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 Chapitre 389 - Cidade dos Ossos

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Jezekiel
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Localisation : Poitiers, Vienne, France

18032018
MessageChapitre 389 - Cidade dos Ossos

Terre 24604378

Wade descendait lentement dans le ravin grâce à sa sismokinésie afin de ne pas être surpris. Avec sa bure flottant et ses fils virevoltant quelque peu autour de lui, il donnait l’image d’un ange déchu descendant dans les entrailles de l’enfer, prêt à en découdre.
Plus il descendait et plus Wade se rendait compte de la complexité de la ville constituée d’os d’anciennes créatures gigantesques. Il avait fallu une éternité pour la bâtir. Mais outre ces gigantesques créatures, les détails des encadrements de fenêtres, les portes, les cheminées, les colonnes de certains temples : tout cela était fait d’ossements à taille humaine et rendait les lieux que plus sordides encore. Arrivant en vue du sol, Wade stabilisa son altitude. Il ne voyait aucun cadavre ... autres que ceux qui avaient servi à bâtir cette ville. Patrick n’avait donc pas chuté. Il était donc quelque part dans la ville, tapi dans l’ombre pour lui tendre un piège. Cela ne pouvait en être autrement. Pourquoi l’aurait-il amené ici puis s’y serait caché si ce n’était pas pour le piéger ? Ce Patrick devait parfaitement connaître les recoins de cette ville. Sur ce point il avait un avantage sur lui. Wade se demandait s’il devait continuer à jouer au naïf et le chercher innocemment, comme s’il n’avait pas compris son stratagème. S’il faisait semblant, il pourrait peut-être faire en sorte que Patrick le sous-estime ; ça rééquilibrerais sensiblement la balance.

« - Patrick ? » dit-il finalement à haute voix, ayant pris sa décision.

Plusieurs secondes s’écoulèrent mais aucune réponse.

« - PATRICK !! » cria-t-il, feignant le soucis à son égard.

Mais toujours aucune réponse. Il mit ses mains de chaque côté de sa bouche et se mit à crier à nouveau son prénom. Cette fois, il entendit un bruit, comme quelqu’un heurtant un objet et le faisant tomber par terre. Un juron étouffé fut émis en réaction.

« - Patrick ? »

« - Oui ! Le danger est éloigné ? » fit-il en ouvrant le volet d’une fenêtre d’une maison à l’étage.

« - C’est bon, les corbeaux sont de l’histoire ancienne » fit Wade en esquissant un sourire tordu, pas très convaincant.

Patrick disparut de la fenêtre et réapparut à la porte de la maison.

« - Décidément, rien ne te fais peur ».

« - Il m’en faut plus pour m’effrayer ».

« - Chut ! Il ne faut pas dire de telles choses en ces lieux ... ça pourrait réveiller quelque chose ».

Wade fit la moue d’une personne qui ne porte aucune crédibilité à son interlocuteur.

..oO( Si tu le dis !)

Il ne lui posa aucune question comme comment était-il descendu aussi vite ou comment il avait pu repérer cette ville. Non, tout ce que Wade lui demanda fut si la maison dont il venait de sortir était suffisamment sûre pour s’y reposer.
Tant qu’ils refermaient la porte et les volets, il n’y aurait sûrement aucun problème, d’après Patrick.
Ils pénétrèrent ainsi dans la maison. Tandis que Wade l’inspectait du regard, Patrick monta à l’étage pour refermer le volet qu’il avait ouvert. L’intérieur de la maison était fidèle à son extérieur. Les murs, le sol et le plafond étaient composés d’une foultitude d’ossements. Il n’y avait là aucune décoration, seuls quelques meubles avaient résisté aux affres du temps. A cet étage, il n’y avait guère plus que quatre chaises entourant une table, tous fais d’os variés. La table semblait être composée d’un os large et poli, certainement l’omoplate d’une quelconque créature. Les chaises semblaient être un assemblage de fémurs et de défenses. Le rez-de-chaussée inspecté, Wade monta à l’étage. La pièce était une chambre avec une sorte d’armoire et un lit qui promettait une nuit particulièrement rigide à celui qui y dormirait. Sur une espèce de table de nuit gisait ce qui ressemblait à une torche. Le socle était composé de deux mains aux doigts écartés, le pied était fait de ce qui ressemblait à un cubitus et la torche en elle-même était un crâne ouvert ... un crâne humain.

« - Tu veux prendre le lit ? » lui demanda alors Patrick en le voyant pénétrer la pièce.

« - Non, je te le laisse. Je me contenterais de dormir adossé à un mur ».

« - Okay ! »

Manifestement éreinté, Patrick s’allongea derechef sur le lit dont le maillage d’os fins cliqueta horriblement.

..oO( Avec le boucan que fait ce lit, tu ne pourras pas partir sans m’alerter) se dit Wade, satisfait de son choix.

Quant à lui, il partit s’asseoir et s’adosser au mur près de la porte de la pièce. Il ne tarda pas à fermer les yeux, faisant croire à Patrick qu’il s’était endormi aussi rapidement que lui. En réalité, Wade n’avait plus besoin de dormir. Il comptait bien sur son apparente vulnérabilité pour pousser Patrick à en profiter et révéler sa véritable nature.

Près de deux heures plus tard, Wade se réveilla en sursaut. Il avait vraiment dormi !! Il regarda immédiatement Patrick mais son lit était vide. Bon sang ! Que lui avait-il fait pour qu’il s’endorme ? Et surtout où était-il passé ?
Wade se leva d’une traite et s’apprêtait à sortir de la chambre lorsqu’il s’immobilisa.

..oO( Non, il n’aurait pas osé une feinte aussi basique ?)

Wade se retourna et ouvrit l’armoire. Le meuble était vide ce qui soulagea Wade de ne pas avoir failli se faire avoir par une ruse aussi vieille. Après tout, ce Patrick était plus sournois que cela. Avant de quitter la pièce, il choisit de prendre la torche. Il l’alluma d’une flamme bleue pour l’aider à voir plus clair.

Au rez-de-chaussée non plus il n’y avait pas traces de Patrick. Le seul signe de son passage était la porte d’entrée grande ouverte. Où diable était-il allé ? Wade sortit de la maison mais la piste de Patrick s’arrêtait déjà. Le sol était sec et impeccable. Pas le moindre signe de poussière ou de sable, impossible de suivre ses traces de pas dans ces conditions ... s’il se déplaçait à pieds. Malheureusement, il n’était pas Frédéric, ni même Jeremiah. Il n’allait pas pouvoir le pister en comptant uniquement sur ses sens de base. Mais ce que ces deux hommes n’avaient pas était sa vue spectrale.
Wade hésita quelques instants à l’utiliser car il savait qu’il allait sûrement être à nouveau submergé par les plaintes des défunts. D’autant plus ici. Depuis qu’il s’était engouffré dans le ravin, Wade percevait à nouveau ce bruit de fond. Il n’était pas gênant puisque à peine perceptible, mais il redoutait le vacarme en quoi il allait se transformer.
A peine eut-il viré sa vue en mode spectrale qu’il fut assailli par des plaintes, tourments, cris, hurlements de dizaines, de centaines ... de milliards de défunts. Wade eut à peine le temps de distinguer une traînée spectrale, d’une couleur peu ordinaire, qu’il ferma les yeux, laissa échapper la torche pour se prendre la tête entre ses mains. Les hurlements étaient un véritable supplice. La douleur auditive qu’endurait Wade lui faisait fermer les yeux et ouvrir la bouche comme pour hurler avec les voix qu’il entendait. C’était un véritable calvaire mais il devait le surmonter pour distinguer le chemin qu’avait pu emprunter Patrick. Il rouvrit péniblement les yeux. Ce fut comme si on y lui versait de l’huile bouillante. L’œil gauche à peine ouvert et le droit fermé sous la souffrance, Wade parvint à distinguer la trainée spectrale de sa cible. Alors qu’il se serait attendu à voir la traînée rouge d’un démon, ou, éventuellement bleue comme celle d’un humain, celle qu’il vit était jaune. Il ne parvenait pas à se concentrer assez pour se demander qu’est-ce qui pouvait bien laisser une traînée spectrale jaune. Il tenta de la suivre et fit un pas en avant. Cet effort lui parut quasiment insurmontable. Comment allait-il pouvoir suivre cette traînée jusqu’à son propriétaire dans cet état ? Cette question non plus il ne se la posa pas ; il en était bien incapable. Il lui fallut toute la volonté du monde pour garder les yeux ouverts et tenter de suivre la piste.

En sortant de la maison, il laissa derrière lui la torche qu’il avait allumée et laissée au sol. La torche prodiguait une lumière saphir à l’intérieur de la maison. Soudain, la flamme de Wade révéla partiellement une silhouette éthérée.

S’appuyant de sa main gauche sur les murs des édifices le long desquels il passait, Wade se tenait la tête de la droite. A le voir, il faisait penser à quelqu’un de mortellement blessé tentant de rejoindre un quelconque abri. Sauf qu’il n’était pas mourant et qu’il pourchassait une créature laissant derrière elle une traînée spectrale jaune.
Alors que son ouïe était saturée d’hurlements, sa vue ne lui renvoyait pas grand chose d’agréable non plus. Des centaines de trainées spectrales s’entremêlaient devant lui. Aux dizaines de traînées bleues, laissées par des mortels humanoïdes, se torsadaient des traînées rouges de démons. Fort heureusement, il n’y en avait qu’une seule jaune ... pour le moment.

Tandis qu’il remontait une ruelle, Wade arriva sur ce qui semblait être l’avenue principale de cette ville d’os. Là, il vit surgir de multiples destinations une bonne vingtaine de traînées jaunes tandis que le flux habituel des autres traînées se densifiait à l’extrême. Il allait donc devoir se concentrer pour démêler ce chaos et poursuivre celle qu’il suivait jusque-là. En temps normal cela ne lui aurait pas posé de problèmes. Mais assailli comme il l’était, la tâche lui semblait insurmontable.

Un cliquetis se fit alors entendre dans le sillage de Wade. Ce dernier, assiégé par les hurlements des défunts, ne l’entendit pas. Il restait là, à la sortie de la ruelle, observant avec peine l’avenue principale pour déterminer quel chemin prendre. Malgré les supplices hurlés, Wade commença à distinguer quelle trainée suivre. L’une des traces jaunes semblait plus vive que les autres, plus récente. C’est alors qu’il vit une lame surgir de sa poitrine. Wade s’immobilisa. On venait de le transpercer d’une large lame se finissant en croissant. Avant même de tourner la tête pour connaître l’identité de son agresseur, Wade savait à qui appartenait cette faux : à une camarde. Cet être squelettique du monde des morts faisant office de garde et de guide rustre pour les âmes des défunts. A peine plus dangereux qu’une nuée de moineaux ou de corbeaux. En temps normal, jamais cette créature ne serait parvenue jusqu’à lui pour tenter de le pourfendre ... en temps normal.
Heureusement pour Wade, son analgésie faisait office. L’attaque ne lui était nullement douloureuse. Réagissant au ralenti, il administra à la camarde un violent coup de coude en pleine tête. Pensant pouvoir lui fracasser le crâne ainsi, Wade se rendit compte qu’il avait perdu énormément de sa force. Son adversaire forçait sur son arme et l’enfonçait toujours plus dans son dos.
Wade allait devoir quitter le monde spectral pour récupérer ses facultés amoindries par la torture qu’il subissait actuellement. Il n’avait pas le choix, il le savait, mais cela ne l’empêcha pas de craindre perdre la piste qu’il suivait. La décision prise, il recala ses sens sur le monde physique. Immédiatement, il sentit un gain de vitalité lui revenir en n’étant plus soumis aux hurlements. Il retenta un coup de coude et frappa la camarde. La créature ne lâcha pas prise mais une fêlure apparut sur son os frontal. Wade n’avait pas encore regagné assez de forces. Peu importe, il frappa la camarde du coude encore et encore jusqu’à ce qu’elle cède. Après une demi-douzaine de coups, la camarde finit par lâcher son arme rudimentaire. Aussi brutalement désolidarisé de son adversaire, Wade fit un pas en avant, à la limite du trébuchement. Il se retourna vers la camarde et vit avec satisfaction que son crâne avait été complètement enfoncé par ses coups de coude. La créature tituba quelques secondes avant de répandre l’intégralité de son squelette sur le sol. Wade voulut s’avancer pour shooter dans le crâne de la camarde et l’envoyer rouler à une centaine de mètres dans la ruelle lorsqu’il se sentit retenu en arrière.

..oO( Une autre ?) pensa brièvement Wade.

Mais en se retournant ce qu’il vit ne fut pas ordinaire.
_____________

Note : "Cidade dos Ossos" , le titre de ce chapitre, est une référence à la "Capella dos Ossos" , une chapelle portugaise décorée d’ossements humains par un moine franciscain du XVIème siècle.
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A suivre dans le chapitre 390 - Land of the Dead
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Chapitre 389 - Cidade dos Ossos :: Commentaires

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Re: Chapitre 389 - Cidade dos Ossos
Message le Mer 21 Mar - 21:25 par Shion
Sympa cette référence, je ne connaissais pas cette chapelle.

On sent un côté anxiogène dans ce sous-arc, c'est plutôt de circonstance ^^
 

Chapitre 389 - Cidade dos Ossos

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