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 Chapitre 220 - Escales

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Jezekiel
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12102014
MessageChapitre 220 - Escales

Terre 2663 –Mont Robson

Sortis du Geschwader, la nuit était tombée et la visibilité s’en était retrouvée amoindrie pour nombre de faunanthropes qui ne possédaient pas naturellement de facultés nyctalopes. Suivant les indications de Tobe, ils rejoignirent une grotte à deux kilomètres de là où ils purent établir un campement spartiate histoire de se reposer et de reprendre des forces.
Tandis que la grande partie du groupe sombrait rapidement dans les bras de Morphée, Frédéric et Sandora rejoignirent Ponk et Élaphe à l’entrée de la grotte.

« - Quelle est la suite du plan ? » demanda Frédéric.

« - Demain on prendra la direction du Sumpf » répondit Ponk.

Le ton qu’employait le gorille laissait supposer que cela ne l’enchantait guère.

« - Je suppose que c’est une autre enclave faunanthrope » dit alors Frédéric.

« - Effectivement ! Si vous avez trouvé le Geschwader un peu … distant, ce n’est rien comparé au Sumpf ! Il est dirigé d’une main de fer par Semach. C’est un faunanthrope intraitable à qui on ne peut faire changer d’avis. Sous sa direction, le Sumpf est une enclave refermée sur elle-même qui ne veut traiter avec aucune autre. Même à l’intérieur du Sumpf, Semach reste intolérant et condamne à mort quiconque ose procréer, se marier, épouser, ou ne serait-ce même que flirter avec une autre espèce que la sienne ».

« - Woah ! Ah quand même ! Je ne pensais pas que le racisme au sein des faunanthropes pouvait exister, surtout pas de façon aussi poussée » répondit Frédéric, quelque peu surpris.

« - Ce n’est pas du racisme à proprement parler » répondit Ponk.

« - C’est quoi alors ? » demanda Sandora.

« - C’est trop complexe pour être qualifié de "racisme". Ce qu’il faut savoir c’est que la grande majorité des faunanthropes ayant survécu au premier cataclysme induit par la Pomme de Vie sont des mammifères. Nombreux sont ceux qui se sont regroupés en enclaves, et que nous tentons de rallier à notre cause actuellement. Mais il y a plusieurs faunanthropes qui ont choisi de vivre seuls, tels des ermites » expliqua Élaphe.

« - Comme Joshua ».

« - Tout à fait ! Mais à côté de "nous", il y a des faunanthropes d’autres banches tel que le Sumpf qui regroupe la très grande majorité des faunanthropes reptiles. Même s’ils ne sont pas majoritaires, le Sumpf constitue tout de même une enclave de taille conséquente que l’on ne peut ignorer » poursuivit le Cerf.

« - Mais s’il n’y a que des reptiles, pourquoi ce Semach proscrit l’accouplement entre eux ? » demanda Frédéric.

« - Ce n’est pas cela qu’il proscrit ! » répondit Ponk.

« - En fait, ce qu’il proscrit ce sont les hybridations, les accouplements inter-espèces. Donc un crocodile ne peut se marier qu’avec une crocodile et pas une iguane, par exemple ».

« - Ah ok ! » fit Frédéric.

« - Mais pourquoi condamnent-ils les hybridations ? » demanda Sandora curieuse.

« - L’hybridation est très aléatoire et la progéniture qui en est issue peut s’avérer particulièrement instable. Malformations, comportements sociopathes, spendes incontrôlables, tels sont les risques de l’hybridation et nombreux sont ceux qui évitent d’en faire ».

« - Vous y compris ? » demanda Sandora.

« - Oui ! Mais nous ne rejetons pas les hybrides pour autant. S’ils s’avèrent normaux, ils s’intègrent parfaitement, sinon nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour les aider » répondit Ponk.

« - Mais pas Semach » conclut Frédéric.

« - Non, pas Semach ! Il ne veut prendre aucun risque et sa politique est efficace puisque personne ne tente ne serait-ce qu’une relation amicale inter-espèces ».

« - Ah ben ça doit être agréable que de vivre au Sumpf » remarqua Frédéric.

« - Vous vous en rendrez compte par vous-même dans un mois » répondit alors Ponk.

« - On ne va pas perdre un mois pour se rendre je ne sais où alors que la Pomme de Vie se dirige droit vers Lyon ! » répliqua Frédéric.

« - Vous pensez à votre ami Miles ? »

« - Ouais ! »

« - La dernière fois qu’il nous a transportés, ça a failli lui coûter la vie » rétorqua Élaphe.

« - Il me semble que c’est à lui seul d’en juger ! » intervint alors Jeremiah qui n’avait rien manqué de la conversation.

« - Qui nous dit que la pomme n’aura pas rejoint Lyon d’ici un mois ? ».

« - Vous parlez encore de faire de la marche pendant une éternité ? » surgit alors Miles, à son tour, en sortant de la matière noire.

« - Nul ici ne veut votre perte ! Le dernier transport que vous avez effectué a failli vous perdre ! » dit alors Ponk.

« - Surtout que maintenant nous sommes un de plus » fit remarquer Élaphe au sujet de Tobe.

« - Ouais, ouais, ouais ! C’est pas un problème ça ! J’ai juste eu les yeux plus gros que le ventre la dernière fois. J’ai appris à mes dépends quelle énergie il fallait que je déploie pour vous transporter tous en une seule fois. Il est clair que je ne recommencerais pas de sitôt. En revanche, si on fractionne le trajet en plusieurs bonds, en me laissant récupérer entre chaque, ça devrait pouvoir le faire ».

« - Tu es sûr ? » lui demanda Frédéric.

« - On verra ça demain, une fois que j’aurais pioncé un coup » lui adressa Miles avec une petite tape sur l’épaule avant de repartir se coucher.

Tous l’imitèrent, sauf Jeremiah qui resta vigilant toute la nuit durant.

Le lendemain, au petit matin, ce fut Tobe qui s’éveilla le premier. Il confia à Jeremiah qu’il partait en quête de pitance pour le groupe. Près d’une heure plus tard, alors que tous se réveillaient dans la grotte, Tobe revint avec un sac plein de fruits, essentiellement des pêches et des pommes, idéal pour un petit déjeuner plein de vitamines.
Quand tous furent réveillés et rassasiés, Ponk révéla leur prochain but : la Louisiane, soit près de 34 jours de marche d’après Isaac. Lorsqu’ils comprirent qu’ils se rendaient au Sumpf, plusieurs dans le groupe exprimèrent leur appréhension compréhensible. Avec l’aide d’Isaac, Miles visualisa la distance et avoua qu’effectivement, faire un seul bond serait peut-être dangereux pour lui. Au cas où ils se retrouveraient en milieu hostile à l’issue d’un bond, Miles décida de s’épargner un maximum et leur fit faire un bond jusqu’à Calgary, soit plus de 600 kilomètres parcourus en une fois et cinq jours de marche épargnés. A l’issue du bond, Miles souffla un coup. Cet effort arrivait un peu trop tôt après le premier saut de masse qu’il avait effectué entre l’Amérique du Sud et les Rocheuses. Il avait l’impression d’avoir utilisés des muscles encore courbaturés. Néanmoins, il se reprit rapidement.
Calgary, la ville où ils étaient donc arrivés, était déserte. Ou du moins, s’il y avait des habitants, ils se terraient la journée dans leurs habitations. Toutefois, les rues envahies par la végétation trahissaient bien là une ville fantôme. Ils se dirigèrent vers le premier hôtel qu’ils virent. Ce fut Trémor qui défonça les portes aux gonds rouillés. Tandis que Flock passait derrière le comptoir du bar en un bond, Miles monta à l’étage où il s’affala sur le premier lit venu … soulevant un important nuage de poussière qui ne le gêna pas outre mesure. Quelques minutes plus tard, Sandora vint lui apporter une canette de boisson énergisante que Flock avait trouvée dans le frigo du bar. Pas assez épuisé pour s’être endormi, Miles la but d’une traite. Une demi-heure plus tard, entre la boisson et sa régénération accélérée, il fut apte à faire un second bond.
Il n’était pas huit heures du matin, que le second bond de Miles les fit pénétrer aux États-Unis, dans l’état du Wyoming, plus exactement dans la ville de Sheridan. Cette fois, il avait parcouru plus de mille kilomètres, soit l’équivalent de neuf autres jours de marche. Cependant, en sortant de la matière noire, Miles fut vraiment essoufflé.

« - Tu forces trop ! Tu vas te reposer un peu plus longtemps cette fois ! » lui dit Frédéric.

« - … Okay ! » répondit alors Miles, n’ayant plus même la force de protester.

Sheridan était une ville bien plus petite que Calgary. En termes de superficie, Sheridan ne faisait que 22 km² tandis que Calgary en faisant plus de 825. A l’échelle de la France, Sheridan était presque deux fois plus petite que Poitiers ou trois fois plus petite que Nantes. C’était un patelin, mais un patelin entretenu. Au contraire de Calgary où les rues étaient envahies par la végétation, les rues de Sheridan étaient impeccables. Lorsque le groupe le comprit, tous se tinrent sur leurs gardes. Ceux ayant le flair le plus aiguisé, Frédéric, Graf et Flock, savaient qu’ils n’étaient pas seuls. Frédéric se rapprocha alors de Wade.

« - Tu "vois" quelque chose ? » lui demanda-t-il.

Wade comprit ce qu’il voulait. Dès lors il passa en vue spectrale et vit de nombreuses traînées spirituelles persistantes qui zébraient les rues. Néanmoins, ce qui attira son attention fut les vives sources d’énergie spirituelle qui se cachaient derrière les murs de plusieurs habitations. Nul parmi les habitants de Sheridan ne possédait de spende et nul ne savait qu’un groupe d’étrangers allait faire irruption parmi leur communauté. Le hasard avait juste fait en sorte que le groupe de Ponk arrive avant qu’un quelconque habitant ne sorte de chez lui. En revanche, leur arrivée avait été remarquée et nul parmi eux ne voulait sortir pour venir à leur rencontre. En les voyant, Wade observa une légère différence entre l’énergie spirituelle d’un humain et celle d’un faunanthrope. Celle des faunanthropes était turquoise et tendait plus vers le vert que le bleu. Néanmoins, quelque chose le surprit. Il se retourna et observa les faunanthropes qu’ils accompagnaient. Tous avaient une énergie spirituelle vert turquoise.

« - Qu’y a-t-il ? » lui demanda Frédéric.

« - Il y a pas mal de monde … aussi bien faunanthropes qu’humains ! » dit-il.

De suite, les faunanthropes de Ponk comprirent où ils étaient arrivés et se détendirent. Sheridan était une de ces fameuses micro-enclaves où faunanthropes et humains vivaient en paix et harmonie. Ponk fit alors quelques pas vers l’une des bâtisses.

« - NOUS NE SOMMES QUE DE PASSAGE ET NE VOULONS CAUSER AUCUN GRABUGE ! TOUT CE QUE NOUS VOULONS C’EST NOUS REPOSER UN PEU. APRÈS QUOI NOUS REPARTIRONS COMME NOUS SOMMES VENUS » cria-t-il à l’attention des habitants de Sheridan.

Le fait que leur groupe soit composé de faunanthropes et d’êtres à l’apparence humaine joua en leur faveur si bien qu’un homme d’apparence commune et barbu finit par sortir d’un des bâtiments.

« - Eh bien, soyez bienvenus parmi nous le temps de votre repos » déclara-t-il tandis que plusieurs habitants sortaient également de leurs maisons.

Les habitants de Sheridan furent, contre toute attente, accueillants et bienveillants. Bien qu’il ne soit pas encore neuf heures, deux villageoises préparèrent une chambre dans l’un des bâtiments vides pour que Miles puisse se reposer.
Pendant ce temps, le reste du groupe fut amené dans une sorte de saloon où ils se désaltérèrent tout en répondant aux diverses questions des villageois. Nombreuses furent les questions sur l’extérieur. Manifestement, ils ne s’aventuraient jamais hors de leur ville et n’avaient aucun contact avec quiconque d’autre … ce qui leur assurait la protection de l’anonymat.
Deux heures plus tard, après dix heures du matin, Miles rejoignit le groupe. Curieux de leur moyen de transport, ils révélèrent que l’un des humains qui composaient leur groupe possédait un spende leur permettant de se téléporter et ainsi de voyager rapidement par téléportations successives. Au fil de leurs conversations, les habitants de Sheridan comprirent que la mission des étrangers était primordiale pour le bien de la planète. C’est ainsi qu’ils leur indiquèrent le nom de grandes villes désertes où ils pourraient se rendre au fil de leurs téléportations. Toutefois, avant de les laisser partir, ils insistèrent pour que leur communauté se joigne à leur périple, même ne serait-ce que symboliquement. Afin d’assurer la sécurité de la ville, ils ne pouvaient se permettre de laisser partir plus d’une personne, même si nombreux étaient ceux qui désiraient les suivre. Néanmoins, ils assurèrent à Ponk et ses hommes que celui qui se joindrait à eux serait d’une aide non négligeable. Cette personne ne s’était pas encore montrée au groupe mais lorsqu’il s’avança, tous comprirent ce que leader de Sheridan voulait dire. Il s’agissait d’un faunanthrope bison de près de trois mètres de haut à la musculature colossale du nom de Dehmi.
Après avoir fait leurs adieux à Sheridan et sa population, Miles les engouffra tous dans la matière noire et atterrit à Wichita, dans l’état du Kansas, soit un saut de près de 1400 kilomètres leur épargnant plus de onze jours de marche. Comme prévu par les habitants de Sheridan, la ville semblait déserte. C’est alors que Miles, la peau luisante de sueur, tomba à genoux, essoufflé.
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Note 1 : Sumpf signifie Marais en allemand
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Note 2 : Dehmi provient du nom de l’espèce d’un des ancêtres des bisons le bison dehmi.
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A suivre dans le chapitre 221 : le Sumpf
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Chapitre 220 - Escales :: Commentaires

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Re: Chapitre 220 - Escales
Message le Dim 12 Oct - 11:27 par Shion
Ce que j'aime bien avec cet arc, c'est que vu le thème des faunanthropes, je m'attendais à ce que ce soit centré sur Frédéric, mais la fatigue de Miles prend de plus en plus le dessus.

Je me demande si cette dépense d'énergie aura des conséquences à long terme...
 

Chapitre 220 - Escales

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