

« - Dis-moi que tu as une planque aussi à Paris ».

« - Vu ce qu’on porte, heureusement que oui. Mais ce n’est pas la porte à côté ».

La planque de Milla se trouvait à Aulnay-sous-Bois. Pour s’y rendre, ils durent emprunter le RER B qui par chance passait en plein milieu du Parc Montsouris et y avait même un arrêt. N’ayant rien pour payer le ticket, ils grimpèrent discrètement sur le toit d’un des wagons pour un voyage pour le moins décoiffant. Ils n’échangèrent pas un mot jusqu’à la planque. Mais planque était un bien grand mot. Il s’agissait plus d’un petit appartement au sein d’une barre HLM.

A peine à l’intérieur, Milla ôta immédiatement le poncho et partit dans une chambre. Elle revint quelques secondes plus tard avec une poignée de vêtements d’homme. Puis elle repartit dans la chambre pour se changer elle-même. La suivant du regard, il vit alors un miroir positionné dans la chambre et qui y donnait une parfaite vue. Alors que Milla commençait à enlever son haut, elle se rappela la présence de ce miroir. Elle y jeta un coup d’œil en coin et vit que Frédéric la regardait. Quelque peu confus de s’être ainsi laissé à la mâter, il baissa les yeux. Alors qu’il s’apprêtait à entendre la porte de la chambre claquer, il n’en fut rien. Il releva les yeux et vit Milla sourire. Elle s’amusait de la situation et continua à se déshabiller en lui offrant un petit striptease, mettant bien en avant ses formes généreuses. Quand elle eut fini, elle sortit de la chambre dans le plus simple appareil. Elle vint jusqu’à Frédéric et le tira par le peu de vêtements qu’il avait encore sur lui. Elle le traîna jusque dans la chambre.

Une heure plus tard, la chambre ressemblait à un champ de bataille. Il y avait des vêtements aux quatre coins de la pièce et la lampe de chevet trainait par terre. Quant à Frédéric et Milla, ils étaient allongés sur le dos, côte à côte sur un lit en piteux état, le corps couvert de griffures superficielles en train de se résorber et le regard dans le vide rivé au plafond, profitant de l’instant.

« - Qui es-tu ? » lui demanda soudainement Milla.

Frédéric réfléchit un instant. Il était effectivement temps qu’il la mette au courant ... mais par quel bout commencer ? Finalement, il choisit de commencer par le début.

« - Je m’appelle Frédéric Vaubois. Il y a relativement peu de temps, j’étais encore un simple pompier de Paris ... avant que des démons ne me fassent endurer un obscur rituel. Fort heureusement, Thibault et sa meute sont intervenus et m’ont tiré de leurs griffes. Néanmoins, il était trop tard. En cette nuit fatidique au cœur des catacombes, ma vie a été irrémédiablement changée. Bien plus que je ne l’aurais cru dans les premières semaines qui suivirent. J’ai découvert que la Terre, la planète où je vivais n’était pas unique. Il y en avait une multitude. C’est ce que nous a fait découvrir une race alien d’une autre dimension. Ces aliens, les deinones, nous ont donné accès à une multitude d’univers parallèle avec autant de "Terres" » commença Frédéric.

« - Des univers parallèles ? »

« - Oui, je ne viens pas de cette Terre, mais d’une autre Terre, une jumelle à la tienne. Pour ce que j’en ai vu, peu de choses les différencie. Mais sur d’autres les différences sont plus flagrantes. J’ai visité une Terre où Hitler avait gagné la Seconde Guerre Mondiale. Une autre où l’Empire Romain avait étendu ses frontières bien au-delà de tout ce que l’on connait. Une autre encore où les humains étaient sous le joug des machines. Il y a autant de Terres parallèles que de scénario possible ».

« - C’est ... stupéfiant ! Mais tu as dis "nous" ».

« - Oui, les deinones ont amené deux autres personnes aux destins similaires au mien. Un vampire et un homme habité par un démon. Par la suite nous avons rencontré plusieurs autres personnes. Certains sont devenus de farouches ennemis, d’autres de loyaux alliés. Malheureusement, nous suivre c’est courir vers une mort certaine ... peu d’entre eux sont encore vivant pour témoigner des merveilles et des dangers que nous avons rencontrés ».

« - Parle-moi de ceux qui ont survécu. Qui sont-ils ? Comment sont-ils ? Qui est Jeremiah ? »

« - Jeremiah ? Ah ! Peut-être mon plus fidèle compagnon, j’aime à penser que nous sommes amis. A la base c’était un humain, comme moi, mais en un autre temps, un autre lieu, il a subi un rituel pareil au mien. Mais lui ce sont des vampires qui lui sont venus en aide et qui ont perturbé le rituel. Il peut paraître froid et distant au premier abord mais c’est un homme au grand cœur et un vaillant combattant ».

Frédéric poursuivit en parlant de Miles, le premier à déconner, un peu grande gueule sur les bords mais quelqu’un sur qui on peut compter. Il parla ensuite de Wade, un homme au sujet duquel il se posait encore de nombreuses questions mais qui avait dû subir d’éprouvantes épreuves pour devenir qui il était aujourd’hui. Il continua en parlant d’Isaac, le robot qui était bien plus qu’un simple amas de tôle, d’un autre Westwood, plus amical que celui qu’ils avaient rencontré dans les catacombes ... quoique des fois, il se pose la question. Sur ce, il se mit à rire. Il parla de Reese, de Cochran, de Stephen. Il prit à son sujet un air plus sombre, se remémorant qu’il était actuellement piégé à l’Unicorps en prise avec le Mastercorps. Il parla alors du Mastercorps. Qui ils étaient, ce qu’ils avaient fait sur la Terre 6354.
Milla lui demanda ce qu’il était advenu de cette Sandora. Frédéric se redressa alors et s’assit sur le bord du lit. Il lui dit qu’elle avait été sa compagne, comment il l’avait rencontrée et comment ils s’étaient quittés avant de partir en mission et qu’aujourd’hui il ne savait pas si elle avait pu fuir l’Unicorps. Il se releva alors, cherchant du regard quoi se mettre sur le dos.

« - Tu comptes partir à son secours ? »

« - Oui ! Elle et tous ceux qui sont restés là-bas ! »

« - Mais avant tout pour elle, non ? »

Frédéric marqua une pause.

« - Es-tu jalouse ? »

« - Ça dépendra de ta réponse ! » répliqua Milla en lui donnant un petit coup de pied sur une fesse.

« - Oui, j’y vais avant tout pour elle ... mais uniquement en tant que compagne d’aventure. Je me souviens parfaitement de ma relation avec elle et des sentiments que j’avais alors pour elle. Aujourd’hui, c’est de l’histoire ancienne, une autre a pris sa place dans mon cœur ».

Milla ne put s’empêcher de sourire. Elle se releva d’une traite et commença à s’habiller.

« - Tu fais quoi là ? »

« - Je m’habille, je ne compte pas t’accompagner à poil ! »

« - Tu veux venir avec moi ? » demanda Frédéric en se retournant vers elle.

Milla haussa les épaules comme si ce qu’il venait de demander était incongru.

« - Évidemment ! »

« - Non ! » fit sèchement Frédéric.

Le silence se fit un instant. Puis Milla contourna le lit et vint se poster face à lui. Elle lui asséna une puissante pichenette sur le nez.

« - Si tu crois me dicter ma conduite, c’est que tu ne me connais pas encore assez bien ! »

« - Tu as entendu quand j’ai dit que tous ceux qui nous accompagnent finissent par mourir ? »

« - Oui, j’ai entendu. Et j’ai aussi entendu que d’autres sont toujours à vos côtés. Je ne suis pas moins capable qu’une autre ... et surtout pas moins qu’une espèce de femme-thon ! »

Frédéric soupira.

« - Très bien ! » finit-il par dire.

« - YES ! » fit Milla en bondissant sur place.

Tous deux s’habillèrent et sortirent de la chambre. Alors que Frédéric se demandait comment il allait bien pouvoir partir de cette Terre, une lumière vive apparut soudainement au milieu du salon qui les aveugla un court instant. Puis la lumière baissa et une silhouette apparut. C’était celle de Michelle, l’assistante de N’Douarti, le sorcier vaudou.

« - Michelle ? Qu’est-ce que tu fous dans mon salon » fit Milla, surprise.

Mais Michelle ne répondit pas. Avait-elle conscience d’être ici au moins ? Elle n’était rien de plus qu’une sorte d’hologramme magique, une projection éthérée. Apparut soudain sur ses épaules le boa qu’elle avait l’habitude de porter. Ce boa devint bien plus lumineux que le reste de la projection. Alors que la silhouette de Michelle était transparente, celle du boa devint de plus en plus opaque au point qu’il semblait avoir pris consistance.

« - Vos souvenirs recouvrés, êtes-vous prêt à reprendre votre périple ? » dit alors le serpent albinos.

Frédéric se demanda qui était ce boa. Manifestement c’était lui qui lui avait indiqué les catacombes pour retrouver ses souvenirs et non pas Michelle. Celle-ci semblait absente depuis leur première rencontre et pour cause, elle devait être possédée par ce serpent ... ou du moins l’entité qui se cachait derrière cet anecdotique serpent.
Frédéric lui tourna autour et se rendit jusqu’à une fenêtre.

« - Oui, je suis prêt ! Retrouvez-moi sur le toit de ce bâtiment ! » fit soudain Frédéric en pointant du doigt une autre barre HLM à quelques centaines de mètres de là.

Le serpent fit claquer sa langue une fois avant de disparaître. Au même moment, une lumière apparut sur le toit de l’immeuble pointé.

« - Pourquoi là-bas ? » fit Milla.

« - Je t’aime Milla, mais je ne peux pas te laisser me suivre là où je vais ».

L’instant d’après il bondissait à travers la vitre de la fenêtre.

« - FRÉDÉRIC ! » s’écria Milla, craignant pour lui.

Mais la seconde d’après, elle le vit s’envoler en flammes et en trombe vers la barre HLM.

« - ENFOIRÉ ! » jura Milla avant de quitter son appart en vitesse.

Sur le toit du bâtiment, Frédéric retrouva la projection éthérée.

« - Où désirez-vous vous rendre ? » demanda le boa.

« - Sur la Terre 6354 ».

Le boa marqua une pause.

« - Ne voulez-vous pas plutôt vous rendre sur la planète dont vous avez appris l’existence récemment ? »

Ce fut au tour de Frédéric de marquer une pause. C’était donc pour ça que cette entité s’était manifestée à lui ? Pour la Grande Bibliothèque ? Si c’était bien le cas, elle allait être déçue, sa décision était prise.

« - Terre 6354 ! » confirma-t-il.

« - A votre aise ! » fit le boa en ouvrant un vortex lumineux.

Le vortex était telle une fenêtre donnant sur un autre monde, un monde sombre et dévasté au ciel parcouru d’éclairs rouges. C’était bien la Terre 6354. Ce genre de fenêtre dimensionnelle avait failli lui manquer, se dit-il.

« - Merci ! » fit Frédéric avant de franchir le vortex.

A peine eut-il posé le pied sur la Terre de l’Unicorps qu’il sentit l’atmosphère oppressante de cette dimension s’abattre sur ses épaules. L’air était lourd, électrique. Rien ne semblait avoir changé depuis son départ ... à part peut-être le silence sépulcral qui y régnait, déchiré de temps à autre par le tonnerre. Alors qu’il se demandait s’il n’arrivait pas trop tard, que tous les combats avaient cessé, il entendit soudainement une explosion à plusieurs kilomètres de là. Non ! Il n’était pas encore trop tard, certains affrontaient encore le Mastercorps. Encore une fois, il allait s’élancer, foncer droit vers le danger ... mais cette fois ce serait différent. Il comptait bien utiliser toutes les ressources à sa disposition.

..oO( Réveille-toi, saloperie !)

..oO( Enfin tu m’appelles. Je t’attendais. Laisse-moi te guider sur la voie de la guerre. Je brûle ; mon temps est venu. Laisse-moi sortir !)

..oO( A mes conditions ! Je reste le maître !)

..oO( Je hais le doute ! Je hais l’échec ! Je suis ton second souffle qui fait rendre le dernier à tes ennemis. Rien ne pourra nous arrêter ! Je suis ta force, je suis ton jugement dernier !)

Tandis que le corps de Frédéric se couvrait progressivement d’une armure noire aux interstices rougeoyantes, quelque chose surgit du vortex lumineux juste avant qu’il ne se referme. Frédéric se retourna alors, surpris, alors que le blanc de ses yeux devenait noir et que ses iris n’étaient plus que deux minuscules cercles de flammes.

« - Milla ? » fit-il.
_____________

A suivre dans le chapitre 363 - Bagage !
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