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 Chapitre 388 - Désolation

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Jezekiel
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12032018
MessageChapitre 388 - Désolation

Terre 24604378

Patrick Ulas et Wade se serrèrent la main quelques brèves secondes lorsque Wade décela quelque chose dans le ciel derrière Patrick. Malgré les ténèbres qui servaient de ciel, Wade semblait percevoir quelque chose se mouvoir. Il ne parvenait pas à déterminer ce que cela pouvait être exactement lorsqu’il crut se souvenir d’un gigantesque vautour. C’était une nuée d’oiseaux qui se dirigeait droit sur eux. Décelant que l’attention de Wade était détournée par quelque chose, Patrick se retourna. Il écarquilla les yeux en reconnaissant la menace approchante. C’est alors que Wade put distinguer leur nombre et leur taille. Il s’agissait d’une nuée dense de moineaux. Rien d’étonnant que ces psychopompes soient présents sur cette planète où la mort semblait être la norme.

« - A L’ABRI !!! » s’écria Patrick en s’élançant, manifestement apeuré.

Wade détourna le regard de la nuée pour voir Patrick détaler. Puis il regarda sa main qu’il embrasa d’un feu azur. Avant d’opter pour une solution ou une autre, il avait voulu s’assurer qu’il était toujours capable de produire son feu spectral.

« - Pourquoi fuir ? Il ne s’agit que de psychopompes tout en bas de l’échelle. Rien d’effrayant ! »

La seconde suivante, il tendit son bras droit en direction de la nuée et lança un torrent de flammes spectrales qui incinéra tous les moineaux sans exception. Dans son dos, Patrick s’était arrêté et avait observé le spectacle sereinement, toute once de peur l’ayant subitement quitté. Une fois les moineaux relevant de l’histoire ancienne, il revint vers Wade en l’applaudissant.

« - Félicitations ! Je n’ai eu que trop rarement l’occasion de voir une nuée être décimée de la sorte ! »

Wade tourna à peine le visage vers Patrick. Quelque chose n’allait pas avec cet homme. Comment avait-il pu survivre ici s’il s’effrayait d’une pareille nuée ? Cela le démangeait de passer en vue spectrale pour voir ce qu’il pouvait bien cacher sur sa véritable nature mais il craignait d’être à nouveau submergé par les cris des défunts de cette planète. Et la dernière chose qu’il désirait c’était de se montrer faible face à cet inconnu.

« - D’après tes dires, tu es ici depuis longtemps. Tu dois donc savoir quel est ce lieu ».

« - Oui, j’ai l’impression d’être ... piégé ici depuis des années. D’après ce que j’ai compris au cours de mes pérégrinations, cette Terre est l’une des perles noires du multivers. Différentes divinités s’en servent comme d’un cachot où elles oublient les êtres indésirables à leurs yeux ».

Les yeux ! Ce simple mot rappela à Wade l’œil effilé qu’il avait vu dans le flux blanc avant d’en être extirpé violemment et jeté ici. Mais quelle était la raison pour laquelle une divinité avait pu le prendre en grippe ... outre le fait d’être un Cavalier de l’Apocalypse bien sûr.

« - Tu es ici depuis combien de temps ? »

« - Je ... Je ne sais plus bien. Le temps est étrange par ici. Il ne semble pas s’écouler de la même façon que dehors » admit Patrick.

« - Des jours, des semaines, des années ? Je ne sais plus ».

S’il n’était là que depuis quelques jours, cela expliquerait qu’il ait pu survivre aussi "longtemps". Mais quelque chose au fond de Wade lui disait qu’il lui mentait. Ce Patrick semblait résider ici depuis extrêmement longtemps. Se faire passer pour un être humain innocent et incapable de se défendre était une ruse que Wade avait déjà vu à l’œuvre dans les arènes des Genetechs en la personne de Desmond. Bien que leurs destins soient étroitement entremêlés, Wade n’était pas Miles. Il ne se laisserait pas berner.

« - Connaitrais-tu un endroit où l’on pourrait se reposer en sécurité ? » lui demanda Wade pour ne pas éveiller les soupçons de son interlocuteur.

Le dénommé Patrick, si tel était bien son nom, fit semblant de réfléchir un court instant.

« - Avant de te rencontrer, je me dirigeais vers des ruines que j’ai pu voir il y a quelques heures. On distingue mal les distances sur cette planète ».

Tous deux se mirent alors en marche dans la direction indiquée par Patrick. Wade fit en sorte de toujours conserver l’individu dans son champ de vision et de ne jamais le laisser se glisser dans son dos, quoi qu’il arrive.

Ils marchèrent dans le plus grand silence durant plus d’une demi-heure. Wade observait Patrick avec insistance comme si le simple fait de le regarder avec insistance allait lui révéler les secrets de ce mystérieux individu. Plus que circonspect à son égard, Wade finit par se lasser de se concentrer sur lui. Tout en gardant Patrick dans son champ de vision, Wade observa un peu les alentours. Où que ses yeux se posaient, tout était recouvert de ce mélange de cendres et de poudre d’os. Par moment ils dépassaient un arbre mort couvert de ces restes. Ils étaient les seuls témoins de la végétation passée de cette planète. Qu’est-ce qui avait bien pu arriver à cette planète pour être ainsi dévastée ?
C’est alors qu’ils arrivèrent à hauteur de ce qui fut autrefois une maison, ou du moins un bâtiment quelconque. Il n’en restait plus que les fondations que l’on devinait difficilement sous cette couche de cendres qui avait tendance à atténuer tout relief. Il y avait donc eu une espèce douée d’intelligence autrefois. Finalement, l’endroit où l’emmenait Patrick était peut-être bel et bien les ruines d’une ancienne ville.

« - Tu as une maison, à quelque part ? » demanda soudainement Patrick sans se retourner vers Wade.

Wade le regarda quelques secondes avant de répondre.

« - Cela semble faire une éternité que je n’ai pas connu un endroit que je pourrais considérer comme chez moi ... et toi ? »
Wade saisit la balle au bond pour tenter d’en savoir plus sur lui.

« - J’étais comme toi, il fut un temps. On m’a arraché à ma demeure ... mais depuis j’en ai trouvé une autre où je me sens vraiment chez moi ».

Le silence s’instaura à nouveau pendant plus d’une heure. Ils traversèrent des paysages de désolation qui se ressemblaient tous. Partout il y avait cette poussière d’os et de cendres. Par moment, de léger reliefs se dessinaient dessous. Mais sous cette couche, impossible de deviner ce que cela avait bien pu être. Ils ne s’arrêtèrent pas un seul instant jusqu’à apercevoir une silhouette au loin. Il s’agissait d’un imposant arbre, mort comme tous les autres. Mais celui-ci était bien plus grand que les autres.

« - Nous sommes bientôt arrivés » fit alors Patrick.

Bientôt arrivés où ? se demanda Wade. Il ne voyait aucune ruine. Hormis cet arbre conséquent, il n’y avait rien à l’horizon. Où l’emmenait ce Patrick ? S’il comptait le faire tomber dans un piège, il s’était pris à la mauvaise personne.
Se rapprochant de l’arbre, Wade y vit qu’il présentait une parure des plus macabres. De nombreux individus s’étaient pendus à ses branches. Plusieurs de ces cadavres persistaient pendus tandis que d’autres, la tête séparée du corps, gisaient à ses racines. De prime abord, l’arbre semblait feuillu mais c’était en réalité les plumes de volatiles divers qui s’étaient retrouvées collées aux branches par la graisse des cadavres qui s’était écoulée sur la ramure. Une dizaine de ces volatiles reposaient actuellement dans les branches, à tenter de picorer le peu de chair qu’il restait sur les suicidés suspendus.

« - On dirait que certains ont trouvé de quoi manger ! » fit Patrick, sur le ton de l’humour noir.

Wade observa la scène sans éprouver le moindre sentiment de dégoût. Vivre ici semblait être un calvaire sans nom auquel la mort lui était préférable. Cela, Wade le comprenait parfaitement. Deux heures auparavant, il était prêt à mourir plutôt que de continuer à être assailli par la plainte des défunts de cette planète. Finalement, il était tombé en syncope avant d’avoir pu commencer à réfléchir à un moyen de mettre fin à ses jours. En aurait-il été au moins capable ? Miraculeusement, tout était rentré dans l’ordre à son réveil. Mais ces pauvres hères n’avaient pas eu sa chance semble-t-il. Quant aux volatiles, c’était l’ordre des choses. La nature avait créé les charognards pour la nettoyer des cadavres.
Alors qu’il ne comptait pas agir, ce fut Patrick qui le fit. Il claqua des mains, cria aux volatiles des grossièretés pour les faire fuir. Peu habitués à voir un être vivant en ces lieux, les oiseaux s’envolèrent à tire-d’aile.

« - Sacrés salopards ces saletés ! » fit-il sans se retourner vers Wade.

Ce dernier ne réagit pas. Après quoi, Patrick s’avança, dépassa l’arbre et s’immobilisa. Il baissa la tête. Intrigué, Wade le rejoignit et vit qu’il se tenait au bord d’un gigantesque gouffre ... ou plutôt une gigantesque fosse commune. A première vue, il ne voyait là qu’un enchevêtrement inextricable de squelettes de tailles diverses et variées. Puis, à force de regarder cet agglomérat d’os, Wade y vit une certaine esthétique, comme un arrangement volontaire de ces squelettes pour former quelque chose d’autre. Les cages thoraciques étaient assemblées deux à deux, face à face, les côtes s’entremêlant pour créer des structures tubulaires ... habitables ? Plus il regardait, et plus cela semblait évident qu’il s’agissait d’une ville. Les structures étaient séparées par des coursives, des rues, dépourvues de tout os. On n’aurait pas pu trouver mieux pour illustrer le terme de cité des morts. Quel était donc ce lieu ? Qui avait bien pu assembler ces squelettes ainsi ? Où étaient ces bâtisseurs du macabre ? Les questions se bousculaient dans sa tête, mais une devint soudainement primordiale lorsqu’elle lui vint à l’esprit : Comment Patrick avait-il pu apercevoir cette ville alors qu’elle était nichée dans un canyon, à l’abri des regards ? Il reporta alors son attention sur lui. Il se trouvait toujours à l’extrémité de son champ visuel. Alors qu’il tournait le visage vers lui pour lui demander des explications, il le vit réagir.

Le dos tourné au gouffre, Patrick écarquillait les yeux. Quelque chose lui faisait soudainement peur. Wade se retourna et vit une nouvelle nuée de volatiles fondre sur eux. Il ne s’agissait pas de moineaux cette fois mais de corbeaux. Parmi eux se trouvaient certainement les corbeaux que Patrick avait fait fuir quelques minutes plus tôt. Comme tout bons nuisibles, ils avaient été cherché leurs potes pour leur tomber dessus en masse.
Tout comme pour les moineaux, Wade ne s’inquiéta pas de cette menace. Au contraire de Patrick qui décida de fuir en descendant dans le ravin. Wade le trouvait décidément de plus en plus pitoyable. La nuée de corbeaux arrivée à portée, Wade les élimina aussi aisément que les moineaux avant eux. Du ciel, chuta durant quelques secondes une pluie de flammèches azur, ne dénotant nullement dans ce paysage crépusculaire. Depuis son arrivée sur cette planète, c’était déjà la deuxième nuée qu’il avait affrontée. Ce ne serait certainement pas la dernière ; cette planète devait regorger de ces psychopompes. Étant donné le comportement de Patrick face à elles, Wade se demanda combien il avait bien pu en croiser depuis son arrivée à lui en ce monde et surtout comment il avait pu s’en sortir à chaque fois ? A son sujet, il était temps de s’enquérir de sa progression dans sa descente du ravin.

Wade se retourna vers le canyon et observa la paroi qui plongeait sous ses pieds. Il la scruta en long, en large et en travers mais nulle trace de Patrick. Il n’avait pourtant pas mis si longtemps à exterminer ces corbeaux. Il ne pouvait pas avoir eu le temps de descendre la paroi en si peu de temps. Avait-il chuté, son cadavre désarticulé au fond du ravin ruisselant de sang ? Wade fronça les sourcils. Il avait été louche depuis le début. Il avait probablement bondi jusqu’en bas, ou mieux, il s’y était déplacé suite à un bond spatial. Sa disparition l’incitait à descendre dans cette ville d’os probablement pour le faire tomber dans un piège. Que lui réservait-il donc en bas ? Était-il bien sage d’y descendre ? Avait-il besoin d’y descendre ? Qu’est-ce que cela allait lui apporter de descendre ?

C’est alors qu’il ressentit une sensation désagréable. Comme si quelqu’un grattait un clou rouillé contre un tableau d’ardoise dans sa tête. Il ne connaissait que trop bien cette sensation. Son hôte, son cavalier désirait sortir. Il désirait tuer ! Il allait être servi. Wade bondit dans le ravin.
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A suivre dans le chapitre 389 - Cidade dos Ossos
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Chapitre 388 - Désolation :: Commentaires

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Re: Chapitre 388 - Désolation
Message le Mer 14 Mar - 21:39 par Shion
Wade se doute de quelque chose... En même temps, on ne peut pas dire que "Patrick" se montre particulièrement finaud.

Je sens qu'il va se faire faucher d'ici quelques chapitres ^^
 

Chapitre 388 - Désolation

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