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 Chapitre 359 - Fâcheux souvenirs

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Jezekiel
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13082017
MessageChapitre 359 - Fâcheux souvenirs

Terre 864

Frédéric ne sachant comment s’y prendre pour obtenir des réponses, Milla lui indiqua qu’elle avait une connaissance qui pourrait peut-être l’aider ... mais pour cela, il leur faudrait prendre l’avion. Et qui dit avion, dit passeport. Par chance, à Marseille il n’y avait rien que l’on ne puisse acheter pour peu qu’on y mette le prix. Comme elle l’avait déjà démontré, Milla connaissait la cité phocéenne et y possédait même une planque histoire de se faire oublier par moment.

Sa planque se situait dans un véritable bouge, un taudis infâme à peine plus évolué qu’un bidonville installé à la va-vite par des migrants en quête de l’El Dorado occidental. Néanmoins, tous ceux qu’ils rencontrèrent saluèrent Milla respectueusement. Elle était ici chez elle et tous la connaissaient. Bien que c’était un peu la loi du plus fort dans ce genre de quartier, personne ne se serait permis d’importuner la jeune femme de quelque façon que ce soit. Elle ouvrit la porte sans avoir besoin de la déverrouiller. Frédéric fut surpris par l’intérieur. C’était certes spartiate mais c’était propre et bien ordonné. Quant à Milla, elle se dirigea de suite vers une étagère où étaient alignées diverses conserves de tailles variées. Elle prit l’une des plus grosses et en sortit une grosse liasse de billets.

Ayant obtenu ce qu’elle venait chercher, ils ressortirent de suite, direction une ruelle à quelques pâtés de maison d’ici. La ruelle faisait penser à une rue du Caire, un souk semblait s’y être installé avec de nombreuses toiles tendues entre les bâtisses en guise de tente. Ici on pouvait y venir à toute heure du jour et de la nuit, il y avait toujours quelqu’un pour tenter de vous vendre quelque chose. Ils approchèrent d’un étale avec moult vêtements mis pêle-mêle à disposition du premier passant. Milla s’approcha et tendit quatre billets de cinquante euros. L’homme, quelque peu endormi, se réveilla en sursaut en voyant les couleurs chatoyantes des billets. Il les invita à entrer dans la maison juste derrière lui. La pièce dans laquelle ils pénétrèrent était saisissante de contraste. Tout y était propre et bien entretenu. Les vêtements étaient disposés sur des cintres et semblaient bien plus propre que ceux exposés dehors. Tous deux trouvèrent rapidement de quoi se changer et passer un peu plus inaperçus que dans des treillis militaires. Milla s’amusa un instant à rejouer la scène culte d’essayage de Pretty Woman ... avec un aspect un peu plus coquin. Bien que souriant devant ses frasques, Milla remarqua que Frédéric n’était pas aussi détendu que d’habitude ; quelque chose semblait le préoccuper.

Elle attendit qu’ils ressortent de la boutique pour lui demander ce qui n’allait pas. Frédéric esquiva en lui répondant que c’était ce quartier qui le mettait mal à l’aise. Mais c’était un mensonge. Comment pourrait-il lui dire ce qui le préoccupait réellement ? Comment allait-il lui dire que leur second baiser, nullement influencé par leurs phéromones cette fois-ci, issu de véritables sentiments, avait réveillé en lui de nouveaux souvenirs. Des souvenirs d’un autre baiser, et plus encore ... avec une autre femme. Une femme aux cheveux aussi bleu que la mer et répondant au nom de Sandora Setsuna. Pour le moment, il devait rester concentré. Durant le vol, il aurait bien l’occasion de lui en parler.

Après s’être acheté une allure, il était temps de s’acheter une identité ... enfin surtout Frédéric ; Milla ayant déjà le nécessaire. Là encore, elle savait parfaitement à qui s’adresser. Une heure plus tard, Frédéric s’appelait dorénavant Pierre Duval.
Sans attendre, ils prirent de suite la direction de l’aéroport Marseille-Provence. Cinquième aéroport de France, Marseille-Provence présentait la possibilité de vols internationaux ... ce que recherchait Milla. En effet son contact ne se trouvait pas en France mais aux États-Unis.

Il était près de 2h du matin lorsqu’ils arrivèrent à l’aéroport. A cette heure, le bâtiment était pour ainsi dire désert. Levant les yeux au panneau d’affichage, ils virent que la veille, le dernier vol avait décollé peu avant minuit. Tous les guichets étaient vides, il n’y avait personne auprès de qui s’enregistrer pour le prochain vol à destination des États-Unis. Il n’y avait guère que le personnel d’entretien éparpillé aux quatre coins de l’aéroport et conduisant des auto-laveuses. Après avoir vu que les guichets n’ouvraient que dans trois heures, ils prirent leur mal en patience et allèrent s’asseoir dans le hall d’attente le plus proche.
Durant la première demi-heure, Milla et Frédéric n’échangèrent pas un mot, se contentant de s’avachir progressivement dans ces sièges en plastique moulé au rythme du passage régulier d’un vigil.

« - Comment s’appelle-t-elle ? » fit soudain Milla.

Frédéric sursauta presque lorsque Milla lui posa la question. Comment le savait-elle ? Bien qu’il essayait de ne rien laisser transparaître, était-il aussi transparent ?

« - Elle s’appelle Sandora » dit-il, sans détour.

« - Depuis quand t’en souviens-tu ? »

« - Depuis notre dernier baiser ».

« - Pas depuis le premier ? »

« - Non, le premier n’a éveillé aucun souvenir en moi ».

Milla conserva le silence un instant. Elle admit en son for intérieur que Frédéric était sincère. Après tout, le premier baiser qu’ils avaient échangé était grandement influencé par leurs phéromones respectives, il n’y avait que très peu de sentiments à ce moment là. Certes, il était amnésique. Certes, il ne recouvrait sa mémoire qu’épisodiquement et, semble-t-il, en fonction des stimuli présents. Mais cela ne calmait pas la colère sous-jacente que Milla ressentait.

« - Et tu l’aimes ? » lâcha-t-elle.

A peine eut-elle posé la question que Milla la regretta. Elle passait pour quoi au juste ? Était-elle jalouse d’un souvenir ? Non, c’était autre chose. C’était plus comme si elle avait peur que Frédéric ne réapprenne à aimer une femme absente, une femme autre qu’elle. Et c’était bien la première fois qu’elle réagissait ainsi. Elle aussi de son côté, elle avait eu une vie avant de le rencontrer. Elle avait eu des relations plus ou moins sérieuses et plus ou moins compliquées. A chaque fois qu’un homme avec qui elle était sensée être s’avérait en aimer une autre, elle le larguait immédiatement avec perte et fracas. Mais comme elle s’en était déjà fait la réflexion, avec Frédéric c’était différent.

« - Honnêtement ? Je ne suis pas sûr. J’ai l’impression que je l’aimais avant que je ne perde la mémoire. Aujourd’hui, je ne sais pas. La seule chose dont je suis sûr c’est que je me sens bien avec toi ».

Milla se mit soudainement à sourire. Elle prit la main de Frédéric dans la sienne et entrecroisa ses doigts avec les siens. Ils n’échangèrent plus durant plusieurs minutes.

« - Parle-moi un peu d’elle ».

« - C’est ... un peu délicat ».

« - Comment était-elle physiquement ? »

« - Vous avez à peu près le même âge. Elle doit être un poil plus petite que toi et une silhouette plus ... élancée » commença à décrire Frédéric, tout en observant les réactions de Milla du coin de l’œil.

Parler d’un ex dont on se souvient à peine à la personne avec qui on est en ce moment relève toujours de l’exercice d’équilibriste.

« - Elle avait les cheveux longs également ... et bleu ».

« - Bleu ? » fit Milla, surprise.

« - C’est ce dont je me souviens ».

« - Et au niveau du tempérament ? »

« - ... Elle ... Dans mes souvenirs elle semblait être à la fois douce et combattive ... Quelque chose me trouble en revanche. Je ... ne peux m’empêcher de vous trouver un point commun. A votre manière, vous êtes toutes les deux ensorcelantes ».

« - Ensorcelantes, hein ? » fit Milla en lui donnant un petit coup de coude et en souriant.

« - Tu t’en es pas trop mal sorti » ajouta-t-elle sans cesser de sourire.

Ils parlèrent épisodiquement de tout et de rien jusqu’à ce que les guichets ouvrent enfin. Ils prirent le premier vol en direction des États-Unis et plus particulièrement le New Orleans International Airport. Ils se rendaient donc en Louisiane remarqua Frédéric. Étrangement, le nom de l’état lui semblait étrangement familier. La sous jacence d’un nouveau souvenir ? Peut-être le découvrirait-il une fois à destination.

A cette heure matinale, ils furent étonnés de voir les voyageurs affluer en masse. Une fois leurs billets obtenus et la douane passée, ils se rendirent de suite dans le hall d’attente. Ils n’attendirent pas bien longtemps avant que des hôtesses ne les invitent à embarquer.

Ils prirent place à l’intérieur de l’avion et attendirent que celui-ci décolle avant de s’assoupir. En effet, ils n’avaient pas beaucoup dormi ces deux derniers jours et ils comptaient mettre à profit les 10 heures de trajet pour récupérer.
Ils se réveillèrent peu de temps avant qu’une hôtesse ne les avertisse qu’ils étaient en approche de l’aéroport. Près d’une heure plus tard, ils étaient en train de traverser le New Orleans International Airport. L’aéroport était bondé de gens mais en jouant des coudes, ils parvinrent à se frayer un chemin jusqu’à la sortie sans trop de mal. Là, attendait toute une file de taxis jaunes. Milla fit signe au premier venu et lui demanda de les amener à une adresse en banlieue. Depuis qu’ils étaient sortis de l’aéroport, ce qui avait frappé Frédéric était la chaleur de la ville. Une chaleur humide lourde et pesante. A mesure que le taxi s’enfonçait dans les artères de la ville, Frédéric se crut un instant en plein Paris. Le style architectural de nombreuses maisons était indéniablement d’inspiration française, un héritage de l’époque colonialiste. Il nota également, sans aucune surprise ni aucun préjugé, que la population était majoritairement noire.
Tournant à plusieurs reprises dans des rues qui semblaient de plus en plus étroites, le taxi les emmena contempler le revers du décor de cette grande ville. Ils pénétraient à présent dans un quartier entièrement laissé à l’abandon où les maisons en bon état se comptaient sur les doigts d’une seule main. Toutes les autres étaient dévastées, en ruines. Devant le silence pesant de ses passagers, le chauffeur leur indiqua que c’était là la trace indélébile laissée par l’ouragan Katrina. Néanmoins, la population ne se laissait pas abattre. Même après un terrible ouragan, même après l’indifférence du gouvernement face à leur précarité, les louisianais conservaient leur fierté et leur volonté de se battre héritées de leurs ancêtres. Le chauffeur alluma alors la radio et leur fit écouter du Louis Armstrong, natif de la Nouvelle Orléans.

Après plusieurs minutes, ils arrivèrent enfin à l’adresse indiquée par Milla : le 2538 Choctaw Street à l’angle de Law Street dans le Lower Ninth Ward. [1] Ce district avait été particulièrement touché par l’ouragan Katrina. En effet, l’eau l’entourait presque intégralement avec le Main Outfall Canal au Nord-Est, le Turning Bassin au Nord-Ouest, un canal reliant le Mississippi à l’Ouest et le fleuve précédemment cité au Sud. Lors de la montée des eaux, le Lower Ninth Ward avait été ravagé. Alors qu’ils n’y avait que des ruines autour d’eux, au 2538 Choctaw Street, la maison était intacte. Elle n’avait pas été reconstruite ou encore rénovée, non elle semblait être restée en l’état, comme si les eaux l’avaient volontairement épargnée. La maison était d’un style classique, petit et à un étage. Quelques dalles de béton disposées devant l’entrée mais sans aucune pelouse si bien qu’on avait du mal à distinguer où finissait la route poussiéreuse et où commençait le trottoir. Entourant une partie de la maison, il y avait un champ de mauvaises herbes et de broussailles presque à hauteur d’homme. Le quartier était particulièrement misérable. Milla paya le chauffeur qui partit sans attendre.

« - Tu es sûre de ton adresse ? » demanda Frédéric, circonspect.

« - Tout à fait, pourquoi ? Cette maison ne respire-t-elle pas le bonheur de vivre ? » fit Milla sur le ton de l’humour.

Ils montèrent les quelques marches menant sous l’auvent.

« - Ne sois pas étonné, mon ami est quelque peu ... spécial » lui dit Milla avant d’arriver devant la porte.

Face à celle-ci elle n’eut pas à frapper ; elle s’ouvrit immédiatement. Une voix caverneuse leur intima d’entrer. Frédéric observa la porte. Il n’y avait personne pour l’ouvrir, il n’y avait pas non plus de systèmes mécaniques. Elle se referma aussitôt qu’ils furent tous les deux entrés. Quel était donc ce subterfuge ? se demanda Frédéric. Mais à peine firent-ils quelques pas à l’intérieur que Frédéric comprit où ils étaient arrivés. Des signes ésotériques avaient été peints sur les murs avec une peinture marron. Non, ce n’était pas de la peinture. Le fer oxydé flottant dans l’air lui indiqua qu’il s’agissait de sang ... mais de quelle origine ? Les signes semblaient avoir été peints encore et encore. Des ossements, surtout des crânes, servaient de décorations murales de-ci de-là.

« - Bon sang, mais on est chez qui ? » murmura Frédéric.

« - Chez N’Douarti, un grand maître vaudou et ami » lui répondit Milla sur le même ton.

« - Permet-moi de douter de l’un de ces deux qualificatifs, Milla » dit alors la même voix caverneuse qui les avait invités à entrer.

C’était un homme noir, avec des dreadlocks et de la peinture blanche sur le visage faisant penser au motif d’un crâne. Tous s’immobilisèrent un instant.

« - Amis, nous le sommes, c’est certains » finit par dire l’homme en écartant les bras.

Milla se jeta dans ses bras dans une amicale accolade.

« - Karl ! Ça fait du bien de te revoir ! » fit-elle.

« - Qui est ton compagnon ? »

Le mot pouvait revêtir deux sens bien distincts mais Frédéric sentait qu’il l’utilisait dans le sens du compagnon de vie. Comment avait-il fait pour le savoir ? Mais question plus urgente, pourquoi Frédéric semblait le connaître, ou du moins le reconnaître malgré son visage grimé ?

« - Je me nomme Frédéric » finit-il par dire en fronçant les sourcils.

« - Juste Frédéric ? »

« - Oui, juste Frédéric ! »

« - Comme Juste Leblanc ? »

« - Comme qui ? » fit Frédéric, commençant à se montrer énervé.

« - C’est pour cela que l’on ait venu te voir, Karl ».

« - Je vois ! Bienvenus chez moi dans ce cas, bienvenu chez Karl N’Douarti, le sorcier vaudou du quartier » fit celui-ci avec un sourire et tendant sa main à Frédéric.

Karl N’Douarti, la juxtaposition de son prénom et de son nom agit comme un déclencheur dans l’esprit de Frédéric. Des souvenirs le submergèrent. Il avait déjà croisé la route de deux Karl N’Douarti ... ou peut-être trois. Mais le troisième se référait à ... une femme ? Qu’importe, le second n’avait été que croisé, un triste sire agonisant dans une cellule. Mais ce qui lui revenait surtout à l’esprit c’était un gouverneur, ou une sorte de maire, gouvernant une cité isolée d’une main de fer, un véritable tyran et traître. Rouvrant les yeux, le souvenir de ce dernier Karl se superposa un bref instant avec le Karl présent devant lui. Frédéric réagit violemment. En un instant il se métamorphosa et le tira à lui par la main qu’il lui tendait.

« - FRÉDÉRIC !! » cria Milla.

Celui-ci s’arrêta net, la gueule à quelques centimètres du visage de N’Douarti. Voyant la peinture blanche sur son visage, Frédéric se calma. Il reprit forme humaine et lâcha N’Douarti.

« - Je ... Désolé, un souvenir ... désagréable vient de resurgir. Je vous ai pris ... pour un autre » s’excusa Frédéric, en choisissant soigneusement ses mots.

« - Ce n’est rien ! J’ai déjà connu des excès de colère comparable ... n’est-ce pas Milla ? » fit Karl en souriant.

« - Je vois ce qui vous a amené ici, en tous cas. Vous avez perdu la mémoire et aimeriez la retrouver ... intégralement ».

« - C’est exact » fit Frédéric en baissant la tête.

Il la baissait non pas par honte mais pour éviter de regarder à nouveau son visage et lui épargner la résurgence violente d’autres souvenirs.

« - Voyons ce que je peux faire pour vous. Si vous voulez bien me suivre » fit le sorcier.

Ce dernier les amena dans une petite pièce à l’arrière de la maison. Autrefois, cette pièce servait de cuisine mais avait été réaménagée en cabinet d’occultisme. Ici les signes vaudous abondaient et une tierce personne les attendait.

« - Bonjour Michelle ! » adressa Milla à la jeune femme noire habillée de façon quelque peu macabre.

Mais celle-ci ne lui répondit pas, semblant ne pas être présente. Un serpent, un boa blanc, se lovait sur ses épaules, immobile lui aussi.

N’Douarti les invita à prendre place autour de la petite table ronde au centre de la pièce. Puis, sans prévenir, il prit Frédéric par le poignet droit tout en tenant une petite dague dans son autre main.

« - Hola ! » fit Frédéric en résistant.

« - Vous n’avez pas peur d’une petite coupure tout de même, vous un si grand garçon ? »

Frédéric jeta un coup d’œil à Milla qui lui fit signe de la tête de lui faire confiance. N’Douarti reprit donc son entreprise et lui taillada légèrement l’intérieur de la paume. Il fit saigner Frédéric au-dessus d’un petit bol. Seules quelques gouttes lui suffirent après quoi il relâcha Frédéric. Le sorcier jeta une petite pincée d’une poudre inconnue sur le sang dans le bol. La réaction fut immédiate, un panache de fumée s’en dégagea. N’Douarti respira la fumée à pleins poumons et sembla entrer immédiatement en transe. Ses pupilles disparurent, les globes oculaires retournés. Sa bouche commença à bouger comme s’il voulait parler mais aucun son n’en sortit.

Le visage serein jusque-là, il ne tarda pas à se déformer comme si N’Douarti était agressé là où il se trouvait. Puis il fut comme repoussé violemment en arrière et tomba de sa chaise. Le sorcier, revenu à lui, se releva avec peine. Lorsqu’il vit Frédéric assis à sa table, il commença à trembler de peur.

« - J-Je ne peux rien pour v-vous ! PARTEZ ! »

« - Karl ? Qu’est-ce qui ne va pas ? Qu’as-tu vu ? »

N’Douarti saisit Milla par les poignets.

« - Éloigne-toi de lui ! » lui fit-il, transi de peur.

« - Une ... une entité malfaisante tourne autour de vous ! Elle vous protège ! ... Qui êtes-vous vraiment ? ... Le Diable ? ».

« - J’espère que non ! » fit Frédéric, presque amusé.

« - Sortez ! SORTEZ DE CHEZ MOI ! VOUS N’ÊTES PAS LE BIENVENU CHEZ MOI !!! »

« - Ravi de vous avoir rencontré également. Ça valait bien dix heures d’avion » fit Frédéric en se levant et prenant la direction de la porte.

Bien que désappointée par la réaction du sorcier, Milla suivit Frédéric.

« - Je ne comprends pas ce qui s’est passé » fit Milla.

« - Ce n’est pas grave, ça ne m’avance pas beaucoup, mais c’est pas grave » répondit Frédéric.

Alors qu’ils franchissaient le seuil de la maison, une voix féminine leur demanda d’attendre. Ils se retournèrent et virent que c’était Michelle.

« - Tiens ? Elle est réveillée maintenant ? » fit Frédéric.

Michelle, les yeux entièrement blancs, s’avança sans hésiter vers Frédéric. Elle posa alors son index sur le front de Frédéric.

« - Souviens-toi ! » fit-elle d’une voix d’outre-tombe.

Frédéric écarquilla des yeux et se figea. Soudain un souvenir surgit dans son esprit ... mais sans lui causer de troubles contrairement aux autres fois. C’était plus comme une vision. Il vit la Tour Eiffel et un souterrain macabre remplit d’os et de crânes humains.

« - Qu’as-tu vu ? » s’enquit Milla tandis que Michelle retournait dans le cabinet sans faire un bruit.

« - Les catacombes de Paris » répondit-il.
_____________

[1] : Note 1 : Choctaw Street

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A suivre dans le chapitre 360 : Résurgence
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Chapitre 359 - Fâcheux souvenirs :: Commentaires

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Re: Chapitre 359 - Fâcheux souvenirs
Message le Dim 13 Aoû - 22:46 par Shion
Je ne sais pas pourquoi, mais N'Douarti est le 1er nom qui m'est venu lorsque tu m'as parlé de "connaissance" Razz

Les souvenirs reviennent de plus en plus, et effectivement, comme je m'y attendais, celui de Sandora s'avère délicat à gérer.

Le retour aux catacombes est une manière de boucler la boucle, et ça me semble être l'endroit le plus approprié pour que Frédéric retrouve ses souvenirs.
 

Chapitre 359 - Fâcheux souvenirs

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