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 Chapitre 365 - De fer et d'acier

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Jezekiel
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23092017
MessageChapitre 365 - De fer et d'acier

« - Peu importe leur destin »

Terre 204378 - États-Unis - Chicago - Fonderies du Nord

Les Fonderies du nord de Chicago étaient un complexe industriel d’envergure où toutes les activités liées à la fonderie avait été regroupées, cela comprenait la fonderie des métaux ferreux et non ferreux ainsi que des alliages légers. Le jour, les fonderies rejetaient une épaisse colonne de fumée noire et la nuit, elle offrait un spectacle des plus sinistres, faisant presque penser à la bouche des enfers. Quel que soit le poste que les ouvriers occupaient, ils sortaient de leurs huit heures de labeur exténués, couverts de sueur et de crasse.

Reconnu travail à pénibilité élevée, la main d’œuvre fut progressivement supplantée par des automates et autres drones aux postes les plus dangereux. Les Fonderies du Nord s’automatisèrent presque entièrement. Ne restait sur les lieux qu’une petite poignée d’ouvriers afin de superviser le travail des automates ou pour effectuer certaines tâches que les robots n’étaient pas capable de faire.

Puis survint l’avènement des augmentations. Il s’agissait d’une avancée majeur dans la recherche qui allait révolutionner durablement le quotidien de tous. Tandis que la recherche sur les cellules souches aboutissait à une impasse, celle des prothèses artificielles donna des résultats meilleurs que prévus. D’abord destinée à un but purement médical afin de pallier à la perte d’un membre, cette technologie fut rapidement détournée à des buts militaires pour optimiser les compétences des soldats. Un mal pour un bien, cette orientation militaire prodigua des fonds illimités permettant un développement d’une ampleur insoupçonnée. Les augmentations se multiplièrent, se diversifièrent et vinrent s’insinuer dans toutes les parties du corps imaginables, du remplacement d’une main à la compensation d’un organe un peu faible. Tous les milieux furent atteints par ce phénomène. Certains pompiers furent dotés de rétines synthétiques capable de leur procurer une vision thermique. Les hommes d’affaires se virent dotés d’implants cérébraux d’analyse à haute vitesse. Même certains sportifs se dotèrent d’augmentations pour courir plus vite, sauter plus loin, moins se fatiguer. Oscar Pistorius fut le premier d’entre eux ... et le seul à concourir contre des sportifs dits "bio". La rapide propagation de ces augmentations provoqua la création de jeux augmentés.
Rapidement, près de la moitié de la population mondiale fut dotée d’augmentations diverses et variées. Bien que tous ne voyaient pas ces prothèses d’un bon œil, elles furent acceptées et firent rapidement partie du quotidien de tout à chacun ... jusqu’à il y a un peu plus d’un an, avec l’événement.

L’événement entraîna un renouvellement certain de la société. Les augmentés furent déchus de leur piédestal et traités comme des parias. Les jeux augmentés cessèrent immédiatement. Tout augmenté à un poste avec un tant soit peu de responsabilités fut licencié. La plupart des augmentés furent rejetés par leurs familles et amis et finirent à la rue. Seule une poignée d’entre eux parvint à se reconvertir. C’était le cas de Rob Bennett. Ancien lutteur augmenté de basse catégorie, Rob Bennett était devenu cariste dans les Fonderies du Nord. Il faisait économiser à l’entreprise l’essence et l’entretien d’un chariot élévateur. Pour résumer, il était employé comme bête de somme moderne. Afin de devenir une star mondiale du catch, l’homme s’était fait remplacer les deux bras par deux prothèses monstrueusement sommaires qui tenaient plus d’un assemblage de vérins à la façon d’une pelle mécanique. Son nom de ring avait été l’Excavateur ... et maintenant il transportait des charges qu’aucun humain n’aurait pu porter et encore moins dans une fournaise pareille aux Fonderies.
Déjà quelque peu asocial lorsqu’il était lutteur, son côté ours avait été renforcé par ces rudes conditions de travail. Connu comme râleur invétéré, il travaillait seul et cela lui convenait.

Aujourd’hui était un jour comme un autre. Il avait pris son poste à minuit et le laisserait à 8h du matin, lorsque la relève arriverait. Cela faisait deux heures qu’il travaillait et il avait déjà rouspété et fulminé plus d’une fois. Alors qu’il arrivait au quai de déchargement pour prendre en charge une nouvelle palette, il vit que celle-ci avait été mal filmée.

« - Putain de sagouins de mes deux ! » cracha-t-il.

Il partit à l’atelier chercher du film afin de stabiliser la cargaison sur la palette. En effet, une palette mal filmée exposait le cariste à voir la marchandise se désolidariser du reste et se faire la malle. Il valait mieux perdre quelques secondes à re-filmer une palette que plusieurs minutes à ramasser la marchandise et re-filmer de toute façon la palette.

« - Ah putain ! Y en a qui se font pas chier ! Heureusement que l’augmenté de service est là, hein ? »

Le film rapporté à l’atelier, Rob prit la palette en charge. Durant tout le trajet qui l’amenait à l’autre bout du complexe, il ne cessa de bougonner.

« - Ils veulent plus de nous dans leurs villes mais ils sont bien contents de nous trouver pour ces tâches de merde ! »

Arrivé au poste où la marchandise allait être utile, Rob la déposa quand soudain un puissant coup de tonnerre retentit haut dans le ciel. Rob sursauta.

« - Bordel ! C’était quoi encore ça ? »

L’instant d’après, une gigantesque boule de feu verte traversa la verrière du toit de l’usine et frappa le sol avec une violence telle qu’elle provoqua une explosion localisée. Pris dans l’explosion, Rob n’eut pas le temps de se demander ce que c’était qu’il fut emporté par le souffle.

Près de trois minutes plus tard, alors qu’un incendie s’était déclaré au sein de l’usine, une silhouette se redressa au beau milieu du cratère provoqué par la chute de la boule de feu. C’était une silhouette tout en finesse, comparable au corps d’une jeune femme. Mais ce qui en sortit était tout autre. Bien que se mouvant comme un humain son corps n’était pas de chair et de sang mais de fer et d’acier. Enfin marcher était un bien grand mot, il titubait plus qu’il ne marchait. S’extrayant de la fournaise avec peine, l’être artificiel s’avéra être Isaac, le drone explorateur accompagnant il y a encore peu un groupe d’humains hors normes. N’ayant pas encore totalement récupéré de l’explosion de Janus 24 δ, la chute qu’il venait de subir avait encore un peu plus détérioré ses systèmes. De nombreuses étincelles jaillissaient de ses circuits exposés. Observant son corps, Isaac ne semblait pas comprendre comment il avait pu être réduit à cet état.

# Lancement diagnostic interne #

# Multiples défaillances système répertoriées #

# Verrouillage entité inopérant #

# Camouflage optique inopérant #

# Gyroscope interne défaillant #

# Système de saut dimensionnel inopérant #

# Process Tesla inopérant #

# Holographie défaillante #

# Intégrité structurelle compromise #

Le diagnostic continua ainsi de répertorier de nombreuses défaillances et failles critiques de ses systèmes. Isaac était en l’état actuel incapable de se dissimuler, de se défendre ou même d’attaquer. Il était purement et simplement impuissant.

« - Nous voilà dans un bien triste état, mon cher » dit alors une voix.

Isaac chercha à déterminer l’origine de cette voix mais où qu’il porta le regard, il ne voyait personne aux alentours. S’aidant de ses seuls scanners optiques, le seul être vivant qu’il repéra était un individu de taille moyenne, de sexe masculin, avachi dans une sombre ruelle ... à plus de cent mètres de là où il se trouvait. Ses capteurs audio étaient-ils défaillants pour lui avoir fait croire que son interlocuteur était juste à côté de lui ? Sortant de l’enceinte effondrée de l’usine, Isaac se dirigea droit vers l’homme. Arrivé dans la ruelle en claudiquant, il se rendit compte que l’homme était un sans-abri, terrifié par l’explosion et encore plus de voir une silhouette sortir de cet enfer et se diriger vers lui.

« - Bonjour Monsieur, m’avez-vous adressé la parole à l’instant ? » fit Isaac.

Mais la tête sans visage d’Isaac, démuni d’un quelconque hologramme, sembla encore plus terrifier le sans-abri. Celui-ci finit par crier et décamper le plus vite qu’il le put.

« - FICHE-MOI LA PAIX LE CÂBLÉ !!! » hurla-t-il.

# Nanites en action #

Enfin une bonne nouvelle. Ses nanites avaient mis du temps à réagir mais maintenant ses défaillances allaient se résorber progressivement. Même s’il s’était affranchi de ses directives prioritaires, certains de ses sous-systèmes y étaient toujours soumis. Ainsi ses nanites mettaient tout en œuvre pour sauvegarder son existence. Elles commencèrent ainsi par résorber les brèches dans son intégrité structurelle. Déjà la coque déchirée commençait à reprendre sa forme d’origine. Il le savait, les prochaines réparations concerneraient son système de verrouillage, le même système qui lui avait permis de résister aux tentatives d’intrusion des Genetechs dans la dimension 45026 ou d’Haakon Zolotarev sur la Terre 3.

Outre les flammes de l’incendie, l’obscurité de la nuit fut soudainement déchirée par des multitudes de gyrophares. Les services de secours étaient en approche. Il ne devait pas être retrouvé sur les lieux. Hormis dans des situations extraordinaires, sa présence ne devait en aucun être découverte. Il commença alors à s’enfoncer plus avant dans les ténèbres occultantes de la ruelle. L’entreprise fut hasardeuse du fait de la défaillance du gyroscope interne, l’équivalent de l’oreille interne. Plusieurs fois, il perdit l’équilibre pour se rattraper in extremis. Plusieurs fois ses épaules frottèrent contre les murs de briques de la ruelle. Au bout de quelques secondes, il sentit l’effet de ses nanites, ses jambes devenaient de plus en plus sûres. Néanmoins, cela n’allait pas être suffisant. Il reconnut à plusieurs blocs de là la voix du sans-abri crier à nouveau. Isaac s’immobilisa pour mieux entendre et géolocaliser la source de sa voix.

« - HEY ! PAR ICI ! PAR ICI ! J’AI VU LE RESPONSABLE DE L’EXPLOSION ! C’EST UN CÂBLÉ !! IL S’EST ENFUI PAR LA ! »

Isaac ne savait pas ce qu’était un câblé mais il savait que c’était de lui dont il parlait. D’ordinaire, la probabilité qu’un agent des forces de police croit les dires d’un sans-abri étaient minimes. Mais en cas d’incident d’une telle ampleur, assimilable à un attentat, les dits agents suivaient n’importe quelle piste. Il était indéniable qu’ils allaient se lancer à sa poursuite dans les secondes à venir. Les processeurs encore en état de marche d’Isaac se mirent à calculer tous les scénarios possibles à partir de cette situation. Tous se conclurent par un échec dans sa tentative de fuite. Néanmoins, la fuite n’était pas son principal objectif. C’était du temps qu’il lui fallait, le temps qu’il faudrait à ses nanites afin de restaurer son système de verrouillage. Une seule simulation lui donnait le temps nécessaire, à la seconde près.

Immédiatement, Isaac s’élança et mit en œuvre cette simulation à la picoseconde près. Déjà il entendait les agents s’engouffrer d’un pas rapide dans les ruelles à sa recherche. Leurs lampes-torches quadrillaient chaque recoin. Arrivé dans la ruelle la plus à l’écart des recherches actuelles, Isaac enfonça la porte d’un bâtiment qui, selon toutes probabilités allait être découverte avant la seconde porte qu’il enfonçait maintenant. Les probabilités déterminaient que les force de police s’engouffreraient dans le premier bâtiment à sa recherche, perdant de précieuses secondes avant que les troupes suivantes ne remarquent la seconde porte par laquelle il passait dorénavant. Mappant le bâtiment au fur et à mesure qu’il s’y introduisait, il parvint à trouver la logique de l’architecture et les divers escaliers menant aux étages supérieurs comme s’il était déjà venu.

Ses jambes parfaitement rétablies, les brèches de sa coque externe complètement résorbées, cessant de produire des gerbes d’électricité, ses nanites entamaient leur travail de restauration du système de verrouillage. Isaac grimpa les escaliers d’un pas agile, mais toujours sur le fil du rasoir, jusqu’à parvenir à l’étage idéal, celui à mi-chemin entre le rez-de-chaussée et le toit. Il repéra une minuscule pièce servant de réserve. Il s’y calfeutra et s’assit par terre, les genoux repliés sur la poitrine et les bras autour des genoux. Il cessa dès lors de faire tout bruit et tout mouvement, économisant au maximum son énergie pour la re-router vers ses nanites. Tandis que son système de verrouillage était en train d’être rétabli, il analysa sa situation et son comportement. Il fit l’étrange parallèle avec celui d’un jeune garçon humain se cachant du croque-mitaine dans un placard, de peur qu’il ne le trouve et ne l’emmène.
Il entendit alors les forces de police pénétrer dans le bâtiment. Elles n’allaient pas tarder à arriver à son étage.
C’étaient pourtant ses directives prioritaires qui avaient conditionné ses actions. Mais celle qui l’avait conduit dans ce placard ne ressemblait-elle pas à l’instinct de survie des êtres organiques ?

« - Tu te trompes, mon cher, c’est de la peur ! TU as peur ! »

Encore cette voix. Alors que la porte de son placard s’ouvrait avec fracas et qu’un faisceau lumineux l’éclairait, ce fut la dernière chose qu’Isaac entendit avant que son système de verrouillage ne redevienne opérant et qu’il ne s’active dans l’instant, le plongeant dans un sommeil sans rêve.
_____________

A suivre dans le chapitre 366 : La Casse !
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Chapitre 365 - De fer et d'acier :: Commentaires

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Re: Chapitre 365 - De fer et d'acier
Message le Dim 24 Sep - 22:01 par Shion
Je ne m'attendais pas à avoir un sous-arc consacré à Isaac, mais j'avoue être très agréablement surpris Smile

Je me demande si la voix qu'il entend ne serait pas une sorte de subconscient qu'il développe.
 

Chapitre 365 - De fer et d'acier

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