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 Chapitre 417 - Wenja

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Jezekiel
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07102018
MessageChapitre 417 - Wenja

Terre ??? - hutte de Karsay

Jeremiah engloutit le premier crâne de sang en un instant, aussi avide que pouvait l’être un vampire assoiffé. A peine eut-il fini ce premier crâne qu’il lui fut arraché sans ménagement par Karsay qui lui offrit un second crâne empli de sang.

« - U gwifas ! »
< - Bois ! >

Jeremiah ne comprenait toujours pas ce qu’il lui disait mais le geste était toujours suffisamment explicite pour le comprendre. Le vampire se saisit du crâne et se mit à le boire avec tout autant d’avidité que le premier. Ce ne fut qu’au quatrième que Jeremiah ralentit le rythme. Il se sentait revigoré et pouvait enfin reprendre son calme habituel. Il put donc prendre le soin d’observer le lieu où il se trouvait et, surtout, de s’enquérir de l’origine de tout ce sang. Il fut soulagé de constater qu’il provenait d’un animal, d’un sanglier à ce qu’il pouvait en voir derrière les deux hommes qui s’occupaient de lui. Mais qui étaient-ils tous les deux ? L’un était drôlement costaud et lui faisait penser à Frédéric tandis que l’autre semblait plus du gabarit de Wade. Tous les deux étaient vêtus de peaux de bêtes ... tels des hommes des cavernes. A l’époque de son Moyen-Âge natal, on ne connaissait certes pas les hommes des cavernes mais grâce aux différents livres de la bibliothèque de l’Unicorps, il avait beaucoup appris. Tout en poursuivant d’engloutir le sang de sanglier, le vampire se demanda si cela était une mascarade ou si c’était la réalité. Était-il arrivé sur une Terre primitive ?

Au fil des boissons, il sentait son corps reprendre toute sa force. Ses blessures se refermaient, ses brûlures se dissipaient, ses os terminaient de se remettre en place. Ses sens regagnaient toute leur acuité. Malgré l’abondance de l’odeur ferrique du sang, le vampire sentait la présence d’autres formes de vie animale. Comment n’aurait-il pas pu les sentir ? Elles semblaient omniprésentes tout autour de lui. Était-il cerné à l’extérieur de cette hutte ? Était-ce un piège ? Pourquoi lui redonner des forces alors ? Alors que Karsay lui présentait un cinquième crâne de sang, à moitié rempli, le dernier crâne qu’ils avaient pu tirer du sanglier, Jeremiah l’écarta violemment, le faisant tomber au sol.

« - Mayta ! » jura Karsay.
< - Imbécile ! >

Wokar n’eut pas le temps de se retourner pour savoir ce qui avait forcé Karsay à dire cela que Jeremiah était déjà hors de la hutte. Ce que vit le vampire le surprit. Malgré l’obscurité de la nuit, il se rendit compte qu’il était au beau milieu d’un village typique de l’Âge de Pierre. Mais il n’y avait personne dehors. Aucun feu n’éclairait le village malgré les multiples foyers qu’il voyait encore fumer. Les huttes n’étaient pas vides, son oreille lui indiquait la présence d’autres humains. Mais ils ne semblaient pas assez nombreux pour provoquer une odeur animale si forte. Il se retourna et vit les peaux de bêtes qui couvraient la hutte dont il venait de sortir.
Karsay et Wokar sortirent alors de la dite hutte.

« - Nay dusyagi ! Nay nu ! Nay maga prati kuzgwar ! » proclama Karsay en tentant de mettre sa main sur l’épaule de Jeremiah.
< - Non démon-glace ! Pas maintenant ! Pas être capable contre bête nocturne ! >

Mais l’homme ne put atteindre le vampire. Une force invisible l’en empêchait. Karsay ne comprenait pas quelle était la nature d’une telle chose mais il savait que cela provenait de la volonté du dusyagi. Après s’être immobilisé, Karsay choisit une autre approche ; Il écarta la peau de bête qui servait de porte à sa hutte et s’écarta quelque peu en la tenant.

« - U gwam ... pracham ... ? »
< - Entre ... s’il te plait ... ? >

Étant donné comment Karsay avait prononcé le dernier mot, Jeremiah crut comprendre sa signification. Le vampire accepta alors de retourner sous la hutte. Alors que Karsay s’asseyait à côté du feu, Wokar resta debout près de la sortie, comptant empêcher Jeremiah de tenter de sortir à nouveau. Le vampire ayant retrouvé toutes ses forces, cela le fit sourire intérieurement. Pour le moment, il ne détectait pas de danger, Jeremiah imita alors son hôte et s’assit face à lui, de l’autre côté du feu. Karsay plongea son regard dans celui de Jeremiah. Malgré son accoutrement quelque peu excentrique, le regard de Karsay était étrangement pénétrant. C’était comme s’il avait la capacité de voir par delà l’aspect physique de chaque chose et d’en détecter la véritable nature.

« - Vous comprenez lorsque je parle ? » dit soudainement Jeremiah.

Karsay et Wokar échangèrent un regard empli d’incompréhension. Manifestement la communication allait être difficile. Que les deux individus ne le comprennent pas était une chose mais que lui ne les comprenne pas était toute autre chose. Jusqu’à présent, il avait réussi à parfaitement comprendre tous les langages entendus jusque-là, que ce soit l’anglais, l’allemand ou encore le latin. Mais il ne comprenait rien au langage de ces deux hommes. Pourtant Daniel leur avait fait comprendre autrefois qu’ils pouvaient se faire comprendre et comprendre n’importe qui sur Terre dans n’importe quelle langue. S’il voulait savoir où il se trouvait il allait devoir l’apprendre pourtant, alors autant commencer par la base.

« - Je m’appelle Jeremiah ! » fit-il en posant son index droit tendu sur sa poitrine avant de pointer ce même doigt sur son principal interlocuteur et d’ajouter « - Et toi ? ». Karsay conserva le silence en tentant de comprendre ce qu’il voulait.

« - Kway kak ... ? » fit Wokar.
< - Qu’est-ce que ... ? >

Mais Karsay lui fit signe de se taire. Jeremiah voyait bien que son interlocuteur tentait de comprendre ses paroles.

« - Jeremiah ! » fit à nouveau le vampire en se pointant la poitrine avant d’ajouter « - Toi ? » en pointant Karsay.

« - Nay has dusyagi ! Has Jeremiah ! » fit Karsay.
< - Pas être dusyagi ! Être Jeremiah ! >

« - Jeremiah ? Tam udam ? Tam izila ? Tam wenja ? » répondit Wokar.
< - Jeremiah ? Comme udam ? Comme izila ? Comme wenja ? >

« - Nay ! Tam Karsay ! Tam Wokar ! » répliqua Karsay.

« - Hasam Karsay ! » adressa-t-il ensuite à Jeremiah.
< - Moi être Karsay ! >

«  - Jeremiah ! ... Hasam Karsay ! » répéta le vampire.

« - Nay ! Hasam Karsay, hasta Jeremiah ! »
<  - Non ! Moi être Karsay, toi être Jeremiah ! >

Le vampire comprit à cette occasion le mot "Non" et le verbe "Être", c’était une première avancée.

« - Hasam Jeremiah ! » dit-il, plein d’assurance.

Karsay se mit à hurler de victoire. Jeremiah observa le mastodonte derrière lui, il souriait. Il semblait content de cette avancée également.

« - Moi être Wokar ! » s’aventura le mastodonte.

Étrangement, Jeremiah comprit sa phrase aussi naturellement que si on lui avait parlé français.

« - Toi être Wokar ! » lui répondit Jeremiah ce qui provoqua un sourire encore plus large sur le visage de Wokar.

Le vampire devait passer à l’étape suivante ; il se hasarda à une formulation possiblement bancale en pensant avoir saisi l’idée générale de ce mot.

« - Kway Karsay ? Kway Wokar ? »

« - Hasarsh wenja ! »
< - Nous être wenja ! >

Jeremiah pensait avoir compris la phrase. Il devait enchaîner et en apprendre le plus possible.

« - Où sommes-nous ? ... Euh ... Où ... hasarsh ? »

Wokar regarda Karsay dubitativement.

« - Kway kak "où" ? » demanda-t-il à Karsay.

« - Cha Oros ! »
< - Ici Oros ! >

Ils passèrent ainsi la nuit à parler tous les trois, Jeremiah apprenant progressivement la langue des wenja. Après quelques heures, alors qu’il commençait à prononcer ses premières phrases correctement articulées, il en déduisit la raison de son incompréhension du début. C’était une sorte de proto-langage, pas une langue à proprement parler, pas encore tout à fait. Les wenja avaient mis des mots sur les aspects de leur quotidien mais ils n’avaient pas de pronom à proprement parler. Il leur fallait ajouter un suffixe en fonction des première et seconde personne du singulier ainsi qu’un vague pluriel. D’autres part les concepts abstraits, tel que l’amour, manquaient de mot pour les exprimer. Enfin, leurs verbes n’avaient pas de conjugaison, ils s’employaient de la même façon au passé, présent et futur.

Au petit matin, Wokar avait fini par s’endormir, seuls Karsay et Jeremiah avaient continué ainsi jusqu’au lever du soleil. Un bruit sourd, comme une sorte de grondement se fit entendre.

« - Qu’est-ce que ? » fit Jeremiah dans un parfait wenja.

« - Mara shash wartra ! »
< - Énorme pierre protection ! >

«  - Mara shash wartra ? » répéta Jeremiah, intrigué de ne pas connaître encore ces mots.

Karsay se mit à sourire.

« - Viens ! »

Tous les deux s’apprêtaient à sortir de la hutte lorsqu’ils passèrent à côté de Wokar endormi. Karsay lui donna un petit coup de pied pour le réveiller. Tous les trois sortirent de la hutte. Le soleil commençait à éclairer le village. Avec lui, le village reprenait vie. Plusieurs wenja s’affairaient dans tous les sens. Tous s’interrompirent immanquablement en voyant Jeremiah marcher librement parmi eux. Le vampire entendit encore le mot "dusyagi" dans les bouches des wenja une fois qu’ils étaient passés. C’était le même mot par lequel Karsay et Wokar l’appelaient il y a encore quelques heures. Il le trouva étrange, comme un mot composé mais aucun des deux mots lui était connu.

Ils ne tardèrent pas à arriver à l’ouverture dans la palissade. Karsay lui montra alors le rocher que des wenja avaient roulé sur le côté. Par le biais de gestes, Jeremiah comprit les termes "mara" et "shash" mais il avait encore du mal à comprendre le mot "wartra". Karsay entreprit une autre méthode pour lui faire comprendre. Il ramassa deux pierres et s’éloigna de Jeremiah. Il fit semblant de vouloir en jeter une par-dessus la clôture lorsqu’il l’envoya en plein sur la poitrine de Jeremiah sans crier gare.

« - Hey ! » fit le vampire, surpris.

Karsay ne l’avait pas lancée fort mais déjà il saisissait la seconde pierre et s’apprêtait à la lui lancer. Jeremiah ne prit pas la peine d’esquisser le moindre geste, il érigea un bouclier télékinésique contre lequel la pierre vint ricocher.

« - WARTRA !!! » cira alors Karsay.

Jeremiah comprit enfin la signification de ce mot.

« - Protection contre animaux ? » demanda alors le vampire.

« - Animaux, Udam, Izila ... Kuzgwar »

..oO( Kuzgwar ? Encore un mot composé)

Jeremiah connaissait les deux autres noms. Les udam et les izila étaient deux tribus ennemies que leur héros Takkar avait décimées il y a longtemps. Les udam étaient des brutes sanguinaires et cannibales tandis que les izila réduisaient en esclavage les wenja lorsqu’ils ne les sacrifiaient pas au soleil dans des bûchers.

« - Kuzgwar ? »

« - Non ! Pas maintenant ! Bonne journée ! » répondit Karsay en souriant.

Après quoi il se retira, laissant Jeremiah aux bons soins de Wokar.

« - Wokar ? » fit Jeremiah.

« - Karsay pas maintenant dit » répliqua Wokar.

Le vampire devrait donc attendre le moment propice pour apprendre l’origine de ce mot. Il tenta alors d’en apprendre plus sur un autre : Dusyagi.

« - Qu’est-ce que dusyagi ? »

Wokar se mit à sourire : « - Dusyagi toi être ! »

«  - Pourquoi ? »

Wokar sembla réfléchir un instant puis son regard sembla s’illuminer soudainement. Il disparut et revint avec son matériel de chasse.

« - Viens ! »

Tous deux sortirent du village et s’enfoncèrent dans les fourrés. Le vampire fut étonné de l’aisance avec laquelle Wokar se déplaçait au sein de cette forêt et de ce terrain accidenté et semé d’embuches. Autant au village il semblait des plus humains, autant ici, il semblait avoir regagné ses instincts animaux. Il se déplaçait comme un parfait prédateur, en silence et sans se faire voir plus que nécessaire. A le voir agir ainsi, il lui faisait quelque peu penser à Frédéric.

Près d’une demi-heure d’une marche rapide plus tard, Wokar et Jeremiah arrivèrent à un lac à l’eau cristalline. Elle semblait parfaitement pure. Sur la rive opposée, ils surprirent un gigantesque cervidé en train de s’abreuver. Il ressemblait à un cerf géant aux bois encore plus gigantesques, un mégacéros. Tapis sous le feuillage dense d’un arbre aux basses branches, Wokar aurait eu tout loisir de lui décocher une flèche s’il l’avait voulu.

Mais eu lieu de ça, il sortit de sous le couvert et se découvrit. L’animal ne tarda pas à le repérer. Il redressa vivement la tête et l’observa un instant, son comportement ne trahissant aucune crainte. Jeremiah trouva cela curieux. D’habitude les animaux s’enfuyaient à la vue de l’homme. Se pouvait-il qu’ils ne craignaient pas l’homme sur cette Terre ? Jeremiah sortit à son tour de sous le feuillage. En voyant un second individu, le mégacéros tourna les talons tranquillement et quitta les alentours du lacs.

« - Comment toi appeler ? »

« - Charwa ! »

« - Charwa peur nous ? »

« - Non ! Un homme, charwa reste. Deux hommes, charwa part ».

Après ce petit interlude, Wokar se dirigea vers un rocher surplombant la surface du lac. Il y déposa son arc et prit en mains sa lance. Il commença à scruter l’eau. Jeremiah comprit rapidement que c’était là leur méthode de pêche. Après quelques minutes durant lesquelles Wokar ne bougea pas d’un pouce, il lança soudainement son arme avec une vélocité peu commune. L’arme se planta dans quelque chose et le manche resta debout hors de l’eau. Wokar reprit sa lance et la sortit de l’eau. Au bout frétillait encore un énorme poisson d’un bon mètre de long. Wokar se mit à sourire et se tourna vers le vampire.

« - Viens ! » lui adressa-t-il.

Jeremiah s’approcha et Wokar lui montra la gueule du poisson. Ce dernier était particulièrement laid et présentait une gueule hérissée de dents acérées.

« - Duspayska ! » dit-il, fier.

« - Duspayska » répéta Jeremiah, comprenant que la première syllabe de son appellation venait de ce poisson.

« - Payska » fit Wokar, en imitant un poisson qui nage de sa main gauche.

« - Dus » ajouta-t-il en sortant son coutelas et pointant les dents acérées du poisson.

Le vampire pensa comprendre que la syllabe "dus" faisait référence aux dents du poisson et donc à ses propres canines. Même si ce n’était pas ça, il n’en était malgré tout pas loin.

« - Yagi ? »

« - Yagi être loin au Nord, dans ancien territoire Udam, là où froid ».

Maintenant qu’il appréhendait un peu mieux le surnom donné par les wenja, Jeremiah fut quelque peu circonspect. Ils semblaient parfaitement savoir ce qu’il était et pourtant ... Pourtant ils l’avaient recueilli et soigné. Ce n’était pas quelque chose de naturel pour lui. D’ordinaire, on achève un vampire mourant, on ne le soigne pas ... et on lui donne encore moins du sang. Les wenja avaient pourtant combattu et éradiqué les udam, ces barbares cannibales. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Quel sort lui réservaient les wenja au juste ?
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Note : Voici à quoi ressemble un duspayska dans Far Cry Primal

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A suivre dans le chapitre 418 : la Vie en Oros.
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Chapitre 417 - Wenja :: Commentaires

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Re: Chapitre 417 - Wenja
Message le Mar 9 Oct - 20:43 par Shion
Effectivement, il est étonnant que les wenja prennent aussi soin de Jeremiah.
 

Chapitre 417 - Wenja

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