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 Chapitre 371 - Les purs, part 1

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Jezekiel
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06112017
MessageChapitre 371 - Les purs, part 1

Terre 204378 - États-Unis - A l’Ouest de Lexington - 2 jours plus tôt

La boule de flammes vertes zébra le ciel en direction de l’Est et disparut de leur vue. Émile se concentra à nouveau sur le charnier.

« - Augmentés ? Purs ? De qui parlait ce pauvre diable ? » se demanda à voix haute Émile alors que le supplicié venait de rendre son dernier souffle.

Marc se redressa alors et observa les alentours. La fosse commune était relativement restreinte, pas plus de 5 mètres sur 5, néanmoins l’odeur ferrique du sang saturait l’air. Marc en conclut que le trou devait être profond. Ils étaient au beau milieu de nulle part, à l’abri des regards indiscrets, en plein désert. C’était l’endroit idéal pour une fosse commune clandestine. C’est alors que le son du tonnerre se fit à nouveau entendre au-dessus d’eux. Tous deux levèrent à nouveau les yeux au ciel.

« - Encore une boule de feu ? » fit Émile.

Mais au lieu d’une boule de feu, ce fut un éclair qui parcourut les nuages. Bien que sinistres, les nuages noirs au-dessus d’eux étaient des nuages d’orage. Le tonnerre retentit à nouveau et une averse débuta. Rapidement Émile et Marc furent trempés, mais ce n’était qu’accessoire. Qui que fussent ces augmentés et ces purs, ils ne devaient pas rester là. L’auteur, ou plutôt les auteurs de cette fosse pouvaient revenir à tout moment.

« - Nous devons partir ! » fit Marc.

« - Je suis bien d’accord ! Je ne pense pas que mon Bridge soit imperméable » répondit Émile.

Postridge n’en avait que faire de cette fosse commune. Sa venue sur ce monde n’avait qu’un seul but : traquer le vampire Hamilton, son double maléfique. Il ne comptait nullement s’impliquer dans les affaires de cette planète ... surtout si c’était pour finir dans un pareil charnier. Mais quelle direction prendre ? Laquelle les mènerait vers un abri et laquelle les éloignerait de la piste d’Hamilton ? En tant que vampire, Hamilton s’était sûrement mis en quête d’un abri pour se protéger des rayons du soleil qui se lèverait immanquablement le lendemain. La direction la plus évidente était donc la métropole qu’ils voyaient au loin par intermittence à la faveur des flashs de lumières des éclairs.

Lessivés par les intempéries, les deux hommes se mirent en marche en direction de la métropole. Heureusement pour eux, Marc était doté de facultés nyctalopes qui leur permettaient de s’orienter même en absence d’éclairs. Ils marchèrent ainsi durant plusieurs minutes à travers le désert. Soudain, Marc s’arrêta et fit signe à Émile de faire de même. Quelque chose n’allait pas mais il n’en était pas sûr. Sous une telle pluie, son flair était inefficace. Sa vue avait du mal à percer le rideau de pluie mais il semblait discerner d’imposantes formes non loin d’eux. Quant à son ouïe, elle était parasitée par le vacarme de la pluie et du tonnerre. Soudain la nuit fut déchirée par de puissants projecteurs. Marc et Émile furent éblouis et aveuglés par cette puissante lumière.

« - QU’AVONS NOUS LA ? » fit alors une puissante voix.

« - ENCORE DES FOUILLE MERDE ! » cria une autre voix.

Comment ça, encore ? Bien que paralysé, Émile avait-il bien entendu ? Parlaient-ils d’Hamilton ? La coïncidence était trop énorme. Émile tenta alors de se redresser et mit sa main devant son visage pour se protéger de la lumière.

« - NOUS SOMMES DES VOYAGEURS ÉGARÉS ET CHERCHONS L’UN DES NÔTRES ! » répondit alors Émile, saisissant l’occasion.

« - DES VOYAGEURS ÉGARÉS ? HA ! L’AUTRE AUSSI A PRÉTENDU CELA AVANT D’ATTAQUER PAUL ! N’EST-CE PAS PAUL ? »

« - O-OUAIS ! »

Même si le dénommé Paul avait répondu en criant, sa voix trahissait une certaine faiblesse. Cela, seul, Marc le décela.

« - UN VÉRITABLE MONSTRE VOTRE POTE ! CERTAINEMENT COMME VOUS ! »

C’est alors que le cliquetis de plusieurs armes se fit entendre. Émile et Marc étaient mis en joue. Leur vue s’adaptant à la brutale lumière, les deux hommes virent qu’ils étaient menacés par une dizaine d’hommes armés et munis de tenues paramilitaires sophistiquées. Ils étaient tous munis de casques à visière polarisante, leur évitant tout éblouissement ou toute perte de vision due à la pluie. Juchés sur de puissants véhicules tout-terrain, ils étaient clairement en position de force. Marc observa la dizaine d’hommes et parvint à identifier le dénommé Paul. Son langage corporel indiquait qu’il était en souffrance, sûrement de la fièvre. Marc distingua alors le pansement qu’il avait sur le côté droit du cou.

« - VOTRE AMI, PAUL, A-T-IL ÉTÉ MORDU ? » demanda alors Marc, en avançant d’un pas.

« - QU’EST-CE QUE CA PEUT TE FOUTRE ? » répliqua Paul, fébrile.

C’est alors que les autres mercenaires jetèrent un bref coup d’œil à Paul, confirmant les craintes de Marc.

« - CELA FAIT COMBIEN DE ... » mais Marc ne put finir sa phrase, coupé par l’un des mercenaires.

« - BON DIEU, FLINT ! C’EST UN AUGMENTÉ ! » cria-t-il en pointant une puissante lampe-torche sur le bras d’Émile sur lequel était fixé l’armature de sa foreuse solaire.

« - QUOI ? NON ! C’EST UN SIMPLE OUTIL ! » rétorqua Émile.

« - OUAIS ! C’EST CE QU’ILS DISENT TOUS ! » répliqua celui qui semblait être le leader du groupe.

Alors que la tension venait d’augmenter d’un coup, le dénommé Paul commença à gémir avant de s’écrouler et de tomber du tout-terrain, inerte.

« - PUTAIN ! C’EST L’AUGMENTÉ !! » cria le même mercenaire qui avait décelé l’armature d’Émile.

Rapide comme l’éclair, Marc se jeta sur Émile et le sortit de la ligne de mire des armes à feu qui pétaradèrent.

« - VOUS EN VOULEZ DU MONSTRE ? VOUS ALLEZ ÊTRE SERVIS ! » cria Marc en se relevant et se métamorphosant en lycanthrope.

Profitant de l’instant de stupeur que sa métamorphose avait suscité, Marc bondit sur le premier véhicule venu et se jeta sur l’un des mercenaires qu’il lacéra d’un puissant coup de griffes. Immédiatement après il pointa son fusil à pompe et tira à bout touchant sur le second mercenaire juché sur le toit du véhicule. Sans attendre, Marc descendit du véhicule et s’abrita derrière tandis que les autres lui tiraient dessus.

Voyant Marc agir de la sorte, Émile prit son courage à deux mains et détala comme un lapin. Ils avaient affaire à des humains, sa foreuse solaire ne serait d’aucune utilité contre eux et sans armes, il n’avait guère le choix que de fuir, courir comme un dératé en plein désert, espérant que l’obscurité de la nuit couvrirait sa fuite. Mais en le voyant détaler ainsi, certains mercenaires le prirent pour cible. Lorsqu’elles ne sifflaient pas à ses oreilles, les balles frappaient le sol juste derrière ses talons. Dans sa fuite désespérée, Émile avait l’impression que la mort pouvait le frapper à tout instant. Il ne se rendit pas compte que les balles avaient cessé de le prendre pour cible.

Derrière lui, Marc venait d’abattre les deux mercenaires qui lui tiraient dessus. En quelques secondes, la moitié du groupe de mercenaires venait d’être décimée. Si Marc avait bien compté, il n’en restait plus que cinq. Ces cinq là mitraillaient le véhicule derrière lequel il s’était réfugié. A plat ventre, Marc se roula sous le véhicule. Il vit alors l’un des mercenaires décédés être pris de tressaillements. Le temps sembla alors s’arrêter aux yeux de Marc. Le mercenaire mort était le dénommé Paul. Les tressaillements cessèrent rapidement jusqu’à ce que Paul ne rouvre les yeux. Il se redressa alors d’un geste brutal et arracha le masque qui semblait le gêner. N’ayant pas vu Marc, il se leva et se jeta immédiatement sur l’un de ses collègues. Il l’immobilisa et le mordit en pleine jugulaire. Paul avait été vampirisé par Hamilton. Sa première victime eut tout juste le temps de pousser un effroyable cri de douleur qu’elle était déjà morte. Les quatre autres mercenaires cessèrent alors de mitrailler le véhicule sous lequel était Marc pour se retourner vers celui qui avait crié. Ils eurent tout juste le temps de voir Paul se jeter sur un autre d’entre eux. Le leader du commando n’hésita pas une seule seconde. Il ouvrit le feu sur Paul et le membre qu’il venait d’attaquer et qui n’était pas encore mort. Tous deux furent criblés de balles. Néanmoins, sous sa nouvelle condition de vampire, Paul pouvait encaisser bien plus que cela. Il lâcha sa seconde victime et descendit en trombes du véhicule. Les deux ultimes mercenaire se joignirent à leur chef et commencèrent à le mitrailler. Grâce à sa nouvelle vélocité, Paul esquiva un temps les balles de ses anciens frères d’armes. Profitant de la diversion que proposait Paul, Marc prit place dans l’un des tout-terrains encore intact et démarra sur les chapeaux de roues à la poursuite d’Émile.

« - FUMIER !!! » cria alors le leader à l’encontre de Marc sans détacher le regard de Paul.

Le leader laissa quelques secondes ses coéquipiers continuer de canarder leur ancien confrère tandis qu’il arma une pompe sous son fusil d’assaut. Observant la gestuelle de Paul, le chef anticipa sa position et tira avec le lance-grenades fixé sous le fusil. L’explosion fut puissante et propulsa une grande quantité de sable dans l’air nocturne. Néanmoins leurs visières leur permirent de discerner Paul à travers le nuage de poussière et de sable. Le vampire avait eu les jambes fauchées par l’explosion. Sans hésiter, ils l’achevèrent en le criblant de balles jusqu’à ce qu’il ne bouge plus. Le leader descendit alors du véhicule et s’approcha de Paul. Il lui planta en plein front la lame d’une machette de plus de trente centimètres de long.

« - Il bougeait comme l’autre monstre » fit alors l’un des deux autres mercenaires, en s’approchant du leader.

« - Pourquoi il n’a pas disparu comme l’autre avant de crever alors ? » fit le troisième.

« - Peu importe ! Nous sommes les Justes ; Nous sommes les Purs ! Notre devoir sacré est de débarrasser notre Terre de toute aberration contre nature. Que ce soit les augmentés ou les monstres ! » proclama le leader en se redressant.

Bien que cela ne faisait que quelques minutes qu’il courait à en perdre haleine, Émile crut que cela faisait des heures qu’il cavalait ainsi. Il était à bout de souffle. Lui qui n’était qu’un scientifique reclus dans son bureau il y a encore quelques semaines, il n’avait pas l’habitude de tels efforts physiques. Jamais il ne pourrait courir des marathons. Il aurait fait un bien piètre hoplite pensa-t-il. Comme l’illustre Phidippidès qui courut jusqu’à Marathon pour avertir de la victoire de l’armée grecque. Mais pourquoi pensait-il à tout cela en ce moment où il courait droit vers l’inconnu dans l’obscurité la plus totale. Soudain, l’obscurité ne fut plus aussi sombre. Les phares d’un véhicule vinrent trancher la noirceur de la nuit.

Non ! C’était impossible ! Ces chasseurs s’étaient lancés à sa poursuite. Ce qui signifiait que Marc était ... mort ? C’était donc son tour maintenant. La voiture était encore loin, ses occupants ne l’avaient peut-être pas encore repéré. Quittant le petit sentier sur lequel il courrait depuis plusieurs minutes sans s’en être vraiment aperçu, Émile s’enfonça dans les dunes. Déjà à bout de souffle, courir dans le sable ajoutait à sa peine. Parmi les sourds battements de son cœur, il entendait le bruit du moteur s’approcher bien trop rapidement. Postridge se jeta précipitamment derrière la première dune venue, espérant qu’elle soit assez haute pour le cacher. Le véhicule s’arrêta alors pile à l’endroit où il avait quitté le sentier. Une portière s’ouvrit. Bon sang ! Ils voyaient ses traces de pas ! C’en était fini pour lui.

« - ÉMILE ? »

Comment connaissaient-ils son nom ?

« - ÉMILE !! »

Cette voix ! C’était Marc !

« - ÉMILE !! »

« - Je suis là ! » fit alors l’intéressé en se relevant péniblement de derrière la dune.

Émile vint à Marc lentement, comme si son corps n’était plus que crampes. A bord du véhicule, Marc redémarra sans attendre pour s’éloigner au plus vite des mercenaires.
Reprenant son souffle, Émile était mal à l’aise. Il avait laissé Marc seul face à ces hommes et il était tout de même venu le chercher.

« - Je ... Je suis désolé de m’être enfui comme un pleutre » dit-il soudainement.

Durant plusieurs secondes, Marc ne dit rien. Quittant le sentier du regard de brefs instants pour observer Émile.

« - Il n’y a pas de quoi être désolé, Émile. Vous n’êtes pas un combattant. Être resté m’aurait compliqué la tâche » dit enfin Marc.

Émile sembla se décrisper un peu à ces mots.

« - Il n’y a aucun doute sur nos rôles respectifs ! Je suis les muscles, vous êtes la tête. C’est grâce à votre génie que l’on peut pourchasser Hamilton de dimension en dimension ».

« - Mais bien sûr !! » fit soudain Émile, en faisant sursauter Marc.

Émile ouvrit sa mallette Bridge et l’alluma. Le petit écran cathodique de l’appareil n’afficha rien et pour cause il n’y avait rien à afficher. Elle ne captait aucune particule exodimensionnelle. Alors qu’Émile en venait à la conclusion qu’ils s’étaient trop éloignés de leur zone d’arrivée, à eux et Hamilton, un très faible tracé se dessina. A mesure qu’ils s’éloignaient, le tracé prenait de l’ampleur. C’était à n’y rien comprendre.
Émile leva les yeux, pour plonger son regard dans le vide de la nuit, méditatif. C’est alors qu’un nouvel éclair mit en évidence les contours de la mégalopole vers laquelle ils se dirigeaient. Le tracé s’intensifiait car ils remontaient la piste qu’Hamilton avait suivie jusqu’à la ville.

Plus de deux heures plus tard, tandis que Marc et Émile roulaient toujours à vive allure vers la ville à l’atmosphère sinistre sous cet orage, les trois mercenaires survivants de l’embuscade gisaient face contre terre, livides et exsangues. La première victime de leur comparse Paul était revenu à elle, vampirisée à son tour. Pris au dépourvu, le combat qui s’ensuivit entre Flint et ses deux derniers hommes contre le vampire nouveau né les vit littéralement s’entretuer. Le nouveau vampire gisait sur le sable du désert, ici et là, déchiqueté par une puissante explosion. Flint et ses hommes étaient livides et émaciés. Les premiers rayons de soleil pointèrent à l’Est et commencèrent à éclairer le massacre qui avait eu lieu durant la nuit. L’obscurité de la nuit se rétractait devant cette lumière salvatrice jusqu’à atteindre le corps de Flint. D’ordinaire entièrement recouvert de sa combinaison de combat, celle-ci avait subi de béantes lacérations, laissant la peau à nue. Au contact des rayons du soleil, celle-ci se mit à chauffer plus que de normale. Rapidement, elle se mit à bouillir. Flint rouvrit les yeux en poussant un cri de douleur incomparable. Rapidement, ses deux comparses connurent la même sensation d’être ébouillanté vif.

Instinctivement, ils comprirent que c’était le soleil qui leur faisait subir un tel supplice. Pourquoi ? Comment ? Peu importaient ces questions ! Ils devaient trouver un refuge à cette lumière assassine. Tandis que l’obscurité de la nuit était chassée au rythme d’un cheval au galop, les refuges ombrés se réduisaient comme peau de chagrin. Leur seule chance était de se réfugier sous leurs véhicules en espérant que cela suffise.

Flint plongea sous le véhicule le plus proche de lui. Tirant le cadavre de l’un de ses hommes à lui, il s’en servit pour faire obstacle au soleil meurtrier. Ses deux hommes l’imitèrent et plongèrent à leur tour sous les autres véhicules. Flint vit alors le soleil enflammer les corps de Paul et de l’autre vampire et les réduire en cendres, épargnant ce sort aux dépouilles de ses autres hommes. Tout devint alors clair dans son esprit.
_____________

A suivre dans le chapitre 372 - Les purs, part 2 !
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Chapitre 371 - Les purs, part 1 :: Commentaires

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Re: Chapitre 371 - Les purs, part 1
Message le Mer 8 Nov - 22:02 par Shion
Chouette ! Tout un chapitre consacré à Emile et Marc !

Ce sont de sacrés fanatiques, ces "purs"...
 

Chapitre 371 - Les purs, part 1

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