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 Chapitre 367 - La Casse

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Jezekiel
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08102017
MessageChapitre 367 - La Casse

Terre 204378 - États-Unis - Chicago - 22 heures plus tôt

Les techniciens de la police scientifique l’ayant déclaré mort, le corps du suspect fut amené à La Casse. A la suite de l’événement, durant lequel de nombreux êtres humains périrent, les tensions entre les humains et les augmentés furent telles que les émeutes, les agressions et les lynchages furent presque quotidiens dans les rues de Chicago et de toutes les villes du monde. A tel point que les morgues furent vite débordées. Ne pouvant permettre aux dépouilles des augmentés de résider au même endroit que celles des humains "bios", un nouveau bâtiment, ou plutôt structure fut créée pour accueillir les corps des augmentés. Il s’agissait d’un ancien abattoir reconverti en morgue sommaire. Rapidement, le lieu fut surnommé la casse.
Durant plus d’un semestre, le turn over à la casse fut très important. Peu de légistes avaient la vocation de s’abaisser à disséquer des augmentés. A chaque nouveau mois, un nouveau légiste prenait poste à la casse, jusqu’à l’arrivée d’un certain Bill Gartensen.
L’homme était totalement insensible aux qu’en dira-t-on ou même au fait de disséquer des augmentés avec des outils relevant plus de la mécanique que de la chirurgie. A vrai dire, il semblait être né pour ce métier. Le poste lui collait tellement à la peau que peu à peu ce fut lui qui fut surnommé La Casse.

Son travail était simple : désosser les augmentés, les débarrasser de toutes leurs augmentations et en faire l’autopsie lorsque celle-ci avait posé des problèmes aux légistes de la police scientifique. Une fois la chair séparée du métal, La Casse envoyait les restes organiques à un funérarium. Quant aux restes synthétiques, il les "entreposait" derrière son bâtiment de fonction, sur un terrain vague relevant plus de la décharge à ciel ouvert. Il était censé faire régulièrement appel aux services de la ville pour qu’ils viennent le débarrasser et faire recycler ces prothèses, mais Bill se lassa rapidement de cette formalité ennuyante. Et puis, il y avait les fouilleurs pour ça. Les fouilleurs étaient des individus de diverses origines et aux motivations tout aussi variées. Ils venaient pour récupérer de la matière première, des prothèses ou des pièces de rechange. Bill Gartensen n’en avait cure. Tout ce qui comptait à ses yeux c’était que les fouilleurs le débarrassaient régulièrement et maintenaient un niveau acceptable de la décharge.

Lorsque les techniciens du labo lui amenèrent le cadavre du supposé terroriste, les yeux de Gartensen semblèrent s’illuminer. Jamais il n’avait vu un augmenté de ce niveau. Il allait pouvoir s’en donner à cœur joie en le désossant.

Une fois seul, il mit en attente toutes ses autres "autopsies" en cours. Le nouveau venu était particulièrement prometteur. Certes, il avait un très haut niveau d’augmentation mais ce n’était pas tout. Sa position était également peu ordinaire. D’habitude, ses sujets étaient tous allongés sur le dos, parfaitement rectilignes. Mais celui-là ? Il était en position fœtale et cela allait rendre le travail que plus intéressant encore. Il amena à lui sa petite table sur roulettes où étaient disposés ses instruments de travail. Observant le corps sous tous les angles, il chercha les habituels points faibles des augmentés : les articulations. A ces endroits la coque protectrice était fragmentée pour permettre de meilleurs mouvements. C’était là que l’on voyait les tendons artificiels. Mais chez ce spécimen, impossible d’accéder aux articulations ; elles étaient protégées par un système de blindage. Observant ces plaques de blindage, Gartensen choisit de commencer par la plaque enveloppant le coude afin de détacher les avant-bras et lui permettre de commencer à déployer le reste du corps.

Désirant prendre tout son temps, Gartensen opta pour le scalpel. Avec sa force musculaire, il était rare qu’une prothèse résiste à son scalpel. Il tenta alors d’entailler la plaque mais la résistance de cette dernière lui donna du fil à retordre si bien qu’il força de toutes ses forces sur la lame du scalpel jusqu’à ce qu’elle casse.
Gartensen fut surpris. Jamais il n’avait brisé un scalpel ainsi. Qu’à cela ne tienne, il ne comptait pas s’avouer vaincu ainsi. Il prit un nouveau scalpel et tenta d’entailler la plaque protégeant le poignet, à priori moins épaisse. Mais une fois encore, la lame se brisa sans entamer la surface de la plaque. Gartensen commença à froncer des sourcils. Il opta alors pour le costotome. [1] Le costotome n’était en fait rien de plus qu’un sécateur, utilisé pour couper les côtes et ouvrir le thorax. Mais bien évidemment, parler de sécateur n’était pas vraiment politiquement correct quand il s’agissait de découper le corps humain. Le costotome bien en main, il glissa les cisailles autour du bord d’une plaque et referma les lames dessus. Il força encore et encore, au point d’en devenir écarlate mais rien à faire. La plaque ne cédait pas. Non seulement elle ne présentait aucune marque mais les lames du costotome étaient dorénavant faussées et ne couperaient plus grand chose.
Peu importait ! Cet augmenté était le premier à lui donner autant de fil à retordre et ce n’était pas sans lui déplaire. Il sortit un bref instant de la pièce pour revenir avec une pince costotome [2], le modèle au-dessus, ressemblant à s’y méprendre à une grande pince pour couper les petites branches d’arbre. Montant sur la table d’autopsie, Gartensen plaça la cisaille de la pince sur la plaque qu’il tentait d’entamer depuis plusieurs minutes maintenant. Mais encore une fois, l’instrument défaillit face à la robustesse de la plaque.
Il enchaîna les instruments durant de longues heures. Après la pince costotome, il en vint au burin et à la masse, puis à la scie d’autopsie [3]. Mais après plusieurs lames brisées, il en vint à la scie sauteuse industrielle. Outil après outil, Bill Gartensen subissait échec sur échec. Ce qu’il ne savait pas c’était que seul un laser de haute puissance pouvait percer le verrouillage d’Isaac. Fort heureusement, cette Terre ne mettait pas à disposition un tel outillage au premier venu.

Plus de vingt heures plus tard, Bill Gartensen n’avait plus d’idée. Il avait tenté tout ce qui lui passait par la tête ... même le fusil à pompe qu’il gardait au cas où un fouilleur tentait de s’aventurer chez lui. Mais rien ne semblait pouvoir l’entamer si bien qu’il finit par le balancer dans la décharge de rage, ne pouvant plus le voir ainsi sur sa table comme semblant le narguer.

Cela faisait donc plus d’une heure qu’Isaac avait été jeté dans la décharge. Le drone revint à lui à peine quelques secondes après avoir lancé la reconstitution mémorielle. Alors qu’il scannait les environs, son détecteur de mouvement indiqua l’arrivée d’un nouvel individu. D’après ses paramètres physiques, il s’agissait de Bill Gartensen. Son fusil à pompe dans la main droite, La Casse tira un coup de semonce en l’air pour éloigner les fouilleurs.

« - DÉGAGEZ DE LA !! » hurla-t-il.

Isaac se retourna alors pour faire face au tortionnaire qui l’avait travaillé au corps durant de longues heures. Lorsque La Casse le vit debout, il connut un temps mort.

« - Tu n’es pas mort ? » fit-il.

A ces mots, il lâcha le bidon d’acide nitrique qu’il était parti chercher. En effet, il n’avait pas encore abandonné l’idée de désosser Isaac. Le bidon n’avait pas encore touché le sol que La Casse orienta son fusil à pompe droit vers Isaac.

# Directive prioritaire n°3 #

# Calcul de la trajectoire des projectiles #

# Danger - Haut degré de dispersion - Directive prioritaire n°2 #

# Neutralisation de l’agresseur nécessaire - Conflit avec Directive prioritaire n°1 #

« - Au diable ces fichues directives, si tu le permets, mon cher ! »

A cet instant, Isaac sombra dans l’obscurité l’espace d’une poignée de secondes. Lorsqu’il revint à lui, il avait le bras tendu en direction de Bill Gartensen. Celui-ci était au sol, la poitrine fumante.

# Niveau d’énergie critique #

# Désactivation du Process Tesla #

# Désactivation Holographie #

Ses capteurs indiquèrent à Isaac que La Casse était mort suite à une puissante électrocution. Cette donnée croisée avec son niveau d’énergie soudainement extrêmement bas, Isaac en conclut qu’il avait produit un arc électrique pour tuer son agresseur. Il était déjà intervenu de la sorte mais la situation présente ne nécessitait pas une décharge mortelle alors pourquoi l’avait-il tué ?

« - IL NOUS A SAUVÉS ! » s’écria alors Mia.

« - C’EST BIEN LE FILS DE LA DÉESSE VENU POUR NOUS SAUVER ! »

Isaac se retourna vers Mia et ses compagnons d’infortune. Il avait par le passé enregistré des moments où de tels actes avaient mené à l’idolâtrie de certaines personnalités. Quoi qu’il en soit, il n’était pas fait pour cela. Il était censé n’être qu’un observateur dont on ne remarque pas la présence. Au lieu de cela, il apparaissait aux yeux de tout le monde et venait de changer le cours de l’histoire de plusieurs individus. Comment allait-il pouvoir échapper à cela ?

Mais il n’eut pas le temps de résoudre cette problématique que l’un des fouilleurs en souleva une nouvelle. Certains policiers avaient pris l’habitude de venir voir La Casse pour boire une petite bière et échanger des anecdotes sordides au sujet des augmentés. Lorsque ceux-ci ne le trouveront pas, ils enquêteront et ne tarderont pas à comprendre ce qu’il s’est passé grâce aux diverses vidéos disséminées un peu partout.
Ils n’avaient pas le temps de tenter de couvrir leurs traces. Des flics pouvaient arriver à tout moment. L’un des fouilleurs avança que l’urgence était de se cacher. Mais Mia n’était pas de cet avis. Où qu’ils se cachent à Chicago, les flics finiraient par les trouver. Et puis le Fils de la Déesse n’était pas destiné à se cacher mais à se révéler au plus grand nombre. Pour cela quoi de mieux que Isola ?

Isola était une ville bâtie dans le désert de Mojave, à l’Ouest des Rocheuses. C’était une ville nouveau né pour ainsi dire. Sa construction avait débuté peu après l’événement. Elle avait été conçue pour les augmentés par les augmentés. C’était un refuge pour quiconque avait les moyens de fuir sa médiocre vie. La ville avait poussé tel un champignon. Surgissant du sable, sa construction avait été particulièrement rapide. En moins d’un an, elle avait la taille d’une métropole respectable. C’était la ville dédiée à la Déesse Mécanique.

Mais le chemin pour y arriver était semé d’embuches, à commencer par l’énergie. En foudroyant La Casse, Isaac avait consommé le peu d’énergie qu’il lui restait. Observant ce qui l’entourait, il scannait les environs à la recherche de la moindre source d’électricité à laquelle il pourrait se recharger même qu’un peu. Tout autour de lui, les niveaux étaient faibles, sauf à un seul endroit : l’atelier de La Casse. Alors qu’il devait fuir, il allait d’abord devoir courir le risque de se faire repérer. Ainsi, il commença à grimper la pente formée par l’amoncellement de prothèses. Agissant méthodiquement, il parvint à grimper rapidement. Il dépassa le cadavre de La Casse. L’éclair qui l’avait tué l’avait littéralement transpercé de part en part. Il continua et arriva à l’atelier. L’endroit était bien éclairé et les murs couverts de carreaux de faïence blanche ... maculés de divers fluides organiques et d’huile. Au plafond diverses machineries y étaient fixés. Il y avait entre autres des bras élévateurs. Il n’avait pas le temps de faire dans la dentelle ; la première prise électrique ferait l’affaire. La première qu’il vit était à côté d’un établi, près du sol. Isaac arracha la façade et prit les fils dénudés à pleines mains.

C’est alors qu’il entendit du bruit. Certes il y avait le boucan que faisait Mia en escaladant à sa suite le monticule de prothèses mais il y avait également autre chose. C’était le son d’un moteur de voiture. D’après l’amplitude et les fréquences sonores, il s’agissait d’une berline puissante. Le moteur s’arrêta et les portes s’ouvrirent avant de claquer quelques secondes plus tard. Le nombre d’individus descendus du véhicule était de deux. Ils se dirigeaient droit vers l’atelier et échangeaient sur un sujet semble-t-il trivial. Le vocabulaire sémantique qu’ils utilisaient ne faisait aucun doute quant à leur identité. Il s’agissait de deux agents de police, sûrement deux parmi ceux qui venaient régulièrement rendre visite à La Casse. Bien que remontant, les niveaux d’énergie d’Isaac n’étaient pas encore suffisants pour se camoufler ou se défendre. Ses processeurs analysèrent les solutions tactiques qui lui étaient offertes. De nombreuses simulations étaient lancées mais toutes se concluaient par un échec systématique ... sauf une : le réseau informatique de l’atelier.
Le deux policiers arrivèrent alors à l’intérieur de l’atelier.

« - Hey ! La Casse ! Où t’es mon gars ? »

Ils avancèrent plus avant et finirent par trouver Isaac toujours en train de se recharger. Les deux policiers réagirent instinctivement en dégainant leurs armes et les pointant sur lui.

« - ARRÊTE TOUT DE SUITE CE QUE TU ES EN TRAIN DE FAIRE !!! » cria l’un des policiers.

Surgit alors Mia. La jeune femme s’interposa entre les flics et Isaac.

« - NE TIREZ PAS !! »

« - DÉGAGE DE LA LA FOUILLE MERDE ! »

Au stress dans la voix des policiers, Isaac savait que les probabilités pour que la situation dégénère étaient élevées. Connecté au réseau informatique de l’atelier, Isaac actionna alors en simultané plusieurs bras mécaniques. Le premier qu’il actionna vint se dresser devant Mia pour la protéger. Cette action provoqua un feu nourri de la part des policiers. Feu qui cessa rapidement lorsqu’ils furent assommés par les autres bras pilotés par Isaac.
_____________

[1] Note 1 : Visuel d'un costodome

_____________

[2] Note 2 : Visuel d'une Pince Costodome

_____________

[3] Note 3 : Visuel d'une scie d'autopsie

_____________

A suivre dans le chapitre 368 : Watchdog
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Chapitre 367 - La Casse :: Commentaires

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Re: Chapitre 367 - La Casse
Message le Jeu 12 Oct - 20:18 par Shion
Cette "autre conscience" est de plus en plus intrigante.

J'ai peut-être déjà fait la remarque il y a longtemps, mais les directives prioritaires d'Isaac ne seraient-elles pas les 3 lois de la robotiques d'Asimov ?
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Re: Chapitre 367 - La Casse
Message le Ven 13 Oct - 19:01 par Jezekiel
Il me semble effectivement que ce n'est pas la première fois que tu me poses la question. ^^
Oui, les directives prioritaires induites d'Isaac sont bien les trois lois de la robotiques d'Isaac Asimov dont il tire son nom.

Directive prioritaire n°1 : ne pas blesser un être vivant
Directive prioritaire n°2 : ne pas laisser blesser un être vivant
Directive prioritaire n°3 : se protéger

Avec la hiérarchie des directives par ordre décroissante d'importance.
C'est à dire qu'Isaac s'exposera au danger pour protéger un être vivant au détriment de son intégrité.
Re: Chapitre 367 - La Casse
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