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 Chapitre 214 - Terre 530 : Agitation

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Jezekiel
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31082014
MessageChapitre 214 - Terre 530 : Agitation

La ville de Deadwood était endormie depuis plusieurs heures déjà lorsque la chatte de Peernof Zavlo vint miauler à sa fenêtre. L’homme, profondément endormi, ne se réveilla pas de suite. Ce n’est que dix minutes plus tard qu’il sortit des limbes du sommeil. En entendant les miaulements de sa chatte, il se força à bouger. Il atteignit difficilement l’interrupteur de sa lampe et l’alluma. La lumière déchira violemment l’obscurité de la pièce, aveuglant quelques secondes Peernof. C’est alors qu’il entendit sa chatte miauler plus fort encore.

« - Ça va ! Ça va ! Je me suis fait un sang d’encre durant plusieurs jours, tu peux bien attendre quelques minutes, non ? »

Lorsque sa vue le lui permit, il jeta un coup d’œil à son réveil digital.

« - Bon sang ! C’est à trois heures du mat’ que tu décides de rentrer en plus ! »

Puis il se dirigea vers sa fenêtre. Peernof logeait dans un immeuble et habitait au cinquième étage. Toutefois, comme tous les bâtiments de Deadwood, son immeuble possédait des escaliers de secours du côté des fenêtres des chambres. Peernof avait pris l’habitude de lui ouvrir la fenêtre de sa chambre pour qu’elle puisse s’ébattre dehors. Mais cette nuit, alors qu’il commençait à faire froid une fois le soleil couché, Peernof l’avait fermée.
A peine leva-t-il la fenêtre que le félin entra comme un boulet de canon à l’intérieur sans que Peernof ne puisse la caresser un instant, ni même s’assurer qu’elle allait bien. Son attitude l’intriguant quelque peu, l’homme décida de la débusquer.

« - Va pas me dire que tu t’es fait engrossée ! Une comme toi, ça me suffit ! » râla-t-il.

Allumant toutes les pièces au fur et à mesure qu’il la cherchait, il finit par la trouver tapie dans le placard de l’entrée. En voyant sa chatte, il comprit de suite que quelque chose lui était arrivé. Elle était allongée sur le côté, le ventre énorme et couverte de lacérations. Elle respirait fortement et avec difficulté.

« - Ooooh ! Qu’est-ce qui t’es arrivé ma pauvre petite Tigresse ? » dit-il en se penchant vers elle.

C’est alors que la chatte eut une réaction violente. Elle se redressa et le mordit à la main. Peernof la retira vivement, ne comprenant pas ce qui lui arrivait. Après cet ultime mouvement, la chatte retomba au sol. L’animal ne bougeait plus, ne respirait plus. Son maître comprit alors qu’elle était morte. En le voyant d’ordinaire, droit comme un i, sec et à la mine renfrognée, jamais quiconque aurait pu croire qu’il pouvait pleurer à la mort de son animal. Et pourtant, c’était bien des larmes qui tombaient maintenant sur la moquette de son appartement. Lui, qui n’avait pas de compagne, venait de perdre le seul être vivant et doué de sentiments qui partageait sa vie.

Prostré dans son placard, ce ne fut qu’une heure plus tard qu’il surmonta son chagrin. Il souleva le cadavre de sa chatte et le déposa délicatement dans une boîte à chaussure qu’il conservait sans trop savoir pourquoi. Prenant son unique pelle, il sortit en direction du parc le plus proche. Après quelques minutes de marche dans le froid pinçant, il s’arrêta et se mit à creuser une tombe pour sa chère Tigresse. Le dernier geste qu’il effectuerait pour elle. Il choisit de creuser profondément pour éviter qu’on ne la déterre.
Près d’une heure plus tard, il avait fini de reboucher le trou. Il était presque cinq heures du matin, l’heure à laquelle il se levait d’ordinaire. Il allait devoir partir ouvrir son bar. Il rentra chez lui, se déshabilla et prit une douche. Très mécaniquement, il se rendit à son bar et l’ouvrit à la clientèle qui venait prendre son premier café de la journée. Il fut telle une coquille vide, dépourvu d’émotion et de vivacité. Tous ceux qui vinrent chez lui se demandèrent ce qui n’allait pas. Le voyant suer à grosses gouttes, tous choisirent de mettre cela sur le compte d’une mauvaise grippe sans essayer d’en savoir plus, de s’intéresser plus à lui.
Sans qu’il ne s’en rende compte, la morsure qu’il avait à la main commença rapidement à se nécroser.
_____________

Il était neuf heures du matin lorsque le réveil de Terry s’alluma en guise de sonnerie.

« - Bonjour à tous si vous venez de nous rejoindre. Bienvenue sur Radio France. En ce Mardi 14 Novembre, le temps est stable avec quelques nuages. Quant aux températures, elles sont de circonstance. Actuellement il ne fait pas loin de 3°C donc sortez couverts. Et si vous connaissez des Saëns, Sidonie ou des Sidney, n’oubliez pas de leur souhaiter une bonne fête. On revient tout de suite après une page de publicités ».

A ce moment, Terry surgit en caleçon dans la chambre et vint éteindre sa radio. Il vit que Jessica était réveillée, emmitouflée sous la couette.

« - Désolé ! J’avais oublié de l’éteindre » dit-il avec un sourire.

« - C’est pas grave. Curieuse comme station, c’est quoi cette … Radio France ? »

« - Disons que mes parents m’ont appris à apprécier mes origines françaises » répondit-il en se frottant derrière la tête.

« - Cunningham, ça ne fait pas très français » remarqua-t-elle.

Terry marqua une pause, surpris qu’elle connaisse son nom de famille.

« - C’est le nom de mon père, ma mère est d’origine française » reprit-il après quelques secondes.

« - Sur ce je te laisse t’habiller, je vais préparer le p’tit déj’. Tu prends du café le matin ? »

« - Oui ! Et … très joli caleçon ceci dit ! »

Soudain, Terry se rendit compte de la tenue dans laquelle il avait fait irruption dans la chambre. Il rougit et se précipita hors de la vue de son hôte.

Jessica se leva, s’habilla simplement avec un jean et un t-shirt et se présenta dans le salon. Terry lui-même s’était habillé dans le même style. Tous deux prirent leur petit déjeuner dans la bonne humeur. Après quoi, ils allèrent prendre leur douche l’un après l’autre, Terry ayant la galanterie de la laisser passer la première.
Quand ce fut son tour, il observa son visage tuméfié dans la glace. Il avait quelque peu désenflé mais n’avait pas encore retrouvé son volume habituel.

Après quoi, tous deux enfilèrent des vêtements plus chauds pour sortir et se rendre au poste de police le plus proche afin de finaliser leur plainte contre Bill Gartensen qui les avait roués de coups la veille.
Jessica portait, outre son jean et son t-shirt noir, des bottines, un pull à col roulé, une doudoune et un bonnet. De son côté Terry était vêtu de chaussures de montagne, de son jean et de son t-shirt blanc ainsi qu’un sweat-shirt rouge délavé dont il mit la capuche sur la tête et une veste de cuir noir mince.

Dehors le froid était mordant. L’idée de serrer Jessica contre lui pour la réchauffer un peu surgit dans l’esprit de Terry. Bien qu’il soit obsédé par elle, Terry savait aussi que cela aurait été déplacé et se retint donc de le faire. Dans les rues de la ville, la vie se déroulait comme à son habitude, sans se presser. Même si sa population chutait un peu plus chaque année, cela ne semblait pas affecter ceux qui y restaient. Au contraire, au fur et à mesure une espèce de zen-attitude s’était installée. Bien sûr, tout n’était pas rose puisqu’il y en avait toujours pour mettre le boxon, voler ou même agresser autrui. Comme l’homme que Terry et Jessica virent dans une ruelle, agenouillé au-dessus d’un autre immobile. Voyant cela, le sang de Terry ne fit qu’un tour.

« - HEY ! VOUS LA ! QU’EST-CE QUE VOUS FAITES ? »

Son interlocuteur ne réagit pas, continuant à faire ce qu’il faisait. Terry s’enfonça alors dans la ruelle. En se rapprochant, il pensa le voir fouiller sa victime.

« - HEY ! LAISSEZ-LE ! » cria-t-il à nouveau.

Cette fois l’homme réagit. Il releva la tête et la tourna vers Terry. Le grognement surgi de la gorge de l’agresseur glaça le sang de Terry qui recula inconsciemment, comme si son instinct avait pris le dessus. Il sortit alors de la ruelle et l’agresseur reprit son entreprise.

« - Qu’est-ce qu’il était en train de faire ? » lui demanda Jessica.

« - Je … Je ne sais pas ! Mais faut avertir les flics ! »

Tous deux se mirent alors à courir jusqu’au poste. Ils y arrivèrent trois minutes plus tard, quelque peu essoufflés. Sans reprendre leur souffle, ils montèrent tous les deux les quelques marches du parvis et s’engouffrèrent dans l’hôtel de police.

« - AIDEZ-NOUS ! UN HOMme … » commença à crier Terry lorsqu’il s’interrompit de lui-même.

A l’intérieur, le poste de police était bondé de monde. La population regroupée ici était des plus agitée, une agitation dont personne n’avait l’habitude à Deadwood. Avec le brouhaha qui y régnait, personne n’avait entendu la voix de Terry. Lui et Jessica étaient stupéfaits par cette agitation et se demandèrent ce qui avait bien pu se passer pour qu’autant de gens se regroupent au poste ainsi.
Les gens semblaient réclamer une action de la police mais chacun pour son propre problème. Bien évidemment, le petit bureau du shérif de Deadwood était débordé par autant de demandes et de plaintes. Mais cela, les gens ici présents ne semblaient pas le comprendre et leur ton commençait à monter.

« - Qu’est-ce qu’on fait ? » demanda Jessica.

« - Heu … Je ne sais pas. On viendra déposer plainte demain ? » répondit Terry plus sur le ton d’une autre question que d’une affirmation.

« - Et pour l’homme qu’on a vu dans la ruelle ? »

« - Ah ! Oui, c’est vrai ! On va essayer de se frayer un chemin. Ce n’est pas possible que tous aient un motif plus important que le nôtre ».

C’est alors qu’une des personnes derrière qui ils étaient se retourna.

« - Ah ouais ? Et tu crois que je suis là pour quoi ? Espèce de morpion ? » lui lança l’homme sur le visage duquel coulait du sang issu d’une lacération au cuir chevelu.

« - Ouais ! Attendez votre tour les mioches ! » lui dit une autre personne qui le repoussa de la paume de la main.

« - Mais une personne est en train de se faire agresser à quelques rues d’ici ! » rétorqua Jessica.

« - Ta gueule pétasse et va voir ton petit ami de biker ! » lui répondit une troisième personne.

« - OH ! Je ne vous permets pas de lui parler comme ça ! » dit Terry en empoignant la personne par le col.

Mais l’homme qu’il avait saisi était plus fort que lui et il le repoussa en le faisant tomber en arrière.

« - Putain ! Pour qui tu te prends toi ? » lui dit-il en commençant à le frapper au sol.

« - ARRÊTEZ ! » commença à crier Jessica.

C’est alors qu’une silhouette fendit la foule et fit se relever de force l’agresseur de Terry en le tirant par le col.

« - Toi ! Tu arrêtes ça tout de suite ou tu auras affaire à moi ! » lui intima-t-il.

L’homme qui venait d’intervenir avait une sacrée carrure et projetait une ombre impressionnante. Il avait les cheveux mi-longs et châtains et une épaisse barbe. Il était habillé élégamment d’un costume trois pièces par-dessus lequel il portait une veste bleu foncé imperméable. La veste portait deux signes distinctifs qui trahissaient immédiatement la profession de l’inconnu. Sur son cœur, une étoile argentée était épinglée. Dans le dos, la veste portait l’inscription "U.S. MARSHALL". Il tendit la main vers Terry pour l’aider à se relever. Terry la saisit sans se faire prier.

« - Merci Marshall ! »

« - De rien petit ! C’est la folie ici ! Ils sont tout le temps comme ça à Deadwood ? »

« - Non ! Même lors de la fête nationale, ils ne sont pas agités ! » lui répondit Terry en souriant.

« - C’est ça ! Aidez-le, lui et sa poufiasse ! » lança alors un anonyme dans la foule.

« - Ouais ! Et nous, les honnêtes gens, on peut toujours attendre ! » s’esclaffa un autre.

La foule devint rapidement en colère et une canette fusa droit sur le visage du marshall, lui ouvrant l’arcade sourcilière gauche.

« - Ça commence à sentir le roussi ici, Marshall ! » lui dit alors l’un des trois hommes qui l’accompagnaient.

« - Ouais ! On a le paquet, barrons-nous d’ici ! » répondit-il.

Tandis qu’ils sortaient du poste de police, Terry et Jessica virent ceux qui l’accompagnaient et le suivaient comme son ombre. Il s’agissait de deux gardiens de transfert de prisonniers encadrant un prisonnier encore vêtu de ses habits civils.

« - Vous feriez mieux de quitter aussi ce lieu le temps qu’ils se calment ! » lança le Marshall à l’attention de Terry et Jessica.

Sans réfléchir, les deux jeunes gens suivirent son conseil et sortirent en même temps qu’eux.
A l’extérieur, dès qu’il les vit, le conducteur du minibus pénitencier avança le véhicule juste devant le poste de police, en bas des marches. Il coupa le contact et ouvrit les portes louvoyantes pour permettre à ses collègues de monter.

« - Holà Marshall ! Il a été récalcitrant celui-là ? » demanda le chauffeur en voyant le sang qui dégoulinait sur son visage.

« - J’aurai préféré ! C’est l’un des excités qui se sont agglutinés dans le poste qui m’a fait ça avec une canette ! »

« - Fichtre ! Ça a quand même l’air sérieux, Marshall ! Vaudrait mieux aller faire examiner ça à l’hôpital avant de reprendre la route ! »

Tandis que les deux gardes faisaient monter leur nouveau prisonnier et se dirigeaient vers l’arrière, là où se découpaient dans l’obscurité deux autres silhouettes, le Marshall connut un moment d’hésitation.

« - Euh … Marshall ? Je voulais vous remercier de m’avoir aidé » dit alors Terry en s’avançant et tendant la main à l’intérieur du bus.

Le Marshall regarda alors dans quel état était son visage. Puis il lui serra la main tendue avant de le tirer à l’intérieur du bus.

« - Tu me remercieras une fois arrivé à l’hôpital petit ! Montez, vous aussi, demoiselle ! »

Jessica hésita un instant puis monta dans le bus. Alors que le chauffeur refermait les portes, les deux jeunes gens purent mieux voir les visages des deux autres prisonniers. En reconnaissant l’un d’eux, Jessica saisit le bras de Terry et se serra contre lui. Le jeune homme fut quelque peu surpris et dévisagea l’homme qui semblait tant lui faire peur. Ses yeux s’écarquillèrent en reconnaissant, assis dans le fond, le bûcheron boucher.
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Chapitre 214 - Terre 530 : Agitation :: Commentaires

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Re: Chapitre 214 - Terre 530 : Agitation
Message le Dim 31 Aoû - 14:13 par Shion
Décidément, Terry n'arrête pas de se faire tabasser '^^

Je sens qu'on devrait bientôt voir des zombies ^^
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Re: Chapitre 214 - Terre 530 : Agitation
Message le Dim 31 Aoû - 19:17 par Jezekiel
Est-ce que cet arc spécial t'intéresse un poil plus avec ce second chapitre ?
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Re: Chapitre 214 - Terre 530 : Agitation
Message le Lun 1 Sep - 21:18 par Shion
Yep, du coup, j'ai presque hâte d'être à la fin du prochain arc XD

Je dis "presque" parce que je préfère quand même suivre les aventures de la petite bande ^^
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Re: Chapitre 214 - Terre 530 : Agitation
Message le Lun 16 Mai - 17:12 par Nyko
Effectivement ça sent le zombie^^
Re: Chapitre 214 - Terre 530 : Agitation
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Chapitre 214 - Terre 530 : Agitation

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