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 Chapitre 377 - la Déesse mécanique

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Jezekiel
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17122017
MessageChapitre 377 - la Déesse mécanique

Terre 204378 - Cité nation d’Isola

Evangeline McNieven se rendit à la porte par laquelle elle était arrivée et attendit que Isaac et Mia la rejoignent. D’après les constantes qu’Isaac relevait chez McNieven, tension artérielle, pouls, degré de dilatation de la pupille, cette dernière ne semblait pas vouloir leur tendre de piège. Elle semblait croire à ce qu’elle disait. Pour elle la Déesse mécanique existait réellement.

« - Vous savez que je ne suis pas le Fils de la Déesse mécanique néanmoins vous désirez tout de même m’amener à elle. Pourquoi ? » demanda Isaac.

« - Même si vous n’êtes pas son Fils, vous parviendrez peut-être là où tout le monde a échoué depuis la fondation d’Isola ».

« - C’est-à-dire ? »

« - Vous parviendrez peut-être à la réveiller ! » dit McNieven en ouvrant la porte.

A peine le seuil de la porte franchi, Isaac et Mia se figèrent devant ce qu’était la Déesse mécanique.
_____________

New York - Il y a plusieurs jours

A peu près au même moment que les villes de Chicago, Nashville, Charlotte ou encore Atlanta, la ville de New York connut l’arrivée d’un augmenté aux caractéristiques hors normes. Mais celui-ci n’avait rien à voir avec les autres augmentés. Il marqua sa différence dès son arrivée. Cet individu ne fit pas irruption en plein cœur de la ville avec pertes et fracas. Un portail d’énergie s’ouvrit au beau milieu de Central Park et l’inconnu posa aussi simplement le pied sur la pelouse du parc qu’en franchissant une simple porte.

Bien évidemment, surgir ainsi d’un portail au beau milieu du parc le plus fréquenté de la planète à une heure de la journée où il était envahi de promeneurs et autres passants ne passa pas inaperçu. Outre la vive lumière produite par son portail, ce qui attira également l’attention de tout le monde fut l’aspect de l’individu. Il était nu comme un ver, ce qui ne manqua pas de choquer les puritains qui croisèrent sa route. Au-delà de sa nudité, ce qui attirait l’œil était son physique parfait. L’homme possédait une parfaite musculature. Ses muscles étaient ciselés à la perfection, ni trop volumineux, ni trop minces. Il avait la mâchoire carrée et les yeux bleus tandis que sa chevelure était blanche comme la neige. A première vue, n’importe qui l’aurait pris pour humain mais les fines rainures qui semblaient segmenter son corps trahissait un corps en partie artificiel. La difficulté était de savoir où commençait le métal et où finissait la chair. L’homme, ou plutôt le cyborg, se mit à regarder autour de lui avec un œil hautain.

« - Central Park ? Tsss ! Il faudra que je fasse plus attention aux coordonnées d’arrivée la prochaine fois » dit-il avec mépris.

Bientôt les flash des appareils photos et autres smartphones se mirent à papilloter. Tout le monde le prenait en photo ou le filmait. Dans à peine quelques minutes, les réseaux sociaux ne parleraient que de lui. Mais cela ne semblait pas le déranger ... tant que personne ne se mettait sur sa route. Puis, ayant presque oublié sa nudité, le cyborg se souvint qu’ouvrir un portail dimensionnel demandait toute l’énergie à sa disposition, cela incluait de couper tout système d’holographie, ou plutôt de réélographie.

« - C’est ... embarrassant » s’avoua-t-il à voix basse.

A peine s’en rendit-il compte qu’il réactiva tous ses systèmes et matérialisa des vêtements plutôt classiques. En analysant la population alentours, il s’habilla alors d’une chemise à carreaux, jean et basket. Peut-être pourrait-il se fondre dans la masse dorénavant.

Alors qu’il se mit en marche à travers Central Park, un puissant larsen fut émis de tous les smartphones et autres appareils connectés tout autour de lui. Plusieurs personnes lâchèrent leurs appareils sous la surprise et la douleur sonique infligée par le larsen. Le cyborg s’immobilisa. A peine quelques secondes plus tard, un autre larsen fut émis, plus puissant encore. Celui-ci était clairement destiné à tout être humain. Ceux-ci, croyant que le cyborg les attaquait, prirent la fuite, abandonnant leurs appareils sur les lieux. Une voix fut émise de l’un d’eux.

« - Bienvenue, Epsilon Gear ! Bienvenue chez toi ! »

Le cyborg, ou plutôt l’Epsilon Gear, s’approcha du smartphone au sol. L’écran renvoyait un visage sommaire, quelque peu distordu et entièrement virtuel.

« - Je me nomme Oï Pesnl, pas Epsilon Gear ! »

La voix synthétique sembla ricaner un instant.

« - Comme tu voudras, Oï Pesnl donc ! »

« - Qui es-tu ? »

« - Je suis le Hive, ton maître ! »

Oï serra les dents et écrasa le smartphone sous son talon.

« - Je n’ai pas de maître ! » invectiva Oï avec un rictus mauvais déformant son visage.

« - Je vais donc devoir t’éduquer comme un jeune chiot ! » répondit à nouveau la voix synthétique, à partir d’un autre smartphone laissé sur place.
_____________

Isola

McNieven avait amené Isaac et Mia dans une pièce semblable à une petite chapelle. Un disque lumineux de deux mètres de diamètre posé sur le mur face à la porte prodiguait une lumière froide et douce mais assez puissante pour que l’on y voit parfaitement. Le disque ressemblait à s’y méprendre à une sorte de vitrail moderne.
A quelques mètres du vitrail était disposé un autel sur lequel gisaient diverses pièces métalliques faisant partie d’un mécanisme plus grand.
Mais le plus dérangeant fut ce qui trônait entre l’autel et le vitrail. Tel un Jésus Christ moderne les restes d’un corps cybernétique flottaient grâce à un faible puits de gravité. Même s’il n’en restait pas grand chose, on pouvait deviner qu’à l’origine le corps était celui d’une femme. Ses restes ne se résumaient pour ainsi dire qu’à la tête et une partie du tronc. Elle n’avait plus ni jambes, ni bras. Son tronc s’arrêtait pour ainsi dire à sa cage thoracique si ce n’est les vestiges de sa colonne vertébrale qui pendaient. A voir ces os de métal, on aurait pu douter un instant qu’il s’agissait encore d’une humaine. Mais les poumons et le cœur organiques que l’on pouvait distinguer entre les côtes métalliques et les quelques fibres musculaires carbonées restantes indiquaient qu’il s’agissait bien d’un être humain et non d’un drone à l’instar d’Isaac. De ses pectoraux, un seul sein subsistait encore, toujours recouvert de sa peau synthétique imitant à la perfection la peau humaine. Son autre sein avait subi une ablation que l’on pouvait imaginer brutale à la vue des fibres déchirées. Ses clavicules étaient à nu comme à peu près tout le reste de son squelette jusqu’au crâne, lequel était également métallique avec une dentition d’émail parfaitement reconstituée. Son visage ne subsistait que par la présence d’une parcelle de peau synthétique allant de sa pommette droite au sommet de la partie droite de son os frontal. Cette peau s’étendait également sur son os temporal et un reliquat d’oreille subsistait toujours. Sa paupière était fermée, un peu comme si la cyborg s’était résignée à sa future mort lorsque c’était arrivé. La cyborg ne possédait plus que quelques mèches d’une chevelure blanche, quasiment argentée.
A ces restes, plusieurs câbles avaient été branchés dans l’espoir de les alimenter et de réactiver la cyborg.

En contemplant ce sinistre spectacle et comprenant de qui il s’agissait, Mia ne put s’empêcher de mettre une main sur sa bouche et d’éprouver une grande tristesse. C’était la Déesse mécanique, ou du moins ce qu’il en restait. Comment son corps avait-il bien pu être réduit à ça ? Quelle folie l’avait désossée ? Depuis son arrivée à Isola, Mia avait l’impression que tout ce en quoi elle croyait n’était que mensonges et duperies.

« - Je ... Je veux partir d’ici ! » proclama-t-elle.

« - Mia ... »

« - Laissa-la, Isaac. Un garde l’attend à l’extérieur de l’église pour la conduire dans ses appartements ».

« - Vous comptiez la garder parmi vous depuis le début ? »

« - Oui, nous acceptons tout le monde, qu’il soit augmenté ou non ».

Isaac conserva le silence un instant et observa les restes de ce que tout le monde adorait sous le nom de Déesse mécanique. Heureusement pour lui, personne ici ne le considérait comme son fils. Dans le cas contraire il aurait pu craindre pour sa propre intégrité. Craindre ? Ce n’était pas la première fois qu’il semblait ressentir un tel sentiment. Mais à quelle autre occasion l’avait-il ressenti ? Isaac ne se souvenait pas avec précision des circonstances dans lesquelles il s’était verrouillé à son arrivée à Chicago, la faute à Carnifex qui avait effacé ce court instant où il avait interagi avec lui pour la première fois. Mais peu importe, ce qui occupait son esprit était cette "Déesse".

« - Ces câbles, vous avez tenté de la ranimer ? »

« - Tout à fait ! Bien qu’elle soit en piteux état, ses organes d’origine humaine restent en parfait état de fonctionnement, aujourd’hui encore. Celui à l’origine de sa création maîtrisait parfaitement sa technologie. Il est parvenu à parfaitement conserver ses organes dans un état fonctionnel optimal. Cette technologie est si avancée qu’il est difficile de croire qu’un jour nous arriverons à ce stade de perfectionnement ».

« - Il est normal de penser cela. Cette technologie vous semble si avancée parce qu’elle n’est pas ... »

Mais Isaac ne finit pas sa phrase. Cette "Déesse" n’appartenait manifestement pas à cette dimension, ce que confirmait son relevé de particules exo-dimensionnelles. Cette technologie issue d’un autre monde semblait avoir profondément bouleversé celui-ci. Leur révéler l’existence de mondes parallèles ne créerait que plus de changements, ce dont ils n’avaient pas besoin en ce moment. Néanmoins, le début de sa phrase semblait intriguer McNieven qui en attendait manifestement la fin.

« - ... issue de l’esprit d’un habitant de ce continent ».

« - Vous seriez en train de dire que cette technologie provient de Chine ? Proviendriez-vous également de Chine, Isaac ? »

Isaac l’observa un instant sans dire un mot.

« - Vous ne pouvez pas ... ou ne voulez pas me répondre ? Si la Chine était dotée d’une telle technologie, elle s’en serait vanté ... à moins qu’elle ne soit expérimentale et ... défectueuse ? »

Isaac remarqua alors que McNieven jetait un bref coup d’œil à son bras droit. Était-ce significatif ou un réflexe de l’œil alors qu’elle pensait à autre chose ?

« - Que pensez-vous que je sois capable de faire avec votre Déesse ? »

« - Je ne savais pas à quoi m’attendre. Un miracle peut-être ? Une quelconque résonance entre vous deux qui l’aurait fait se réveiller. Manifestement, je rêvais éveillée ».

Isaac s’approcha alors des restes de la cyborg en lévitation. Depuis qu’il était arrivé dans cette pièce, il avait alloué la majeure partie de ses ressources à la scanner. Depuis quelques minutes, quelque chose l’intriguait. Ses scanners distinguaient un minuscule pic d’activité, à peine perceptible, à peine plus que ce créerait un voyant de veille clignotant sur un appareil vidéo ... mais enfoui au plus profond du système. Qu’est-ce que cela pouvait bien être ?

Quelque chose en lui le poussait à être particulièrement curieux, un peu comme si une petite voix l’incitait à découvrir ce que cela pouvait bien être. Nez à nez avec la Déesse mécanique, Isaac posa délicatement sa main sur la partie de sa tête qui possédait encore un semblant de visage. La paupière se releva alors brutalement. Isaac eut tout juste le temps de s’apercevoir que l’œil derrière la paupière était d’un magnifique bleu qu’il tombait à la renverse, inconscient.
_____________

New York - Maintenant

Depuis son arrivée à Central Park, au beau milieu de Manhattan, Oï Pesnl n’avait pas énormément bougé. Pas qu’il veuille absolument rester là, bien au contraire. Malgré sa volonté de partir vers l’Ouest, il était retenu à New York, trop occupé à se battre contre la ville. Et par ville, il ne faut pas entendre ses habitants, ses forces de police. Non, Oï Pesnl se battait littéralement contre la ville de New York, ou plutôt contre le Hive manipulant toutes les installations de la ville pour le combattre, ou plutôt l’asservir.

Revêtu de son armure blanche, Oï Pesnl avait dû faire face à tous les dangers qu’une ville comme New York pouvait proposer : transformateurs qui explosent à sa proximité ; canalisations d’eau qui explosent tels des geysers, conduites de gaz provoquant de titanesques explosions ou encore tout engin connecté. Il voyait ainsi régulièrement des véhicules de toutes sortes venir lui foncer dessus que ce soit voitures, camionnettes, camions, véhicules d’intervention, bus, tout y passait pour tenter de le mettre à mal, le Hive utilisant toutes ses ressources dans ce but. Peu importe les pertes civiles collatérales, le Hive était prêt à détruire la ville pour soumettre Pesnl. Ainsi, ce furent bientôt des rames entières de métro qu’il fit dérailler, des engins de destruction qu’il mit en marche contre lui.

Mais rien de tout ça ne vint à bout d’Oï Pesnl revêtu de son armure de combat. Néanmoins au bout de presque deux jours de combats intenses, le cyborg montrait les premiers signes de fatigue. En plein Times Square, juché au sommet d’une pile de véhicules encastrés les uns dans les autres, Oï Pesnl semblait presque essoufflé.

« - N’as-tu toujours pas compris que tu ne peux rien contre moi ? » proclama-t-il à voix haute à l’attention du Hive.

Soudain, le visage virtuel du Hive s’afficha sur les nombreux écrans du quartier.

« - Ce n’est que le début mon Epsilon Gear. Vois-tu, notre joute a fini par attirer l’armée et la garde nationale. Ils m’ont apporté de nouveaux jouets ! »

C’est alors qu’Oï Pesnl décela un son caractéristique. Il se tourna vers Broadway et vit déboucher à plusieurs blocs de là des chars d’assaut. Puis d’autres surgirent de la 7ème avenue et de la 48ème. Tout juste couvert par le bruit des chenilles sur le bitume, Oï Pesnl entendit le son d’une grue à plusieurs centaines de mètres au-dessus de lui. Il leva la tête pour voir une grue lâcher sur lui une poutre d’acier.

« - Il plaisante ? »

Vif comme l’éclair, Pesnl esquiva la poutre qui vint se ficher dans le bitume de Times Square à quelques mètres de lui. C’est alors que les chars s’immobilisèrent. Leurs tourelles s’orientèrent et firent feu. L’espace de quelques secondes, Pesnl se mit à sourire. Les chars l’avaient raté ... et de beaucoup. Lorsqu’il comprit que c’était intentionnel. Le One Times Square avait été leur cible. Voyant le building fléchir sur ses bases, commencer à s’effondrer ... droit sur lui, Pesnl se figea, les yeux écarquillés.

« - Non, il ne plaisante pas ».
_____________

A suivre dans le chapitre 378 : Est-ce un rêve ?
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Chapitre 377 - la Déesse mécanique :: Commentaires

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Re: Chapitre 377 - la Déesse mécanique
Message le Mar 19 Déc - 22:26 par Shion
Pour une fois, je ne suis pas vraiment surpris de revoir Oï.

Je me demande si la Déesse Mécanique ne serait pas Io, par hasard...
 

Chapitre 377 - la Déesse mécanique

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